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C'est l'histoire d'une petite fille...

gama67
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par gama67 » 04 févr. 2019, 11:43

C'est vrai Ritalea que c'est injuste.
Personne ne mérite de se sacrifier, d'attendre une reconnaissance qui ne vient pas.
Tu as le droit d'être fâchée, malheureuse de cette situation.
Tu as pris la bonne décision pour l'hypnose, j'espère que cela débloquera les choses dans ton psychisme.

Tu as une analyse si juste de ce que tu traverses. Tu as beaucoup de lucidité sur tes souffrances. Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas cette lucidité qui te met en difficulté.

Je m'explique. Quand on vit un ou des évènements douloureux, d'abord on souffre terriblement et par la suite le corps humain et le cerveau en particulier sont bien faits, de sorte qu'ils peuvent nous faire occulter certaines choses pour nous éviter de trop souffrir trop longtemps.

De mon point de vue, c'est cette protection naturelle qui est inexistante dans ton histoire. Peut-être l'hypnose te permettra de refermer la boîte de pandore qui te fait tant souffrir, pour te permettre de te retrouver et de trouver une place à ton bébé dans ta vie.

Courage

Héra
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Héra » 04 févr. 2019, 20:17

La course à la reconnaissance est toujours compliquée mais savoir que tu la courre devrait t'aider et comme Gamma je croise les doigts pour que l'hypnose t'aide à la gagner :-)
plein de bonnes ondes
Héra

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Polka
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Polka » 13 févr. 2019, 15:10

De mon point de vue, c'est cette protection naturelle qui est inexistante dans ton histoire.
C'est très vai ça Gama...
Je trouve que c'est le cas de nombreuses maman blues : on est tellement lucides qu'on arrive à voir la maternité sous des angles que d'autres s'interdisent. Parce que ça dérange. Pour se protéger comme tu dis.

Nous on a très vite perçu la maternité "du côté où ça fait mal".
Et la dépression nous a empêché de faire contre balancer ça en appréciant les côtés positifs en contre partie.

Ma psy m'a parlé de cette protection naturelle que développent certains parents. Ainsi elle me dit que c'est assez normal que dans un premier temps que des parents considèrent leur bébé un peu comme un petit objet. Parce que vraiment imaginer qu'ils ont donné naissance à un être humain à part entière serait trop vertigineux. Ils se protègent ainsi... Du coup c'est bien souvent au moment de "l'âge du non" vers 2 ans qu'ils prennent conscience que leur enfant est une vraie petite personne qui cherche à s'affirmer.

Les mamans en difficulté ont souvent un fonctionnement différent : dès le début elles sont pleinement conscience qu'elles ont donné naissance un petit être à part entière. Un petit inconnu qui leur fait peur. Qui les menace même parfois. Qui les "dévore". Sur lesquels elles projettent beaucoup de choses...

Bref, c'est sûr que nous les mamans blues ont ne sait pas vraiment se protéger des idées qui font mal. On n'a pas appris. D'où la nécessité encore et toujours d'être bienveillante et douce avec soi-même...
"Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde..."
Antoine de St Exupéry - Le Petit Prince

ritalea
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 08 mars 2019, 11:03

J'ai un grand besoin de "parler", de déverser, je m'excuse d'avance…

Hier soir, j'ai réalisé que je détestais ma fille. Une vraie haine. Mal placée mais vraie pour autant :gene2: J'en ai honte bien sur alors je vous remercie pour votre bienveillance.
Depuis le début, depuis toujours. Depuis avant même sa conception. Je détestais l'idée d'avoir un enfant, de devoir m'en occuper, de devoir prendre soin de lui, parce que ça me rappelle trop ma mère et que je ne veux pas être comme ma mère. Sacrifiée, dévouée. Ma mère m'a dégouté de la maternité, du rôle de mère.

Je rêvais d'indépendance, de liberté. De ne surtout pas être comme elle. De ne pas refaire les mêmes erreurs qu'elle. Moi je serai libre. Qui dit libre, dis ne pas avoir d'enfants.

