Maman Blues - le site de la Difficulté maternelle - Accueil http://www.maman-blues.fr Sat, 04 Jul 2015 06:44:05 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr Pourquoi un tel site ? http://www.maman-blues.fr/133-pourquoi-un-tel-site.html http://www.maman-blues.fr/133-pourquoi-un-tel-site.html

"Personne ne se choque qu'un insuffisant rénal nécessite des soins permanents. Pourquoi l'insuffisance affective ne bénéficierait-elle pas du même traitement de longue durée pour qu la vie psychique l'emporte ? (Françoise Molénat, "Mères vulnérables")


Afin de pallier le manque - si ce n'est la quasi absence - d'informations donnée aux parents et futurs parents : pas de plaquettes d'informations remises au début de grossesse, aucune mention dans le carnet de santé, aucune campagne d'information ou de sensibilisation publique sur ce sujet… Même si ces dernières années on a pu constater que la difficulté maternelle était plus souvent évoquée, cette médiatisation a toujours été le fait d'initiatives individuelles et ponctuelles : associations parentales, professionnels de santé ou parents, journalistes.


Afin de témoigner librement de ces vécus de maternités : sans être jugées, suspectées de maltraitance, "psychiatrisées" par les diagnostics médicaux ou sans être interrompues par des propos rassurants et consolateurs qui minimiseront notre souffrance. Témoigner donne du sens à cet impensable de maternité : ce qui semblait jusqu'ici n'être issu que de son imagination ou de sa folie devient une réalité à partir de laquelle on peut agir, élaborer un début de réflexion ou une prise en charge. Mais témoigner ne devient possible que si l'on dispose de mots adéquats. Or la difficulté maternelle sidère la pensée au point de bloquer - du moins au début - la parole. Il y a comme un abîme infranchissable entre ce qui est éprouvé et ce qui peut en être dit. En partageant sur un site Internet ces histoires de maternité, au minimum en mentionnant leur existence, il devient plus aisé de s'en ouvrir, la prise de paroles semblant être contagieuse. Témoigner permet de se relier aux autres et de retrouver petit à petit une unité, une cohésion et cohérence, là où la difficulté maternelle n'avait laissé que morcellement, confusion, et désespoir. S'exprimer publiquement sur ce sujet, c'est aussi faire exister cet autre visage de la maternité dans l'esprit de tous.


En parler publiquement, c'est aussi faire le pari de faire exister cet autre visage de la maternité dans l'esprit de tous.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Accueil Mon, 19 Aug 2013 17:42:41 +0000
A qui ce site s'adresse-t-il ? http://www.maman-blues.fr/134-a-qui-ce-site-s-adresse-t-il.html http://www.maman-blues.fr/134-a-qui-ce-site-s-adresse-t-il.html

La maternité n'est pas de l'ordre de la responsabilité ou préoccupation individuelle mais collective. Quand une mère souffre et s'épuise à créer un lien avec son enfant et se retrouve débordée par ses émotions, cela n'est pas sans conséquence pour ceux qui vivent à ses côtés : pour le bébé tout d'abord qui pourra être pénalisé dans son développement psychoaffectif, mais aussi pour son mari / compagnon, ses autres enfants, sa famille, ses proches...Jusqu'au corps médical qui pourra sous différents prétextes être fréquemment consulté (dérangé ?) TOUS vivent ce tremblement de mère !
Aussi êtes-vous invité à parcourir cet espace dédié à ce visage méconnu de la maternité, avec la plus grande attention et précaution. Car le monde de la maternité est un monde d'ombres et de lumières à la fois fragiles et frissonnantes qu'il ne faut toucher que du bout des doigts.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Accueil Mon, 19 Aug 2013 17:57:03 +0000
Mère - Maternité - Difficulté Maternelle : Méconnaissance et Réalité http://www.maman-blues.fr/135-mere-maternite-difficulte-maternelle-meconnaissance-et-realite.html http://www.maman-blues.fr/135-mere-maternite-difficulte-maternelle-meconnaissance-et-realite.html
Mère et Maternité : Des certitudes et évidences trompeuses

