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C'est l'histoire d'une petite fille...

hirondelle
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par hirondelle » 18 mai 2018, 20:22

ritalea a écrit :Pour ma part, plus je me rapproche de mon vrai "moi", dans mon devenir mère, plus je m'éloigne de ma mère, plus je lui suis déloyale et j'en souffre beaucoup aussi.
Bien sûr que c'est difficile! un deuil à faire: le deuil de la mère idéalisée, rêvée...
Mais ce n'est pas la trahir, ni l'abandonner.... c'est grandir tout simplement...
Tu as été suffisamment parentifié et il est temps de remettre à sa place vos rôles ... c'est aussi peut être lui rendre service...et transmettre la juste place à ta fille...
C'est facile à dire mais tu as déjà fait un chemin remarquable... Retourne toi et regarde d'où tu viens..
Rien n'est linéaire mais tu es sur la bonne voie :coeur:
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ritalea
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 07 juin 2018, 21:53

Santonella quand tu feras un petit passage ici, j'ai de nouveau besoin de toi.

As tu ressenti, au cours de ta DM et de ta thérapie, un sentiment rageant d'être coincée? L'image qui me vient c'est coincée dans une forme rectangle, je butte dans les parois, je crie, je crie de rage car je refuse de suivre le chemin de la sortie, qui est pourtant visible et accessible. Je le refuse car ce n'est pas le chemin que je voulais prendre. Celui que je voulais prendre n'existe pas, je me confronte à ces parois.Mais je continue de lutter, je refuse de laisser tomber. Parce que c'est pas juste, parce que c'est pas ce que je veux.

Je rage car je pense avoir fait le tour de ma DM, relater encore et encore toujours les mêmes choses mais ne pas arriver, refuser, je n'en sais rien de faire le pas de me libérer.

La psy m'a demandé: "qu’est ce que vous voulez qui change?" (je venais de symboliser mon mari ma fille moi ma mère mon pere et ma sœur avec des bouchons de bouteilles ^^). Elle ajoute "si vous êtes la c'est que vous etes dans une démarche de changement". Et je me suis rendue compte que je ne voulais justement rien changer, rien bouger.
Je voulais arreter de souffrir dans ma relation à ma fille mais...sans rien changer de la composition actuelle de ma famille, de ma place, de mes relations actuelles...

Je ne sais pas si je suis claire...mais ton aide comme toujours me serait précieuse :coeur:

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Antonella
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Antonella » 08 juin 2018, 19:29

Bonsoir Ritalea,

Je suis de passage ce soir ;)

Mon suivi thérapeutique aura duré en tout et pour tout deux ans et demi (environ) mais je suis encore et toujours sur le chemin de Ma maternité.
Mon fils vient d'avoir 7 ans.

Je remonte toujours par SAS. Des périodes douloureuses qui me permettent d'avancer que je ne maîtrise pas, que je n'essaie plus de contrôler. J'accepte ce qui vient parce que c'est ainsi, les angoisses, les craintes, les peurs.

Pendant la première année de ma thérapie (hospitalisation et consultations plusieurs fois par semaine), je ne voulais rien lâcher. Coincée, je cherchais désesperemment une sortie. Je voulais m'échapper, me réveiller de ce cauchemar. Mais, rien...

Pendant cette première année, j'ai eu le sentiment de rabâcher sans cesse les mêmes choses. Je me souviens très bien l'exprimer chez ma psy. "De toute façon cela ne sert à rien, cela fait des mois que je répète les mêmes choses et rien. Je souffre toujours autant. Vous ne me servez à rien."

La naissance de mon fils fut une première étape. Enfin, je n'allais plus être seule à m'occuper de lui. Tout ne dépendait plus de moi. Pourtant, je continuais d'analyser, de contrôler, je ne voulais pas de cette vie. Je pensais que je n'y arriverai jamais. C'était très difficile.

Et puis petit à petit, j'ai compris que j'avais beau essayer de contrôler cela ne fonctionnait pas. Alors j'ai accepté d'avoir mal. J'ai accepté de ne pas être la mère que je m'étais imaginé être. J'ai accepté que mon fils pourrait en souffrir. J'ai accepté que c'était ainsi. J'ai vécu sans me poser de questions, sans penser au lendemain, en faisant les choses même si cela n'était pas du tout ce que je souhaitais. C'était comme ça. J'étais épuisé de contrôler, de tenir. Fatiguée.
Et bien malgré moi, c'est à partir de là que j'ai commencé à avancer sur ce chemin tétanisant de la maternité.
Petit à petit, j'étais en train de sortir de ma prison, de ce piège que je m'étais moi-même tendu. Je suis sortie de ma boîte, de mon rectangle :) .
Je me suis libérer de mes interdits.