Donc ma fille je la déteste pour ce qu'elle m'oblige à faire, à être. Ou plutôt, je la déteste parce qu'être mère c'est FORCEMENT être comme ma mère pour moi. Il faut faire comme ma mère faisait. C'est une évidence, j'ignore pourquoi mais c'est ainsi. Ce que je suis moi est complètement insuffisant, médiocre, en tant que mère. Car je n'ai jamais été reconnue et aimée pour ce que j'étais mais pour ce que je faisais pour ma mère. ET en parallèle ma mère nous a toujours inculqué que si on est en soi on est insuffisants donc elle se mettait toujours la barre très haute avec nous, c'était parfait mais dénué d'authenticité et je vous jure que ça c'est terrible. En tout cas moi ça m'a manqué.

C'est certainement la période qui s'y prête mais j'ai un souvenir en tête de la chasse aux œufs de pâques. C'était parfait dans le jardin, avec ma sœur on avait nos petits paniers, ma mère nous filmait mais ma mère n'était pas LA avec nous dans le présent. A s'amuser sincèrement. Et toute ma vie a été ça, une mise en scène. Même ma sœur m'a dit "mais quels souvenirs a t-on de moments de partage avec les parents?". Aucun. pourtant quand on regarde les photos et les vidéos on a fait des milliers de choses. Mais peu étaient dans le moment présent du partage.

J'ai appris, on m'a inculqué que dans le lien mère-enfant il n'y avait pas la confiance et l'authenticité. C'était l'insécurité la plus vive au sens à chair de peau. Jamais je n'étais tranquillement MOI avec ma mère. Jamais je me suis sentie en sécurité avec ma mère. Jamais je me suis sentie aimée pour ce que j'étais. Jamais je ne l'ai senti authentique, ni le droit d'être elle. J'ai donc retenu que lorsqu'on est mère on ne peut pas être soi. C'est trop dangereux car on est insuffisant. Ce danger je le ressens à vif et c'est terrible à travailler dessus.

Alors ma fille je la déteste parce que tout ce qu'elle fait, tout ce qu'elle dit je l'interprète comme une insuffisance et une insécurité. Elle veut aller me toucher là où je voulais aller toucher ma mère. Ma mère ne se laissait pas faire car je voulais l'emmener vers la vérité et la vérité c'était qu'elle n'était pas heureuse, pas si heureuse avec nous, peut être même déçue de voir qu'on était des individus a part entière et qu'on ne viendrait pas combler son vide, son manque. Elle pouvait s'énerver et sortir de ses gonds mais enfin être authentique quand j'allais la chercher là dessus. Et cette authenticité c'était de dire "ne m'amène pas sur ce terrain là, parce que sinon tu vas voir, j'en ai marre de vous, en fait en vrai je te déteste, je vous déteste, je ne vous ai pas voulu pour les bonnes raisons". oui j'ai l'impression qu'au fond ma mère aurait pu me dire ca. Ce que moi je ressens vis a vis de ma fille c est comme si je le reportais sur ma fille mais qu' en fait c est ce que j ai toujours senti que ma mère ressentais de moi, de ma sœur et moi sans avoir oser se l'avouer elle même. Je ressentais ce qu'elle contenait et cela m'insécurisait au plus au point. Que finalement elle ne nous aimait pas tant que ça pour ce que nous étions et qu'on avait intérêt a rester chacune, ma sœur et moi dans nos fonctions, c était le seul moyen d avoir l amour de ma mère.

désolée si je ne suis pas claire mais ça vient du cœur;

et pour finir, ce qui me ronge et qui freine mes avancées c'est que même si tout ce que j'écris ici et avant est vrai, ma mère ne le reconnaitra jamais. Et donc ça me bloque, ça me bloque dans ma reconnaissance et dans la validation de moi même dont j'ai besoin pour avancer. :(

lena
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par lena » 08 mars 2019, 13:40

Ritalea,

Ne t'excuses pas, tu as le droit de mettre en mots ces souffrances :coeur:

Tu exprimes très bien ce qui t'empêche d'avancer donc tu peux te servir de tes écrits auprès d'un professionnel si tu en vois un :)

Je comprends tout à fait ta dernière phrase mais comme tu le dis si bien, ta maman ne le reconnaîtra pas donc essaies de ne rien attendre de sa part, lâches toute cette souffrance mais n'attends rien de son côté
Même si c'est dur pour l'instant, petit à petit tu vas y arriver, j'en suis certaine

Prends soin de toi :coeur:

Douce journée
Lena

Héra
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Héra » 08 mars 2019, 17:10

