Maman Blues a 10 ans !

J'ai honte, mais je voulais vous dire... (Lili Rose)

J'écris car je ne suis peut être pas capable de dire tout cela.

J'ai cru il y a 10 jours que vous me reprochiez de m'endormir quand ma fille ne dort pas, et que mes angoisses allaient la perturber.
J'ai cru être jugée et vos mots sont toujours pour moi la Vérité.


La seule, irréfutable !
Aussi j'ai très peur de ce rendez vous, c'est assez rare et j'ai peur pour simplifier de me faire gronder parce que je ne suis pas comme vous me l'aviez demandé avec M.

J'ai honte !
La honte me transporte vers le silence. Les questions sans réponses tournent en rond, les boules d'angoisses sont redevenues mes compagnes...
J'ai besoin d'aide, mais qui va accepter de comprendre que ce n'est pas facile d'être maman ?

J'ai bien failli téléphoner au 15 samedi soir, tellement je me sentais mal physiquement, mais après ?

Je n'ai plus d'appétit, je dors en dilettante.

Sentiment d'incompréhension et d'incompétence vis-à-vis de M.

Je n'ai pas envie de parler, j'ai peur d'être jugée. Chaque jour qui avance se dresse devant moi tel un mur et plus j'attends et plus je sais que la chute sera plus dure.

Je ne sais plus comment faire avec M, les nuits ne ressemblent à rien sauf à une désorganisation totale de ma part, ah oui le fameux adage " il faut qu'une maman soit bien pour que le bébé le soit aussi... ".

Trop de questions sans réponse et une perte totale de confiance en moi avec l'envie d'abandonner.

Comment se croire utile quand votre enfant est inconsolable dans vos propres bras et comment ne pas se sentir dépassée ?

Et quand la colère monte et qu'on commence à dire à sa fille : " tu me saoules ! "
Alors là, on a atteint le sommet !

Et je me dis qu'il ne me reste plus qu'à me jeter par la fenêtre pour en arriver à de tels propos.
Elle n'a qu'un mois et demi !

J'ai peur de mal faire, je crois toujours mal faire, et j'ai peur de faire mal. Quelle mère a-t-elle ?
J'ai perdu le peu de confiance que j'avais en moi, tout cela était déjà sur un équilibre précaire.

J'ai de plus en plus peur des faces à faces, peur qu'elle s'emmerde avec moi, peur de lui montrer cette maman perdue pas très épanouie et épanouissante...

Je me retrouve dans l'incapacité de répondre à ses pleurs, ce qui me renvoie à une dévalorisation totale de moi-même, mais ce n'est pas ma fille qui doit me valoriser ?
Elle n'aura déjà pas ce lourd fardeau sur les épaules et qui serais je pour lui demander ainsi de me valoriser ? À part une mère égoïste ?

Je suis dépassée, avec parfois l'envie de me foutre en l'air tellement je me sens incapable d'être une bonne maman, impatiente parfois pas rassurante, je ne gère que très bien l'aspect : biberon, câlin le matin au dodo, le bain, le change, mais j'ai peur et je me sens très seule.

Visite toutes le semaines chez le pédiatre, il est écrit sur le carnet " elle va bien " bonne prise de poids et bonne croissance, bébé très éveillé, très éveillé c'est étrange ça vient pas de moi je pense avec mon univers d'angoisses...
Bébé très actif, on va bientôt basculer dans l'hyperactivité ?
C'est pas une maladie ça ?

Comment va-t-elle s'épanouir grandir avec une maman perdue ? C'est pas possible, on dit qu'à 6 ans tout est construit chez l'enfant ! Comment vais-je faire ? Le temps presse.

Elle n'a pas demandé tout cela, ma patience n'est pas toujours présente et j'ai peur de ne plus vouloir faire face et comprendre et au bout du compte de vouloir démissionner et me faire retirer ma fille.
Je me sens comme un monstre alors que tout devrait être naturel. Ma fille est dans un milieu pollué.
Je me sens incapable. J'ai besoin d'aide mais c'est très difficile de parler de cela, la honte tient au corps et quand on se sent plus rien, on n'apporte rien non plus....