"Parfois les mots ne suffisent pas à rendre compte de la nature réelle de ce qu'ils recouvrent." (Nathalie Sarraute)

"On la confond et on la méconnaît dans l'établissement du mot de dyade et on en fait celle qui répond ou ne répond pas de façon convenable aux demandes du bébé et à ses compétences." Guy Benoit Psychiatre. Cahier de Maternologie.


Mère : femme qui a mis au monde ou qui a adopté un ou plusieurs enfants.
Maternité : état, qualité d'être mère.

Le dictionnaire donne systématiquement une définition tautologique des mots Maternité et Mère.
La mère se définit simplement comme celle qui met au monde un enfant ou en adopte un et la maternité est le résultat logique d'un processus biologique (fécondation, gestation et accouchement) ou d'une démarche d'adoption.

Chacune de ces deux définitions se retrouvent renvoyées à l'autre et semblent se suffire à elles-mêmes.

Si leur approche et compréhension varient au fil du temps, c'est généralement en fonction de critères et d'attentes qui leur sont extérieurs. Ces changements éventuels restant toutefois conformes aux règles morales, sociales et culturelles du moment et du lieu. Il y a une compréhension universelle, spontanée, tacite et en apparence satisfaisante de la Maternité et de ce qu'est une mère : on sait de quoi on parle parce que cela se voit ou se déduit. Il y a une femme et son bébé et l'ensemble constitue la maternité*.

* Avec parfois en périphérie l'évocation du père, pour cadrer (recadrer ?) les gestes ou états d'âme de la mère.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Accueil Mon, 19 Aug 2013 17:57:58 +0000
Remerciements http://www.maman-blues.fr/139-remerciements.html http://www.maman-blues.fr/139-remerciements.html
Nous tenons à remercier chaleureusement les différents auteurs et/ou professionnels de la santé dont les ouvrages, les interventions ou témoignages personnels furent d’inépuisables sources d'inspiration et de réflexions lors de la rédaction des différents textes de Maman Blues©. Trop nombreux pour être mentionnés systématiquement, nous vous invitons à les retrouver dans la rubrique "Livres" du site.


"Quand me vient l'envie, qui me prend de temps à autre, de prélever dans mes lectures une phrase, quelques mots, une image ? Quand j'ai l'impression de rencontrer, nettement formulée, une idée autour de laquelle je tournais sans avoir pu l'énoncer et voici que cette idée me revient sous la plume d'un autre comme une évidence, une de ces évidences que parfois le rêve vous procure. Il me faut les mots d'un autre, venus d'ailleurs, pour relancer le mouvement qui me fera, avec un peu de chance, trouver les miens." (J. B. Pontalis)

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Accueil Mon, 19 Aug 2013 18:00:19 +0000
Avertissements http://www.maman-blues.fr/159-avertissements.html http://www.maman-blues.fr/159-avertissements.html
Ce site ne saurait en aucun cas remplacer un avis ou un suivi médical. Maman Blues© se place résolument du côté des mères et des parents, de leur histoire et de leurs souffrances. Ce site n'a donc pas pour vocation de se substituer aux professionnels de la santé ou aux prises en charges médicales et psychologiques existant actuellement.

Toutefois, Maman Blues© s'autorisera le cas échéant à souligner et dénoncer, l'absence ou l'insuffisance de soins spécifiques à ce problème de santé.