Ritaela tu as eu parfaitement raison de venir déposer ici! C'est aussi le rôle de maman blues de te permettre de dire au moment ou tu le sent ce que tu as en toi... Et je trouve la remarque de lena très juste c'est parfaitement compréhensible et peut être que le montrer à un professionnel pourrait te permettre d'avancer?
Est ce que tu as déjà pu dire à ceux qui te suivent voilà pourquoi je suis bloquée? peut être pourraient ils t'aider?
Difficile de changer ce que l'on a cru être le "modèle" même quand il était un anti modèle...
Je suis restée au bord longtemps avant de me jeter, j'avais compris ce que je devais faire pour être Maman ) ma manière mais ça n'allait pas avec ce qu'on attendait de moi, je croyais que ca n'irait pas pour les enfants et mon conjoints et le mettre en pratique me semblait être insurmontable... je craignait l’échec lamentable et donc je restait dans l'inconfort du blocage comme toi (pas pour les mêmes causes mais blocage aussi). Et tes mots raisonne d'une force en moi d'une force que je ne pensais plus possible. Je n'ai pas la solution miracle pour toi, juste mes mots et ce clavier pour te dire de ne rien lâcher et puis cette idée qui me viens qui te parleras ou non... As tu tenté un jours ou tu es seule et au calme d'écrire ce que c'est la maman idéale pour toi ce que tu imagines que doivent ressentir les mamans "normales " à tes yeux (même si normal n'existe pas!)? Ensuite dans la liste tu repère les essentiels ceux qui te semblent les plus importants (sans pense spécifiquement a toi et ton enfant !! juste au modèle idéale qui t'habite). Puis tu penses à toi (pas à toi dans ton comportement actuel mais à toi dans une sorte d’idéal ) et là tu raye tout ce qui ne te semble pas être toi (attention tu dois au moins laisser un point non rayé!) et ce qu'il te reste te donnera peut être une image plus claire de la maman que tu pourrait être pas idéale puisque tu a rayé les impossible par rapport à toi mais simplement toi dans ce rôle. L'exercice est à refaire souvent en fonction de l'humeur du jour etc... tu obtiendra des résultats variables mais dans mon cas il y avait quand même une ou 2 constantes et c'est le bout que j'ai attrapé pour commencé à travailler j'ai choisi une de ces constantes et me suis dit je vais la vivre et un pas après l'autre ça m'a aidé... ATTENTION il faut s'obliger à être honnête et à laisser à distance tout ce que les autres pourraient penser bla bla et se concentrer vraiment sur notre idéal (inatteignable et sa réduction par rapport à ce que nous sommes...) Ah j’oubliais, en raturant ton a le droit de remplacer un truc idéalise irréalisable pour le remplacer par qq chose qui nous semble à nous possible avec ce que nous sommes...
Je te donne un exemple : une maman idéale est toujours disponible pour jouer avec ses enfants le week end en dehors des heures de repas/bains /courses etc IMPOSSIBLE pour moi je raye et je remplace par disponible 20 minutes sur le week end.

bref sais pas si ça peut fonctionner pour toi mais au cas ou ;-)
en tous les cas plein de courage et d'encouragements aussi
Héra

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Polka
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Polka » 09 mars 2019, 00:09

