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DELASSUS Jean-Marie : "Le sens de la Maternité"

(http://membres.lycos.fr/famjanin/DELASSUS.htm)

"Le docteur Jean-Marie Delassus, responsable du secteur de pédopsychiatrie de Versailles, est chef de service à l'unité de maternologie de Saint-Cyr l'Ecole. Le travail effectué par cette unité a été primée par la Fondation pour l'enfance et par le ministère de la santé."

I- LA MATERNITE EST MECONNUE

A- Elle n'a pas d'identité reconnue.

La maternité est identifiée par son versant physique et réduite au plan psychiatrique si quelque difficulté mentale ou comportementale apparait. Pourtant, on n'a de cesse de parler d'amour maternel. Ces trois domaines (médecine, psychiatrie et société), annexes à la question de la maternité, deviennent des modes d'évitement ou de recouvrement. En prétendant vouloir le bien de l'enfant, on rend les mères folles (séparations abusives, psychiatrisation des difficultés maternelles...). Le souci exclusif est celui de l'enfant.

Les difficultés de la maternité, si elles ne sont pas psychiatrisées, peuvent être assimilées à des problèmes socio-économiques (maisons maternelles). Ces difficultés sont aussi très souvent banalisées (baby-blues...).

L'idéologie sociale fait que les mères doivent répondre à un "impératif moral maternel", qui leur donne un devoir d'état (de bonne mère). Les mères doivent taire leurs difficultés; de plus, il existe une restriction sémantique concernant la maternité.

B- Elle n'a pas d'histoire

Il y a une histoire des mères, pas de la maternité. Le mot "maternité" n'existe pas chez les latins et les grecs, alors que l'on retrouve les mots "paternité" et "fraternité". On peut faire l'hypothèse que c'est la force de la notion de paternité, élevée à l'absolu, qui empêche la maternité d'être imaginée et nommée.

En 1122 est introduite la "maternité de l'église catholique". Mais cela reste tout d'abord une fonction spirituelle, issue d'un besoin que l'homme éprouve que le Ciel soit maternel à son égard. Dès la création du concept donc, la maternité est une qualité ou une vertu requise de l'entité à laquelle on l'attribue. Puis la maternité s'incarne progressivement en s'appliquant tout d'abord à la Vierge Marie, mère de Dieu. De là découle comme évidence la maternité de la femme.

En 1795, par la création de l'Hospice de maternité de Port Royal, la maternité devient un lieu où l'on accouche. C'est alors que le terme de maternité perd de sa grandeur spirituelle, qui aurait pu introduire l'idée de maternité psychique, et devient "un état, une qualité de mère" (Larousse du XIX). Avec la révolution se développe le concept de RÔLE MATERNEL, avec sa réalité physique et ses contraintes morales. Au 19è siècle, l' "amour maternel" est considéré comme un fait naturel et une nécessité sociale.

C- Elle n'a pas de signification.

"Quel lien articule ensemble la maternité physique et les comportements maternels, quelle en est la nature et l'origine?" De nombreuses théories sur la maternité se développent dès le début du 20è siècle.

Tout d'abord, des théories idéologiques :

L'instinct maternel. C'est le Larousse du 19è qui l'impose : "Aucun raisonnement (...) ne peut rendre raison de l'instinct maternel. Mais il est plus difficile encore d'en nier la force que d'en expliquer la cause." Le Larousse décrit le rôle de mère comme l'unique raison d'être de la femme. La mère instinctive est la vraie mère, la "femme de la société" est contre-nature. Etre mère est une mission reçue de la nature.

Le Larousse de 1971 parle de l'instinct maternel comme d' "une tendance primordiale qui créé chez toute femme normale un désir de maternité et qui, une fois ce désir satisfait, incite la femme à veiller à la protection physique et morale des enfants."

L'instinct maternel devient un argument pour réclamer des mères un amour sans faille et les assujettir au devoir maternel.

Le programme maternel : John BOWLBY a développé la notion d'attachement. Le lien mère-enfant est inhérent à la nature de l'homme. On emploie le terme d'empreinte. C'est le bébé qui est l'initiateur de l'amour maternel. Derrière ces idées, on retrouve l'hypothèse selon laquelle l'attachement est aussi défini par un modèle cognitif et modulaire. L'attachement comme aptitude et fonction psychique est rattaché à un mécanisme spécifique du fonctionnement cérébral. La notion de "compétences précoces du nouveau-né" renforce ce modèle cognitiviste.

