Toute demande d'inscription doit être envoyée par mail à cette adresse : forum@maman-blues.fr, en précisant le pseudonyme sous lequel vous désirez être identifiée sur le forum (afin de protéger votre anonymat).
Bien à vous.

Quelle place pour la petite fille en nous?

Sur la maternité, parentalité, difficulté maternelle...
ritalea
Messages : 488
Enregistré le : 20 avr. 2016, 16:43

Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par ritalea » 24 févr. 2017, 13:12

Bonjour les filles,

cela fait longtemps que je me questionne alors j'ai décidé d'ouvrir pour avoir vos avis et retours d'expérience!

Qu'avez vous fait de la petite fille qui est en chacun de nous? de l'enfant que nous avons été? Quelle place a t-elle aujourd'hui dans votre vie?

Diriez vous que vous lui avez dit au revoir? ou plutôt que vous vivez en harmonie avec elle? Que parfois vous lui consacrez du temps?

Car je sens que mes difficultés touchent l'enfant que j'ai été, qui a pu etre insécurisée par sa maman, qui n'a pu exister entièrement. Et la naissance de ma fille ravive tout cela. En thérapie je refais le chemin de mon histoire; Je rassure petit a petit la petite fille que j'ai été. Et je ne sais pas trop aujourd'hui si c'est pour mieux m'en séparer pour devenir maman complètement?

Voilà a bientôt!

weshallovercome
Messages : 14789
Enregistré le : 10 janv. 2010, 23:24

Re: Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par weshallovercome » 24 févr. 2017, 13:26

Ma conviction personnelle, mais je n'en fais pas une généralité, c'est que l'enfant intérieur reste présent, et c'est un bon compagnon si nous avons pu faire la paix avec lui/elle. Pour moi c'est encore en cours ... :ange:
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller

Petit Feu
Messages : 235
Enregistré le : 10 juil. 2016, 15:15
Localisation : 14 - Calvados

Re: Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par Petit Feu » 07 mars 2017, 10:14

Pour ma part, je m'efforce de la chouchoutter du mieux que je peux.
Pas question de lui dire au revoir :nonon: elle est la gardienne de tout ce que j'ai tendance à oublier avec ma tête d'adulte... elle est la gardienne d'un Trésor, le mien.
Lui prêter de l'attention me permet de soigner quelques plaies, consoler quelques chagrins, et d'être beaucoup plus douce avec la femme que je suis actuellement. Parfois le contact se trouble, dans le tourbillon du quotidien... mais depuis que j'ai pris contact avec elle, jamais le fil ne se rompt.

ritalea
Messages : 488
Enregistré le : 20 avr. 2016, 16:43

Re: Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par ritalea » 09 mars 2017, 14:07

Moi je n'arrive pas à faire cohabiter les deux: l'enfant que j'ai été (que je suis?) et ma fille.

C'est l'un ou l'autre.

weshallovercome
Messages : 14789
Enregistré le : 10 janv. 2010, 23:24

Re: Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par weshallovercome » 09 mars 2017, 14:51

Un "conflit d'existence" ... :0
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller

ritalea
Messages : 488
Enregistré le : 20 avr. 2016, 16:43

Re: Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par ritalea » 09 mars 2017, 15:52

Oui et je suis complètement coincée dedans...

ritalea
Messages : 488
Enregistré le : 20 avr. 2016, 16:43

Re: Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par ritalea » 03 juin 2017, 09:33

Bonjour les filles,

Je reviens poster sur ce sujet car c'est toujours une de mes préoccupations principales, enfin plus qu'une préoccupation, une vraie douleur.

Voilà je ne sais pas finalement si d'un point de vue émotionnel j'ai vraiment grandi...je suis très émotive, très sensible, j'ai des peurs, des préoccupations et des besoins d'enfant. Ce n'est pas tant dans les faits car visiblement je suis une jeune femme adulte, responsable, ambitieuse, organisée...
Mais c'est à l'intérieur, seule moi le sent finalement. J'ai (j'avais deux espaces) qui me permettait de me réguler car je pouvais me sentir vraiment moi, être moi, me ressourcer, "régresser" quelque part c'est chez moi dans mon espace, mon appart avec mon mari et ma pratique du tennis. Ces deux pôles étaient essentiels à ma vie pour la rendre équilibrée, pour me permettre de me ressourcer et faire face au monde du travail, aux relations amicales, aux relations familiales. Dans ces deux espaces j'étais vraiment moi, je pouvais être moi, je me sentais pleinement moi. Encore une fois de l'extérieur il n'y avait pas de différence visible: je ne me comportais pas comme un enfant au tennis, ni a la maison mais c'était dans le ressenti, je pouvais tout lâcher.