Hier soir, j'ai réalisé que je détestais ma fille. Une vraie haine. Mal placée mais vraie pour autant
J'ai lu nombreux de tes posts et je n'ai jamais eu l'impression que tu détestais ta fille.
Tu peux détester le lien que tu as à elle, ce à quoi elle te renvoie. Mais elle, directement, je ne crois pas. Tu te préoccupes d'elle, tu réfléchis à comment faire évoluer votre lien, tu prends sur toi, tu te questionnes. Tu ne ferais pas tout ça pour une enfant que tu détestes.
Depuis avant même sa conception. Je détestais l'idée d'avoir un enfant
La preuve que tu ne la détestes pas elle : tu parles d'une haine qui préexiste à son existence. Tu crois vraiment que tu détestais l'idée d'avoir un enfant à l'époque? Un refus de la maternité basé sur le détestation?
N'était-ce pas plutôt un refus de la maternité basé sur un non-désir? Ça n'est pas la même chose.
Toi comme moi nous avons réalisé après coup que nous n'avions pas eu de réel désir d'enfant. C'est ainsi, on ne refera pas le match. Mais il n'y a pas de fatalité... Il y a une mère de devenir en nous. Si elle n'était pas là nous ne serions pas en souffrance. On en aurait juste rien à faire.
ça me rappelle trop ma mère et que je ne veux pas être comme ma mère. Sacrifiée, dévouée. Ma mère m'a dégouté de la maternité, du rôle de mère.
Oui dans un premier temps ta maternité a complètement fait remonter à la surface ce que ta mère n'avait pas su être pour toi. Tu en es bien consciente. Et tu en as payé le prix fort.
Mais tu as le droit d'envisager une nouveau chapitre dans ta vie. De te libérer de ce modèle maternel délétère. Elle t'a dégoûté du rôle de mère tu dis : en effet, quand être mère consiste à jouer un rôle il y a de quoi être dégoûtée. Mais il n'y a plus aucun rôle à jouer maintenant. Tu as juste à trouver comment être toi.
Qui dit libre, dis ne pas avoir d'enfants.
Je pensais ça moi aussi au début quand ma fille m'apparaissait comme un poids énorme. Comme un énorme boulet accroché à mon pied pour toujours.
Mais je trouve quand même qu'avec le temps le poids de ce boulet s'allège considérablement. Au lieu de penser à tout ce que tu ne peux plus faire avec elle, t'arrive-t-il de penser à ce que tu vas pouvoir faire avec elle et qui pourrait être chouette. Je sais ça fait un peu pensée positive à la noix, mais je trouve que parfois tu entretiens malgré toi des idées négatives qui te font du mal.
Ou plutôt, je la déteste parce qu'être mère c'est FORCEMENT être comme ma mère pour moi.
Peut-être est-il temps d'essayer d'envisager les choses autrement. Tu sais il y a plusieurs figures maternelles qui jalonnent une vie. Peut être que de réfléchir aux liens que tu as pu avoir avec d'autres femmes t'aiderait à t'ouvrir à d'autres facettes de la maternité ?
Ce que je suis moi est complètement insuffisant, médiocre, en tant que mère. Car je n'ai jamais été reconnue et aimée pour ce que j'étais mais pour ce que je faisais pour ma mère.
Oui îl s'agit avant tout de changer le regard que tu as toi-même sur toi. Tu n'existes pas seulement au travers du regard de ta mère. Tu existes aussi au travers du regard de ton père sur toi, du regard de ton compagnon. Et aussi au travers du regard de ta fille.
J'ai appris, on m'a inculqué que dans le lien mère-enfant il n'y avait pas la confiance et l'authenticité.
La confiance et l'authenticité n'existaient pas dans le lien mère-enfant que tu as connu. C'est un fait, tu l'as bien compris maintenant. Le lien à ta fille est donc à modeler, à créer, à inventer. Il n'y a pas de fatalité autre que celle qu'on s'impose.
"Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde..."
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Polka » 15 mars 2019, 19:42

Comment vas-tu depuis ton dernier message ? ...
"Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde..."
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par ritalea » 17 mars 2019, 10:37

MERCI les filles pour vos retours si bienveillants... :coeur:

Comme ça fait du bien de trouver toujours ici un lieu d'expression libre, merci merci.
Héra a écrit :
08 mars 2019, 17:10
Je suis restée au bord longtemps avant de me jeter, je restait dans l'inconfort du blocage
C'est exactement ça. Je ressens cet inconfort, cet entre deux non satisfaisant mais cette incapacité à faire un choix.
Héra a écrit :
08 mars 2019, 17:10
Je te donne un exemple : une maman idéale est toujours disponible pour jouer avec ses enfants le week end en dehors des heures de repas/bains /courses etc IMPOSSIBLE pour moi je raye et je remplace par disponible 20 minutes sur le week end.
Merci pour ton exercice, je vais l'essayer. Mais émotionnellement comment as tu fait pour t'autoriser à te dire "ça c'est impossible pour moi" alors que peut etre ta mère le faisait très bien et que peut etre elle dévalorise le fait que tu ne joue que 20 min? comment as tu fait pour assumer ce regard de ta maman? Il est là mon problème. Son regard m'importe tellement bordel. J'en avais tellement besoin, je n'attendais que ça, j'ai mené ma vie pour ça, c'était le sens de ma vie. Me détourner de ça, c'est renoncer à ce qui était important pour moi.