Et si en dehors de ce rectangle la vie était un peu plus paisible Ritalea?

Pensées :coeur: :coeur: :coeur:
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par hirondelle » 08 juin 2018, 22:02

Antonella a écrit :Et puis petit à petit, j'ai compris que j'avais beau essayer de contrôler cela ne fonctionnait pas. Alors j'ai accepté d'avoir mal. J'ai accepté de ne pas être la mère que je m'étais imaginé être. J'ai accepté que mon fils pourrait en souffrir. J'ai accepté que c'était ainsi. J'ai vécu sans me poser de questions, sans penser au lendemain, en faisant les choses même si cela n'était pas du tout ce que je souhaitais. C'était comme ça. J'étais épuisé de contrôler, de tenir. Fatiguée.
Et bien malgré moi, c'est à partir de là que j'ai commencé à avancer sur ce chemin tétanisant de la maternité.
Petit à petit, j'étais en train de sortir de ma prison, de ce piège que je m'étais moi-même tendu. Je suis sortie de ma boîte, de mon rectangle .
Je me suis libérer de mes interdits.

Et si en dehors de ce rectangle la vie était un peu plus paisible Ritalea?
:coeur: :super: Merci Antonella.... oui c'est tout à fait ça! baisser notre taux d’exigence envers nous même... pas si facile, mais le chemin de la liberté
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 16 juin 2018, 09:13

Antonella a écrit :Je remonte toujours par SAS. Des périodes douloureuses qui me permettent d'avancer que je ne maîtrise pas, que je n'essaie plus de contrôler. J'accepte ce qui vient parce que c'est ainsi, les angoisses, les craintes, les peurs.
Est-ce que durant ces périodes, ta relation avec ton fils est impactée? Ou parviens tu à faire le distingo désormais (mon histoire/ma relation avec mon fils). Moi, quand ça ne va pas, c'est tout de suite ma fille qui provoque cela, je me sens davantage dans le rejet de ma fille, pas disponible, je me sens agressée :rouge:
Antonella a écrit :Et si en dehors de ce rectangle la vie était un peu plus paisible Ritalea?
J'ai récemment compris ce que signifiait cette sensation d'emprisonnement et ce chemin accessible et visible que je refuse d'emprunter: je refuse de lâcher cette petite fille, je refuse de quitter cette place, de passer à l'étape suivante. Car je refuse de faire le deuil de besoins non comblés, de mon enfance que je n'ai pas su en profiter puisque j'attendais le jour où, je refuse de lâcher cela sans avoir mon dû. Je suis tournée volontairement dans ce rectangle étroit mais c'est là que je veux rester et que j'ai décidé d'attendre...

Ma fille me renvoie sans cesse à cela. J'ai des attentes non comblées, j'ai fait le choix (inconscient et qui s'avère le même que ma mère avec sa propre mère) d'être loyale coûte que coûte dans l'espoir un jour d'une reconnaissance, d'un amour sincère, d'une attention personnelle. Un peu comme si, si demain ma mère disparaissait, je perdais tout le sens de ce que j'ai mis en place jusque là tu vois? Je n'aurais plus gout à faire. C'est juste horrible. Parce que ce qui m'intéresse, ce qui me motive, c'est le regard de ma mère. Attirer son attention. Exister pour ce que je suis. Ma mère a le regard tourné vers sa propre mère donc c'est impossible. Je l'ai bien compris intellectuellement, mais émotionnellement il y a ce besoin, ce désir cet espoir!! Je dois abandonner mais c'est dur.

