Maman Blues a 10 ans !

Mon trésor qui m'a montré qui j'étais vraiment (A.)

Mon fils est arrivé le 28 janvier.
J'ai attendu ce moment depuis des années et j'ai toujours imaginé que ce serait un instant unique dans ma vie de femme, un moment merveilleux. J'étais loin du compte... et la déception est loin d'être un mot suffisamment fort pour qualifier ce que je ressens, je dirais que je suis plus proche du traumatisme.

En effet, certains évènements et actes me laissent de ce jour un souvenir de honte, de douleur et de solitude.
Avant de commencer mon récit je tiens à dire que si j'en parle aujourd'hui ce n'est pas par colère ou reproche mais plutôt pour apporter quelque chose, amener une réflexion sur ce qui aurait pu changer la manière dont je l'ai vécu. Mais c'est aussi pour moi car j'ai besoin d’extérioriser ce que je ressens, de prendre du recul pour passer à autre chose.

 

Mon accouchement a été très rapide. J'ai perdu les eaux à 20h30 et Mon fils était là à 1h. Rapide certes mais très intense aussi. Quand je suis arrivée à la maternité, une sage femme s'est présentée et m'a examinée, j'étais à 3 cm... on ne m'a plus examinée avant le moment où j'ai dit "j'ai envie de pousser", 3 heures plus tard.
Je ne me souviens plus du moment où j'ai vu pour la première fois le visage de mon bébé, je ne l'ai pas entendu pleurer quand il est arrivé, je n'ai pas ressenti le bonheur de le rencontrer. Je me disais sans arrêt "j'ai plus mal, j'ai plus mal , j'ai plus mal". Je culpabilise énormément d'avoir ressenti ça et de ne pas avoir vécu ce moment unique de bonheur de rencontrer mon bébé. C'est un peu tabou de dire ça mais j'ai ressenti le soulagement de l'arrêt de la douleur mais pas l'amour inconditionnel de la mère pour son enfant. J'aime mon enfant bien sûr mais à ce moment la seule chose qui m'a envahie c'est le soulagement. (j'ai l'impression d'être quelqu'un d'horrible quand je relis ça).

 

Il n'y a pas un seul jour depuis où je n'ai pas pensé a mon accouchement, j'essaye de me souvenir, de revivre le moment, de comprendre, de réfléchir à ce que j'aurais dû faire autrement. J'ai du mal à regarder les reportages montrant des mères qui accouchent car le moment où elles prennent leur bébé dans les bras et où elles sont comblées, moi je ne connaîtrai jamais ça. Mon accouchement est passé, c'est mon premier enfant et j'ai le sentiment qu'on n'a pas respecté ce que ce moment pouvait représenter pour moi ; j'ai du mal à m'en remettre. J'ai un caractère fort et je ne m'imaginais pas pouvoir être tant affectée, et j'ai honte, car je sais bien que l'essentiel est que mon bébé soit en bonne santé.

 

Je peux dire aujourd'hui que ce 28 Janvier a été le premier jour du reste de ma vie...je garde de ce jour le souvenir d'une douleur extrême qui prend possession de moi (physiquement), le souvenir d'une détresse; je me suis sentie seule et dépossédée...
Suite aux conditions dans lesquelles j'ai donné naissance à mon fils une grande tristesse s'est emparée de moi, un désespoir, une envie de mourir.
Je n'étais rien, inutile, incapable.... honteuse.

 

Mon fils ne venait pas vers moi, ne disait pas maman, il me rejetait, et je le comprenais étant donné que je n'étais que souffrance.
Nous rêvions d'enfants d'âges rapprochés alors sans trop réfléchir et sachant qu'attendre ne rendrait l'épreuve que plus difficile encore on s'est lancé....5 mois après mon fils pouf !

 

Certains diront que par cette deuxième grossesse j'ai essayé de réparer...peut être...en tous cas je sais que c'est ce qui m'a aidée à sortir la tête de l'eau.
J'ai beaucoup angoissé durant cette grossesse, pleurs et anxiété incontrôlés.
La deuxième naissance s'est faite dans le calme, la douceur, le respect. Tout n'était pas réglé, au contraire, tout est remonté à la surface. Mais après ce travail sur moi, mon fils et moi avons pu nous retrouver, et ma fille est mon rayon de soleil qui nous a liés tous ensemble. Mon fils, ma bataille, mon trésor qui m'a montré qui j'étais vraiment.

 

Mes piliers pour parcourir ce chemin ont été mon mari, d'un soutien infaillible, et ma sage femme, qui m'a aidée à y voir clair, et avec qui j'ai tissé une relation particulière. Grâce à elle j'ai dépassé tout ça et je sais que je suis capable. Et ça....ça n'a pas de prix.
Evoquer tout ça me fait trembler la voix encore et toujours, quand il y a des bas les émotions reviennent , mais c'est plus facile aujourd'hui de ne plus se laisser emporter.
Cela peut paraître ridicule mais je sais qu'un jour il saura tout ça et je lui demanderai de me pardonner. C'est important pour moi...
Voilà depuis je fais de mon mieux avec mes petits et ce n'est pas rose tous les jours mais c'est mon rôle de maman. Je suis devenue une maman.

 

Courage à toutes, ça en vaut la peine !!

 

A.

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