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C'est l'histoire d'une petite fille...

ritalea
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 18 août 2018, 10:08

Merci les filles de votre réactivité et de votre soutien, j'ai conscience de rabâcher ici toujours un peu les mêmes choses. J'ai parfois peur de souler.

Merci vos mots me font tellement de bien :coeur:

Après ce terrible coup dur, j'ai une nouvelle fois avancé. C'est fou comme depuis deux ans et demi cela fonctionne ainsi: plusieurs jours de douleur intense, où je suis noyée dans la douleur, les idées noires, plongée dans Ritaléa petite, puis j'en ressors un peu mieux, un peu plus en paix, un peu plus grandie, un peu plus mère aussi.

Pour vous répondre, j'ai eu ce sentiment à la dernière séance qu'effectivement j'avais fait le tour avec ma psy. Avec le recul je crois surtout que j'ai fait le tour de l'extérieur à moi: ma mère surtout, ma relation à elle, ma famille d'une manière générale, l'image de la mère etc. Aujourd'hui je sens que moi seule peut vraiment m'aider. et c'est toute la difficulté. Et je ne sais pas pourquoi mais ça me met en colère aussi de m'apercevoir que je ne recevrai donc pas ce dû, ce besoin vital, cette reconnaissance.
Santonella a écrit :as-tu essayé d'autres méthodes thérapeutiques?
J'avais approché l'hypnose oui. Mais aujourd'hui je ressens que c'est moi seule qui freine. Et que la solution n'est pas de chercher d'autre méthode thérapeutique parce que je n'ai pas beosin d'aide là dessus, j'ai comme toutes les cartes en main mais je freine, je reste bloquée, je ne veux pas sauter. Pas encore. Je ne veux pas lâcher.
Santonella a écrit :Je pratique depuis mon effondrement maternel, la relaxation.
Quand tu écris effondrement maternel cela me parle car j'ai repris la lecture du livre "tremblement de mère" et toutes font état d'un effondrement maternel à un moment donné c'est à dire une incapacité quasi complète de s'occuper de bébé, et surtout l'éclat en plein jour de leur difficulté car elle ne pouvait plus tenir, donc la famille est au cours, le secteur médical, bref il y a effondrement. On avoue notre difficulté, notre mal être, notre impuissance aux yeux de tous. Moi cela je ne l'ai pas eu. Je l'ai refusé. Alors ça m'a rajouté un énorme poids à porter que de "cacher" cela, de faire semblant envers les autres mais surtout envers moi même.

Et ce dernier coup dur que j'ai eu, je ne m'étais jamais approché aussi près de cet effondrement: ne plus tenir, ne plus faire semblant, ne plus me forcée. Avouer. Me mettre a nue. Partir. Avouer à ma fille. Abandonner la tâche.
hirondelle a écrit :as tu vraiment confiance en elle?
Oui pleinement, honnetement elle est un lien indéfectible pour moi, dès que j'ai une difficulté ou dès qu'un évènement s'est passé je pense à elle et je me dis je lui raconterai ça et elle m'aidera comme un peu une maman quoi.
almarita a écrit : J'ai ressenti de la honte, de la culpabilité. Mais en fait ce n'est pas justifié. Souffrir est déjà tellement dur en soi. Ce n'est pas une faute a avouer. Nous n'avons pas choisi de souffrir en devenant maman. Certaines personnes le comprennent d'ailleurs très bien. Et aujourd'hui que je vais mieux, je trouve même nos rapports plus forts.
C'est bizarre mais tu vois l'image qui me vient quand je pense à "avouer" c'est la réaction de ma famille qui, discutant entre eux après mon départ (abandon de domicile en gros) et leurs discussions tournent autour de: c'était trop pour elle, elle a tenu au maximum, elle a fait du mieux qu'elle a pu mais vraiment ce n est pas fait pour elle. Et j'imagine notamment mon père venir me voir, sans jugement, compatissant me disant "tu as fait ce que tu as pu, tu n'as a te rprocher".


