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Les sensations éprouvées auprès de notre mère

Difficulté paternelle, la vie à deux, à trois et la famille ...quand la difficulté maternelle surgit.
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Mélisse
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Les sensations éprouvées auprès de notre mère

Message par Mélisse » 02 déc. 2018, 15:08

Bonjour à toutes,

Je suis encore tellement engluée dans le rapport à ma propre mère, besoin de venir déposer ici en plus de la thérapie...

Je ne sais même pas si on peut dire que j'ai une relation avec ma mère; si on s'est jamais rencontrées. Elle me provoque des sensations terribles dont j'éprouve une honte incommensurable et une grande culpabilité : je me rends compte que ma mère me dégoûte. C'est ça qui me culpabilise car je trouve ce terme très fort. Mais force est de constater que je ressens du rejet, du dégoût et un besoin intense de protection quand je suis en contact avec ma mère. C'est physique : je n'aime pas son odeur, sa façon de se mouvoir dans l'espace, le bruit qu'elle fait quand elle mange. Je ne me sens jamais moi-même en sa présence. Je trouve ça terrible de dire ça. Surtout que le pire c'est que ma mère est dans une forme de sacrifice par rapport à moi et n'a jamais une parole plus haute qu'une autre à mon égard. Elle ne m'a jamais frappée ni humiliée. Au contraire, j'ai la fâcheuse impression qu'elle m'est dévouée : ce week-end elle est venue m'aider avec les filles car mon conjoint est absent et elle fait à manger, s'occupe des filles et sans vouloir non plus prendre ma place (je n'ai pas cette sensation) mais rien à faire ça ne passe pas. Pourtant franchement elle gère très bien plein de trucs mais voilà, entre nous, l'essentiel n'y est pas. Je trouve ça très triste : l'odeur de sa mère ne devrait pas être une odeur aimée ?

J'ai honte de mes ressentis. Je me sens encore si empêtrée dans ma relation à ma mère. Bien sûr tout cela est terriblement décourageant car forcément derrière on se demande comment, alors que je pars de si loin, je vais parvenir à être réellement la mère de mes filles ? J'ai si peur d'une relation pourrie avec elles. Rien à faire, je ne digère pas cette (non)-relation.

Même si vos ressentis, relations et histoires sont d'un autre ordre, y'a-t-il des choses qui vous ont apaisé, fait avancer, prendre une distance, guérir (je ne sais comment l'exprimer) dans le vécu de votre relation à votre mère ?

Entre mon père dépressif (décédé mais avec qui j'avais une bonne relation) et une mère qui tient la route matériellement mais avec qui j'ai eu une relation terrible, j'ai l'impression que je pars du niveau -10

guérir
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Re: Les sensations éprouvées auprès de notre mère

Message par guérir » 02 déc. 2018, 16:43

Bonjour Mélisse,
Merci pour ton post. Je suis sûre que beaucoup de mamans viendront essayer de poser aussi ici leurs maux. :coeur: Le lien à sa mère, est-ce qu'on cesse un jour de se poser la question de la nature de ce lien ? Je ne suis pas certaine. D'autant plus que nos ressentis, nos liens peuvent évoluer.
J'ai eu petite, j'ai adulte une mère en grande difficulté psychique. Elle m'a blessée, violentée. J'ai éprouvé de la haine envers elle. Et puis des années de thérapie (bientôt 10 années !) m'ont aidée. Je n'éprouve plus cette haine envers elle.
La colère s'est exprimée en séances.
En revanche, j'ai encre du mal à tolérer sa présence, qui elle est. Mais je sais composer. Je n'accepte pas forcément la proximité corporelle non plus. Mais tous ces ressentis si intenses ne m'effraient plus. Là encore, je crois que je supporte ce lien avec elle grâce à l'espace de parole que j'ai pour moi-même.
La protection qu'on recherchait enfant (une maman ni trop proche, ni trop loin) a été mise à mal. C'est un peu normal d'avoir du mal avec la figure d'attachement qui a failli, qui n'a pas été en capacité de nous protéger. :coeur:

Ne pas connaître ou re-connaître l'autre pour ce qu'il est vraiment, c'est une violence.

Ne plus avoir honte de tes ressentis à son égard serait un pas vers un mieux-être. ;)

Mélisse
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Re: Les sensations éprouvées auprès de notre mère

Message par Mélisse » 02 déc. 2018, 18:15

Merci pour ta réponse Guérir !

ça me rassure de voir qu'il en faut parfois des années de thérapies (j'en suis à 5 ans et j'ai encore du pain sur la planche). J'avais beaucoup de colère avant la naissance de mon aînée et juste après...maintenant que ma petite deuxième est née, voilà que tout se bouscule de nouveau et que la relation à ma mère revient au premier plan; même si c'est différent.
Ne pas connaître ou re-connaître l'autre pour ce qu'il est vraiment, c'est une violence.
Cette phrase me touche beaucoup...elle parle fort de mon histoire et j'ai maintenant si peur de ne pas voir mes filles pour ce qu'elles sont. Sauf que cette fois, je me dis "elles sont là", je vais y arriver. Je ne suis plus aussi envahie que pour la naissance de mon aînée, seulement je sens des sensations fortes, diverses, variées, douloureuses aussi, remonter à la surface.
Ne plus avoir honte de tes ressentis à son égard serait un pas vers un mieux-être.
C'est vrai et en même temps si dur à admettre.

