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DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Grossesse, accouchement, naissance, adoption, hypermédicalisation ...
Kroko
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par Kroko » 11 oct. 2018, 20:26

Votre couple a été mis à rude épreuve. C'est le cas pour beaucoup avec l'arrivée d'un bébé, mais le diagnostic de ton conjoint, tes Hospitalisations, sont autant de cahots pour vous. Je pense que le conseil d'hirondelle est bon, une tierce personne pourrait vous aider.
Je te souhaite beaucoup de courage mais je sais que tu n'en manque pas.

Héra
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par Héra » 12 oct. 2018, 09:15

Comment va depuis ton dernier message?
pff pas facile tout cela ! en tous les cas tu n'es pas toute seule ;-)
on pense tres fort à toi
héra

gama67
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par gama67 » 12 oct. 2018, 10:31

On a parlé thérapie de couple, le souci c'est que Mr Gama ne parle pas, ni en privé, ni en public, du coup c'est compliqué de se projeter dans cette démarche. Mais nous aimerions sauver notre couple, trouver un équilibre et surtout trouver le sourire.

Il y a 6 mois, nous étions donc en avril. Je n'avais plus de traitement, plus de suivi, je bossais, je profitais de mon fils, Mr Gama commençait à bien apprivoiser son rôle de père. On avait notre routine rassurante. Non malheureusement, il y a 6 mois, on était bien, des choses à régler dans notre couple mais le reste roulait.

Je suis en dépression depuis mi-août environ à nouveau. L'énorme différence c'est que l'an dernier, je donnais le change, je faisais ce qu'il y avait à faire, y compris m'occuper de bébé. Là, cette année, je vis ce que je n'avais jamais vécu, incapacité à faire même des choses aussi simples que prendre une douche, préparer bébé pour la crèche etc etc. Je me force pour ne pas sombrer davantage. J'ai tout de suite demander de l'aide aux professionnels, jusqu'à accepter une hospitalisation et donc vivre une séparation d'avec mon bébé.

Je sais qu'il faut du temps, mais je ne sais plus quoi faire pour aller mieux. Chaque jour, je pleure. Je ne sais même pas à quoi je pense dans ces moments là. Je craque et c'est des angoisses (de quoi ? bonne question), des larmes avec des spasmes assez impressionnants et pour le moment uniquement le matin ou le midi. Le soir, je suis presque comme avant. Je n'y comprends rien.

J'essaie de laisser tomber le pourquoi, parce que ça me ronge et que ça ne me fait pas avancer. J'essaie de trouver la force en moi pour me bouger. J'ai pensé à toi Hera, j'ai fait trop de choses hier en pleurant parce que je voulais penser à autre chose qu'à cette p... de maladie. J'ai rangé l'appart, vaisselle, machine, j'ai même fait les vitres, lavé la salle de bain à fond...

Et ce matin, je suis mal... j'ai envie de pleurer depuis que je me suis réveillée, la boule au ventre sans arriver à savoir pourquoi, sans arriver à me raisonner.

Séréna
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par Séréna » 12 oct. 2018, 11:00

Gama, je découvre tes messages depuis ta sortie. De l'extérieur, il paraît normal que tu sois épuisée, vidée. Ce que tu vis ressemble à un burn-out et je crois que n'importe qui l'aurait vécu comme ça. Te rends-tu compte? Tu as enchaîné le deuil de ton animal. Une grossesse. Un accouchement. Une dépression post-partum. Un suivi en unité mère-bébé qui n'a fait que t'enfoncer. Une reprise du travail à fond. Un concours si je ne me trompe pas? Un quotidien avec un bébé hyper tonique, très en demande et qui dort à peine. Des soins constants à un bébé, avec un mari qu'il fallait décharger de toute tâche. Une année à tout gérer presque toute seule, à t'épuiser, à ne presque pas dormir. C'est trop pour n'importe qui, bien sûr que ton corps te dit stop. Oui, ça risque d'être long, mais tu es sur le bon chemin car tu as fait ce qui était nécessaire pour aller mieux, tu as su demander de l'aide. L'hospitalisation était une bonne chose car tu étais épuisée, physiquement, nerveusement et moralement. Ensuite, c'est vrai que l'étape de ta sortie doit être délicate. Il aurait presque fallu un accompagnement intermédiaire type hôpital de jour ou infirmière à domicile.