IL y a un tel décalage entre ce que je suis a l'intérieur, ce que je ressens et ce que j'ai besoin de recevoir, là où j'en suis émotionnellement ET ma vie actuelle de "grande" où je dois travailler, être maman.

Bref je ne sais pas, je ne sais plus...

Je sens que la rechute est imminente, tant que tout ne sera pas réglé il y en aura. Mais je les sens de plus en plus douloureuses. Comme si j'étais au bord de tout lâcher parce que je n'en peux plus de controler et de tenir mais lâcher signifie abandonner, partir, tout planter et dire "stop je peux plus. Je peux plus agir ainsi, je peux plus faire semblant de".

C'est ce qui s'est passé avec ma fille il y a quinze jours, je me suis msie a nue comme une petite fille. Je lui ai montré ce que j'étais au fond. Que je n'étais que "ça": une petite fille aussi, qui a les mêmes besoins qu'elle, qui n'a jamais désiré être mère. De m'exposer ainsi je ne vois pas comment elle peut m'aimer, comment elle peut me voir comme une mère, comment elle peut se sentir en confiance et en sécurité.
Elle ne peut pas tant que moi même j'en douterais je pense. Si j'assumais cette partie là de moi en me disant "je suis cette maman là" ça irait mieux.

Santonella
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Santonella » 05 sept. 2018, 20:51

ritalea a écrit : J'ai parfois peur de souler.


Tu ne saoules pas. Otes toi cette pensée de ton esprit. J'ai eu aussi (longtemps) ce sentiment de rabacher toujours les mêmes choses jusqu'à en accuser ma psy d'être inutile. Et pourtant, j'avais tant de pierres dans mon sac à dos, tout comme toi. Rabacher c'est les retirer une à une, cela prend du temps.

ritalea a écrit :Après ce terrible coup dur, j'ai une nouvelle fois avancé. C'est fou comme depuis deux ans et demi cela fonctionne ainsi: plusieurs jours de douleur intense, où je suis noyée dans la douleur, les idées noires, plongée dans Ritaléa petite, puis j'en ressors un peu mieux, un peu plus en paix, un peu plus grandie, un peu plus mère aussi.


Peut-être devras-tu t'habituer à ses remontées vers la serenité. Mon fils à 7 ans. Je vis ces épisodes depuis sa naissance. Aujourd'hui, je les reconnais et les accepte, ce qui fait qu'ils sont moins douloureux aussi.
Ritalea a écrit :On avoue notre difficulté, notre mal être, notre impuissance aux yeux de tous. Moi cela je ne l'ai pas eu. Je l'ai refusé. Alors ça m'a rajouté un énorme poids à porter que de "cacher" cela, de faire semblant envers les autres mais surtout envers moi même.
.

L'effondrement est selon moi un processus interne. On peut très bien faire semblant mais se sentir autre à l'intérieur de soi. L'effondrement c'est aussi celui de la petite fille qui ne se sent pas capable, celle qui doit être consolée pour renaître. Je ne pense pas que l'effondrement éclate forcément au grand jour. C'est une terrible souffrance intime. Le début d'un remaniement identitaire.

Ritalea a écrit :C'est ce qui s'est passé avec ma fille il y a quinze jours, je me suis msie a nue comme une petite fille. Je lui ai montré ce que j'étais au fond. Que je n'étais que "ça": une petite fille aussi, qui a les mêmes besoins qu'elle, qui n'a jamais désiré être mère. De m'exposer ainsi je ne vois pas comment elle peut m'aimer, comment elle peut me voir comme une mère, comment elle peut se sentir en confiance et en sécurité.
Elle ne peut pas tant que moi même j'en douterais je pense. Si j'assumais cette partie là de moi en me disant "je suis cette maman là" ça irait mieux.
Tu ES la mère de ta fille quoi que tu fasses, quoi que tu dises. Elle t'aime sans conditions. Pour la confiance et la sécurité, comment savoir. La petite fille en toi ne s'est pas sentie en confiance et en sécurité avec sa mère. En est-il vraiment de même pour ta fille? Pas si sûre. Et puis, elle a aussi son père.

