Maman Blues a 10 ans !

Les maladies psy ont une grande évolution et un grand avenir devant elles... (Amande)

J'estime avoir eu un accouchement raté, je peux le dire maintenant.
Pas physiquement, mais psychologiquement : bébé, on ne me l'a pas montré, on l'a posé sur mon ventre, recouvert par un linge : mon sentiment a donc été la surprise devant cette chose gluante et gigotante sur mon ventre, que je ne voyais pas, mais sentais juste. Violent peau à peau sans "présentation". Puis il a ouvert les yeux, mais pas sur moi, mais sur son père. Il a sursauté, et le père s'est exclamé : "il n'est pas beau !..."

J'avais oublié d'instruire le père à ce sujet, de lui expliquer qu'un bébé ne naissait pas en costume cravate, fleurant bon la rose, etc. L'instruire de ce qui me semblait évident.

Ce que j'appelle moi le moment magique de l?empreinte", cette émotion qui fait que c'est le "plus beau moment de notre vie", et bien, je ne l'ai pas eu, et j'ai ressenti de la colère envers les autres mères, qui témoignent toutes de cet instant merveilleux...
"Du pipeau, c'est donc du pipeau ! De l'exagéré ! Du joli quart d'heure américain comme dans les films, fantasmé ! Faites semblant de sortir vos mouchoirs !"

Cette anecdote n'en est qu'une parmi tant d'autres, qui ont contribué à faire de moi ce que je suis maintenant : une maman triste, déstabilisée... qui perd le sourire dès que bébé est (enfin) couché.
Non pas que je sois égocentrée, mais te montrer en quoi tu m'apportes, par ces réflexions d'un maternologue. Cela m'aide à comprendre davantage pourquoi j'en suis là aujourd'hui...

Eh bien, il n'y a tout simplement aucune unité mère-bébé dans ma région. Et dommage, j'aimerai pourtant me reposer avec mon bébé. On ne m'a proposé qu'un lit en hôpital psychiatrique, sans bébé.
Aller en HP, auprès de gens sous diverses pathologies, sensible comme je suis en ce moment, et sans bébé, c'était pour moi à ne pas faire...
Enfin, on m'a expliqué que je ne pouvais être aidée que dans ma région d'origine. Donc je crois, que je suis condamnée à ça : des cachets et causer si j'obtiens un rendez-vous auprès du seul psy maternologue de la région, et puis c'est tout !

J'ai rencontré l'assistant du Pr X. Apparemment, il a jugé mon cas assez corsé (je ne suis pourtant pas en psychose puerpérale, juste dépression...) pour prévenir X qui nous a rejoint. Je n'ai pas eu le temps de lui répéter, de lui ré expliquer, de lui recommencer mon récit. Fatigant ça : ils écoutent, on s'épuise, puis on rentre chez soi, avec un autre numéro de téléphone. Pour obtenir un autre rendez-vous ailleurs, et puis pour recommencer, ré expliquer, etc. Informer tous les praticiens en pédopsychiatrie de cette région, c'est juste ce qu'il va m'arriver !

Je suis retournée sur maman-blues. Je n?ai pas témoigné, car je suis encore dedans. Mais j'ai lu, et à part me faire pleurer, et induire de nouvelles craintes (peur que l'on m'enlève mon bébé)...
Enfin, mon témoignage se rapproche le plus du tien.
Je le ferai (témoigner), car il peut être intéressant (je peux préciser cela) : ma dépression est en majeure partie induite par un entourage très spécial. Les racines sont là, j'en suis presque sûre. J'ai au moins réussi à obtenir quelques avis, dans ces démarches...
J'ai une amie qui est kiné à l'hôpital X, il y a une unité là-bas. Je vais essayer ? Donc :X m'a renvoyée à Z, aux urgences psy, qui m'ont eux aussi renvoyée vers ma maternité (il y a un pédopsy qui connaît bien le sujet). Mais cette maternité, ça fait 3-4 mois que je l'appelle sans succès. Retour case départ, sauf que je peux dire maintenant : "j'appelle de la part de...", et j'aurais peut-être alors une chance d'être considérée.

....Ahhh, je viens d'appeler. Pas de rendez-vous pour le moment, je dois rappeler, la secrétaire doit parler au pédopsy, motiver ma demande, pour ce médecin qui ne serait libre que dans un mois.
Damned !
Bof. Puisque c'est ainsi, nous reviendrons mardi... (Mardi matin, l'empereur, sa femme et le petit prince...)
.....Alors, comment pourrais-je m'en sortir ? En m'investissant dans ton association ? En aidant les autres mamans... en vous aidant ? Cela pourrait peut-être marcher...
. Enfin, tu as écrit tout ce que je pensais tout bas (je n?en étais pas encore sûre), conclusion de toutes ces démarches infructueuses.

Je pense une nouvelle chose encore, depuis ce matin.
Le désir d'enfant est de plus en plus fort de nos jours, devant les nouvelles difficultés de stérilité / fécondité constatées, puis à cause de nos situations précaires (on a un bibi de plus en plus tard, et dans des conditions souvent pas idéales !).
Mais encore, la grossesse est pour moi surmédicalisée, fliquée même, niveau poids et tralala. Enfin, le stress et les dépressions galopent dans notre population : l'inné, le naturel, le "faire confiance à la vie", à la nature, se sont complètement évanouis.
Tout cela fait que de plus en plus de mamans vont se casser la gueule à la naissance, si ce n'est pas déjà fait pendant la grossesse. Ses problèmes post-partum sont un autre reflet de notre conjoncture. A faire les cons, nous, les humains, on va éteindre notre race : on ne pourra bientôt tout simplement plus se reproduire. Se reproduire deviendra aussi épuisant que de remporter une bataille.
Les maladies psy ont une grande évolution et un grand avenir devant elles : voilà, maintenant, c'est clair, on ne peut plus être maman tout simplement, naturellement.

Ohhh... je ne demande pas grand chose, moi. Je demandais une petite semaine de vacances, protégée, dans un service avec des gens au courant. Protégée d'un entourage déstabilisant, je pourrais me retrouver avec bébé, le regarder dans le yeux, le trouver enfin, lui dire "tout va bien aller" ? Vérifier ceci, aussi : que rien ne cloche au fond de moi, que je peux être mère, que je n'ai pas de souci psy, ne suis pas malade ou amputée du seul réflexe qui doit être inné (procréation, maternité). Pouvoir dire à l'entourage, aux gens qui m'affligent alors que je suis si fragile : taisez-vous, ça suffit, sinon je m'en vais, je ne veux plus vous voir.

Il me fait mal au coeur d'être interrogée sur mon passé (pas mal de galères) : j'ai l'impression qu'on veut me "pathologiser". Me déclarer gravement malade, incurable. Avec un tel passé ! Pourtant que j'ai mâchouillé avec succès : je suis une super résiliée (et je n'ai pas attendu Cyrulnik pour découvrir ce terme / processus !).

 

Elsa Grangier, chroniqueuse aux Maternelles sur France 5, marraine de Maman Blues

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