Tu dis qu'il y a 6 mois tu allais mieux, mais ensuite tu vois toi-même que tu ne faisais que donner le change et que c'est en faisant tout cela, justement, que tu as atteint tes limites. Ce n'était pas un fonctionnement viable, tu ne pouvais pas tout porter toute seule. Cela je pense que tu l'as compris puisque tu dis toi-même qu'il te faudra travailler sur ce fonctionnement. Mais pas tout de suite, là c'est trop tôt. Je lis que tu es en arrêt, profites-en pour ne rien faire, vraiment. Le moins possible. Ne t'épuise pas à faire le ménage, ta santé est plus importante que l'état de la maison. Ca va peut être te sembler bizarre mais depuis que j'ai fait une mini rechute cet été , je m'oblige littéralement à m'arrêter dans mes journées, chaque jour, à faire une pause concrète dans ma journée, soit allongée avec une musique relaxante, soit devant un film ou une série. 10 minutes au moins par jour. Même si j'ai du ménage ou du travail ( une partie de mon travail se fait à la maison ce qui fait qu'on a vite l'impression de n'avoir jamais fini). Je n'y arrivais pas au début mais je me dis que je préserve mon capital sérénité, que c'est pour le long terme, pour ne pas retomber dans la dépression en répétant les mêmes erreurs, que je sais désormais où ça me mène de ne pas souffler, que je ne le fais pas que pour moi, qu'il y a un petit être qui a besoin que j'aille bien. Avant je cherchais toujours à faire du zèle et à en faire le plus possible dans tous les domaines, on ne se refait pas mais de petites choses changent et c'est déjà bien.

Pour ton mari, par contre désolée, ma réponse ne va pas faire dans la dentelle mais pathologie ou pas, il va falloir qu'il se sorte les doigts du c... là. Sérieusement? Monsieur ne parle pas? Toi tu as été hospitalisée pour épuisement et lui ne veut pas faire de thérapie parce qu'il ne parle pas? Jusqu'où il faudra aller pour qu'il réagisse? Il va falloir qu'il change...

Je trouve que tu as un courage immense alors je suis sûre que tu vas retrouver le sourire. Je t'embrasse, je t"'envoie des tonnes de pensées. Sois indulgente avec toi-même, tu le mérites. :coeur: :coeur: :coeur:

Séréna
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par Séréna » 14 oct. 2018, 15:43

Comment vas-tu aujourd'hui gama?

ritalea
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par ritalea » 14 oct. 2018, 21:24

gama67 a écrit :
12 oct. 2018, 10:31
Mais nous aimerions sauver notre couple, trouver un équilibre et surtout trouver le sourire.
Partager cette intention commune c'est déjà un pas. Il vous reste maintenant de trouver le moyen qui vous conviendra à tous les deux pour y parvenir.
gama67 a écrit :
12 oct. 2018, 10:31
L'énorme différence c'est que l'an dernier, je donnais le change, je faisais ce qu'il y avait à faire, y compris m'occuper de bébé. Là, cette année, je vis ce que je n'avais jamais vécu, incapacité à faire même des choses aussi simples que prendre une douche, préparer bébé pour la crèche etc etc. Je me force pour ne pas sombrer davantage
Tu vis ce qu'on appelle un effondrement. Aussi douloureux, insupportable et désespérant soit-il, il est inévitable pour une reconstruction solide.
gama67 a écrit :
12 oct. 2018, 10:31
Et ce matin, je suis mal... j'ai envie de pleurer depuis que je me suis réveillée, la boule au ventre sans arriver à savoir pourquoi, sans arriver à me raisonner.
Je sais ô combien c'est terrible ce que tu vis. Je ne peux que penser fort à toi :coeur: Pour ma part, quand je vis cela, je ne cherche pas, je ne cherche plus de pourquoi. Je me dis que c'est une étape, un passage douloureusement nécessaire. Pleure, pleure, souffre, évacue cette souffrance, elle finira par s'épuiser. Cela m'est arrivée d'être seule à la maison des journées entières en étant trop mal. Je ne faisais rien de concret dans la maison, mais je luttais chaque minute contre cette souffrance.