La je suis officiellement sans emploi depuis quinze jours. Je le vivais plutôt bien dans le sens où je voulais prendre du temps pour moi. Une grosse période de temps pour moi possible depuis la naissance de ma fille. Tout en cherchant du travail en cdi et en effectuant des entretiens je prévoyais pas mal d'activités pour MOI. Ma fille a été malade j'ai dû la garder deux jours seule ce qui correspondait a mes deux premiers jours de chômage officiel. ENsuite j'ai eu une semaine chargée en rdv et démarches administratives, mais je savais que j'avais du temps les semaines suivantes. Mais ma nounou est en arrêt quinze jours :/ Résultat je suis seule avec ma fille pendant quinze jours! Je n'y arrive plus! Mon mari fait 7H30-21H30 en ce moment. La semaine je n'ai personne a voir. J'essai de prévoir des activités mais au bout d'un moment j'en ai ras le bol, je me sens forcée de le faire, alors que j'aimerais m'occuper de moi. Ma fille ne fait qu'une heure de sieste dans la journée donc impossible d'avoir du temps tranquille. Résultat je suis désagréable avec ma fille, je perds patience, je me sens nulle et mauvaise. Je suis sure que ma fille se sent rejetée mais honnêtement c'est trop pour MOI. Énormément de maman serait ravie d'avoir tout ce temps avec leur enfant. Moi non :( Je n'en peux déjà plus et ça fait que quatre jours ... :pleur4:

Merci de ton soutien précieux :coeur:

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Antonella
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Antonella » 25 juin 2018, 20:37

ritalea a écrit :Est-ce que durant ces périodes, ta relation avec ton fils est impactée? Ou parviens tu à faire le distingo désormais (mon histoire/ma relation avec mon fils). Moi, quand ça ne va pas, c'est tout de suite ma fille qui provoque cela, je me sens davantage dans le rejet de ma fille, pas disponible, je me sens agressée :rouge:

Pendant ces périodes, c'est plus difficile que d'habitude. Je ne sais pas à quel point mon fils est impacté. Je fais tout pour le protéger de mes états d'âme qui m'appartiennent même s'ils sont lié à mon statut de mère. Mon mari prend beaucoup le relais quand je lui dit que je ne me sens pas bien. Je prends sur moi aussi même si c'est dur. Et puis ça passe...
ritalea a écrit :Je dois abandonner mais c'est dur.
Oui tu dois abandonner car cet espoir, c'est ta prison. En grandissant, on ne perd pas le regard de ses parents, on peut gagner leur fierté. Sans rentrer dans les détails, je peux te dire que je vis cela aujourd'hui avec mon père.
ritalea a écrit :Énormément de maman serait ravie d'avoir tout ce temps avec leur enfant. Moi non :( Je n'en peux déjà plus et ça fait que quatre jours ... :pleur4:
Cette culpabilité est un frein dans ton cheminement. Tu te fais du mal à exiger autant de toi même. Et cela ne sert à rien. Qu'as-tu fait pour mériter cela? Rien. Tu n'es pas une mauvaise personne Ritalea, loin de là. Tu n'es pas non plus une mauvaise petite fille.
Tu sais très bien que beaucoup de mamans n'apprécieraient pas d'être si longtemps avec leur enfant. Comme toi j'ai besoin de respirer, de vivre pour moi aussi. Quand c'est possible, mon fils part en weekend dans la famille. Cet été il part en colo, on a hâte de se retrouver un peu avec mon mari. Cela m'arrive souvent de rêver à un peu de tranquillité, sans personne, juste moi à m'occuper. Rien ne me semble anormal dans ton attitude et tes pensées. C'est ainsi, il faut l'accepter maintenant.

Personne ne peut prendre le relais autour de toi pour ta fille? Un après-midi, un matin, quelques heures...

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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 30 juin 2018, 21:39

Difficile moment.

Comme à chaque fois que j'ai eu du temps pour moi. Ce temps où je me retrouve moi. Authentique. Entre moi et moi. Ce temps où je peux de nouveau être moi. Cette petite fille, cachée des regards.

Et dans ce moi, il n'y pas de mère. Il n'y a pas de mère en moi :/

Je suis "juste" moi. Je me sens juste moi. Ca fait du bien. Ca fait du bien de se reconnecter à soi. Ce soi que l'on doit cacher. Ce soi qui n'a plus le droit d'exister. Ce soi que l'on étouffe. Que l'on écoute pas, plus.