Tu n'es pas ta fille et elle n'est pas la petite fille que tu as été.
Tu es déjà cette maman là, reste à l'accepter c'est vrai mais tu l'es déjà...

:coeur:
Enfin libre d'être mère.

ritalea
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 13 sept. 2018, 17:12

Santonella a écrit :L'effondrement est selon moi un processus interne. On peut très bien faire semblant mais se sentir autre à l'intérieur de soi. L'effondrement c'est aussi celui de la petite fille qui ne se sent pas capable, celle qui doit être consolée pour renaître. Je ne pense pas que l'effondrement éclate forcément au grand jour. C'est une terrible souffrance intime. Le début d'un remaniement identitaire.
Merci pour ces mots qui me font énormément de bien. Car je croyais que je n'en étais toujours pas de là et que je continuais en qq sorte de me voiler la face et de ne pas travailler en profondeur. Mais je crois que le travail est bien là et qu'effectivement il se fait à "l'intérieur de moi".
Santonella a écrit :Tu n'es pas ta fille et elle n'est pas la petite fille que tu as été.
Et pourtant c'est ainsi que je le vis, que je ressens les choses. Pourquoi?

C'est comme si on me ramenait dans ma propre histoire, ma propre naissance, ma propre enfance, ma propre relation à ma mère et que je ne veux plus. Je ne veux plus le revivre, je ne peux pas le traverser à nouveau, le ressentir de nouveau je n'en peux plus. C'est trop de douleur, trop d'effroi à nouveau.
Quand je revois des vidéos de moi petite que ma mère prenait, je ressens cette insécurité terrible que j'éprouvais. Le fait que je ne pouvais me fier à ma mère. Et ma fille me fait revivre tout ça. Enfin la maternité, ma maternité me faire revivre ça. Ce n'est pas vraiment l'histoire que j'écris avec ma fille, mais plutôt je retraverse, je ressasse moi et ma mère.
Quand est-ce que ça va s'arrêter ça? car en attendant je passe a côté de ma fille, de notre histoire. Et si notre histoire c'était ça? je ne sais plus ...

J'étais comme figée, comme en standby: "tant que ma mère est comme ça je ne peux pas me fier à elle, je ne me fie pas à elle, et j'attends". C'est bien ça le problème c'est le "j'attends". Parce que du coup je n'ai pas vécu ma vie. Ressenti mon enfance. J'étais insécurisée tout le temps partout.

Et puis je n'ai jamais compris que le sens de ma vie c'était de grandir, un jour de partir, de penser pour moi. J'ai toujours ressenti et j'étais convaincue que ma place était ad vitam auprès de ma famille d'origine, sans jamais questionner cela. Le pire c'est que ça ne me dérangeait pas. J'étais bien dans ma maison, avec ma famille. La vie aurait pu être celle ci, ça ne m'aurait pas dérangé je crois.

Ma fille est rentrée à l'école ça yè. Et cette rentrée me remue énormément. Je ressens, j'ai des flashs de ma rentrée, de ma vie à la maternelle, de mon sentiment d'angoisse, d'insécurité, du cafard que j'avais dans la salle de classe. Pourquoi, à chaque évènement de vie de ma fille, je suis obligée de ressentir comment moi j'ai vécu les choses? et de faire comme un amalgame? est-ce que ça s'arrêtera un jour?

Je sais que ça peut paraitre complètement irréel, mais je crois que mes sentiments c'est Ritaléa petite qui crie "non je ne veux pas revivre tout ça".
Ritaléa petite n'a aucune confiance en ma fille, en cette autre petite fille qui est ma fille mais que je perçois comme un énorme danger pour moi parce qu'elle est comme mon double, mon miroir, et qu'elle me fait tout revivre :/ :( C'est terrible et extrêmement puissant. Parfois je me dis que si j'avais eu un garçon je n'aurais pas tant souffert.