As tu un ou plusieurs moyens d'atténuer cette souffrance? le sport? la méditation? la musique?

gama67
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par gama67 » 15 oct. 2018, 12:55

Séréna a écrit :
12 oct. 2018, 11:00
Gama, je découvre tes messages depuis ta sortie. De l'extérieur, il paraît normal que tu sois épuisée, vidée. Ce que tu vis ressemble à un burn-out et je crois que n'importe qui l'aurait vécu comme ça. Te rends-tu compte? Tu as enchaîné le deuil de ton animal. Une grossesse. Un accouchement. Une dépression post-partum. Un suivi en unité mère-bébé qui n'a fait que t'enfoncer. Une reprise du travail à fond. Un concours si je ne me trompe pas? Un quotidien avec un bébé hyper tonique, très en demande et qui dort à peine. Des soins constants à un bébé, avec un mari qu'il fallait décharger de toute tâche. Une année à tout gérer presque toute seule, à t'épuiser, à ne presque pas dormir. C'est trop pour n'importe qui, bien sûr que ton corps te dit stop. Oui, ça risque d'être long, mais tu es sur le bon chemin car tu as fait ce qui était nécessaire pour aller mieux, tu as su demander de l'aide. L'hospitalisation était une bonne chose car tu étais épuisée, physiquement, nerveusement et moralement.
Je ne me rends pas compte, tout s'est enchaîné, je l'ai fait parce que bébé patate avait besoin de moi, je veux le rendre heureux à tout prix.
Séréna a écrit :
12 oct. 2018, 11:00
Ensuite, c'est vrai que l'étape de ta sortie doit être délicate. Il aurait presque fallu un accompagnement intermédiaire type hôpital de jour ou infirmière à domicile.
Je suis complètement de ton avis.
Séréna a écrit :
12 oct. 2018, 11:00
Tu dis qu'il y a 6 mois tu allais mieux, mais ensuite tu vois toi-même que tu ne faisais que donner le change et que c'est en faisant tout cela, justement, que tu as atteint tes limites. Ce n'était pas un fonctionnement viable, tu ne pouvais pas tout porter toute seule. Cela je pense que tu l'as compris puisque tu dis toi-même qu'il te faudra travailler sur ce fonctionnement. Mais pas tout de suite, là c'est trop tôt. Je lis que tu es en arrêt, profites-en pour ne rien faire, vraiment. Le moins possible. Ne t'épuise pas à faire le ménage, ta santé est plus importante que l'état de la maison. Ca va peut être te sembler bizarre mais depuis que j'ai fait une mini rechute cet été , je m'oblige littéralement à m'arrêter dans mes journées, chaque jour, à faire une pause concrète dans ma journée, soit allongée avec une musique relaxante, soit devant un film ou une série. 10 minutes au moins par jour. Même si j'ai du ménage ou du travail ( une partie de mon travail se fait à la maison ce qui fait qu'on a vite l'impression de n'avoir jamais fini). Je n'y arrivais pas au début mais je me dis que je préserve mon capital sérénité, que c'est pour le long terme, pour ne pas retomber dans la dépression en répétant les mêmes erreurs, que je sais désormais où ça me mène de ne pas souffler, que je ne le fais pas que pour moi, qu'il y a un petit être qui a besoin que j'aille bien. Avant je cherchais toujours à faire du zèle et à en faire le plus possible dans tous les domaines, on ne se refait pas mais de petites choses changent et c'est déjà bien.
Je donnais le change professionnellement mais avec bébé ça allait vraiment bien. Là je commence à sortir un peu la tête de l'eau, mais il y a eu des jours où m'occuper de lui était au dessus de mes forces et en 20 mois, c'est la première fois que ça m'arrive, ça m'a bcp destabilisée, ça a contribué à mon mal-être actuel en me disant que même pour lui, je n'arrivais plus à me bouger.