Tout comme elle s'engage à féliciter et soutenir les initiatives professionnelles qui accueillent, réconfortent et prennent en charge les mères confrontées à la difficulté maternelle.
Les conseils ou adresses que nous pouvons être amenés à formuler dans le cadre des échanges sur notre forum de discussions ne peuvent remplacer ceux émis dans le cadre d'un suivi médical.
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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Accueil Mon, 23 Jun 2014 16:43:07 +0000
POURQUOI MAMAN BLUES ET PAS PARENT BLUES ? http://www.maman-blues.fr/160-pourquoi-maman-blues-et-pas-parent-blues.html http://www.maman-blues.fr/160-pourquoi-maman-blues-et-pas-parent-blues.html

Le père et sa paternité – la parentalité

 

« Le vrai père, c'est celui qui ouvre les chemins par sa parole, pas celui qui retient dans les filets de sa rancoeur. » Christian Bobin.

En parlant d'aujourd'hui : « Nous traversons l'hiver de la paternité. Et tout être humain de sexe masculin qui a aujourd'hui la témérité d'engendrer se retrouve, outre d'un enfant, chargé de ce labeur : inventer un sens au mot père. » Denis Marquet : Père. Éditions Albin Michel. (2003)

 

Pourquoi avoir choisi le nom de Maman Blues et le parti pris d'évoquer essentiellement des souffrances maternelles ?

Il nous a été parfois reproché de ne pas avoir choisi un autre nom tel que Parents Blues et de pas mentionner également/égalitairement les souffrances psychiques des hommes devenant pères. Il est curieux de constater qu'on ne puisse pas évoquer la maternité, les mères, la naissance de leur bébé sans être quasi systématiquement ramenée (rappelée à l'ordre ?) à l'obligation d'évoquer en parallèle les pères, leur paternité, leur rôle, leur présence et leur importance « aussi ».

Certes, la maternité a longtemps été considérée et évoquée comme étant le fait exclusif des mères. Plus exactement, on a laissé longtemps, les femmes se débrouiller seules avec leur maternité, quitte à les mettre au ban de la société si les évènements devenaient inquiétants et à leur « confisquer » leur bébé.

Petit à petit, la médecine et la psychiatrie naissante*, en s'intéressant aussi bien à l'aspect obstétrical que psychologique de la maternité, ont ouvert, il était temps, la porte aux pères, en leur donnant une place dès la conception de leur enfant : une place entre le géniteur «  parfois de passage » et le patriarche tout puissant et rarement bienveillant d'autrefois.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Accueil Mon, 23 Jun 2014 16:51:06 +0000
Historique du site et de l'association Maman blues http://www.maman-blues.fr/137-historique-du-site-et-de-l-association-maman-blues.html http://www.maman-blues.fr/137-historique-du-site-et-de-l-association-maman-blues.html

 Le nom de Maman Blues© vient du reportage d'Envoyé Spécial, diffusé le 23 octobre 2003 et réalisé par la journaliste Elsa Margout, sur l'unité de Maternologie de Saint-Cyr-l'Ecole.

L'association est née en 2006 de la volonté de plusieurs participantes du forum de discussions et du site, initialement créés en 2004. Sa nécessité s'est précisée tout naturellement au fil des échanges et des rencontres.

Le site essaie régulièrement de se mettre à jour et de vérifier la source de ces informations : en cas d'inexactitudes, d'erreurs ou d'approximations, merci de nous en faire part : association@maman-blues.fr

Nous accueillons également avec bienveillance et ouverture toutes suggestions ou informations autour de la difficulté maternelle.

 

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Accueil Mon, 19 Aug 2013 17:59:18 +0000
La difficulté maternelle http://www.maman-blues.fr/la-difficulté-maternelle.html http://www.maman-blues.fr/la-difficulté-maternelle.html

"L'enfant à qui on donne la vie, est un étranger. Irrémédiablement un étranger. Rien ne se passe à l'accouchement, rien ne se passe après. Le lien ne se crée pas, ne se noue pas ! Vous regardez votre enfant, vous vous en occupez, vous pouvez l'allaiter même et pourtant... Rien. Le vide, le néant entre vous, un gouffre sans fond qui vous sépare et vous aspire. Et souvent dans ce rien viennent se nicher beaucoup de douleurs et de culpabilités, de violences refoulées ou émergeantes, de rancoeurs, d'incompréhensions et de tristesse... Et l'on enveloppe alors son enfant dans sa nostalgie, dans la grisaille de ses sentiments" (Blandine)