Je me rappelle toujours d'une phrase que tu m'as écrite un jour qui disait "peut être qu'une partie de toi doit mourir". J'ai l'impression qu'en devenant mère, c'est mon MOI, qui meurt. Mon moi de petite fille mais aussi mon MOI de pourquoi j'existais, de pourquoi jusque là je vivais, de ce qui m'animait, ce que je désirais, de ce qui m'intéressait.
C'est "marrant" mais j'ai toujours senti chez ma mère qu'elle n'était pas dans le présent, que nous, mon père, son boulot, n'était qu'une façade et que ce qui l'intéressait au fond d'elle, ce dont elle avait besoin, ce dont elle crevait d'envie et de souffrnace à la fois se trouvait ailleurs, ailleurs que dans ce présent qu'elle avait construit. Ca se trouvait dans son enfance, dans son lien à sa mère, dans un terrible manque qu'elle avait, qu'elle n'avait jamais osé exprimé mais qui était là, latent, figé, en attente.

Je ressens la même chose. C'est comme si, devenir mère, c'était laisser tomber ce manque, mais donc laisser tomber mon dû, laisser aussi ce qui m'anime, me tient depuis toujours et qui serait injuste de ne pas me donner un jour. Pour l'écrire plus simplement: c'est comme si on me disait que ce manque que j'attends d'être comblé (notamment en faisant pleins de choses pour cela) ne le sera jamais, et bien du coup je n'ai plus le gout de vivre, car je ne vois pas d'autres intérêt, c'est ça que je veux j'en ai besoin. Uniquement ça, le reste ne m'intéresse pas car il le reste ne viendra jamais me faire vibrer et me combler ce besoin si primaire, si archaique, de confort, d'amour et surtout de sécurité que je ressens le besoin d'avoir. Je ne peux pas passer outre cela, rien n'a de gout sinon. Rien n'a de gout sans un sentiment de sécurité.

Santonella
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Santonella » 09 oct. 2018, 15:31

Bonjour Ritalea,

Désolée de ne pas être passée plus tôt.

Etre parents, c'est inévitablement revivre par procuration notre enfance. C'est aussi dans notre relation à nos parents que nous allons malgré nous puiser les repères utiles à l'éducation de nos enfants. Petit à petit, nous apprenons à faire le tri, à remanier ce que nos parents nous ont apporté ou non, à faire différemment. C'est normal et inévitable de revivre notre enfance à travers notre rôle de parent. Il arrive fréquemment qu'avec mon fils j'agisse comme s'il était moi et puis j'ai parfois le recul de dire mais il n'est pas toi. Même si moi j'ai peur, lui n'a pas forcément peur. Si moi j'ai mal, lui ne souffre pas forcément. Nous n'avons pas les mêmes peines, les mêmes joies, les mêmes plaisirs. C'est ainsi, nous sommes différents.

Quand je le regarde j'ai du mal à croire qu'il soit si différent de moi finalement. Je crois qu'il l'a toujours été mais plus petit je me voyais tellement en lui. Il grandit, sa personnalité s'affirme. Il se pose. Il parle à ses parents beaucoup, ce qui n'était pas mon cas enfant.

Il y aura des étapes, des moments dans la vie de ta fille ou tu te sentiras fragilisée, plongée à nouveau dans ton histoire. C'est ainsi et je crois que c'est pour toujours, que cela ne s'arrêtera jamais.

J'ai eu beaucoup de difficultés avec la première rentrée scolaire de mon fils aussi. J'étais perdue, angoissée, j'étais comme lui, une petite fille. J'ai eu l'occasion de discuter avec ma mère de cet épisode de ma vie et elle m'a dit qu'elle n'avait pas pu se séparer de moi. J'ai commencé l'école à l'âge de 5 ans car ma mère voulait me garder pour elle..

