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Travail de fin d'études de puéricultrice

Journalistes - Professionnels - Etudiants
Ylana
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Re: Travail de fin d'études de puéricultrice

Message par Ylana » 05 nov. 2013, 16:47

Weshallovercome, je ne suis pas d'accord avec toi concernant l'incompétence d'une bénévole à reconnaître une DPP. Qui mieux qu'une autre mère elle aussi passée par là peut comprendre ce qui est en train de se passer chez une maman en DPP? Et d'ailleurs ce n'est pas ce que font déjà les modératrices de ce forum lorsqu'elles conseillent aux mamans appelant à l'aide de consulter un psychologue?

Il ne s'agit pas d'une maladie à diagnostiquer et hop là prescription d'antidépresseurs. Une maman qui connaît une difficulté maternelle est souvent une primipare, assez isolée et de fait peu familiarisée avec les endroits où se rendre et les personnes à contacter en cas de besoin. Elle s'efforce de porter en toute circonstance un masque de bonheur et de savoir-faire qui peut tomber face à une personne attentive qui pose les bonnes questions, professionnelle ou pas, comme cela a été dit dans cette discussion.

Bien-sûr, je ne prétends pas qu'une bénévole puisse être LA solution universelle. Je donnais juste mon ressenti personnel. Et lorsque je parle de bénévole, je ne fais pas allusion spécifiquement à Mamans Blues, mon propos était plus large. Je ne parlais pas non plus de s'imposer chez les gens, loin de là! L'anonymat de l'écran a toute sa place dans le processus, je suis moi-même passée par là! Mais pour moi il a été insuffisant car même s'il m'a servi de défouloir au début, il n'a suscité aucun échange suivi et personnel avec l'une des internautes. Les modératrices font un travail formidable, mais elles ne peuvent "s'occuper" de toutes les mamans.

En ce qui concerne la PMI, j'avais trop d'appréhensions pour faire le pas et j'étais trop embourbée dans ma dépression pour faire l'effort de m'y rendre (elle est loin et je n'ai pas de voiture). D'autre part, entre refus d'aider, indifférence, négation du problème, assénement de vérités idéologiques et jugements de valeur, les professionnels m'avaient tellement déçue qu'ils ne m'inspiraient plus confiance. Mais encore une fois, il s'agit d'un témoignage personnel.

weshallovercome
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Re: Travail de fin d'études de puéricultrice

Message par weshallovercome » 06 nov. 2013, 09:30

Tu as le droit de ne pas être d'accord. Mais nous devons rester d'une grande prudence et d'une grande humilité vis-à-vis des professionnels de la santé, et en aucun cas paraître prétendre nous substituer à eux, même si notre action peut compléter ou précéder la leur. Et c'est d'ailleurs pour ça que sur le forum nous conseillons à toutes les bluesnautes de consulter, comme tu l'as relevé !
On est bien d'accord cela dit, la difficulté maternelle ne se réduit pas à une maladie, et nous déplorons depuis longtemps que sa vision soit trop souvent limitée à ses (éventuelles) composantes neurologiques et chimiques...
Une maman qui connaît une difficulté maternelle est souvent une primipare, assez isolée et de fait peu familiarisée avec les endroits où se rendre et les personnes à contacter en cas de besoin.
Euh ... ceci ne rejoint pas complètement l'expérience de l'association et du forum. Nous avons reçu des femmes dans des situations très variées à tous égards.
Ce qui n'enlève aucune valeur à ton témoignage personnel évidemment ...
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller

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Lolalilou
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Re: Travail de fin d'études de puéricultrice

Message par Lolalilou » 06 nov. 2013, 11:07

Une maman qui connaît une difficulté maternelle est souvent une primipare, assez isolée et de fait peu familiarisée avec les endroits où se rendre et les personnes à contacter en cas de besoin.

Je ne suis pas d’accord. Lorsque nous déclarons notre grossesse à la CAF, nous recevons toutes sans exception les brochures de la PMI, avec la prise en charge autour de la grossesse. J’ai tout gardé lorsque j’ai reçu les documents et j’ai même appelé la puéricultrice avant même d’accoucher en me disant que je souhaitais la rencontrer avant si jamais j’aurai besoin après.

Après, je dirai qu'il y a plutôt la méconnaissance d'une DPP possible...