Puis ce développera un courant "qui vise à ne plus considérer la maternité que sous l'angle de ses influences génétiquement déterminées". (Brazelton, Stern...). C'est ici un dispositif génétique qui assure l'attachement.

la psychanalyse y a ajouté la notion d'interactions fantasmatiques maternelles : la relation maternelle, programmée et déclenchée par le bébé, est "colorée" par la personnalité de la mère, en particulier de ce que fut sa situation oedipienne.

Citons encore, dans le même courant, un auteur anglais, BION : les éléments négatifs béta ressentis par le bébé doivent être intégrés par la rêverie maternelle, qui en retour fourni des éléments positifs alpha.

Voici donc une conception mécaniciste de la maternité, comme spirale transactionnelle dans un "se-faisant" post-natal. On est passé d'une maternité devoir à une maternité automate.

Cependant, d'une part nous n'avons aucune preuve de ce "programme génétique", d'autre part l'attachement du bébé reste dépendant de la capacité maternelle. On est donc encore renvoyés à la maternité. Tout ceci n'a fait qu' "aggraver la croyance à l'instinct, en lui donnant des lettres génétiques d'accréditation".

Quelques théories cliniques ont également alimenté les idées sur la maternité :

La théorie sexuelle : La psychanalyse parle de désir d'enfant, pas de désir de maternité. Cette théorie repose sur l'infériorité de la femme par rapport à l'homme. Le désir d'enfant provient de la frustration, la honte, l'envie, l'amour incestueux, la volonté de compenser, l'ambition de s'égaler à l'homme... . De plus, l'enfant n'est vu que comme un objet phallique d'appoint. Cette théorie reste cependant intéressante dans le sens où l'on y retrouve certains types de dysfonctionnements maternels.

La théorie psychiatrique: P.C. RACAMIER, en 1961, décrit la maternité comme une crise d'identité, de même type que la crise de l'adolescence.

La théorie ontologique : une "maladie normale" mène la femme à la "préoccupation maternelle primaire" et la rend "suffisamment bonne " (Winnicott).

J.M. Delassus conclut ce premier chapitre :

"Le succès de ces théories d'inspiration génétique est relatif. Elles ne peuvent pas réellement séduire les mères, car elles les privent d'une bonne partie du sens intime, du sens personnel qu'elles ressentent et qu'elles mettent dans leur maternité. Ce sens, la théorie de l'instinct en rendait mieux compte, même en trompant sur la cause réelle, car le mot traduisait un éprouvé indubitable pour la plupart.

Entre ces deux extrêmes, et malgré sa dangereuse univocité, la théorie freudienne garde des atouts, à condition de ne pas la figer ni la généraliser. Elle représente un stade de la recherche qui doit inciter à pousser plus loin l'exploration d'un phénomène particulièrement résistant, d'autant plus qu'il mobilise les hommes contre les femmes et suscite des réactions de défense d'un côté comme de l'autre".

II- LA MATERNITE PSYCHIQUE

A- L'enfance est l'origine de la maternité.

Le bébé naît mature mais incompétent. En effet, le cortex est mature, mais l'existence de zones neuronales vierges, "territoires corticaux libres" (TCL, 30% du cortex) agissent comme interrupteurs de l'arc sensori-moteur. Le cri de l'enfant qui naît "est l'unique forme de mouvement d'emblée disponible pour le bébé humain". L'émission sonore l'enveloppe à la manière -transposée- du milieu utérin. C'est une peau, un contenant. Le véritable traumatisme de la naissance, c'est l'incapacité d'agir.

Le maternage entraîne chez l'enfant le sentiment qu'il existe un domaine qui correspond au besoin natal. Le bébé "entre dans la vie dans la mesure où il entre dans l'Autre". "L' Autre est la forme première que prend la vie pour l'homme. Et la pensée est son premier mouvement, la forme nouvelle du mouvement : un mouvement vers l'Autre." Ces expériences du maternage, du "maternel", entrent dans les TCL et suturent, structurent le vide cortical. C'est là que s'inscrit le nom de la mère : son odeur, sa chaleur, sa présence, bref sa réalité.

Le bébé contient alors sa propre mère, c'est "l'inversion natale". La mère est alors "l'élément cortical manquant". La mère, c'est à dire la notion de l'Autre et le monde de l'Autre. De plus, l'étayage apporte des sensations qui font apparaître pour l'enfant le corps libidinal et découvrir le monde environnant. C'est la mère, encore une fois, qui sera le lien entre ces deux mondes, intérieur et extérieur.