Tu fantasmes ta relation à ta mère en imaginant qu'elle pourrait encore t'aimer comme tu aurais du être aimer...selon TA définition. Mais comment ta mère aurait du t'aimer Ritalea ? Elle t'a aimé à sa manière, comme tu aimes ta fille à ta manière, aussi imparfaite soit-elle car la perfection n'existe pas.

Oui devenir mère c'est mourir pour renaître. C'est muer, changer, grandir, vieillir aussi. C'est devenir adulte, accepter d'avoir été une autre, accepter que notre identité se transforme au fil des événements de la vie : une naissance, un décès, une séparation, un accident de la vie, etc.

C'est la vie Ritalea! Il s'agit là de te libérer enfin et de vivre TA vie.

Pensées :coeur:
Enfin libre d'être mère.

ritalea
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 18 oct. 2018, 18:12

Tes mots sont si justes Santonella :coeur: C'est fou comme ça me parle ce que tu m'écris.

Quand as tu ressenti, as tu su que tu étais libre? est-ce venu petit à petit? sur de petites choses au départ? ou est-ce que ça a été une libération d'un coup?

De mon côté, je ne me sens toujours pas libre d'être mère. Toujours pas libre tout court. Cela fait une semaine que je me sens mal que je broie du noir et que vraiment je n'ai plus d'espoir. Ce qui me tue c'est que je m'aperçois, qu'inconsciemment j'agis toujours avec l'espoir d'une petite fille envers sa mère, et que ma fille dans tout ça est juste le cobaye.
Si je fais une activité avec ma fille que je n'avais jamais fait avec ma mère (ex la musique, la baby gym), si j'ose faire des trucs que j'aurais aimé que ma mère fasse (la voir faire du sport et qu'elle m'emmène avec elle comme j'emmène ma fille avec moi au tennis) et bien tout ça, je ne le fais pas POUR MA FILLE. Je le fais, je m'en rends compte, avec un espoir infini de RECONNAISSANCE, reconnaissance de la part de ma mère de ce que je suis. C'est encore vouloir lui démontrer que "si tu vois c'est possible, on aurait pu partager ça, moi je te montre là ce que j'aurais voulu pour nous deux, tu vois tu vois que c est possible?" "reconnais le ! fais le" j'ai tellement besoin de cette reconnaissance, de cette validation.

En fait ma mère ne reconnaitra jamais mais parce qu'elle n'en a pas conscience, qu'elle aurait voulu une autre vie, qu'elle n'était pas en phase avec elle même, que si c'est comme ça qu'il faut être mère etc. Je crois que cette reconnaissance m'aiderait à me libérer, à m'autoriser. Le fait qu'elle ne le fasse pas et pire qu'elle me juge lorsque je ne fais comme elle m'empêche de me libérer car j'ai besoin d'elle, même si ce lien me pourrit. Je ne peux pas vivre sans. Or tourner le dos à cela, ne pas me soucier de ce que ma mère penserait etc c'est tourner le dos à un certain mode de relation que nous avions lorsque j'étais petite fille, c'est tourner le dos à mon enfance et à mes attentes d'enfant.
Je suis bloquée là dedans. Je refuse.

Je me sens en colère contre moi même, de ne pas être capable de me positionner, de ne pas être la mère de ma fille. D être aussi fidèle coute que coute a ma mère malgré la rage et la souffrance que ça me procure.
Cette rage je n'ose pas la diriger contre ma mère, contre cette petit voie en moi qui dirait "mais moi je fais comme ça laisse moi faire, arrete avec tes angoisses qui sont les tiennes, ne me pollue pas avec ça moi et ma fille c est différent, gardes ca pour toi". Ritalea petite dit au revoir a tout jamais a sa maman ainsi, dit au revoir a ses attentes, a ses espoirs qu'elle tenait vivant en étant fidèle loyale et attentive au moindre signe d'attention de sa maman envers elle. Ritalea petite renonce. Abandonne. :(

