Maman Blues a 10 ans !

Betty Blue

J'ai toujours désiré avoir une fille et pourtant lorsque je suis devenue maman en 1999 d'une petite Eva, j'ai regretté pendant des mois d'avoir eu ce bébé.

Rien durant cette grossesse ne m'avait préparée ni même avertie qu'une telle tempête allait me ravager à la naissance de mon enfant.

Quelques jours seulement après ma sortie de maternité, où là déjà quelques signes de désarroi (banalisés / négligés sous le terme de baby-blues) s'étaient manifestés, un malaise s'installa entre mon enfant et moi.

Très vite, alors que j'allaitais sans problème particulier sinon un engorgement qui fut facilement enrayé, j' éprouvai le besoin de mettre une certaine distance physique entre elle et moi : cet allaitement que j'avais désiré, devenait aliénant.

Il me semblait passer tout mon temps avec mon enfant dans les bras, accrochée à mon sein.

De plus, pour la première fois de ma vie, je me trouvais désemparée devant les pleurs et les cris de mon bébé.

Jamais je n'avais ressenti un tel sentiment d'incompréhension et d'incompétence vis-à-vis d'un de mes enfants : et pourtant je fus maman la première fois à 19 ans et mon garçon fut le premier bébé que je tenais dans les bras.


Sans doute, ce que j'avais pressenti pendant ces neuf mois de grossesse où j'avais éprouvé le besoin d'entamer une analyse, se concrétisait : il m'était plus difficile d'être maman d'une petite fille.

Petit à petit, je me surpris à appréhender les réveils de ma fille qui me sollicitait en présence et en patience au-delà de ce que je pouvais donner.

Bientôt l'angoisse surgit et alors je pris conscience avec effroi que cet enfant était une erreur, qu'il n'y avait pas de place pour elle dans ma vie et que de cela j'allais devoir en payer le prix, en commençant tout d'abord par renoncer à l'allaiter.


Ce prix évidemment je n'imaginais pas à quel point j'allais m'en acquitter.

Désarroi, sidération, angoisses allaient m'accompagner pendant de longs mois.

Je fus balayée, un mois seulement après la naissance de ma fille par un véritable tremblement de mère.

Le 18 janvier 2000, grâce à la vigilance d'une puéricultrice de quartier que j'avais sollicitée pour sevrer mon bébé, je fus admise en unité de Maternologie.

Commença là bas une descente aux enfers qui dura deux mois et qui 4 ans après restent gravés dans ma mémoire.

J'avais tenu un mois, un mois à lutter contre l'angoisse qui m'envahissait, un mois à mettre ma fille à distance, un mois à croire à l'inévitable baby-blues :

J'allais maintenant affronter la réalité : cet enfant que j'avais désirée et mise au monde, j'ignorais si je l'aimais et cette ignorance allait me conduire à douter de tout, jusqu'à la nécessité pour moi de continuer à vivre : mérite-t-on de vivre quand on ne peut aimer son enfant ?

Comment et pourquoi peut-on souffrir autant à la naissance de son enfant ?

Qu'y a-t-il en soi pour faire obstacle à cette rencontre ?

Je ne sais plus combien de questions je me suis ainsi posées durant ces deux mois, je me souviens simplement que j'essayais d'en répondre à un maximum, dégringolant à chaque fois un peu plus bas, regrettant chaque jour un peu plus ma décision d'avoir eu un 3ème enfant...

Et puis épuisée, "bouffée" par les angoisses j'ai renoncé un moment donné à comprendre.

Ne sachant pas / plus dans quelle direction se trouvaient la réponse et la solution pour accepter et ne plus craindre cette petite fille : petite fille qui de son côté semblait comme "suspendue" dans le temps et l'attente de cette rencontre que je différais chaque jour faute de pouvoir et savoir y répondre...

J'ignorais à l'époque que renoncer à vouloir comprendre tout ce qui vous arrive était un début pour avancer.

Au bout de deux mois, l'angoisse qui me paralysait fut jugulée : thérapie et traitement médicamenteux commençant à agir.

Je pus enfin sortir de cette unité, en ayant pris certaines précautions pour envisager de passer quelques heures avec mon enfant : j'avais imaginé qu'un miracle se produirait et présiderait à ma sortie, qu'une parole magique de part et d'autre du thérapeute ou de la patiente que j'étais, allait tout débloquer.

Il me fallut accepter de ne sortir que "béquillée", c'est-à-dire accepter d'être une maman en difficulté maternelle nécessitant d'être aidée...

Je n'imaginais pas que la guérison définitive n'aurait lieu que deux ans plus tard.

Je n'imaginais pas qu'après l'enfer, il me faudrait encore passer par de nombreuses difficultés et de multiples découragements.

Si j'ai pu commencer à aimer mon enfant après les premiers mois de tourments, je n'ai vraiment pu m'en sentir mère que bien après.

Il fallait que cela vienne de l'intérieur et ne soit plus empêché par l'extérieur...

Il me fallait du temps tout simplement.

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