Après certes il y a aussi cette image négative (voleuse d’enfants) qu’à la PMI. Or c’est quand même LE lieu de prise en charge des bébés, pour avoir des conseils, rencontrer des professionnels et je pense que c'est surtout contre ces préjugés là qu'il faut lutter, pour que les mamans puissent rencontrer des professionnels, pouvoir s'exprimer sans crainte.
Moi j'attendais le vendredi, jour de la pesée comme mon moment à moi, ma délivrance : ce jour où j'allais pouvoir parler de mes craintes, poser mes questions.
Oui, moi la PMI, les professionnels m'ont sauvé.
Maman j'ai besoin de toi Maman amour aime-moi Maman prends-moi dans tes bras Maman amie aide-moi. » Gérard Lenorman

weshallovercome
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Re: Travail de fin d'études de puéricultrice

Message par weshallovercome » 07 nov. 2013, 09:45

Oui, moi la PMI, les professionnels m'ont sauvé.
Je peux dire la même chose. Une partie de notre boulot de bénévoles, c'est d'agir pour que la PMI offre cette chance à tout le monde, partout :)
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller

marionette42
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Re: Travail de fin d'études de puéricultrice

Message par marionette42 » 22 nov. 2013, 15:57

Merci beaucoup pour tous vos témoignages. :amen:
Ils me seront d'une grande utilité pour ma soutenance et pour mon travail au quotidien avec les jeunes mères.
Marionnette

weshallovercome
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Re: Travail de fin d'études de puéricultrice

Message par weshallovercome » 25 nov. 2013, 11:46

Ah il n'était donc pas trop tard ! :)
Tous nos voeux de réussite Marionette. Donne-nous des nouvelles si tu le souhaites. Merci pour ta contribution à la cause !
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller

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betty_blue
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Re: Travail de fin d'études de puéricultrice

Message par betty_blue » 27 nov. 2013, 11:29

dernière mise à jour "des petits signes " de la dificulté maternelle :

Les petits signes de la difficulté maternelle

Il est primordial que la difficulté maternelle puisse être repérée au plus tôt, dés ses premiers frémissements et qu’elle soit accompagnée au plus vite. Hélas, certains signes précoces sont encore pris « à la légère » sous couvert de l’incontournable baby-blues, ou sont si déconcertants, "fous" à ressentir et si peu perceptibles de l’extérieur, que les mères préfèrent se taire, de peur d'inquiéter les autres et de plonger encore plus vite.
Après viendront les symptômes caractéristiques de la dépression, que nul (ou presque) ne peut plus cacher ou ignorer.
Et pourtant avant ces tempêtes maternelles il y a eu, non pas le fameux calme qui les précède, mais bien une succession d’appels, de « petits » signes physiologiques ou psychiques, qui - avec le recul que vous en avez maintenant- , signaient déjà le début de votre effondrement.
Sans vouloir découvrir de nouveaux symptômes, sans vouloir fixer la pensée, inquiéter ou médicaliser ces émotions, nous pensons que ces « petits signes » pourraient s’ils étaient partagés, inviter chacun, chacune à plus de vigilance et de bienveillance pour ces premiers moments de maternité.
Témoignages des mères sur les débuts de leur effondrement (avant diagnostic de dépression)

Dés le temps de la grossesse …
« J'ai eu une grossesse tranquille au début, puis une menace d’accouchement prématuré à 6 mois. Rapidement j'ai haï mon corps qui voulait que mon enfant naisse prématurément. Je me sentais prisonnière dans ma chambre d'hôpital, je faisais de la tachycardie, et ne dormais plus. Puis j'avais cette impression d'être dépossédée de mon bébé; que moi, je ne comptais plus. On me donnait de l’e… sans se demander pourquoi j'avais des palpitations cardiaques si intenses. »
« J’ai ressenti d'abord une immense déception à la nouvelle qu'il n'y avait qu'un bébé. J’avais fait une FIV où on m'avait implanté 3 embryons et j'étais persuadée jusqu'à la première échographie, à 6 semaines, que j'aurais au moins des jumeaux. »
« J’avais la peur de le perdre tout le temps et après chaque échographie, j'angoissais jusqu'à la suivante. Quand il est né, j'ai fermé les yeux et demandé "est-ce qu'il va bien"? J'avais peur de le découvrir mort. »
« Pendant la grossesse, je faisais en permanence des cauchemars dans lesquels je tuais mon enfant. A la fin, j'ai fini par ne plus dormir pour être sûre de ne pas faire de cauchemars. »
« Impossible de m’imaginer la vie à 3, peur bleue de voir mon enfant, plus l’échéance approchait plus je regrettais d’être enceinte et redoutais la rencontre »