Au commencement, l'enfant est Tout. Pour exister, il faut avoir connu cette "totalité initiale", garantie par le "bon maternage", par la protection des agressions. (Mère suffisamment bonne).Ce moment où l'enfant est dans la totalité, l'Absolu, c'est L'ORIGINAIRE. " Ce n'est pas une cause génétique, qui fait que l'homme s'attache, mais l'expérience de l'Originaire qui structure en lui, au niveau cortical, la matière de son existence et de son lien au monde, laquelle est une disposition à l'amour. La clé de voûte corticale humaine est de la nature de l'amour. ". L'homme vivra sur le compte de l'Originaire. "L'Originaire est la matière de l'hominisation en même temps qu'une charge d'amour en nous". "C'est le poids de l'homme".

B- L'avènement de la féminité, choix de parenté avec l'Originaire.

Il y a un concurrent à l'amour de la mère et de l'Originaire : c'est l'amour de l'autonomie. En grandissant, l'enfant ne peut plus tout faire et sa mère ne fait plus tout pour lui. Advient un conflit nécessaire dans lequel l'enfant ne reconnait plus sa mère. La mère réelle n'est alors plus la mère de l'Originaire. Avant, la mère était comme un "complément de soi pour soi", comme "l'Autre-même". Elle devient là vraiment quelqu'un d'autre. Apparait la volonté personnelle de l'enfant, qui provoque dès lors la perte de l'Originaire. L'enfant rompt la Totalité, c'est un matricide et un suicide.

Le TOUT devient L'INCONSCIENT. L'apparition du temps vient du fait que l'enfant se met à espérer le retour de l'Originaire. "A la vie originaire succède alors la vie temporelle." L'entrée dans le temps nous fait changer de conscience. L'ancienne conscience (l'Originaire) devient inconscience.

Le moi apparaît tout de suite après le matricide. "Le moi est la volonté d'être tout. Cette nature totalitaire du moi est ce qui masque ou combat l'effet de dépression, voire de mélancolie, qui devrait l'affecter. C'est la folie du moi qui le protège de la folie." Le problème de l'enfant devient alors : "Comment être la totalité alors qu'il n'est rien d'autre que la seule volonté de l'être?" La réponse que trouve l'enfant est : "Quand je serai grand".Mais ce moi comme projet reste une identité lointaine, or il en faut une à l'enfant qui soit immédiate. C'est le genre sexué qui la fournit. L'enfant doit se résoudre à devenir une partie de la totalité : garçon ou fille.

La petite fille éprouvera de la JOIE à faire le choix d'être du genre féminin. Car les femmes sont celles qui peuvent avoir des bébés. La petite fille a dès lors la "possibilité d'être l'auteur de la Totalité, de reproduire à son tour (...) ce qui fut la totalité originaire de soi". Ce n'est pas une compréhension consciente, mais une "inspiration (...) qui relie l'inconscient au conscient, raccorde l'Originaire à l'ordre du temps, accorde au temporel la grâce de l'Originaire".On peut dire dès lors que le sexe se répercute dans l'esprit, qu'il en fait la nature féminine ou masculine.

C- La maternité, désir de reproduction de la situation originaire.

Le désir d'enfant est issu d'un "besoin de continuer à bénéficier de l'attribution de l'Originaire". Le désir de maternité est un "état d'esprit qui correspond à la nécessité personnelle de fournir à autrui la matière même de l'Originaire, que ce soit sous ses formes psychiques ou physiques."

La maternogenèse : Comment devient-on mère?

1- Constitution du maternel : L'Originaire n'est pas l'objet d'une conscience réfléchie. Il reste donc invisible à la conscience. La représentation de l'Originaire est la mère. "L'enfant voit la mère en train d'être maternelle. Il voit le maternel. Le maternel est donc de l'Originaire en acte. (Mais le maternel n'est pas l'Originaire).

2- La rupture du syncrétisme : La qualité de l'Originaire procure un "soi" qui précède le moi et résiste à la dépression, d'où la capacité de mourir et de faire mourir sans perdre la vie.

