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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 29 Aoû 2017, 08:21

Santonella a écrit:Quelque chose en toi doit peut-être mourir, je veux dire partir en paix pour donner naissance à cette maman qui sommeille en toi.
Cette phrase me parle. L'idée que quelque chose doit mourir, partir.
Quand je me suis mariée, cela ne correspondait pas à où j'en étais. Non pas que je n'aime pas mon mari ni que ce n'était pas la bonne personne. Au contraire. Nous avons décidé ça ensemble, de manière spontané, tous les deux au resto du genre "viens on le fait"! Comme un défi. On avait 22 ans, en couple depuis 5 ans, on s'entendait bien, bref cela n'avait rien d'irresponsable ou inconscient. Mais c'est plutot qu'au fond je voulais comme faire un truc peu fou en couple et non pas vivre un mariage comme nous l'avons fait c'est à dire traditionnel, 90 personnes et tout le tralala. Je me sens tellement pas à ma place, j'ai même fait une crise d'angoisse en fin de soirée. Quand je suis arrivée à l'église, je suis allée vers ma grand mère paternelle, j'ai pleuré comme une petite fille dans ses bras. C'était comme si je devais aller dans cette église, me marier, avancer, grandir mais que moi je disais "non j'ai pas envie, je veux pas y aller, je veux pas partir, grandir, vous quitter, je ne suis pas prête, j'ai besoin de vous".

Pour moi grandir et en l’occurrence devenir mère c'est avoir uniquement des responsabilités, porter les choses et ne plus pouvoir (ne plus avoir le droit) de prendre soin de soi, d'avoir des besoins aussi. Et cela me fait très peu car moi je ne peux pas être ça.

Santonella a écrit:Tu seras toujours aussi une petite fille dans le coeur de tes parents. Arriverais-tu à leur exprimer ce besoin de rester parfois dans ce statut quand tu es auprès d'eux ?
Alors bizarrement ce n'est pas forcément de cet ordre là. J'entends par là que je sens bien que mon père est avec moi comme "avant", qu'il me considère comme sa fille etc. C'est plutôt moi qui ne parvient plus à régresser, à me sentir en sécurité depuis la naissance de ma fille. Je suis toujours dans la peur. Même en présence de gens qui habituellement avant pouvaient me sécuriser. C'est plutôt comme si cette petite fille en moi, moi quoi, je ne pouvais plus exister.

Je cherche, je cherche par tous les moyens à ressentir des choses de maman envers ma fille. Pas qu'elle vienne consoler la petite fille en moi, pas qu'elle soit ma concurrente, pas que je fonctionne qu'a l'intellectuel...mais rien ne vient. C'est horrible. Je me sens incapable d'être maman, de me sentir mère.
Quand elle m'appelle "maman" cela sonne tellement faux, j'en suis incapable. Et puis j'aurais moi aussi envie d'appeler ma maman.

J'imagine qu'on le sent quand ça vient toucher notre cœur de maman? J'imagine qu'on le sent quand on se sent maman?
Et puis je voulais savoir comment c'est venu pour toi? D'un coup? en déclic? ou plutôt doucement? avec parfois sur des laps de temps très courts tu pouvais te dire "si pourquoi pas" et le reste du temps redevenir petite fille?

Moi ce qui me tue c'est que malgré le temps qui passe, je ne reconnais pas ma fille, tout comme je ne me reconnais pas maman. J'ai tout le temps peur. Elle me fait peur. J'ai peur pour moi.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar weshallovercome » 30 Aoû 2017, 11:32

"La maternité renvoie ainsi les mères à un état primaire où leur bébé peut devenir "le théâtre des manques et des peurs de leur propre enfance" (Véronique Boureau Louvet). Elles sont prises alors dans des états de confusion et de perturbation considérables où la grossesse et surtout la naissance menacent à chaque instant de faire remonter avec violence leur propre détresse natale d'alors, leurs propres états de dépendance avec leur mère. L'enfant devient malgré lui le "persécuteur" : celui qui, de par sa présence vulnérable, ses cris et ses pleurs, et sa demande insatiable, va venir réveiller chez sa mère des expériences archaïques et traumatiques d'abandon, de négligence et de solitude." (Texte du site MB)
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 13 Sep 2017, 08:49

Bonjour Ritalea,

Tu écris :
"Pour moi grandir et en l’occurrence devenir mère c'est avoir uniquement des responsabilités, porter les choses et ne plus pouvoir (ne plus avoir le droit) de prendre soin de soi, d'avoir des besoins aussi. Et cela me fait très peu car moi je ne peux pas être ça".