L’accouchement

« Lors de ma césarienne j'ai eu très mal et envie de vomir, ce que j’ai fait le soir même. J'étais pleine de peurs : ne pas savoir la prendre, la nourrir, lui donner le bain. Une nuit j'ai appelé une infirmière car j'avais peur de mourir. J'ai éclaté en sanglots quand on m’a dit que ma fille devait restait un jour de plus car elle ne prenait pas de poids. Face à tous ces signes, personne n'a réagi à la maternité. Quand j'ai dit que j'espérais que tout irait bien pour sa luxation de hanche, on m'a dit : « vous avez voulu ce bébé, assumez-le. » Puis quand j'ai voulu dire le traumatisme de ma césarienne, on m'a encore dit : « votre bébé va bien, alors pas besoin de ressentir de la peine. »
« Pendant l'accouchement qui fut long, très long, j’ai ressenti une énorme crise d'angoisse. Tellement forte que je ne voulais plus de ce bébé, je voulais qu'on me l'enlève ...comme il y a eu un souci à la fin, je me suis sentie coupable de cet "accident", surtout après avoir évoqué l'idée de plus vouloir d'enfant »
« Je crois que ma dépression a débuté pendant ma grossesse J’ai souffert très tôt de contractions, et d'insomnies. J'étais très fatiguée et obsédée par la date d'accouchement, je comptais les semaines! Mon souvenir de cette grossesse est la solitude, peu d'écoute de la part d'un médecin généraliste et d'une gynécologue. C'était toujours le même discours "c'est ça d'être enceinte". Même si j'ai de très bons souvenirs des sages femmes, la dépression était déjà en train de faire son nid. »
« Mon enfant venait à peine de naitre que le gynécologue me tapoté les cuisses en me disant : « Bon et bien maintenant il va falloir penser à faire de la rééducation périnatale. » J’ai eu alors le sentiment que l'accouchement et donc mon enfant m'avaient mutilé le corps. Que mon sexe avait était comme endommagé par cette naissance. »
« On m’a demandé de sortir moi-même mon enfant de mon corps, et j’ai eu la sensation physique très perturbante de m’arracher quelque chose de mon ventre, de mon sexe. »
« Selon moi, c'est la surmédicalisation qui a fait office de filtre entre moi et mon fils. L’accouchement m'a quelque part dépossédée de cet enfant, comme si le "filtre" de la péridurale (très fortement dosée) avait coupé ce lien. Je n’avais plus de bébé dans mon ventre et celui qui en était sorti m’était inconnu. Ou était donc passé mon bébé ? »
Lors de mon accouchement il m’a été impossible de le prendre dans mes bras à la sortie de mon ventre c’est donc le papa qui a fais le peau a peau*