Polka, comme très souvent, tu tapes dans le mille et je me retrouve beaucoup dans ce que tu m'écris. Merci.
Polka a écrit :
09 mars 2019, 00:09
Tu peux détester le lien que tu as à elle, ce à quoi elle te renvoie. Mais elle, directement, je ne crois pas. Tu te préoccupes d'elle, tu réfléchis à comment faire évoluer votre lien, tu prends sur toi, tu te questionnes. Tu ne ferais pas tout ça pour une enfant que tu détestes.
Oui c'est ce lien, et donc indirectement je déteste ma fille pour ce qu'elle me fait vivre, endurer, dans ce lien.

C'est pour moi impossible de faire confiance à ce lien. Et donc de faire confiance à ma fille. La petite fille en moi est terrorisée à l'idée de lâcher et de faire confiance. Car je sais ce que j'ai enduré. Et je sais que j'ai eu raison de ne pas faire confiance, de me protéger, de ne pas me donner à ma mère. C'était une question de survie.

J'ai l'impression que si je lâche, que si je m'ouvre, alors c'est la petite fille qui parle, la petite fille en souffrance qui a besoin qu'on la rassure, qu'on la console. Ce n'est pas à ma fille de me faire ça. Alors je tiens. Quitte à mettre de la distance, à ne pas me laisser aller.

Le vrai exercice consisterait à consoler la petite fille en moi à travers d'autres moyens, pour ensuite être une maman sécurisée et appréciée ma vie de maman, sans que ma fille me fasse peur pour tout un tas de raisons.

Quand les choses se passent bien, quand j'ai l'impression que tous les 3 ça va, qu'on ressemble à une famille, ma famille. Et bien c'est trop beau et je flippe. Je flippe de m'attacher, d'y croire et de souffrir après. Pour arriver à ne plus avoir cette peur, je parviens parfois à dire tout haut ou a penser "non maman, je ne suis pas toi, moi j'y crois, arrête d eme polluer avec tes peurs, ce sont les tiennes, moi j'ai confiance dans la famille que j'ai crée, je sais que je peux être aimée et aimante et que ma fille peut m'aimer telle que je suis".

Mais ça ne dure pas... 25 ans engluée dans un modèle, c'est compliqué d'en sortir...
Polka a écrit :
09 mars 2019, 00:09
N'était-ce pas plutôt un refus de la maternité basé sur un non-désir? Ça n'est pas la même chose.
Oui c'était un refus de maternité basé sur un non désir. Je ne désirai pas avoir d'enfant, pour moi. J'avais ma vie, mes centres d’intérêt je n'ai jamais ressenti une envie profonde d'enfant. J'aurais pu clairement vivre épanouie sans enfant.
Polka a écrit :
09 mars 2019, 00:09
Il y a une mère de devenir en nous.
C'est beau ce que tu dis. Et je crois que c'est vrai. Pour ma part il me faut oser, et assumer de n'être pas la même mère que ma mère et plus dur encore d'être une mère qui n'est pas reconnue par ma propre mère. C'est dur. Moi qui est toujours voulu et attendu cette reconnaissance.
Polka a écrit :
09 mars 2019, 00:09
Peut-être est-il temps d'essayer d'envisager les choses autrement. Tu sais il y a plusieurs figures maternelles qui jalonnent une vie. Peut être que de réfléchir aux liens que tu as pu avoir avec d'autres femmes t'aiderait à t'ouvrir à d'autres facettes de la maternité ?
Il y a en eu d'autres, qui en tant qu'enfant me convenait dans leur manière d'être maternante, mais qui n'était pas reconnu par ma mère. Et le type de relation que j'ai établi avec ma mère, fait que je dois lui être loyale et donc tout ce qui n'est pas reconnu et consenti par ma mère je n'y vais pas car sinon je risque de perdre ce lien à ma mère. Le prix à payer pour me sentir aimée c'est d'être loyale quitte à me sacrifier, quitte à ne pas exister pour moi.

J'en ai conscience et c'est un choix que j'ai fait à mon insu dès le plus jeune âge. Mais c'est normal, en tant qu'enfant on est prêts à tout pour avoir l'amour de sa maman. En tant qu'adulte on peut faire un choix. Mais p***** qu'il est dur parce qu'il me demande de renoncer à un jour avoir l'amour de ma mère pour CE QUE JE SUIS et non pour ce que j'ai toujours été pour elle.