Devenir mère c'est incontestablement avoir des responsabilités et ça c'est juste vertigineux! C'est aussi pour cela que je me sentais psychiquement incapable de devenir mère moi aussi. Comment allais-je faire pour élever cet enfant alors que j'avais encore l'impression le sentiment d'être encore élevée par ma propre mère? Celle qui avait tout sacrifié pour moi. Je ne pouvais pas... Devenir mère c'est s'autoriser à devenir une mère différente de la sienne. Accepter que nous ne sommes pas que des mères, que nous sommes aussi des femmes qui avons besoin de temps pour nous-même. Je ne culpabilise pas de cela aujourd'hui. Je ne pourrai pas être une bonne maman si je ne m'accordai pas du temps pour moi. Mon fils le sait. Il est heureux et détendu s'il sait que je le suis moi aussi, quand je pars en virée shopping avec les copines, au sport, ou quand il va au centre de loisirs car j'ai besoin de me reposer à la maison. Je pense que nous faisons un cadeau à nos enfants en nous occupant de nous. C'est bien ce qui m'a manqué enfant, des parents heureux, qui pouvaient vivre en dehors de leurs enfants.

Quand Sacha était petit, je dirai qu'il attendrissait plutôt mon cœur de petite fille. La phrase qui me vient en tête c'est : "Oh il est trop mignon". Je ne me suis pas réveillée un matin avec le sentiment d'être devenu mère, pas du tout. Les choses se sont faites progressivement, par a coup parfois, comme une remontée d'une plongée sous-marine, par sas de décompression. Des moments où la vie est supportable, où on se dit ce n'est pas parfait mais je souffre moins et d'autres où les jours nous semblent interminables, où la souffrance nous brûle la peau où ca ne va pas et que l'on se dit que l'on ne s'en sortira jamais. J'ai passé cette étape, il y a très peu de temps, je pense avoir vécu ces hauts et ces bas jusqu'aux 5 ans de mon fils environ. Mais, il y a déjà quelque temps que je ne les vivais pas de la même façon que lorsqu'il était très petit. J'ai compris qu'il fallait avoir la foi dans les moments de mal-être que ca allait passer, qu'il fallait s'accrocher et que cela n'allait durer que quelques jours. C'était dur, très dur, surtout quand les idées noires étaient présentes mais elles sont toujours reparties :)

Aujourd'hui, l'amour que je porte à mon fils et celui qu'il me porte est quelque chose de très puissant, d'inexplicable, c'est très très fort. Cela ne se cherche pas, cela vient toujours quand on ne s'y attend pas, tous les deux.

Tu écris :
"Je cherche, je cherche par tous les moyens à ressentir des choses de maman envers ma fille."
Alors, ne cherches plus, ne contrôle plus, lâche...ce n'est pas grave, tu n'en es pas pour autant une mauvaise mère. Cela viendra quand cela viendra. C'est comme ça.

Merci Wesh pour cette citation, c'est tellement juste.
Je n'ai pas connaissance de tout ce qui a pu se passer dans mon enfance pour que mon tremblement de mère soit aussi fort. Mais le souvenir d'un sentiment de solitude reste le plus fort, ensemble avec mes parents mais terriblement seule. Seule, piégée, terrorisée...emprisonnée.

Pensées Ritalea :coeur:
Enfin libre d'être mère.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 20 Sep 2017, 19:17

Santonella a écrit:Devenir mère c'est s'autoriser à devenir une mère différente de la sienne.
Encore récemment je discutais avec ma mère qui me décrivait comment elle avait vécu le quotidien avec nous. Elle parle "d'abnégation de soi", de "2ème journée après sa journée de boulot où il faut garder le sourire ..;" et c'est là que je me suis dit "mais ça j'ai essayé et j'essaye encore mais sur le long terme je peux pas, je peux pas tenir comme ça, me mettre de coté, ou faire genre ça va alors que je rentre d'une journée de boulot fatiguée et que je voudrais juste me poser". Seulement dans le fond, j'en suis loin. C'est inconscient, je n'ai pas de maitrise direct dessus, mais en premier lieu c'est l'attitude de ma mère que je reporte.