Dés la maternité …
« J’ai regardé la famille émerveillée devant ce bébé et moi je n’ai rien ressenti sauf une peur et une angoisse atroces. »
« Dès mon séjour à la maternité, tous les signes de difficulté étaient présents, mais je les ai masqués au personnel médical, qui me semblait si compétent que mes questions auraient paru ridicules, et en même temps si distant et si peu intéressé par moi et mon bébé que je n'osais pas les "déranger"... »
« Impossible de dormir car le bébé pleurait de 20heures à 3 heures et j'avais des visites l'après-midi, j'ai été incapable de demander à ce que l'on me le prenne vu mon état de fatigue… »
« En ce qui me concerne, la dépression a commencé, à mon sens, lorsqu'à 7 mois et demi d’une grossesse heureuse, on m'a annoncée que j’avais perdu les eaux et que mon bébé du coup ne pourrait pas être gardé à la clinique car on ne savait pas s'il allait respirer. Une grosse boule d'angoisse est arrivée et ne m'a plus quittée pendant des mois. J'ai associé les concepts Bébé et Mort. La mort était là désormais, tapie. »
« A l'accouchement, j'ai très mal vécu la séparation d'avec mon enfant resté en soins intensifs : je ne l'ai vu que le lendemain soir, et du coup j’ai éprouvé un sentiment de colère vis-à-vis du personnel, du à un très profond sentiment d'échec et de culpabilité de n'avoir pas su mener ma grossesse à terme, perpétuelle angoisse à l'égard de mon enfant fragile en couveuse (je pensais sans arrêt à des difficultés pouvant survenir). »
« Je n'ai dormi que quelques heures en 5 jours passés à la maternité. »
« J’avais peur de la prendre dans mes bras et de l'allaiter »
« Je ne lâchais pas, je l'avais tout le temps dans les bras de peur qu'elle soit mal »
« J’avais peur de rentrer chez moi »
« Dés le deuxième jour à la maternité, j'avais des flashs, très furtifs. Je la regardais dormir, et je me voyais la taper, quelle horreur ! »
« Je me rappelle plusieurs "signes" très alarmants apparus à la maternité, presque tout de suite après la naissance de mon fils: Je me suis repassé en boucle des dizaines de fois l'accouchement (qui a été très douloureux pour moi) comme un haut fait de guerre, je me trompais de prénom quand je pensais à mon fils »
« À la maternité, j’ai eu par deux fois comme une vision. J’ai vu un de mes trois enfants, le cadet, comme disparaitre pendant quelques secondes, devenir un hologramme, se dématérialiser, sous mes yeux. J’ai eu très peur et me suis de suite reprise. A qui parler de cela ? On m’aurait prise pour une folle, pire on aurait pensé à un début de psychose puerpérale (heureusement qu’à ce moment là j’en ignorais aussi bien le mot que la réalité car je me serais encore davantage inquiétée… si c’était possible de s’inquiéter encore plus) .


Le corps qui vous lâche…
« Je me souviens de mon retour à la maison, j'étais comme droguée par la fatigue mais on me disait c'était normale ! Je soufrais d'insomnies et de solitude. Je pleurais la nuit et prenais souvent l'annuaire pour appeler un médecin mais j'entendais ces voix "C'EST NORMAL"! »
« J’avais des nausées, j’étais incapable de me nourrir… j’étais tellement dégoûtée de me faire à manger que j'en sautais des repas et maigrissais sans effort. »
« J’étais devenue très lente et maladroite comme si j’avais des problèmes de psychomotricité, je rentrais dans les portes, me donnais des coups contre les tables, tremblait en faisant un biberon… »


Hyper activité maternelle
« Je me souviens aussi qu'après la tétée ou le biberon de milieu de nuit, j'allais me laver et je m'habillais, par peur de ne pas avoir le temps de le faire une fois les autres enfants réveillés, je repassais à 4 ou 5 heures du matin par peur de ne pas pouvoir assurer toutes les tâches ménagères.
« Je me forçais à faire à manger, à faire le ménage dès qu'elle s'endormait, pour me faire croire que ma vie continuait comme avant. »
« Je me souviens aussi de cette frénésie du ménage, cette peur de ne pas arriver à tout faire avant qu’elle se réveille. J’avais donc mis dans chaque pièce de la maison des produits de ménage. Comme si cette naissance ne devait pas venir perturber tout ce que je faisais avant. »


Les sentiments prégnants :
« Sentiment de n’éprouver aucune joie malgré la naissance de mon fils, de le voir comme un inconnu à découvrir. »
« Le signe le plus marquant aujourd'hui avec le recul : c'est la tristesse. J'étais si triste, tellement triste. Déjà pendant la grossesse et pire encore après l'accouchement »
« Je pleurais beaucoup. Et mon fils pleurait énormément. Et ça me donnait mal au ventre au point où je devais aller aux toilettes… »
« crises de larmes quotidiennes »
« Quand je voyais à la télé une naissance même suggérée, je pleurais comme une madeleine.
« Je faisais des cauchemars, mon bébé était une princesse chinoise, je me jetais par la fenêtre et mon compagnon essayait de me sauver… »)
« J’avais le sentiment d'être une mauvaise mère et ne pas avoir d'instinct maternel »
« Je n’avais plus envie d'être maman, je voulais revenir en arrière. »
« De retour à la maison, je passais par une alternance constante de tristesse et angoisses. Très rapidement je me suis vue me défenestrer, d'abord seule, et après avec mon bébé. Tout de suite j'ai téléphoné à la pmi qui m'a orienté vers l'umb la plus proche. J'étais persuadée qu'on allait me mettre en prison, juste pour des pensées. »
« Sentiment d’être dépassée, de penser que tout, absolument tout me parait insurmontable et que je n’arriverai jamais à gérer. »
« Sentiment de ne pas me sentir mère du tout… sans forcément en expliquer les raisons. »