Cet après midi, on était avec une dizaine d'amis, tous de jeunes parents, tous la trentaine. J'étais là, "en famille" aussi. A l'intérieur, je regardais la scène. Je ne me sentais tellement pas en phase entre mon intérieur et ma vie de l'extérieur: mariée et maman d'une petite fille.
Quand je regardais les autres mères. Jamais tranquilles plus de deux minutes, qui ont du s’assoir 10 min sur 4 heures ensemble, toujours sollicitées à droite à gauche pendant que les mecs sont pieutés sur le canapé avec leur bieres et devant le foot.
Et moi je me disais "mais mon Dieu, quelle horreur, je ne veux tellement pas être ça, tellement pas être mère, je veux fuir ça. Je ne veux pas". Je sais que si je n'étais pas mère moi aussi,je ressentirais "heureusement que je ne suis pas mère, j'ai besoin de mon cocon, j'ai besoin de ma sécurité, j'ai besoin qu'on me laisse tranquille je ne veux surtout pas "y retourner", je veux rester tranquille juste avec mon couple. Parce que c'est bien ça le plus fou, quand je vois tout ça, ce que je ressens c'est que j'ai l'impression "d'y retourner", je ressens de nouveau ce que je ressentais de ma mère, comment je la voyais comment je sentais qu'elle vivait elle les choses etc. Et clairement ça m'a dégouté de la maternité. Je me suis dit "jamais", plus jamais je veux qu'on me laisse tranquille maintenant. Comme si d'office avoir un enfant impliquait forcément de faire et d'être comme ma mère. Oui c'est vrai.

En fait ma fille me refait vivre mes sensations d'enfant, celles que je percevais de ma mère. Je n'arrive pas à m'en détacher pour vivre mes propres sensations tu vois?

Parce que la petite fille en moi ne se fait pas confiance. Je ne suis pas rassurée, je ne parviens pas à me fier à mes propres sensations, d'autant qu'elles sont différentes de ma mère. Je suis envahie par la panique que ma mère ressentait.

Par exemple, si je passe une soirée avec des amis et où ma fille est là. Si je parviens à me centrer que sur mes sensations je vais savourer la soirée, respirer l'odeur du soir tombant, du barbecue, prendre le temps de discuter, d'être dans les conversations. MAIS non je ne parviens pas. Je suis comme envahie par ce que ma mère ressentait ou ressentirait dans une situation similaire: aux aguets sur ma fille à la surveiller, ne pas être dans les conversations, toujours sur le qui vive dans le controle. Et moi la sentant comme ça, je n'arrivais pas non plus à me poser. Petite fille cela me paniquait. si maman est comme ça je ne peux pas moi être rassurée, j'ai peur aussi. Je ne sais pas pourquoi je dois avoir peur mais j'ai peur.

Et bien c'est un peu la même chose avec ma fille. Je ne sais pas si je suis claire...

almarita
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par almarita » 01 juil. 2018, 11:59

ritalea a écrit :
Et dans ce moi, il n'y pas de mère. Il n'y a pas de mère en moi :/

Je suis "juste" moi. Je me sens juste moi. Ca fait du bien. Ca fait du bien de se reconnecter à soi. Ce soi que l'on doit cacher. Ce soi qui n'a plus le droit d'exister. Ce soi que l'on étouffe....
Être mère est forcément une partie de nous. Mais ce n'est pas tout chez nous et heureusement. Autrement quelle place pour notre vie de femme, de couple, nos passions... et pour nous même puisqu être mère c'est souvent faire passer les besoins des enfants avant les nôtres.

C'est assez théorique mais je me suis rendue compte que je raisonnais beaucoup en "ou". Je suis ceci ou cela. Et pas assez en "et". On a le droit de cumuler les identités, les caractères et les contradictions...

C'est sur qu'on ne peut pas s'écouter pareil quand on est seules et avec les petits. Mais le mot "étouffer" m'a semblé très fort. Comment pourrais tu te reconnecter davantage à toi tout en étant avec ta fille ? Est ce que quand vous partagez des activités par exemple ça te semble plus facile ? Quand vous êtes tous les trois avec ton mari ?

Est ce que tu as parfois le sentiment de trouver des compromis sur tes besoins et les siens ?

Cette histoire de barbecue me rappelle combien on est loin de l'égalité parentale... et de ce point de vue, ne pas vouloir courir 4 heures après son enfant ce n'est pas un problème. C'est normal ! Qui aurait envie de faire ça ?

Par ailleurs, c'est aussi tout à fait normal de pas apprécier de passer toute la journée avec ta fille alors que tu avais prévu du temps pour toi. Ça change les plans et tu as besoin de ce temps à toi !

D'autant qu'être au chômage c'est parfois déroutant. On cherche un emploi mais aussi pour certains (dont moi) une identité, un statut, une utilité dans la société... bref j'ai jamais réussi à profiter de mes périodes de chômage ni pour me divertir tant que ça (alors que j'adore les expositions par ex) ni pour faire des choses utiles (genre aller chez le dentiste ou passer le permis). C'est pas comme des vacances ça peut remuer un peu.