Santonella a écrit:Accepter que nous ne sommes pas que des mères, que nous sommes aussi des femmes qui avons besoin de temps pour nous-même.
Je culpabilise beaucoup de cela pour le moment..

Santonella a écrit:J'ai compris qu'il fallait avoir la foi dans les moments de mal-être que ca allait passer, qu'il fallait s'accrocher et que cela n'allait durer que quelques jours.
Moi aussi je raisonne ainsi depuis peu. "si je dois ressentir ça et bien c'est que c'est nécessaire dans mon cheminement" mais ça n'en reste pas moins effrayant car on ne sait pas où on va et on croit devenir folle, en tout cas pour ma part.

Le plus dur dans tout ça, c'est que tout ce chemin je ne le fais pas par choix, par envie. Je me sens forcée, je suis dans le "j'ai pas le choix". Je parle de grandir, de faire le deuil de certaines choses, de bouger de place. Tout ça j'en ai pas envie. Devenir mère avec toutes les responsabilités, penser à quelqu'un d'autre qu'a soi et avant soi j'en avais pas envie. Alors c'est dur. C'est comme si il y avait ce rôle de mère à tenir et de l'autre côté moi et ma (vraie) vie avec ce qui m'intéresse, ce dans quoi je me sens moi même.

Santonella a écrit:Aujourd'hui, l'amour que je porte à mon fils et celui qu'il me porte est quelque chose de très puissant, d'inexplicable, c'est très très fort. Cela ne se cherche pas, cela vient toujours quand on ne s'y attend pas, tous les deux.
C'est beau ce que tu écris là :coeur: Est-ce que ta DM a impacté ton fils quand il était petit? Et aujourd'hui encore dans votre relation? Penses-tu avoir réussi à le "protéger"?

Pour ma part, quand ça va je me dis que oui je la protège et quand ça va pas je me dis que sa gaieté et sa bonne humeur ne sont qu'une façade derrière une anxiété masquée qu'elle ne veut pas me montrer car elle sait que je ne vais pas bien (non je ne fais pas de projection sur ma fille ^^).

C'est tellement violent pour moi d'essayer d'y arriver. Je le sens que ça m'oblige, que c'est contraire à mon rythme, que je suis complètement sorti de ma zone de confort c'est terrible. Quand je suis seule à la maison comme la nuit dernière, que je me réveille tranquillement dans mon lit, que je ne peux penser qu'a moi, ça me rassure, je me sens cocoonée, protégée. Quand ma fille est là, je dois tellement faire "la grande" c'est violent pour moi.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar weshallovercome » 22 Sep 2017, 12:01

Pour ma part, quand ça va je me dis que oui je la protège et quand ça va pas je me dis que sa gaieté et sa bonne humeur ne sont qu'une façade derrière une anxiété masquée qu'elle ne veut pas me montrer car elle sait que je ne vais pas bien (non je ne fais pas de projection sur ma fille ^^).

Tu n'es pas dupe, pas vrai ? :ange: un bébé de cet âge ne peut pas porter de masque, faire semblant; sa maturité cérébrale et affective est insuffisante.
Encore récemment je discutais avec ma mère qui me décrivait comment elle avait vécu le quotidien avec nous. Elle parle "d'abnégation de soi", de "2ème journée après sa journée de boulot où il faut garder le sourire ..;" et c'est là que je me suis dit "mais ça j'ai essayé et j'essaye encore mais sur le long terme je peux pas, je peux pas tenir comme ça, me mettre de coté, ou faire genre ça va alors que je rentre d'une journée de boulot fatiguée et que je voudrais juste me poser".