M est devenue une épée de Damoclès :
O se met à croire qu'elle suffoque quand elle pleure et contacte le 15 et moi je n'ai rien vu sauf qu'elle ne suffoque pas vraiment elle a plutôt du mal à retrouver son souffle quand elle pleure beaucoup.
Mon frère Bac+ 5 me demande de ne pas aller à Paris en voiture car trop risqué si j'ai un accident avec elle, et le train bien sûr hors de question mais je n'y avais pas songé moi non plus...
Au téléphone, quand on l'entend pleurer ou même râler, on me raccroche presque au nez : " occupes de toi de M, elle pleure, au revoir ".
Quand a-t-elle mangé ?
Je ne sais plus quand sortir si elle ne dort pas un après midi.
Je ne sais pas si je peux sortir ou non, au risque de la réveiller.

De l'aide extérieure ?
Non, ma mère est au courant mais me dit que ces sentiments sont normaux, petite elle me laissait dans mon transat pleurer tous les soirs 1 h et la nuit je dormais....Elle nous aurait jeté par la fenêtre plus d'une fois. Rassurant ?
Non pas vraiment.

Je ressens un grand désintérêt, ben oui ce n'est pas très intéressant d'écouter mes états d'âmes, cela ne l'a jamais été, elle le confirme.
Allez , au moins pour ça je ne m'étonne plus, on connaît le personnage.
Belle maman est devenue sourde aussi, elle crie son envie de voir sa petite fille tous les 15 jours, mais pour le reste, à son époque, c'était plus dur...

O vient d'être embauché chez X (constructeur de pièces autos) à S et s'il y avait bien un poste pour lequel je ne voulais pas que cela fonctionne c'est bien celui ci.
Je ne suis pas prête à partir même si on trouve un compromis et qu'on part vers F. C'est beaucoup mais c'est aussi une opportunité pour lui, une belle carte de visite. Nous attendrons la fin de la période d'essai de 3 mois, renouvelable éventuellement.

À douter de tout, jusqu'à la nécessité pour moi de continuer à vivre : mérite-t-on de vivre ?

Paralysie...

J'essaie d'anesthésier ma souffrance tous les jours pour elle, elle n'est peut être pas légitime, elle véhicule beaucoup de culpabilité et donc c'est un peu le serpent qui se mord la queue.

J'ai honte vis-à-vis des voisins, de monsieur tout le monde dans la rue quand M pleure. Je véhicule en permanence avec moi ce sentiment d'incapacité.

Je me préférais sous période Laroxyl, même si je m'endormais vite, c'était peut être une fuite, mais j'avais plus d'appétit et au moins je me trouvais mieux.

Je redoute les soirées de pleurs inconsolables, et j'ai besoin d'aide. Cette nuit j'ai essayé de l'endormir dès 22h il fallait les bras elle s'est endormie dans mes bras et une fois déposée dans son landau c'était finit j'ai tenu jusqu'à 2h30 et là je l'ai déposé dans son landau et elle s'est enfin endormie.

C'est comme ça tous les soirs, la prendre ou pas, la laisser dormir avec nous ou pas, je n'ai plus de notion de bien ou mal, alors encore une fois comment voulez vous qu'elle se sente en sécurité ?
Le problème du sommeil vient de moi j'en suis sûre sauf que je ne sais plus ou chercher. Elle dort si peu, ce n'est pas normal. C'est comme si elle luttait, on m'avait déjà dit cela à la maternité. On consulte encore ?

Non, c'est la maman qui doit consulter...

Pour résumer ces pages :
Peur, mal faire, faire mal, démissionner, paralysie, besoin d'aide, envie de ne plus vivre, culpabilité, incompréhension, incompétence.

Je reste pleinement consciente que M absorbe tout ça.

NOUVEAU !
Nouvel ouvrage auquel Maman Blues a participé :

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