Les envies de fuir, de mourir, les idées de suicide … :

« Je voulais m'enfuir et ne pouvais pas, j’avais l’impression d'avoir un boulet aux pieds. »
« J’avais des pensées de mort sur l'enfant et moi-même.
« « J’avais le sentiment de ne plus exister »
« J’avais des envies suicidaires : en sautant par la fenêtre ou dans la cage d'escalier, ou en me pendant à la rampe d'escalier… »
« Je fantasmais sur la fenêtre de mon bureau - quand je n'avais pas encore repris le travail - je repassais en boucle dans ma tête, le texte d'une lettre d'adieu à mon fils, je l’imaginais grandir avec son père, sa grand-mère, ses tantes, et me dire qu'il n'aura pas besoin de sa mère… »
« Je ne voulais pas mourir, mais ma souffrance était si grande que j'ai envisagé cette issue. »


Les peurs, obsessions, idées « folles », les phobies d’impulsion :

« Ma première phobie d'impulsion a eu lieu à la maternité même : je vais tuer ma fille, s’en suit une vision d'horreur de la voir morte dans les toilettes. J’étais en sueur et angoissée. A ma sortie de maternité, j’ai une nouvelle phobie d’impulsion : jeter ma fille par la fenêtre »
« Les phobies d'impulsion n'ont fait que s'intensifier, et prendre de multiples visages: peur de l'infanticide, d'être incestueuse, de perdre la raison, de devenir suicidaire. Puis j’ai eu peur de faire du mal à tout le monde, y compris les gens dans la rue. Cela s'est accompagné de signes physiques : plaques rouges sur tout le corps, amaigrissement. Je dois dire que ce n’était pas seulement des peurs de passage, c'était vraiment cette impression que j'étais un monstre. »
« Peur des pleurs du bébé et de grosses crises d'angoisse liées aux phobies d'impulsion : abandon, pédophilie, inceste (horrible quand j'y repense...), il suffisait que j'entende un mot pour déclencher le processus, beaucoup de ruminations mentales, qui mêlaient éléments du passé et du présent »
« J’avais d’importantes pertes de mémoire. »
« J’avais le sentiment de devenir complètement folle, d'être dans un gouffre sans fond, peur de devoir être internée "chez les fous" et de ne plus jamais pouvoir en sortir. »
« J’avais envie, j'étais obsédée par l'idée de trouver une pièce blanche et molle où je serai bien. »
« J’avais des idées et des pensées erronées, bizarres qui hantaient mon esprit tout le temps, sans relâche, en boucle dans ma tête… Mon attention était uniquement focalisée sur mon enfant : il va tomber, se fracasser le crâne, peur de la mort subite du nourrisson … »
« J’avais des hésitations interminables pour toutes choses même les plus anodines. Rien n'était naturel, spontané, tout me demandait réflexion. Je paniquais sur l'organisation matérielle, le rangement, la gestion du temps… » -
« J’avais le sentiment de ne plus savoir parler, savoir formuler mes phrases, j’étais dans une confusion permanente, un enfermement verbal, les mots butaient dans ma tête et ne pouvaient pas sortir et pourtant les hurlements intérieurs étaient constants. »
« Impression diffuse que "quelque chose cloche", sans trop savoir quoi. »
« J’avais une obsession pour la saleté, les microbes, les acariens. J’avais l'impression que mon fils pouvait mourir à cause de ces petites particules. »
« J’avais une phobie des fenêtres, dès que je passais devant l'une d'elles même fermée j'accrochais comme une malade mon fils, j'avais peur qu'il tombe. Cette phobie s'est transformée en un vertige pas possible que je n'avais pas avant. J’étais aussi obnubilée par les horaires et si mon bébé demandait quelque chose qui n'était pas dans le créneau je m'inquiétais, ne trouvant pas cela normal. »
« J’ai pensé que j'étais devenue un tronc après l'accouchement, j’avais très mal à l'épisiotomie. Je revoyais tout le temps la position gynécologique. Malgré le désir et la reprise des activités sexuelles. Je pensais sans cesse à mon enfant qui était passé par là! Ça ne fait que très peu de temps que ce n'est plus le cas. »
« Dans les états intermédiaires entre veille et sommeil, je croyais que mon fils était sorti du berceau et se déplaçait dans l'appartement, ou bien je le voyais devenir géant et prendre toute la place. »
« La nuit, j'avais des terreurs de gamine, style fantômes dans les placards, et j'avais peur que mon fils ait peur, je ne le quittais que profondément endormi et avec angoisse. »