Voilà qui me rappelle cette période où j'ai compris que pour que la deuxième journée soit bien vécue, il fallait que j'y trouve aussi des gratifications, et que mon pitchoun ne s'en porterait que mieux. Je me revois arriver à la maison avec lui en poussette, enlever nos manteaux et nos chaussures, vérifier sa couche, lui proposer à boire, puis décréter avec une risette non feinte "maintenant on joue" ou "on regarde un DVD tous les deux" (vautrés et enlacés je précise), selon ma forme du moment; la priorité, c'était d'avoir un temps de détente partagé, et du coup ça me pesait beaucoup moins, ensuite, de le baigner, nous faire à manger etc ... peu à peu je l'ai même fait avec plaisir. Il y a eu aussi des jours où j'ai dit au Titi "il faut vraiment que tu me laisses seule un quart d'heure" (ça arrive encore) ...
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 04 Oct 2017, 09:46

ritalea a écrit: Seulement dans le fond, j'en suis loin. C'est inconscient, je n'ai pas de maitrise direct dessus, mais en premier lieu c'est l'attitude de ma mère que je reporte
Je sais que c'est difficile d'avoir le sentiment de faire semblant, mais n'est ce pas là aussi l'attitude d'une mère qui souhaite protéger son enfant? Pendant plusieurs années après la naissance de mon fils, je me suis sentie fatiguée. C'était parfois un effort plus que surhumain de devoir m'occuper de lui alors que je n'aspirais qu'à une seule chose : me poser, dormir, prendre soin de moi. J'arrivais à le faire de temps en temps mais c'était trop rare à mon goût. L'autonomie que nos enfants acquièrent en grandissant nous soulagent, nous laisse plus de temps, nous rassure aussi. Plus ils grandissent, plus ils peuvent vivre en dehors de nous. Je ne pense pas que tu reportes l'attitude de ta mère, le contexte fait surement que tu n'as pas trop le choix pour le moment. Quel âge à ta fille précisément?

ritalea a écrit: Moi aussi je raisonne ainsi depuis peu. "si je dois ressentir ça et bien c'est que c'est nécessaire dans mon cheminement" mais ça n'en reste pas moins effrayant car on ne sait pas où on va et on croit devenir folle, en tout cas pour ma part.

Continue ainsi c'est exactement cela, ne l'oublie jamais. Je sais ce que c'est d'avoir ce sentiment de devenir folle. Mais cela n'arrivera pas :coeur:

ritalea a écrit: Le plus dur dans tout ça, c'est que tout ce chemin je ne le fais pas par choix, par envie. Je me sens forcée, je suis dans le "j'ai pas le choix".

Evoquez-vous la notion de lâcher-prise en thérapie?

ritalea a écrit:C'est beau ce que tu écris là :coeur: Est-ce que ta DM a impacté ton fils quand il était petit? Et aujourd'hui encore dans votre relation? Penses-tu avoir réussi à le "protéger"?

Je crois avoir fait de mon mieux, je crois que NOUS (mon mari, ma famille et l'équipe médicale qui m'a entourée) avons fait de notre mieux pour qu'il grandisse en étant le plus secure possible. Maintenant il aura comme tout être humain ses failles, ses peurs, ses casseroles comme on dit liées à son héritage familial. Ses parents ne sont pas parfaits et heureusement ::d

ritalea a écrit:Pour ma part, quand ça va je me dis que oui je la protège et quand ça va pas je me dis que sa gaieté et sa bonne humeur ne sont qu'une façade derrière une anxiété masquée qu'elle ne veut pas me montrer car elle sait que je ne vais pas bien (non je ne fais pas de projection sur ma fille ^^).
J'aurai pu écrire ses mots dans les premières années de mon fils, en grandissant elle te rassurera tu verras ;)

ritalea a écrit:Quand je suis seule à la maison comme la nuit dernière, que je me réveille tranquillement dans mon lit, que je ne peux penser qu'a moi, ça me rassure, je me sens cocoonée, protégée
Profite de ces moments, imprime les en mémoire pour t'y accrcoher quand tu n'en peux plus. Penses à la prochaine fois où tu pourras à nouveau en profiter. Ces bulles de douceur sont essentielles.