3- L'auto-attribution du maternel : il y a toujours en soi l'Originaire comme structure. "Passer d'une pensée de l'Originaire pour soi à une idée de l'Originaire pour autrui", c'est s'attribuer le maternel, détaché de la mère lors du matricide. Cette auto-attribution est un droit de l'inconscient, un "élan qu'il prend pour aborder la vie".

4- La confirmation par le père : La petite fille a besoin qu'on valide sa prétention à être mère. Elle ne peut pour cela s'adresser à sa propre mère (concurrence, matricide trop proche). "C'est la parole du père qui confirme ou non la possibilité maternelle de sa fille". Il a la puissance de QUALIFIER. Le père engendre par sa parole, parole qui inscrit dans le temps : "Il installe la possibilité maternelle dans un cadre spatio-temporel dont est incapable par elle-même la formation de l'inconscient qui soutient le désir de maternité".(Ce n'est pas le père qui intervient dans la rupture de la dyade mère-enfant. La rupture est du seul fait de l'enfant.)

Le transfert est le mécanisme de la maternité.

La maternité est la transmission de l'originaire. C'est un TRANSFERT. D'ailleurs, "il n'y a de transfert que d'originaire". En psychanalyse, en thérapie, "c'est toujours cette peau première qui demande à revenir et à faire l'enveloppe véritable du sujet." La maternité peut être le lieu de deux types distincts de transferts :

- Le transfert propre : c'est la translation de l'Originaire, c'est la transfert maternel. Il a trois conditions : une matière originaire suffisante. Sinon, il y a impossibilité de maternité, et on parle de materno-suppression. Une liberté de la matière originaire, sinon il y a indisponibilité de l'Originaire et materno-dépendance. Rien ne doit s'opposer au passage de l'Originaire dans la structure psychique de la mère. Sinon, le transfert de l'Originaire est dangereux, il y a maternité défensive.

- Le transfert parasite : c'est le transfert des états psychiques qui affectèrent la petite enfance de la mère. C'est une névrose de transfert. Il peut s'agir de fixations libidinales chez la mère, qui par déviation, créé une maternité objectale. Ou alors les sentiments éprouvés pendant l'enfance envahissent la relation maternelle. Il y a altération, et maternité projective.

"La maternité est un état psychique, d'ordre psychogénétique, de nature transférentielle, évolutif et généralement accessible au soin."

D- Le père nécessaire.

Le petit garçon, quant à lui, éprouve la déception de ne pas pas être du genre de la mère. Le désir oedipien est donc un désir de retourner à la mère, une tentative d'annuler le matricide. (cf M.MEAD, L'un et l'autre sexe). Pour s'affirmer une suprématie, nécessaire à la réussite de son identification sexuelle, les hommes se transmettent une idée de la suprématie masculine, une idée de l'homme, en chassant tout ce qui touche à l'Originaire.

Le père ne se fait pas seul. D'une part, petit garçon, il a désinvesti l'idée d'une relation à l'enfant. D'autre part, le garçon est très occupé avec son moi qu'il doit construire et assurer. La maternité vient de la mère, la paternité ne vient pas du père.

Le petit enfant, après le matricide, se sent terriblement seul et lance un appel de détresse . "C'est le besoin de l'enfant qui lui fait inventer le père." C'est une "nécessité produite par l'enfant".

La figure du père est telle chez l'enfant qu'elle peut exister indépendamment de son support. Elle peut se constituer sans père réel. C'est une "NEO-FORMATION de l'inconscient et l'une de ses figures majeures". Le père réel est tout simplement appelé à prendre cette place.

La maternité est une épreuve dans le sens où on ne peut s'empêcher de comparer ce que l'on fait à l'idéal qu'on s'était fixé. La maternité solitaire est difficile, car il faut le regard d'autrui pour soutenir la maternité. "Au moment de la résurgence de l'Originaire et de la réactualisation de ce passé, la mère est à vif." "Celui qui peut avoir le regard qui la supporte est celui qui aime la femme , c'est à dire celui qui est aussi un père pour la mère. Il aide à la maternité, il est le premier maternologue."

L'enfant attend donc le retour de la totalité du fait du père. Mais vite, il sera déçu et commettra le meurtre du père. Le père devient dès lors une fonction interne, c'est la "constitution du père en soi" et le retour à la solitude. " On est père, dès l'enfance, et en devenant père pour soi-même : par l'exercice imprévu et précoce de la paternité pour soi."

III- SOUFFRANCES ET DIFFICULTES MATERNELLES

"Pour être mère, il faut un équipement et un équilibre suffisant des deux modalités de l'être humain : l'Originaire et le temporel."