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Polka
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Polka » 01 juil. 2018, 17:31

On a le droit de cumuler les identités
Ma psy me dit que devenir parent force à accepter un profond changement d'identité. Ce n'est pas juste une casquette en plus, c'est un bouleversement de fille en mère, plus ou moins bien vécu.
Toute notre identité est bousculée. Et je sais que, du coup, pour l'instant, je n'arrive plus à me sentir moi même en tant que femme, compagne, soeur... Je me suis perdue en chemin. Pourtant je comprends tout à fait ce que tu dis sur le fait d'employer plus le "et" que le "ou"...
"Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde..."
Antoine de St Exupéry - Le Petit Prince

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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 02 juil. 2018, 21:27

Polka a écrit :Ce n'est pas juste une casquette en plus, c'est un bouleversement de fille en mère, plus ou moins bien vécu.
Toute notre identité est bousculée. Et je sais que, du coup, pour l'instant, je n'arrive plus à me sentir moi même en tant que femme, compagne, soeur... Je me suis perdue en chemin.
Je ressens à 2000% ce que tu écris là. Moi aussi je me suis perdue en chemin. Et le chemin que je parcours depuis la naissance de ma fille c'est comme pour rejoindre cette place, ce statut, ce rôle de maman que j'occupe. Le rejoindre, le ressentir émotionnellement avec tout le cheminement que cela me demande.

Ca peut paraitre complètement fou mais je sais que ma fille n'est pas la pour les "bonnes raisons", pour les raisons rationnelles: désir de fonder une famille, désir d'être mère. C'était et c'est impossible pour moi de me projeter à cette nouvelle étape de vie car cela me demande de quitter ma place de fille, de quitter mes espoirs et désirs de petite fille, de quitter ma famille initiale, de quitter (symboliquement) ma maman et c'est cela qui m'est douloureux.
almarita a écrit :C'est sur qu'on ne peut pas s'écouter pareil quand on est seules et avec les petits. Mais le mot "étouffer" m'a semblé très fort. Comment pourrais tu te reconnecter davantage à toi tout en étant avec ta fille ? Est ce que quand vous partagez des activités par exemple ça te semble plus facile ? Quand vous êtes tous les trois avec ton mari ?
Dans mon cas, ce n'est pas vraiment de ne pas m'écouter pareil quand ma fille est là, c'est plutot que j'ai le sentiment que si je ne suis "que moi", "juste moi" je ne suis pas suffisante à ma fille. Je n'ai pas le droit de me montrer ainsi. En gros je dois tjr en faire des tonnes. Et pendant que j'en fait des tonnes le moi est complètement étouffé car je ne suis pas du tout en phase avec lui, est-ce que tu vois ce que je veux dire?

Pour me reconnecter davantage à moi en présence de ma fille, cela me panique. C'est une "connexion" que je n'ai jamais su et osé faire en présence de ma mère. Et c'est une connexion qu'elle même n'a jamais fait en notre présence tu vois? Il planait sans cesse comme une urgence, un danger, une nécessité à s'agiter, à ne pas "juste être soi". Donc quand je m'imagine me connecter à moi en présence de ma fille c'est comme demander à Ritalea petite de lâcher, de faire confiance, de lâcher cet état de vigilance malgré l'attitude de ma mère qui elle est paniquée, tu vois?

Quand on est avec mon mari je suis davantage connectée à moi. Mais le problème c'est que ce moi ne peut coexister avec ma fille. C'est l'un ou l'autre.

En fait être mère c'est forcément être comme ma mère. Je sais pas pourquoi mais c'est ainsi que je ressens les choses. Ressentir des choses différentes qu'elle n'a pas ressenti pour nous (exaspération, envie d'etre seule, disputer ma fille, qu'elle n'est pas tt pour moi etc) devoir se sacrifier. Je ne suis pas tout ça. Et donc je serai nulle, insuffisante, mauvaise. Je suis désolée maman mais je ne suis pas aussi bien que toi.

Si je fais mon modèle familial, mon fonctionnement de couple, de parents, mes limites, Ritalea petite abandonne tout espoir de reconnaissance, arrête d'agir pour la reconnaissance de sa mère comme elle l'a tjr fait. C'est juste ENORME pour moi je vous jure.

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