Le sens de la difficulté maternelle


L'expression "difficulté maternelle" recouvre l'ensemble des manifestations émotionnelles, psychiques et somatiques qui surgissent pendant une grossesse ou après une naissance et dont les effets et/ou conséquences seront perceptibles tant chez la mère que chez l'enfant *.
Ces émergences (soudaines ou insidieuses et de nature non prédictible à la lumière actuelle de nos connaissances) peuvent se cristalliser en troubles psychologiques et/ou physiques nécessitant un suivi approprié.

(* lorsque les effets constatés grâce à une observation spécifique découlent de cette difficulté)


Ce terme relativement imprécis et n'appartenant à aucune nosographie médicale, nous apparaît cependant comme étant le plus respectueux, de notre histoire, de nos éprouvés maternels et surtout de notre identité. Il désigne sans en préciser et figer les contours , cet empêchement plus ou moins puissant à se sentir mère, à vivre sereinement sa grossesse ou sa maternité et à entrer en relation vraie avec son enfant.
Il n'y a donc pas de définition unique et exhaustive de la difficulté maternelle : elle peut prendre le visage de chaque histoire personnelle, exister sous des formes cliniques diverses, elles-mêmes se présentant à travers des expressions individuelles, familiales, souvent sur plusieurs générations. Il faut se garder de croire qu'elle se présente systématiquement sous forme de dépression ou de rejet de son enfant.
C'est d'abord un état émotionnel qui nous mène au coeur de l'intime des mères, au coeur de la maternité humaine et de l'inconscient et ses manifestations peuvent être aussi complexes que diverses.

L'expression "difficulté maternelle" ne fait d'ailleurs que désigner le ou les troubles constatés sans préciser ce qui peut les provoquer. Elle enveloppe tout un état de difficultés psychiques consécutif à l'évènement maternité sans être de nature étiologique. Cette expression plutôt vague, peine à éclairer la nature de ce qu'elle recouvre, comme si à la paralysie des affects et des comportements maternels constatés, se superposait en retour chez celui qui en est témoin une paralysie de la réflexion et de la parole : « Comme si "le langage n'avait pas encore intégré ce qui se joue chez la femme dans le fait d'être ou de ne pas pouvoir être mère" Jean-Marie Delassus.

Ne pas ressentir toute l'émotion, l'élan ou l'ébranlement intérieur à quoi on s'attend et par quoi on se sent intimement mère est vécu comme un véritable préjudice.

La difficulté maternelle vient révéler l'écart entre la maternité vécue et la conception que l'on en a. Elle souligne cruellement le contraste entre ce qu'une mère attend de sa grossesse* et de la naissance de son enfant et de ce que ces évènements réveillent en elle. Ces moments sont souvent fortement investis de ce qu'elle y met d'idéalisations, d'exigences, et de volonté de rattraper et réparer.

* c'est le cas notamment de très jeunes mamans ayant été maltraitées par la vie et qui abordent le temps de leur grossesse dans l'attente très vive que cet évènement puisse effacer tout de leur passé ; la perspective d'avoir un enfant devenant alors une possibilité pour elles de réparer et de se réparer ; ce peut être aussi le cas de grossesses dites "tardives" et très désirées.


La désillusion et la déception peuvent être alors au rendez vous, si fulgurantes et culpabilisantes, qu'elle mèneront parfois jusqu'à la folie ou du moins à quelque chose de cette ordre.