La confusion dans le temps, l’espace, la perte du sentiment d’identité :

« Pendant plusieurs mois Je ressentais quelque chose de bizarre. Je confondais parfois mon enfant avec mon frère, ou avec moi bébé. Dans ces moments où je confondais mon fils avec moi tout bébé, je pensais à lui comme « elle », comme une fille. C'était très fugace et je me disais tout aussi vite " mais non enfin c'est un garçon, c'est X ton fils »
« Je ressentais une nostalgie obsédante, je crevais d’envie d'envie de revenir en arrière, à telle ou telle date où "il n'était pas encore trop tard". Je ne me reconnaissais plus sur les photos d'avant, j’enviais les adolescents. »
« J’étais incapable de me situer dans le temps au cours de la nuit : je ne savais plus si je venais de me coucher ou pas »
« J'avais la sensation que de donner la vie, faisait remonter à la surface des émotions liées à ma propre naissance. »
« J’avais l'impression "d'être" un bébé, voire d'être mon bébé, je me réveillais toujours juste avant que mon fils ne commence à pleurer. Je poussais des petits gémissements de bébé dans mon maigre sommeil, j'avais comme des petits réflexes de succion. Je me disais: "mais tu perds la boule ma fille, tu redeviens un bébé !!!"
« J’avais comme un besoin intense de ma mère qui n'était pas là, besoin très fort de son aide sans réussir vraiment à lui demander. »
« Très rapidement je suis redevenue une petite fille et j'ai rejeté mon mari. Un jour j'ai demandé à ma mère de venir me chercher avec mon bébé car je voulais fuir mon appartement avec ses fameuses fenêtres, et je n'ai même pas pensé à la peine que je faisais alors à mon mari de laisser seul pour le week-end. »
« Mon monde tourne autour de lui mais moi je ne sais plus qui je suis. Pour la première fois je réfléchis à la mort en général, la mienne en particulier. »


Le sentiment d’incapacité, de nullité, la perception des autres, de son compagnon :