Depuis que ma fille est née, la petite fille en moi est complètement paniquée. Elle ne trouve absolument plus sa place, elle n'a plus sa place, j'en ai conclu qu'elle ne devait plus exister parce que je dois être la maman, l'adulte, partout, en toute circonstance. C'est moi qui doit rassurer, cocooner désormais. Alors quel espace pour mes besoins? il n'y en a plus aucun. En présence de ma fille je ne peux exister que dans un rôle, celui de maman, comme au travail j'existe dans mon rôle, etc donc en présence de ma fille je ne peux pas lâcher et elle vit dans l'un de mes espaces de ressource: ma maison. Alors c'est très dur.
Le problème c'est que du coup j'ai figé toutes mes émotions, toutes mes sensations. Je ne ressens plus de détente, plus de plaisir, plus de saveurs qui remplissaient ma vie avant. J'ignore pourquoi la venue de ma fille me fait ça c'est pour ça que je vous en parle. Elle vient me menacer, elle vient me mettre en danger à ce niveau là.


Je comprends mieux aujourd'hui pourquoi je n'ai profondément, fondamentalement jamais eu de désir d'enfant au sens désir de transmettre, de donner la vie, d'avoir une descendance, de donner à son tour, de montrer, de guider, d'apprendre à mon enfant. Parce que l'enfant c'est moi et que j'ai des besoins de recevoir alors comment donner tout en continuant d'exister?

Pour le moment, coûte que coûte je cherche à protéger ma fille de tout cela. Je lui donne, je "joue" l'adulte, je réponds à ces besoins etc. De l'extérieur rien d'anormal entre nous. Mais si je devais donner une image c'est comme si, extérieurement Ritalea joue son rôle de maman, sourit, est attentive à sa fille etc mais qu'a l'intérieur de Ritalea il y a Ritalea petite qui pleure, qui crie, qui souffre, parce que désormais elle est enfermée elle doit rester invisible, elle doit renoncer à exister. Sauf qu'elle fait partie de moi, qu'elle me représente absolument dans ce que je suis, sans masque, brute, émotive et sensible et que je ne veux pas la perdre sans quoi la vie n'a plus de goût. Dans cette Ritalea petite il y a ce que je suis, toute mon histoire, mes blessures, mes fragilités, mes peurs, mes secrets, mes attentes. E t ça, je ne vois pas comment le partager à ma fille, le partager avec ma fille sans danger. Peut etre n'ai-je pas suffisamment confiance en elle, en notre lien? Ritalea petite n'a jamais eu confiance en sa maman, toujours eu peur, toujours me protéger est-ce en lien? comment y remédier?


A la maison, quand ma fille n'est pas là, je me sens de nouveau chez moi, j'occupe toute la place (sa place?), je profite de mon appartement, je retrouve mes repères. Quand elle est là, tout est différent, Ritalea petite est mise de côté et seule Ritalea adulte et maman doit exister sauf que du coup je ne ressens rien.

En me relisant, je vois bien que je ne me situe pas à la bonne place, à la bonne hauteur vis a vis de ma fille. Nous sommes comme d'égal a égal. Quelle douleur pour moi d'être adulte face à elle, je crois que je m'oblige du coup à ne plus rien ressentir de Ritalea petite du coup je ne ressens rien.

Voilà je sais pas si c'est très clair, peut être que ça parlera a certaines d'entre vous, merci à vous de réagir pour m'aider parce que j'en souffre et je me sens coincée.

:coeur:

Mélisse
Messages : 90
Enregistré le : 27 sept. 2015, 14:43

Re: Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par Mélisse » 03 juin 2017, 22:44

Ma chère Ritaléa,

Déjà un petit aspect un peu terre-à-terre :
A la maison, quand ma fille n'est pas là, je me sens de nouveau chez moi, j'occupe toute la place (sa place?), je profite de mon appartement, je retrouve mes repères.
...ça me semble tout à fait normal d'avoir plaisir à être seule chez soi, à faire ce dont tu as envie, souffler, aller à ton rythme, il n'y a rien de honteux là-dedans même si je comprends bien que ça va tout de même au-delà.

Une chose dans ton mail m'a interpellée. Tu dis à deux reprises :
En présence de ma fille je ne peux exister que dans un rôle, celui de maman...
,
je dois être la maman, l'adulte, partout, en toute circonstance
...comme si être maman t'empêcher presque de respirer pour toi, au sens de ne plus penser à toi, t'oublier et aussi t'imposer un rôle de mère que tu conçois, que tu penses être celui qu'il faudrait mais sans forcément que ce soit celui qui te convienne. ça me fait beaucoup penser à ce que tu dis de ta mère et de la façon dont elle semble avoir façonné son rôle de mère à elle. Un rôle dans lequel on n'a pas de limite. Je ne sais pas pourquoi ça me rappelle quand tu disais une fois (j'espère que je ne me trompe pas) que dès que ta sœur et toi demandiez quelque chose elle laissait tout tomber pour accourir, qu'elle avait du mal à avoir ses propres limites psychiques. Et ça me rappelle donc de fil en aiguille ce qui revient souvent dans tes propos par rapport à la différenciation entre toi et ta mère, et peut-être aussi entre toi et ton enfant...je ne sais pas si ça te parle, c'est en tout cas ce que ça m'évoque à te lire.

