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POURQUOI MAMAN BLUES ET PAS PARENT BLUES ?

Le père et sa paternité – la parentalité

 

« Le vrai père, c'est celui qui ouvre les chemins par sa parole, pas celui qui retient dans les filets de sa rancoeur. » Christian Bobin.

En parlant d'aujourd'hui : « Nous traversons l'hiver de la paternité. Et tout être humain de sexe masculin qui a aujourd'hui la témérité d'engendrer se retrouve, outre d'un enfant, chargé de ce labeur : inventer un sens au mot père. » Denis Marquet : Père. Éditions Albin Michel. (2003)

 

Pourquoi avoir choisi le nom de Maman Blues et le parti pris d'évoquer essentiellement des souffrances maternelles ?

Il nous a été parfois reproché de ne pas avoir choisi un autre nom tel que Parents Blues et de pas mentionner également/égalitairement les souffrances psychiques des hommes devenant pères. Il est curieux de constater qu'on ne puisse pas évoquer la maternité, les mères, la naissance de leur bébé sans être quasi systématiquement ramenée (rappelée à l'ordre ?) à l'obligation d'évoquer en parallèle les pères, leur paternité, leur rôle, leur présence et leur importance « aussi ».

Certes, la maternité a longtemps été considérée et évoquée comme étant le fait exclusif des mères. Plus exactement, on a laissé longtemps, les femmes se débrouiller seules avec leur maternité, quitte à les mettre au ban de la société si les évènements devenaient inquiétants et à leur « confisquer » leur bébé.

Petit à petit, la médecine et la psychiatrie naissante*, en s'intéressant aussi bien à l'aspect obstétrical que psychologique de la maternité, ont ouvert, il était temps, la porte aux pères, en leur donnant une place dès la conception de leur enfant : une place entre le géniteur «  parfois de passage » et le patriarche tout puissant et rarement bienveillant d'autrefois.

 

Leurs fonctions - symbolique, pratique, affective - et surtout leur nécessité auprès de l'enfant n'ont cessé depuis lors d'être légitimées et précisées. Plus récemment encore, on a commencé à se préoccuper de leurs sentiments en cas de difficulté maternelle de leur compagne, mais aussi de leurs éventuelles difficultés dans leur devenir père...

Pourtant, l'homme qui devient père se retrouve lui aussi pris au piège de ce que la société a décidé pour lui : le père ne peut être que fort, infaillible, protecteur, naturellement bienveillant à l'égard de son enfant et dans une certaine mesure reconnaissant vis-à-vis de celle qui va le mettre au monde. Dans un premier temps, la psychanalyse l'a posé comme « l'autre » dans la maternité, celui qui se doit d'intervenir pour protéger l'enfant des effets toxiques d'une mère trop fusionnelle : le tiers séparateur. Rôle plutôt ingrat que la psychanalyse a ensuite nuancé/adouci pour faire du père - qu'il soit présent ou symbolique - une réelle nécessité pour l'enfant.

Les médias ont également brouillé la paternité en imposant le concept de nouveau père, version idéale d'un père naturellement proche de son nouveau-né, naturellement paternant et surprotecteur : le papa poule. Un père plus dans la proximité avec son bébé, tout en ne tombant pas dans le piège de la fusion (pas comme ces pauvres mères), un père ayant renoncé aux pleins pouvoirs, pour une juste autorité. Le père devient « le géomètre familial », celui qui pose les limites à l'enfant, mais aussi à sa mère : ni trop prés, ni trop loin de lui.

Ce père est également le compagnon de la mère : conscient qu'il ne sera jamais du sexe qui porte les bébés, il participera néanmoins à la grossesse et la naissance de son enfant. Une image d'Epinal du père se dessine petit à petit : présent, si ce n'est omniprésent de la conception à l'accouchement, sans faillir. A lui de s'adapter si les salles d'accouchement ne sont pas plus confortables que les couloirs d'antan qu'il arpentait. Il devra survivre caméscope au poing, à coups de brumisateur, sans parfois obtenir de tabouret pour s'assoir. Et si certains effets d'annonces ou de mode s'essoufflent, une chose a été décrétée : l'homme devient lui aussi naturellement père dès la première échographie, ou au plus tard dès la salle de naissance, et silence radio sur ses blues éventuels.

