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"Personne ne se choque qu'un insuffisant rénal nécessite des soins permanents. Pourquoi l'insuffisance affective ne bénéficierait-elle pas du même traitement de longue durée pour qu la vie psychique l'emporte ? (Françoise Molénat, "Mères vulnérables")


Afin de pallier le manque - si ce n'est la quasi absence - d'informations donnée aux parents et futurs parents : pas de plaquettes d'informations remises au début de grossesse, aucune mention dans le carnet de santé, aucune campagne d'information ou de sensibilisation publique sur ce sujet… Même si ces dernières années on a pu constater que la difficulté maternelle était plus souvent évoquée, cette médiatisation a toujours été le fait d'initiatives individuelles et ponctuelles : associations parentales, professionnels de santé ou parents, journalistes.


Afin de témoigner librement de ces vécus de maternités : sans être jugées, suspectées de maltraitance, "psychiatrisées" par les diagnostics médicaux ou sans être interrompues par des propos rassurants et consolateurs qui minimiseront notre souffrance. Témoigner donne du sens à cet impensable de maternité : ce qui semblait jusqu'ici n'être issu que de son imagination ou de sa folie devient une réalité à partir de laquelle on peut agir, élaborer un début de réflexion ou une prise en charge. Mais témoigner ne devient possible que si l'on dispose de mots adéquats. Or la difficulté maternelle sidère la pensée au point de bloquer - du moins au début - la parole. Il y a comme un abîme infranchissable entre ce qui est éprouvé et ce qui peut en être dit. En partageant sur un site Internet ces histoires de maternité, au minimum en mentionnant leur existence, il devient plus aisé de s'en ouvrir, la prise de paroles semblant être contagieuse. Témoigner permet de se relier aux autres et de retrouver petit à petit une unité, une cohésion et cohérence, là où la difficulté maternelle n'avait laissé que morcellement, confusion, et désespoir. S'exprimer publiquement sur ce sujet, c'est aussi faire exister cet autre visage de la maternité dans l'esprit de tous.


En parler publiquement, c'est aussi faire le pari de faire exister cet autre visage de la maternité dans l'esprit de tous.

 


Pour inviter les femmes à prendre la parole, avec d'autres mots que ceux du registre psychiatrique, en dehors du cadre thérapeutique, qui peut involontairement les maintenir dans un climat de maladie voire de « fragilité ontologique». Ces mots inscriront ces moments douloureux dans leur trajectoire de vie et leur permettront, nous l'espérons, de se réconcilier avec leur souvenir. Au-delà de la souffrance et du sentiment d'effraction et d'injustice peut se vivre aussi une expérience humaine fondatrice. La maternité même quand elle semble en échec, peut mettre à jour des ressources personnelles extraordinaires et jusqu'à présent insoupçonnées.


Afin d'alerter les pouvoirs publics sur ce problème majeur de santé psychique. On ne peut plus se satisfaire de ce que "la mère et l'enfant aillent bien" physiquement après un accouchement et parler de prévention et de sécurité en se limitant à la physiologie*. Le bien-aller psychologique des femmes devenant mères doit être désormais pris en compte, ne serait-ce que pour répondre aux impératifs de prévention de la maltraitance infantile. La sécurité - physique et psychique- du bébé passe obligatoirement par celle de sa mère. Il convient donc de réclamer plus de lieux de soins spécifiques, c'est-à-dire dédiés à la prise en charge des souffrances et dysfonctionnement de la maternité psychique. De même qu'il n'est plus acceptable que ces épisodes soient systématiquement réduits aux seules expressions de baby-blues et dépression. Ces termes généralistes souvent galvaudés, banalisent cette difficulté existentielle. Ils ne reflètent en rien l'éprouvé des mères et conduisent la plupart du temps à une seule mesure thérapeutique : prescription d'antidépresseurs et/ou d'anxiolytiques.

* Les conditions d'accouchement elles-mêmes, sont à revoir dans une optique de respect de la physiologie du corps de la femme et de son choix en matière de suivi...


Pour demander des moyens humains et hospitaliers plus nombreux et mieux qualifiés. Les lieux de soins propres à la difficulté maternelle sont rares, en France : il existe par exemple moins de 70 lits d'hospitalisations en unité mère-bébé. La formation des professionnels en périnatalité reste encore essentiellement axée sur la maternité obstétricale et ne leur permet pas de contenir les souffrances maternelles sortant du cadre habituel de leur pratique. Ces mêmes professionnels doivent également travailler à se libérer de la peur omniprésente de la maltraitance et de l'infanticide qui peut les amener à des conduites inadaptées et intrusives et à pratiquer une asepsie des mots les moins blessants lors des consultations. De surcroît, les diagnostics et prises en charge proposées ne devraient jamais porter atteinte à l'intégrité et l'identité maternelle. Comme le souligne la maternologue Véronique Boureau Louvet, « une maternité c'est comme un rendez-vous d'amour. Comment une femme peut-elle s'y rendre si elle sent que son identité maternelle est disqualifiée, non seulement par elle-même mais aussi par le jugement des autres ?" Notre médecine si compétente et mobilisée pour aider les femmes à mettre leur enfant au monde saura-t-elle aussi les accompagner dans leur "devenir mère" ? Nous formulons le souhait que l'obstétrique mentale soit un jour réellement à la hauteur des enjeux de la naissance d'un enfant.


Pour rappeler qu'être mère va bien au-delà des soins de maternage et de l'amour à prodiguer à un bébé. Devenir mère relève essentiellement d'un acte psychique, « qui » selon Jacques Dayan* « prend appui et transforme le sentiment qu'éprouve la femme de sa propre identité ». Cet état renoue – la plupart du temps de manière inconsciente - avec son propre vécu de nouveau-né, avec le fond de soi, ce que l'on nomme l'origine. Mais parfois ces retrouvailles peuvent avoir la force et la violence des confrontations, jusqu'à nous faire redouter un effondrement total. Devenir mère peut nous projeter comme le souligne Jean Marie Delassus « dans une rupture de soi, dans une crise interne de soi et de tous ses rapports au monde...». Mais être mère participe également à « l'autre naissance » de son enfant, à sa naissance psychique. La mère est selon l'expression maternologique – et en fonction bien sûr des circonstances - son premier "correspondant natal". C'est elle qui, de par sa présence suffisamment constante et sereine, pourra accueillir dans toute sa complexité et formidable demande, le nouveau-né. Cet appel pourra parfois lui paraître démesuré et effrayant. De quelle nature sera alors cet accueil en cas de difficulté maternelle ? Comment donner à son enfant toute sa dimension humaine s'il y a une souffrance maternelle ?

* Maman, pourquoi tu pleures ?  (Éditions Odile Jacob).


Afin de ne pas être écartées "intellectuellement" par le monde médical de ce que nous pourrions vivre de notre maternité dans ces moments dominés par la pathologie. Il est essentiel de pouvoir grâce à un travail sur soi, mais aussi grâce aux informations et échanges que nous pourrions obtenir, nous réapproprier dans cette maternité ce qui un jour nous a échappé !


Pour toutes ces raisons www.maman-blues existe.

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