Pensées :coeur: :coeur:
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 05 Oct 2017, 15:23

Santonella a écrit:Je sais que c'est difficile d'avoir le sentiment de faire semblant, mais n'est ce pas là aussi l'attitude d'une mère qui souhaite protéger son enfant? Pendant plusieurs années après la naissance de mon fils, je me suis sentie fatiguée. C'était parfois un effort plus que surhumain de devoir m'occuper de lui alors que je n'aspirais qu'à une seule chose : me poser, dormir, prendre soin de moi.
Dans ce que tu écris je trouve qu'il y a une différence entre "faire semblant" et "faire un effort". "faire un effort" dans ce que tu écris je l'entends comme "OK aujourd'hui je suis fatiguée, j'ai pas envie de jouer avec toi, de te donner le bain, de m'occuper de toi. Ca ne remet pas en cause mon amour pour toi mais juste j'ai pas envie aujourd'hui". "Faire semblant" me renvoi à ma mère qui faisait semblant avec nous mais surtout avec elle même dans le sens "je ne suis pas dans le présent, je voudrais être ailleurs, mon désir, mon esprit se veut ailleurs, mais je fais semblant que tout va bien et que je suis bien là où je suis". Comme se voiler la face en quelque sorte.

Et ça je le fais vivre à ma fille et c'est terrible car je sais et je sens qu'elle le voit. Je fais semblant parce que je veux la protéger effectivement. Parce qu'elle n'a pas a payer ce qui ne lui appartient pas. Ce n'est pas de sa faute à elle si j'ai fait le choix de devenir mère alors que j'ai tellement de choses à régler. J'ai tellement l'impression de lui faire payer mes propres souffrances c'est horrible. Je me dis "encore une de plus qui sera fracassé par sa mère et cette fois c'est ma fille et moi la mère".
Ca m'est arrivé récemment, lorsque ca n'allait pas, de parler à ma fille en lui disant "là tu dois sentir que ca va pas et c'est vrai mais c'est mon problème et je suis entourée pour ça, ne t'inquiète pas".

Santonella pour te répondre, ma fille aura 22 mois le 15/10. Elle est née le 15 décembre 2015.

Santonella a écrit:Evoquez-vous la notion de lâcher-prise en thérapie?
Cette notion je l'ai surtout entendu ici. Je l'éprouve depuis quelque mois je crois. Mais quand je dis que je me sens forcée c'est parce qu'émotionnellement mon regard est toujours tourné vers ma mère, dans une attente de reconnaissance, de maternage, de calin, d'être enfin sa fille et sortir de ce rôle. Dans une attente d'une relation mère-fille dont j'aurais besoin. Dans une attente de la mère dont j'aurais besoin...? Mais la présence de ma fille m'oblige a détourner ce regard et à m'ancrer dans le présent d'aujourd'hui Ritalea adulte et mère et émotionnellement je n'en ai pas envie, cela me demande de tourner une page que je n'ai pas envie, même si intellectuellement j'ai conscience que c'est le bon chemin pour moi.

Santonella a écrit:Profite de ces moments, imprime les en mémoire pour t'y accrcoher quand tu n'en peux plus. Penses à la prochaine fois où tu pourras à nouveau en profiter. Ces bulles de douceur sont essentielles
Tu m'as déstabilisé en me répondant ainsi car pour moi c'est bien le signe que ma vie de mère me coûte, me demande énormément et ne correspond pas à où j'en suis. :/
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar weshallovercome » 06 Oct 2017, 14:32

Dans ce que tu écris je trouve qu'il y a une différence entre "faire semblant" et "faire un effort". "faire un effort" dans ce que tu écris je l'entends comme "OK aujourd'hui je suis fatiguée, j'ai pas envie de jouer avec toi, de te donner le bain, de m'occuper de toi. Ca ne remet pas en cause mon amour pour toi mais juste j'ai pas envie aujourd'hui".

Ce que tu appelles "faire un effort", c'est ce que j'appelais repousser ses limites ; par exemple, en pleine nuit au énième réveil, transformer un "oh non j'peux plus j'ai trop sommeil" en "je ne peux pas le laisser seul, il compte sur moi, allez je peux le faire". A te lire ici et là, il me semble que ce que tu fais c'est plus souvent proche de ça que du "faire semblant". Tu es totalement sincère avec ta fille, et ça lui fait du bien j'en suis convaincue (et ça t'en fera à toi tôt ou tard ...)
Mais quand je dis que je me sens forcée c'est parce qu'émotionnellement mon regard est toujours tourné vers ma mère, dans une attente de reconnaissance, de maternage, de calin, d'être enfin sa fille et sortir de ce rôle. Dans une attente d'une relation mère-fille dont j'aurais besoin. Dans une attente de la mère dont j'aurais besoin...?