La difficulté maternelle s'exprime rarement ouvertement.
Elle est ressentie comme une grande faute morale que l'on n'avoue à personne et difficilement à soi.
De même qu'elle peut se cacher derrière des comportements formels de maternage, derrière une efficacité de "surface" dans les soins et l'attention donnés au bébé ou sous de grandes et "bruyantes" démonstrations d'affection et de bonheur : Ces "distorsions" qui n'ont pour but que de parer l'effondrement imminent, sont au prix de grandes souffrances morales. Les mères hésitent à s'attribuer la réalité de ce qu'elles éprouvent et réprouvent. C'est une asphyxie permanente dont elles s'évertuent à réprimer les suffocations. Seront tour à tour avancés pour expliquer leurs difficultés et gêne : la fatigue, les conditions d'accouchement (parfois à juste titre dans les facteurs de risque), le caractère du bébé...

Pourtant c'est bien la question du bébé (celui que nous avons mis au monde ou celui que nous avons été) qui est bien souvent au centre, le CENTRE de la difficulté maternelle. On touche du doigt, dans ces moments de vacillement et d'effraction de soi, la vérité du développement humain, ce qui en fait toute la spéciation : ce fond humain universel et pourtant méconnu qui nous structure tous, et dont le bébé en naissant en est le représentant direct, le plus "pur". Et ne pas pouvoir pressentir le "fond de son bébé" comme étant un retour vers le fond de soi-même, ne pas pouvoir l'accueillir comme tel, peut déboucher sur un sentiment d'anéantissement / de déchéance total.

La maternité renvoie ainsi les mères à un état primaire où leur bébé peut devenir "le théâtre des manques et des peurs de leur propre enfance" (Véronique Boureau Louvet). Elles sont prises alors dans des états de confusion et de perturbation considérables où la grossesse et surtout la naissance menacent à chaque instant de faire remonter avec violence leur propre détresse natale d'alors, leurs propres états de dépendance avec leur mère. L'enfant devient malgré lui le "persécuteur" : celui qui, de par sa présence vulnérable, ses cris et ses pleurs, et sa demande insatiable, va venir réveiller chez sa mère des expériences archaïques et traumatiques d'abandon, de négligence et de solitude.
Lorsque avoir donné naissance physiquement à un enfant ne s'accompagne pas très vite d'un élan venant du plus profond de soi, lorsque s'occuper de son bébé revient comme à s'occuper d'un simple nourrisson, un "étranger", lorsque celui-ci est "un blanc" sur lequel rien de sa propre histoire et de ses attentes ne vient s'imprimer, cela revient à s'occuper de l'envers / l'enfer de la vie.
La mère ne voit plus alors dans sa maternité, qu'une succession de tâches répétitives à accomplir, complètement dénuées de sens et d'utilité si ce n'est celle d'assurer la survie physique du bébé. Et à défaut de se sentir intimement maternelle et confirmée dans sa maternité, elle s'absorbera en d'incessantes occupations - les conduites d'hyper activité - ou s'obligera à un maternage épuisant et irréprochable qui ne devra jamais venir révéler / trahir sa déception, ses défaillances et ce manque d'élan.
De même que certains comportements d'évitement (toujours inconscients ou pré-conscients) se mettront en place afin de maintenir une distance physique / psychique entre elle et son bébé : évitement de son regard lors de l'allaitement, nombreux vêtements qu'elle entassera sur elle pour éviter le peau à peau, le corps à corps, jouets qui seront achetés à profusion pour ne pas à avoir à entrer en relation avec lui de façon directe, sein ou biberon donné de manière à ce qu'ils ne soient qu'un allaitement biologique (uniquement pour nourrir l'enfant) et non un moment d'ouverture et de rencontre à l'autre.