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Polka
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Message par Polka » 17 mars 2019, 12:21

cette incapacité à faire un choix.
Moi je crois qu'on se sent mieux quand on réalise qu'il n'y a justement aucun choix à faire.
Être mère ça n'est pas être dans le "OU" mais dans le "ET".
Mais émotionnellement comment as tu fait pour t'autoriser à te dire "ça c'est impossible pour moi" alors que peut etre ta mère le faisait très bien
Mais je crois que la pression du modèle maternel est vraiment à mettre à distance pour se raccrocher à ses envies. Moi je joue avec ma fille quand j'en ai envie. Je suis différente de ma mère qui était non-stop sur ma couenne.
D'envie en envie, on construit sa propre identité maternelle.

C'est marrant moi aussi j'ai beaucoup parlé de la problématique du regard en thérapie.
Le regard de ma mère, si changeant.
Le regard des autres et la peur de ce qu'on donne à voir...
Mais le regard de toi sur toi-même ? Y penses-tu parfois ? C'est ce regard là le plus important. C'est ce regard là que tu peux faire changer.
C'est pour moi impossible de faire confiance à ce lien.
Tu dis que tu ne peux pas faire confiance à ce lien, car toi-même tu n'as pas connu un lien de sécurité avec ta mère. Cela se comprend très bien... Mais ta manière de présenter les choses crée une passerelle trop directe entre le lien à ta mère et le lien à ta fille.
Un lien parental de confiance permet à l'enfant de créer et un espace de confiance intérieur. Ainsi il devient un adulte qui a confiance en lui. C'est là l'étape intermédiaire. Ensuite, bien plus tard, il peut créer un lien de confiance avec son enfant.

Tu ne pourras pas revenir son le lien d'insécurité qui existé avec ta mère mais tu peux travailler ta confiance en toi. En tant capacité à être toi. Et je crois que la confiance en ta capacité à être mère grandira toute seule par la suite.
Ce n'est pas à ma fille de me faire ça.


Je ne serai pas aussi catégorique...
Bien sûr ta fille n'est pas là pour te consoler mais je pense qu'on a le droit de trouver quelque chose de réconfortant à l'amour qu'ils nous donnent.

Notre enfant peut guérir quelque chose en nous. Bien sûr il n'est pas là pour ça mais on a le droit de constater qu'il a cet effet là sur nous.
Quand les choses se passent bien, quand j'ai l'impression que tous les 3 ça va, qu'on ressemble à une famille, ma famille. Et bien c'est trop beau et je flippe.
Alors ça je comprends à 1000%. J'en suis là moi aussi. Je me dis que finalement on arrive à être bien tous les 3 et je suis sans cesse rattrapée par la voix de l'anxiété qui me dit "Vraiment? Tu crois que c'est possible? Toute cette souffrance serait derrière toi? Tu acceptes ce lien vertigineux? Définitif?". Et c'est ça plusieurs fois par jour...

C'est marrant toi tu perçois ça comme la voix de ta mère. Moi j'appelle ça la voix de l'anxiété. Mais finalement c'est la même chose...
C'est la voix du modèle qu'on a connu.

Et notre voix à nous, elle est où? C'est super bien que tu te dises ça à voix haute. Que tu fasses émerger TA voix.

Mais je te conseillerai de t'adresser à l'anxiété plus qu'à ta mère. Parce qu'elle même n'a certainement fait que se soumettre à la voix de l'anxiété... Peut-être que de dégager un peu ta mère de tout ça te permettrait de dégager aussi un peu ta fille de tout ça...?
Et le type de relation que j'ai établi avec ma mère, fait que je dois lui être loyale et donc tout ce qui n'est pas reconnu et consenti par ma mère je n'y vais pas car sinon je risque de perdre ce lien à ma mère. Le prix à payer pour me sentir aimée c'est d'être loyale quitte à me sacrifier, quitte à ne pas exister pour moi.
Je comprends très bien ça.
Je crois que j'ai fonctionné pareil avec mes parents.
Là je suis en train de revoir complètement ma vie professionnelle pour faire des choix qui répondent à mes désirs et non aux leurs.
Ça leur fait bizarre, ils flippent, je le vois bien.
Mais ils m'aiment quand même.
Tu peux vivre à ta façon, ne pas répondre aux attentes de ta mère, ne pas obéir à son regard, elle t'aimera quand même.
Ça serait peut-être bien qu'elle te le dise?

Être toi n'est pas renoncer à l'amour de ta mère.
"Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde..."
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