Tu n'es pas encore au bout de ton deuil. Mais ça viendra. Le pire, tu es en train de l'éviter. Le pire, c'est de vieillir dans cette attente, d'orienter toute ta vie en fonction de ça, et puis de mettre un jour ta mère en terre et devoir admettre que tout ça a été vain. C'est ce que vit ma mère. C'est ce que je ne souhaite à personne, et surtout pas à toi qui es si pleine de qualités.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 10 Oct 2017, 09:32

ritalea a écrit:Dans ce que tu écris je trouve qu'il y a une différence entre "faire semblant" et "faire un effort". "faire un effort" dans ce que tu écris je l'entends comme "OK aujourd'hui je suis fatiguée, j'ai pas envie de jouer avec toi, de te donner le bain, de m'occuper de toi. Ca ne remet pas en cause mon amour pour toi mais juste j'ai pas envie aujourd'hui". "Faire semblant" me renvoi à ma mère qui faisait semblant avec nous mais surtout avec elle même dans le sens "je ne suis pas dans le présent, je voudrais être ailleurs, mon désir, mon esprit se veut ailleurs, mais je fais semblant que tout va bien et que je suis bien là où je suis". Comme se voiler la face en quelque sorte

La différence est très subtile pour moi, j'ai souvent fait l'effort d'être bien pour que rien ne se voit, pour me convaincre aussi que tout allait aller mieux si je me forçais un peu. Bien souvent au fond de moi, j'étais ailleurs, pas connectée. J'étais là sans y être vraiment.

ritalea a écrit:Je me dis "encore une de plus qui sera fracassé par sa mère et cette fois c'est ma fille et moi la mère".
Ça m'est arrivé récemment, lorsque ca n'allait pas, de parler à ma fille en lui disant "là tu dois sentir que ca va pas et c'est vrai mais c'est mon problème et je suis entourée pour ça, ne t'inquiète pas"

Les gens "fracassés" par leur mère comme tu dis ont justement eu des mères qui n'ont pas su prendre soin d'elles. Tu ne fais pas partie de celles-là. Tu as su trouver les mots justes, sécurisants, apaisants pour ta fille. J'ai réussi parfois à faire de même pour mon fils et aujourd'hui j'en suis fière :)

ritalea a écrit:Santonella pour te répondre, ma fille aura 22 mois le 15/10. Elle est née le 15 décembre 2015

Est ce que tu accepterais de m'en dire un peu plus sur elle?

ritalea a écrit:émotionnellement mon regard est toujours tourné vers ma mère, dans une attente de reconnaissance, de maternage, de calin, d'être enfin sa fille et sortir de ce rôle. Dans une attente d'une relation mère-fille dont j'aurais besoin. Dans une attente de la mère dont j'aurais besoin...?
Consoler la petite fille qui est en toi, on y revient... Ce maternage que tu attends c'est à toi de le faire, tu peux materner cette petite fille qui est en toi, en prendre soin, la rassurer, lui dire que çà va aller... Les mots de Wesh précédemment sont très forts et riches de sens à ce sujet.

ritalea a écrit: Tu m'as déstabilisé en me répondant ainsi car pour moi c'est bien le signe que ma vie de mère me coûte, me demande énormément et ne correspond pas à où j'en suis. :/
. Le signe aussi, que tu as des moments seule où il est bon de ne penser qu'à soi, de se sentir cocoonée (je reprends tes mots), des moments essentiels selon moi pour se ressourcer, remplir à nouveau ses poches d'énergie pour continuer à avancer. Acceptes ces sentiments, ne culpabilises pas... Combien de fois j'ai souhaité rester tranquille dans ma chambre pendant des jours entiers, sans voir mon fils. Je retenais si fort mes émotions quand il souhaitait entrer dans ma bulle pour un calin, un bisous, je prenais sur moi car je ne pouvais pas le repousser. Quelle mère repousse son enfant? Et la mienne qui avait tout sacrifié...C'était atroce...J'ai fait des efforts surhumains à mon sens, où fait semblant, je ne sais pas, POUR LUI. Ces grâce à ces moments où il était bon de se retrouver, que je pense avoir réussi à avancer. Ils étaient essentiels à mes yeux, ma bulle, mon échappatoire.