Merci :coeur:

almarita
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Re: Les sensations éprouvées auprès de notre mère

Message par almarita » 05 déc. 2018, 23:11

Bonjour Mélisse,

Pour te décrire en quelques mots ma relation avec ma mère : nous avons été très fusionnelles et ma maternité nous a éloignées. Je la considère comme responsable d'une partie de mes problèmes (pas tous) à cause de ses angoisses immenses et de notre relation fusionnelle. Mais, au-delà de ça, elle m'a aimée, éduquée avec bienveillance et nous partageons beaucoup de bons moments. Je pense que c'est quelqu'un de bien et qu'elle a toujours voulu, même maladroitement, bien faire.

Ce qui m'a fait apaisé :

L'éloigner un peu au départ. J'avais besoin pour me sentir légitime comme mère, de ne pas demander d'aide à la mienne. J'ai beaucoup fait jouer la solidarité "horizontale" (demander à mes copines de me nourrir, de me relayer avec mon fils...) mais pas ma mère. J'avais besoin d'indépendance comme une crise d'ado que je n'avais pas faite. Puis, quand ca allait mieux pour moi, j'ai retrouvé beaucoup de plaisir à passer du temps avec elle. Et à lui demander des coups de main.

Accepter de ressentir des sentiments négatifs à son égard sans me sentir coupable, je rejoins Guérir. Me laisser un peu de temps aussi pour que ça s'arrange.

Trouver ce qui a constitué pour moi un équilibre entre l'amour et les reproches, entre le passé et le présent. Je m'explique, quand j'étais toute jeune maman, je lui ai tout balancé. J'étais tellement pleine de douleurs et de colère... Mais résultat, je m'en suis voulue, elle était désespérée et ne comprenait pas bien. Je suis soulagée de lui avoir dit ce que j'avais à dire sur le passé mais maintenant j'en reparle surtout en thérapie. Et je profite du présent avec elle.

J'ai mis par écrit tout ce que je lui reprochais. Je ne lui ai pas donné.

Aussi et surtout, je ne crois pas que tu partes de si loin avec tes filles ! Avoir une relation compliquée ou inexistante ou mauvaise ou etc. ne te condamne pas à la reproduire avec tes filles. Tu t'interroges sur cette relation, sur celle que tu as avec tes filles, tu fais une thérapie... autant de clés pour aujourd'hui et demain.
Modifié en dernier par almarita le 03 janv. 2019, 22:19, modifié 1 fois.

ritalea
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Re: Les sensations éprouvées auprès de notre mère

Message par ritalea » 11 déc. 2018, 21:25

Ma Mélisse,

je ne te serai pas d'une grande aide en terme d'outils dans ce qui m'a aidé vu où j'en suis...

Mais je post quand même pour te dire que tu n'es pas seule à avoir ces ressentis là.

Moi en présence de ma mère je suis comme figée, pétrifiée, sur le qui vive, droite comme un i.
Je suis très distante, je m'en protège. Mais à l'intérieur j'hurle une demande d'amour, de reconnaissance et de câlins.
Seulement ma mère ne peut pas me le donner comme je le voudrais. Alors je ne me laisse pas aller à ces élans, à ces câlins, à son écoute. Car quand je me "mouille" trop, tôt ou tard cela me fait plus souffrir qu'autre chose...
Mélisse a écrit :
02 déc. 2018, 15:08
Surtout que le pire c'est que ma mère est dans une forme de sacrifice par rapport à moi et n'a jamais une parole plus haute qu'une autre à mon égard.
Je crois que justement c'est ça le pire pour nous: que rien ne soit exprimé mais que ce soit du l'ordre du ressenti. Cela rend fou. On en vient à douter de nous, on culpabilise de ce qu'on ressent alors que nos mères sont justement si dévouées.
Mélisse a écrit :
02 déc. 2018, 15:08
je vais parvenir à être réellement la mère de mes filles ?
tu l'es déjà, seulement tu ne le savoures pas comme tu voudrais...

:coeur: :coeur:

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Lisette
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Re: Les sensations éprouvées auprès de notre mère

Message par Lisette » 12 déc. 2018, 18:18

Mesdames,

Je ne sais pas si cela pourrait être aidant mais je suis entrain de lire un bouquin extrêmement intéressant. Message d'une sage femme d'Ariane Seccia.
Si cela vous intéresse, elle donne des pistes sur le développement du nourrisson au regard de ce qu'il reçoit et ce que cela aura comme incidence sur son devenir adulte.
La perfection n'existe pas. S'accepter telle que l'on est, voilà le douloureux chemin à parcourir pour enfin devenir mère...

Mélisse
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Re: Les sensations éprouvées auprès de notre mère

Message par Mélisse » 17 déc. 2018, 11:06

Merci les filles pour vos retours qui me parlent et m'aident beaucoup.
Moi en présence de ma mère je suis comme figée, pétrifiée, sur le qui vive, droite comme un i.
Je suis très distante, je m'en protège. Mais à l'intérieur j'hurle une demande d'amour, de reconnaissance et de câlins.
Ritaléa, je pourrai le formuler exactement de la même façon pour moi...
Je crois que justement c'est ça le pire pour nous: que rien ne soit exprimé mais que ce soit du l'ordre du ressenti. Cela rend fou. On en vient à douter de nous, on culpabilise de ce qu'on ressent alors que nos mères sont justement si dévouées.
ça résume bien plusieurs de mes séances de thérapie : se sentir folle et douter à l'extrême de soi car tout vient du ressenti, rien de tangible.

Accepter ses ressentis sans culpabilité, un long chemin encore pour moi même si je crois que ça commence à venir.

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