Pour avoir beaucoup ressenti cela (et parfois encore), il y a quelques "trucs" concrets qui m'aident quand je suis à la maison avec ma fille et que j'ai l'impression de ne plus être moi, de ne plus avoir d'espace : faire un truc que j'aime (mettre de la musique par exemple) comme ça je me laisse entraîner ailleurs, hors de mes pensées et ressentis envahissants, en moi en fait, et je profite, et ma fille aime aussi, danse...alors nous pouvons à la fois être bien chacune pour soi et ensemble.
Et aussi, quand je veux faire un truc et que je trouve qu'elle vient me solliciter, ou que je me sens envahie, j'essaye de la faire participer avec moi. Par exemple si je veux plier du linge et qu'elle réclame toutes les 2 minutes un truc, je lui donne des responsabilités, des morceaux de linge à plier, à me donner...ça la responsabilise et elle est fière, et moi je crois que ça me permet de mettre une certaine distance entre nous : je peux être dans ma bulle, elle dans la sienne (au sens où on est absorbées chacune par notre truc) et souvent je me détends et je peux la regarder, d'un tout petit peu plus loin, avec une bonne distance (je ne la sens plus faire "effraction" en moi) et là encore on se rejoint dans le plaisir d'être ensemble. Ce sont de minuscules choses, insignifiantes au premier abord, du quotidien...mais pas à pas, on gagne du terrain.

Prend le temps d'observer ce qui te fais du bien quand tu es chez toi avec ta fille. Tu vas trouver ta façon d'être mère et de laisser Ritaléa (petite et grande) et ta fille exister et exister ensemble tout en étant chacune bien délimitées :coeur: :coeur: :coeur:

Petit Feu
Messages : 235
Enregistré le : 10 juil. 2016, 15:15
Localisation : 14 - Calvados

Re: Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par Petit Feu » 19 juil. 2017, 23:12

Mélisse t'aura donné de judicieux conseils et pistes à suivre :super:

Fais-tu encore du tennis?

Et par ailleurs, dans ta maison, n'y a-t-il pas un moment de la journée où tu pourrais t'accorder un temps rien que pour toi dans un endroit de ta maison qui te serait réservé pour ces moments là?
Par exemple, t'isoler 15min ou 30min dans la chambre, t'y installer un petit coin avec des coussins ou ce qui te ferait un coin cocon, et t'y installer pour lire, respirer, méditer, dessiner, écrire... te recentrer en tous cas. Ca pourrait te permettre de prendre contact et soigner ta petite fille intérieure.
Tu l'entends visiblement bien, mais il ne suffit pas de l'entendre pour changer les choses, il faut l'écouter, et la chouchouter.
J'aurais envie de te conseiller, quand tu l'entends hurler alors que tu ressens que ta fille prend toute la place, mentalement, visualise ta petite fille intérieure, et promets lui de t'occuper d'elle un peu plus tard dans la journée. Ce que tu feras donc, dans TON coin détente, pendant ce moment que tu t'accorderas.

Travailles-tu encore sur la psychogénéalogie?

ritalea
Messages : 488
Enregistré le : 20 avr. 2016, 16:43

Re: Quelle place pour la petite fille en nous?

Message par ritalea » 20 juil. 2017, 17:01

Merci pour ta réponse PetitFeu, cela me parle ce que tu écris, cet espace, ce cocon rien que pour moi. Pour le moment je crois que c'est ma chambre, mon lit qui joue cet espace là. Quand la petite est couchée, je m'y réfugie le soir, je peux "régresser" un peu, rêvasser, méditer...

Je pense terriblement à ma maison familiale, notre vie tous les quatre avec mes parents et ma soeur. Cela me manque terriblement, cela m'est très douloureux de réaliser que c'est fini. Je crois que ni le divorce de mes parents il y a bientot dix ans, ni la vente de la maison familiale il y a 3 ans ne m'a permis de réaliser ce deuil, cette fin. Moi honnetement, dans la vie je ne me voyais que dans cette vie là, que dans cette place là, pour toujours... Je n'ai jamais réellement eu le regard tourné vers l'avenir en terme de "vie à moi" j'entends par là, mari, travail, maison, bébé. Paradoxalement j'ai tout cela, mais je l'ai posé comme des actes à la fois pour faire "bonne figure" et faire genre j'avance dans ma vie et caché cette petite fille au fond que je suis et dont j'ai honte de toujours être. Et à la fois dans l'espoir que cela me permette de détourner mon regard vers cet avenir justement car intellectuellement j'ai bien conscience que le sens de la vie c'est ça. Mais émotionnellement je suis toujours la petite fille de mes parents, je rêve de retourner dans ma maison, de revivre des moments tous les 4 et de ne pas bouger de là...
Petit Feu a écrit :Fais-tu encore du tennis?
Cela reprend en septembre mais Oui chaque vendredi soir entrainement et je participe à des tournois plusieurs fois dans l'année.
Petit Feu a écrit :Travailles-tu encore sur la psychogénéalogie?
Oui entre autre mais pas que. J'ai réalisé une partie de mon génogramme. Ma mère m'a confié récemment que pour elle la maternité était une "fin en soi" je comprends mieux beaucoup de mes ressentis qui finalement ne m'appartiennent pas réellement mais que je porte. pour autant, bien qu'ils ne m'appartiennent pas, ces ressentis sont réels et je dois y faire face..

Répondre