Tu vois je devrais me sentir fière et ravie en tant que maman d'amener ma fille sur les courts de tennis. Mais je ne le fais même pas pour moi! Déjà je le fais toujours avec un certain mal être parce que je sais qu'elle n'y a pas sa place, qu'elle serait mieux ailleurs. Mais je sais que je ressens ça parce que ma mère pense ça et moi ça me rend mal qu'elle pense ça.

gama67
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par gama67 » 18 oct. 2018, 21:47

Ritalea,
ritalea a écrit :
18 oct. 2018, 18:12
De mon côté, je ne me sens toujours pas libre d'être mère. Toujours pas libre tout court. Cela fait une semaine que je me sens mal que je broie du noir et que vraiment je n'ai plus d'espoir.
As-tu pensé à écrire une lettre à ta maman et une autre à la petite fille qui est en toi ? où tu exprimerais tous tes ressentis, émotions, etc.


ritalea a écrit :
18 oct. 2018, 18:12
Je ne peux pas vivre sans. Or tourner le dos à cela, ne pas me soucier de ce que ma mère penserait etc c'est tourner le dos à un certain mode de relation que nous avions lorsque j'étais petite fille, c'est tourner le dos à mon enfance et à mes attentes d'enfant.
Je suis bloquée là dedans. Je refuse.
Est-ce réellement tourner le dos à ton enfance ? Je ne le pense pas. C'est au contraire mettre de la distance entre ce qui te pourrit la vie et te rapprocher de ce que tu aimerais vivre. Personne ne t'oblige à couper ce lien, par contre l'apprivoiser, l'analyser d'un autre point de vue que celui de Ritalea petite fille serait une étape.
ritalea a écrit :
18 oct. 2018, 18:12
Je me sens en colère contre moi même, de ne pas être capable de me positionner, de ne pas être la mère de ma fille.
Cette rage je n'ose pas la diriger contre ma mère, contre cette petit voie en moi qui dirait "mais moi je fais comme ça laisse moi faire, arrete avec tes angoisses qui sont les tiennes, ne me pollue pas avec ça moi et ma fille c est différent, gardes ca pour toi". Ritalea petite dit au revoir a tout jamais a sa maman ainsi, dit au revoir a ses attentes, a ses espoirs qu'elle tenait vivant en étant fidèle loyale et attentive au moindre signe d'attention de sa maman envers elle. Ritalea petite renonce. Abandonne. :(
Je persiste à dire que tu es bien la maman de ta fille :coeur:
Pour le reste, cette dualité est tellement présente dans tes écrits, pouvoir crever l'abcès serait un exutoire devant tellement de souffrance.

ritalea a écrit :
18 oct. 2018, 18:12
Tu vois je devrais me sentir fière et ravie en tant que maman d'amener ma fille sur les courts de tennis. Mais je ne le fais même pas pour moi! Déjà je le fais toujours avec un certain mal être parce que je sais qu'elle n'y a pas sa place, qu'elle serait mieux ailleurs. Mais je sais que je ressens ça parce que ma mère pense ça et moi ça me rend mal qu'elle pense ça.
Toi, Ritalea mère et femme, qu'en penses tu d'emmener ta fille au tennis ? (la 1ère réponse qui te passe par la tête)

ritalea
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 19 oct. 2018, 16:08