Les souffrances maternelles sont méconnues : la douleur maternelle est souvent comprise comme conséquence de la dépression, alors qu'elle en est la cause. Les mères sont souvent persécutées et les bébés brutalisés, alors que l'intérêt de l'enfant est indissociable de l'intérêt de la mère. L'abord médical est périmé, avec une indigence diagnostique : on oublie souvent que la dépression est aux affections mentales ce que la fièvre est aux affections physiques.

C'est à l'unité de MATERNOLOGIE de Saint-Cyr L'école que l'équipe de J.M. Delassus a délimité le champ clinique des Dysfonctionnements Maternels Précoces (DMP). La maternité et ses dysfonctionnements sont évalués en fonction de deux axes : les étapes de la maternogenèse et la capacité à effectuer le transfert, puis classés, selon ces deux modalités. (tableau ci-dessous)

Prendre soin des mères

La maternité relève donc d'un champ clinique propre et nécessite des diagnostiques adéquats ainsi que des techniques de soin particulières. Ainsi, le bébé ne peut être soigné que dans le cadre de la maternité de la mère.

J.M. Delassus énumère quelques principes généraux de l'intervention mère-enfant : La maternité n'est pas individuelle mais collective; elle ne se sanctionne pas; la mère a droit à l'intégrité de son identité; ainsi qu'à la crise maternelle, et aux soins; l'intérêt de l'enfant est de garder sa mère; l'intérêt de l'enfant n'est pas une raison pour ignorer celui de la mère; la forme clinique de chaque maternité psychique est le critère prioritaire de toute décision et de tout suivi.

Les applications de ces principes sont que : la mère ne peut être jugée sans débat ni défense; les rapports d'ordre social et moral sont indicatifs et non justificatifs; la mère en difficulté doit être examinée sur le plan maternologique; la mère a le droit de ne pas relever d'un diagnostique et d'un soin psychiatrique.

Les recommandations que Delassus et sont équipe énoncent sont dès lors que: toute séparation d'enfant doit être considérée comme un traumatisme pour la mère; les décisions éclairées aujourd'hui sur le plan des risques apparents sont aveugles pour demain sur le plan des risques réels; dans l'intérêt de la mère et de l'enfant, le secret n'est pas opposable entre les procédures juridiques, médicales et sociales, toute maltraitance à enfant renvoie à une difficulté parentale prolongée, non diagnostiquée et non soignée; toute intervention visant à pallier l'infertilité doit s'effectuer dans le cadre d'une référence à la maternité psychique.

La mère se définit comme l'être humain qui assure, en soi et par soi, le transfert de l'Originaire nécessaire à la création d'un autre être humain.

La thérapie en maternologie est dès lors de rendre possible le transfert véritable, celui de l'Originaire. Le transfert, c'est l'inconscient ramené de l'origine qui s'introduit dans le conscient du moment. C'est une intrusion. L'hormone nécessaire à cet accouchement psychique, c'est l'émotion, qui ébranle les structures actuelles pour permettre le passage de l'Originaire qui sourd des profondeurs. Cette émotion indispensable "est provoquée par la présence du bébé, elle vient avec lui qui vient. Le bébé est l'émotion en soi, puisqu'il est la matérialisation de l'Originaire de la mère, la concrétisation de son désir, depuis jadis, de retrouver l'Originaire". Pour la mère, le bébé est réellement son "Verbe fait chair".

Le transfert naturel est donc "le résultat spontané des étapes traversées depuis la petite enfance". C'est d'ailleurs cette spontanéité qui, en raison de son origine inconnue, conduisait à parler d'un instinct maternel à l'oeuvre. Le travail de l'équipe "consiste à être présente entre la mère et son bébé pour pouvoir filtrer les effets des identifications objectales de la mère ainsi que ses projections". Elle doit aussi être autour de la mère et de son bébé, "créant le climat affectif permanent qui permet les remaniements psychiques et rend efficace l'action des psychothérapeutes".

Mais le véritable auxiliaire de ce traitement, c'est le bébé. Il faut "mettre la mère sous perfusion continue de son bébé pour qu'il agisse et prépare les voies de sa naissance". Le thérapeute ne peut en aucun cas être ici l'objet du transfert.

Elsa Grangier, chroniqueuse aux Maternelles sur France 5, marraine de Maman Blues

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