La notion de parentalité, incontournable aujourd'hui, vient nous signifier, à juste titre, que la maternité n'est pas seulement l'histoire d'une femme qui devient avec plus ou moins de difficultés mère, mais qu'elle nécessite aussi pour pouvoir « fonctionner » de disposer de tout un entourage contenant, au minimum d'un autre, le père (ce fameux tiers en psychanalyse, que l'on voudrait chez Maman Blues plus médiateur et facilitateur que séparateur).

 

La maternité est de ce fait aussi l'histoire d'un homme et d'un père.

Mais le terme de parentalité, qui évoque indistinctement le père et la mère, est utilisé aussi bien pour évoquer ce couple sur le plan social, culturel que psychologique. Dans ce dernier cas, le terme de parentalité est alors censé traduire les différents processus psychiques du père, comme de la mère, lors de la naissance d'un enfant.

Est-ce à dire que l'on devient mère comme l'on devient père, que les réajustements psychiques sont plus ou moins les mêmes, qu'ils empruntent les mêmes chemins ? Et qu'en conséquence la difficulté maternelle et la difficulté paternelle seraient de même nature ? Cela mérite de s'y arrêter et surtout que l'on approfondisse réellement les recherches sur la paternité, avant de conclure à une parentalité psychique commune et de théoriser en ce sens.

Si le terme parentalité est évocateur cliniquement, il faut en souligner aussi l'évidente faiblesse : terme « unisexe », il tente de faire la synthèse entre des éléments psychiques critiques soulevés par la parenté nouvelle tant chez le père que chez la mère, en ne tenant aucun compte des spécificités introduites par la différence entre les sexes. L'accès à la parenté est responsable d'une situation de crise intérieure, le plus souvent silencieuse cliniquement et qui se décline différemment selon le sexe du parent. Coexistent ainsi la crise parentale féminine maternelle et la crise parentale masculine paternelle. » Bydlowski Monique, « Parenté maternelle et parenté paternelle », Adolescence 1/ 2006 (no 55), p. 33-42 URL : www.cairn.info/revue-adolescence-2006-1-page-33.htm.DOI : 10.3917/ado.055.0033 :

Même si les symptômes ou troubles peuvent être semblables, et qu'il convient d'écarter la tentation stérile de vouloir comparer les souffrances des mères et des pères, nous pensons au sein de Maman Blues que les modalités psychiques qui mènent ou pas à la paternité ou la maternité sont différentes et que cette différence jusque dans les dysfonctionnements éventuels reste encore à préciser. Comme le formule encore Monique Bydlowski : « La naissance est une épreuve pour chacun du couple, mais là encore, à la mesure de ce que la différence des sexes impose. »

Nous sommes bien conscientes que l'accès à la paternité pour un homme peut se révéler problématique voire dramatique. Nous le savons d'autant mieux que cette difficulté peut venir creuser celle de sa compagne et même – ce que l'on sait un peu moins - venir concurrencer la maternité fragile d'une mère quand le père dénie sa propre souffrance en se « posant » comme étant la seule bonne mère possible pour l'enfant.

Maman Blues est donc dédiée à la part de maternité qui n'appartient qu'aux femmes : cette part qui peut les déstabiliser, faire qu'elles doutent au point de s'effondrer, qui peut les amener à faire mal comme à se faire du mal.

Voilà pourquoi le nom de Maman Blues demeure tel que depuis 10 ans et persiste à ne pas se parentaliser.

Ce qui n'empêche pas notre association de rappeler, à chaque occasion donnée, qu'il existe aussi une difficulté paternelle, peut-être même encore plus tabou et interdite d'expression pour le moment. Elle ne peut qu'inviter les hommes et les pères à s'en ouvrir eux-même.

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