Je garde ton exemple en tête pour apprendre à m'arrêter aussi.
Séréna a écrit :
12 oct. 2018, 11:00
Je trouve que tu as un courage immense alors je suis sûre que tu vas retrouver le sourire. Je t'embrasse, je t"'envoie des tonnes de pensées. Sois indulgente avec toi-même, tu le mérites. :coeur: :coeur: :coeur:
:coeur:

gama67
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par gama67 » 15 oct. 2018, 13:01

ritalea a écrit :
14 oct. 2018, 21:24
Je sais ô combien c'est terrible ce que tu vis. Je ne peux que penser fort à toi :coeur: Pour ma part, quand je vis cela, je ne cherche pas, je ne cherche plus de pourquoi. Je me dis que c'est une étape, un passage douloureusement nécessaire. Pleure, pleure, souffre, évacue cette souffrance, elle finira par s'épuiser. Cela m'est arrivée d'être seule à la maison des journées entières en étant trop mal. Je ne faisais rien de concret dans la maison, mais je luttais chaque minute contre cette souffrance.

As tu un ou plusieurs moyens d'atténuer cette souffrance? le sport? la méditation? la musique?
C'est exactement cela, je vis parfois des moments où je ne fais que lutter contre cette souffrance.
J'essaie de méditer, de faire des bracelets brésiliens (c'est bête, mais ce n'est pas compliqué et ça m'occupe de faire des noeuds :hehe:),
sinon je rentre dans mon fonctionnement si mauvais soit-il où je fais mille et une choses dans l'appart - j'ai même fait mes vitres... Non mais sérieusement, je suis atteinte. Je pourrai aller au ciné, aller me promener, me payer un massage, non je fais mes vitres... :mdr3:

gama67
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par gama67 » 15 oct. 2018, 13:14

Je me sens seule, seule face à cet état. Je suis en colère contre moi, de ne pas avoir su nous protéger de cela.
J'ai vu ma psy samedi, elle a prolongé mon arrêt d'un mois. Je suis encore sous le choc. Je pensais reprendre dans une semaine.
Je crois qu'il y a un énorme décalage entre mon état physique, mon état moral et mon état intellectuel (je ne trouve pas d'autre mot).

La journée, c'est les montagnes russes, des moments où je me demande ce que je fais à la maison au lieu d'être au travail et d'autres moments où j'angoisse et je pleure.

Je suis fatiguée moralement. Je suis lasse de ne pas arriver à démêler la pelote. Je ne sais même pas vers quelle direction orienter mes réflexions.

Bébé patate nous en fait voir des vertes et des pas mûres et j'ai besoin d'énergie pour être patiente et arriver à guider mon loulou dans son évolution. Il est de plus en plus brute dans ses gestes et quand il est contrarié. A la crèche aussi il teste à fond, pousse les autres, les embête. A la maison, il tape, il m'a fait une bosse en me lançant volontairement un jouet au visage.

Alors forcément la maman en difficulté que je suis se dit que c'est mon état qui provoque tout cela. Et quand j'ai quelques secondes de lucidité, je me dis non il a 20 mois, phase normale, à accompagner, mais ce n'est pas de ma faute...

Bref, c'est pas la joie, mais je ne suis pas en train de préparer un plan pour m'enfuir à l'autre bout de la planète non plus :mrgreen:

Kroko
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Re: DM deuil animal et difficulté paternelle : envie d'y croire

Message par Kroko » 15 oct. 2018, 17:13

Si ça peut te rassurer... J'ai eu un coquard parce qu'agathe m'a jeté un jouet en bois à la figure. J'ai gueulé, mis au coin. Elle commence à jeter, c'est coin. Elle hurle comme un putois et alors. Pff.

Je crois que le ciné,c'est pas possible parce que tu culpabilises : c'est trop bizarre de faire des trucs qu'on fait en vacances quand on est en arrêt. Arrives tu à envisager les loisirs comme un antidote à ta souffrance ?

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