Mes clés ne sont pas forcément les tiennes, j'exprime la fait que chaque moment de bien-être est bon à prendre, quel que soit le lieu, le moment et qu'il ne faut pas culpabiliser de cela...

Pensées :coeur:
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 11 Oct 2017, 20:11

weshallovercome a écrit:Tu n'es pas encore au bout de ton deuil. Mais ça viendra. Le pire, tu es en train de l'éviter. Le pire, c'est de vieillir dans cette attente, d'orienter toute ta vie en fonction de ça, et puis de mettre un jour ta mère en terre et devoir admettre que tout ça a été vain. C'est ce que vit ma mère. C'est ce que je ne souhaite à personne, et surtout pas à toi qui es si pleine de qualités.
:coeur: :pleur4: Tu me touches droit au :coeur: Wesh. Orienter toute ma vie en fonction de ça me parle tellement. Oui j'ai voulu éviter le pire pour moi, j'en ai conscience mais émotionnellement je ne suis pas encore dans cette direction là.

Santonella, merci de prendre le temps de continuer de me répondre. Ton soutien m'aide énormément. Effectivement tes clés ne sont pas forcément les miennes mais ça n'a pas d'importance, ton non jugement, ta douceur me font tellement de bien du genre "ah donc je peux ressentir ça, penser ça, avoir besoin de ça sans pour autant être une mauvaise mère, être incapable de l'être ou de le devenir". Pour cela merci :coeur:

Santonella a écrit:Est ce que tu accepterais de m'en dire un peu plus sur elle?
Ma fille... quoi dire, quoi écrire. J'ai parfois l'impression que nous avons une relation très forte, que nous l'avons toujours eu, qu'elle arrive a percevoir qu'elle peut me faire confiance, que je suis solide et que je serai toujours là même si pour le moment je souffre. Une relation très forte parce que malgré ma DM, je savais la bercer, l'endormir, elle ne s'endormait que sur moi. Une relation très forte aussi parce que je crois qu'elle voit la petite fille en moi et lorsqu'elle me fait un calin elle caline la petite fille en moi.
Mais à d'autres moments je me dis que nous n'avons pas de lien du tout, que c'est basé sur des apparences, des faux semblants où je surjoue le rôle de mère et elle fait semblant de ne rien voir et d'accepter de faire comme si de rien n'était.
Elle est drôle, coquine, malicieuse, très intelligente, sensible, elle parle très bien pour son âge et capte tout. Pour moi elle est hyper vigilante car inquiète et insécurisée donc elle pose tjr des milliers de questions à la seconde et a du mal à se poser. Elle est sociable. Elle a une super nounou avec qui elle a un lien fort et je suis ravie d'avoir au moins su, à défaut de moi, la confier à une personne comme ça et lui offrir ça.

Mais je n'arrive pas à la voir comme MA FILLE. C'est à dire où je peux la regarder et voir un peu de moi et un peu de mon mari. Où je peux la regarder et avoir envie de lui transmettre des choses, de la protéger, de partager pleins de choses. J'y arrive pas. Elle me renvoi de la peur, de la rivalité, de la colère :nono:

Santonella a écrit:Ces grâce à ces moments où il était bon de se retrouver, que je pense avoir réussi à avancer. Ils étaient essentiels à mes yeux, ma bulle, mon échappatoire.
Moi aussi je le ressens. Mais ils me sont aussi douloureux que vitaux. Car quand il faut y "retourner" c'est tellement dur.

Santonella a écrit:J'ai fait des efforts surhumains à mon sens, où fait semblant, je ne sais pas, POUR LUI.
Je crois pouvoir dire la même chose avec ma fille. Et j'espère que ces efforts paieront. Pour moi, mais aussi que notre relation ne sera pas trop abimée. Je me dis que ma mère a fait semblant avec nous pour nous protéger mais qu'a coté elle ne se soignait pas. Tandis que moi je protège ma fille en attendant d'être sincèrement dans le présent et disponible avec le coeur.
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