gama67 a écrit :
18 oct. 2018, 21:47
As-tu pensé à écrire une lettre à ta maman et une autre à la petite fille qui est en toi ? où tu exprimerais tous tes ressentis, émotions, etc.
Oui. Mais je sais que j'attendrai une réponse à cette lettre. Je fournirai un énième espoir dans cette lettre. Et je sais que cet espoir est vain. Je dois trouver d'autres solutions, qui ne viennent pas de l'extérieur pour me consoler, pour me sécuriser.
gama67 a écrit :
18 oct. 2018, 21:47
Est-ce réellement tourner le dos à ton enfance ? Je ne le pense pas. C'est au contraire mettre de la distance entre ce qui te pourrit la vie et te rapprocher de ce que tu aimerais vivre. Personne ne t'oblige à couper ce lien, par contre l'apprivoiser, l'analyser d'un autre point de vue que celui de Ritalea petite fille serait une étape.
Oui tu as raison. C'est tourner le dos à mes attentes de petite fille. C'est tourner la tête pour poser mon regard vers le présent et l'avenir et non vers le passé.
gama67 a écrit :
18 oct. 2018, 21:47
Toi, Ritalea mère et femme, qu'en penses tu d'emmener ta fille au tennis ? (la 1ère réponse qui te passe par la tête)
Je trouve ça super! INTELLECTUELLEMENT je trouve ça génial de lui faire découvrir mon monde, de la faire baigner dedans. EMOTIONNELLEMENT je me sens toujours super mal quand elle est là. Soit je me dis "elle n'y a pas sa place" (dixit ma mère), soit je me sens oppressée parce que ma fille (ce danger) entre dans MON monde, le monde où je suis le plus moi, le monde où je suis la plus authentique. Elle me voit pendant mes matchs transpirer, râler, etre essoufflée. ET je me sens mise à nue, je n'ose même pas croiser son regard, car j'ai l'impression qu'elle doit halluciner de me voir si différente du rôle de mère que je me donne. Et pourtant la vrai Ritaléa elle est là. Mais cette Ritaléa là, je ne vois pas comment elle peut être mèRe. Parce que je sens le regard de ma mère sur moi: je suis "bourrine", sous entendu pas douce, pas affectueuse, je suis spontanée voire je m'énerve vite, en fait je sens le regard sur moi (négatif) de ma mère, systématiquement quand je suis MOI. Donc dans le sport, par exemple.

Polka
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Polka » 19 oct. 2018, 16:51

Je trouve ça super! INTELLECTUELLEMENT je trouve ça génial de lui faire découvrir mon monde, de la faire baigner dedans. EMOTIONNELLEMENT je me sens toujours super mal quand elle est là. Soit je me dis "elle n'y a pas sa place" (dixit ma mère), soit je me sens oppressée parce que ma fille (ce danger) entre dans MON monde, le monde où je suis le plus moi, le monde où je suis la plus authentique.
Cette difficulté à être toi même en présence de ta fille, tu l'évoques souvent. Et je pense souvent à toi quand je ressens un peu la même chose... Mais, pour m'aider, j'en fais une lecture différente.
Je m'explique.
Depuis que je vais mieux, je vois à nouveau des amies. Et quand elles passent chez moi, gérer leur présence et celle de ma fille en même temps m'est très difficile. Je me mets une pression inexplicable... En fait ça me fait très bizarre d'entretenir une discussion avec une amie, comme je le faisais avant ma grossesse, alors que ma fille, celle qui m'impressionne tant, est dans la pièce. J'ai l'impression de vivre un dédoublement de personnalité forcé. Comme si mon "moi d'avant" et mon "moi maman" n'arrivaient pas à cohabiter pour l'instant. Jusqu’à maintenant cette impression m'angoissait beaucoup. Et puis l'autre jour j'ai réfléchi... Est-Ce que cette impression du double "je" ne m'étais pas déjà arrivé? Et j'ai soudainement pensé à la première fois que j'ai été amoureuse... Là aussi il y avait cette difficulté à vivre ma vie de collégienne, avec mes copines, alors que je sentais la présence de ce garçon là, pas très loin. Ce sentiment amoureux me rendait un peu double et jamais complètement là...
Alors mon exemple peut paraître bizarre mais je crois qu'on peut se dire que ce malaise traduit combien nos enfants ne nous laissent pas indifférentes et qu'il y a sans aucun doute de l'amour derrière tout ça. Leur regard de petite fille sur nous nous désarçonne, nous trouble... Cela peut être désagréable oui. Mais pour autant ce serait se tromper que d'y voir un danger ou une menace.

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