« Je me comparais sans cesse négativement aux autres mamans »
« j’avais peur du regard des autres sur ma maternité, sur le lien avec mon enfant : j’étais mal à l'aise lors des visites des amis ou de la famille à la maternité, sentiment qu'ils allaient voir que je ne saurais pas m'en occuper, peur que l'on me pose des questions sur lui et que je ne sache pas répondre. »
« Le fait d'être dans le DEVOIR quand on devient mère, devoir montrer qu'on sait faire qu'on est capable car c'est notre enfant. Et de l’autre côté, peur du jugement des autres. Quand je changeais ma fille c'était tout juste si je ne tremblais pas devant les autres tant j'avais peur qu'on voit que je m'en occupais mal. Du coup pendant toutes les visites, c’était le papa qui tenait notre bébé dans les bras. »
« La peur du jugement et la peur de mal faire, jusqu’au point je ne savais plus quoi faire quand quelqu’un me faisait une réflexion. Fallait-il que je suive son conseil ou pas ? On se sent si perdue. D'autres au contraire me disait : « fait à ton idée ! ». Oui mais voilà je n’avais pas d’idée, j’en avais plus … »
« Quand j'allais chez mes parents, je me forçais à plein de choses pour ne pas éveiller de soupçons...pour pas qu'on dise que je suis mauvaise » »
« Dès qu'il a commencé à pleurer et que je ne suis pas arrivée à l'apaiser, je me suis sentie incapable, nulle et incompétente en tant que mère. Je me suis sentie aussi incapable d'assurer les gestes de puériculture basiques, changer mon enfant, l'habiller, lui donner le bain.... j'essayais de me rappeler les "conseils" donnés par les puéricultrices, je les notais même quelquefois, mais ça me semblait une montagne. »
« Comme je me sentais totalement nulle et dépassée par mon fils et l'ampleur de la tâche, j'ai aussi passé un temps fou à gamberger à des moyens de "régler le problème": confier mon fils à mes parents, à la famille de son père... »
« J’avais un sentiment d'impuissance très fort : allais-je réussir à le nourrir et par extension à m'en occuper ? J’avais le sentiment d'un poids, d'une responsabilité que je n'avais pas imaginée jusque ici : ce poids m'écrasait, me terrifiait et je n'arrivais pas à en parler à quiconque… »
« J’avais une peur constante de mal faire dans chacun de mes gestes : le nourrir, le changer, le bercer, le soigner, et pourtant je voulais que ce soit moi qui le fasse. Sentiment de devoir le faire mais de ne pas "aimer" le faire »
« J’ai pensé que tout était toujours de ma faute et je ne voulais pas qu'on approche le bébé. »
« J’ai toujours pensé qu'on me retirerait à n'importe quel moment mon enfant. J'étais incapable de penser que mon fils pouvait m’aimer. »
« J’ai soupçonné mon compagnon de me "pourrir » volontairement la vie, de me pousser à partir. Simplement parce qu'épuisé lui aussi, il n'entendait pas le bébé au moindre gémissement alors que j'étais passée moi dans un état où j'essayais d'entendre sa respiration de la pièce d'à coté. »
« Je me déchargeais dès que possible de mon enfant sur son père. Paradoxalement, j’en voulais à mon compagnon de savoir s'en occuper, je lui reprochais de me le prendre. »
« J’avais un sentiment d'effroi lorsque mon mari s'en allait au travail en me laissant "seule" avec le bébé. J’avais envie de vomir, une boule au ventre et je me disais que je n’allais pas y arriver, qu'il n'allait pas boire correctement, et du coup je ne dormais plus. »


Autour du bébé : peurs, craintes, sentiments, allaitement…

« J’avais le désir très fort et en même temps une peur atroce, que mon fils ne se réveille pas. Des images d'infanticide me passaient par la tête. Je me voyais l'étouffer sous un coussin quand il pleurait, ou l'envoyer s'écraser contre le mur pour qu'il se taise... »
« Alors je suis rentrée et je me suis isolée. Ce bébé occupait tout l'espace : 100% de mon temps et 100% de mes pensées mais je ne le sentais pas comme "MON" bébé. Seulement un bébé dont j'avais toute seule toute la responsabilité. »
« Parce que j'ai eu peur de le perdre - fausse-couche, accouchement, mort subite du nourrisson - je ne me suis pas attachée à mon bébé au début et le lien affectif ne s'est pas fait. »
« Des le premier jour, j’ai eu la sensation de ne pas savoir comment m'y prendre, j’avais mal au ventre quand il pleurait, l’impression d'être transpercée par son regard, le sentiment qu’il ne m'aimait pas »
« Une véritable aliénation ! Je tirais mon lait comme une folle (mais j'étais folle je crois) pour au moins pouvoir allaiter cet enfant que je n'avais pas réussi à mener jusqu'au bout de ma grossesse, comme il était prématuré il était intubé. Je me suis lancée dans la production de lait, je buvais de l'eau, je tirais mon lait, je le congelais, je rebuvais, je retirais, j'en donnais en néonat pour les autres bébés (forcement j'en tirais plus qu'il ne pouvait en boire)...j'imagine que je faisais ça pour me "racheter" dans mon rôle de mère... »
« Je me retenais d'aller aux toilettes car j'avais peur qu'il se mettre à crier à ce moment là. Et dès qu'il criait pour manger, même si je savais que cela prendrait une heure, et bien je n'allais pas vider ma vessie et je patientais tout ce temps dans l'inconfort jusqu'à la douleur.
« C’était un allaitement permanent, je voulais tout le temps le nourrir, je l’allaitais en dépit du bon sens, trop souvent, en forçant le petit pour qu'il ait les "20 minutes réglementaires"… »
« J’avais besoin de m'éloigner physiquement de mon bébé, je dormais dans une autre chambre avec des boules quiès pour ne pas l'entendre. »
« J’avais envie que le bébé disparaisse, qu'il meure dans son sommeil, j’ai honte de le dire aujourd'hui, mais j'y pensais souvent. »
« Je débarquais la nuit dans sa chambre, sans souvenir de m'être levée pour vérifier qu'il respirait. »
« Les pleurs de mon bébé étaient, selon moi, des appels au secours incessants auprès des autres adultes pour dénoncer mon incapacité à être une bonne mère, du genre "ne me laissez pas avec elle c'est une incapable »
« Je ressentais un énorme sentiment d'impuissance face aux cris du bébé et je transpirais à l'idée qu'il se réveille »
« Je le réveillais avant qu'il ne crie, car je croyais qu'il était justement en train de se réveiller »
« J’avais peur d’être réveillée par les pleurs de bébé et cela m'empêchait de dormir »
« Pour l'endormir il fallait promener le landau dans tout l'appartement, et les jours où elle ne dormait pas, je les passais à faire des allers retours en landau, je mangeais avec le landau, je faisais à manger avec le landau, c'est tout juste si je n'allais pas aux toilettes avec le landau. Je me rappelle d'une journée horrible ou je n’ai même pas pu me laver où j'ai fait du landau pendant presque 10 heures d'affilées. »
« J’étais impatiente des jours qui passaient, j'avais trop peur de le casser. »
« Je pensais qu'il ne m'aimait pas, qu'il m'en voulait d'être aussi nulle avec lui. »
« Quand je lui donnais le bain ça me mettait mal à l'aise... »
« L'idée de le voir avec des dents, des cheveux me hantait!!! Pour moi il vieillissait et j'avais l'obsession de mon accouchement! J’avais des alternances de moments d'amour et de haine pour mon fils. »
« Je ne parlais pas de mon fils comme de "mon bébé", mais je disais "ce bébé"… »
« Je me trompais de prénom quand je pensais à mon fils, il s'appelle Gabriel, je le pensais en tant que Raphaël... ».
« J’appelais ma fille Léa au lieu d’Eva et en étais saisie comme si j’avais commis une faute et qu’on allait me taper sur les doigts avec une règle, comme à l’école. »
« Quand elle est née je n'aie pas ressenti d'instinct maternel; je me disais " j'ai un bébé" un inconnu, et ça me faisait ni chaud ni froid. Il faut que je m'en occupe mais c'est tout...Et je culpabilisais à fond vis à vis des autres. Je me forçais à déborder d'amour, à parler avec elle, alors que je n'en avais pas envie... »
« Parmi les signes aussi : la peur, tout le temps et pour tout. Il fallait s'occuper de lui à la perfection. Mais je n'arrivais pas à entrer en contact avec lui : je ne lui parlais pas, ne lui souriais pas. Et quand je me forçais à le faire, il ne réagissait pas et je me disais : "il ne m'aime pas. »
« J’étais dans l’incapacité de confier ma fille à un tiers, je ne voulais pas qu’elle quitte mes bras, je surveillais sans cesse sa respiration et culpabilisais pour tout. «
« J’avais peur de cette nouvelle responsabilité. A ses 3 semaines j'ai eu comme un flash où j'ai vu des photos d'elle avec son père mais sans moi. Je me disais qu'elle serait mieux avec son père, et sa mamie. Je me suis vue leur écrire une lettre d'adieu. »



Le caractère, le comportement qui change :

« J’étais devenue « parano » vis-à-vis de mon compagnon; je me rappelle qu'au plus fort de mon mal-être, je me suis dit une ou deux fois qu'il allait me balancer par la fenêtre pendant mon sommeil... »
« J’ai eu l'impression de ne plus aimer mon compagnon, de détester ma vie, de ne dépendre que des heures interminables du biberon. »
« Dés la maternité, je me suis enfermée sur moi-même. Je ne voulais plus qu'on me touche ni qu'on me parle. »
« J’ai eu très vite après la naissance des envies de scarification, de suicide, des envies de tout casser. J’ai cru devenir folle et ce très vite.
« J’ai cessé de manger sauf le soir où mon compagnon était là. Je me lavais n'importe quand, j'avais peur qu'il pleure quand il ne pleurait pas et des qu'il se mettait à pleurer je paniquais. »
« J'étais complètement effacée. Une évidence s’est imposée très vite, je ne pouvais pas rester en vie alors que j'avais mis au monde un enfant que je pensais ne pas aimer »




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"C'est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire" Nathalie Sarraute
Céder sur les mots , c'est céder sur les idées.

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