Tout sera mis en oeuvre pour "démissionner" et s'écarter de son enfant afin de le préserver de sa propre incapacité - réelle ou supposée - mais toujours considérée comme potentiellement dangereuse.
Au niveau de la difficulté maternelle tout sentiment ambivalent ne peut se dire ouvertement, ne peut s'avouer tant est grande la craindre de s'effondrer après une telle révélation, et il y a danger à s'effondrer en dehors d'un cadre hautement contenant et spécialisé.
La difficulté maternelle ne sera pas l'envie de "jeter son enfant par la fenêtre", expression imagée à laquelle on a recours parfois dans certains moments de fatigue et d'exaspération, mais plutôt l'envie de se passer soi-même par la fenêtre, de se jeter dans le vide existentiel de sa vie, dans le gouffre ouvert par cette naissance.

La difficulté maternelle est une épreuve narcissique au quotidien : Le "ratage" de sa maternité, qu'il se situe au niveau de sa relation avec l'enfant, du vécu de l'accouchement ou de la mise en place et réussite de l'allaitement au sein, va venir réactiver des échecs et des peurs jusque là profondément enfouis, et laisser la place à un sentiment de culpabilité et de faute impardonnable.
Certains repères vitaux disparaîtront progressivement, générant chez les mères des sentiments d'errance, de déchéance et de "décrochage" : la notion de temps sera tour à tour inexistante, incontrôlable ou figée, l'espoir s'écoulera quotidiennement sous forme d'hémorragie, de même que l'envie et les possibilités de rencontres constructives et salvatrices avec l'autre, un sentiment "d'horizon inexistant, comme barré "...
La difficulté maternelle est un état de confusion et "d'engloutissement" qui vous broie et vous dissout en permanence comme si vous ne faisiez plus qu'un avec elle.

Longtemps ces états de maternité pour le moins "dérangeants" furent jugés en fonction de critères et concepts moraux et sociétaux : bonne et mauvaise mère, mère modèle ou dénaturée, défaut d'instinct, immaturité..., limitant de ce fait la maternité humaine à la reproduction biologique de son espèce et le comportement maternel au respect de certaines règles.
Puis ils furent répertoriés sous des pathologies psychiatriques bien définies : post-partum blues, dépression, psychose puerpérale, la maternité étant considérée un temps où pouvaient émerger des névroses sous-jacentes et le lien mère enfant comme le résultat d'une programmation génétique.

Ces différentes approches ou conceptions de la maternité et difficulté maternelle semblent éviter ou recouvrir leur nature plutôt que la préciser... Elles ne rendent compte que partiellement, du fait que la maternité humaine se fonde sur une structure psychique de base commune à toutes les femmes et qui peut selon l'histoire personnelle de chacune se trouver modifiée, remaniée ou parasitée dans son déroulement. En fait la maternité humaine est spécifique de notre espèce et de son évolution et ne partage que certains points avec celle des mammifères.

Les troubles émotionnels de la maternité ne devraient pas être pris pour une simple crise d'identité à l'instar de ce qui se passe pendant l'adolescence ; mais considérés comme la manifestation sensible d'un véritable remaniement identitaire : ce que précise d'ailleurs Daniel Stern dés l'introduction de son livre : la naissance d'une mère *:

* "Ce livre traite de l'expérience intérieure qui consiste à devenir mère. En un sens, une mère doit naître psychologiquement tout autant que son bébé naît physiquement. Ce qu'une femme met au monde dans son esprit, ce n'est pas un nouvel individu, mais une nouvelle identité : le sentiment d'être mère"


Il est également regrettable d'attribuer ces difficultés à une immaturité ou à un défaut de préparation psychologique de la future maman : comment avoir recours à ce genre d'explication pour les femmes qui ne vacillent qu'à la seconde ou troisième naissance ? Ont-elles traversé leurs précédentes maternités sans en avoir été affectée d'une manière ou d'une autre ?
La difficulté maternelle va même au-delà d'un déficit son histoire personnelle, ou de la participation / intrusion d'évènements extérieurs, tout comme elle n'a rien à voir non plus avec une quelconque "personnalité" ou "fragilité de caractère", elle en est totalement désolidarisée.

La difficulté maternelle, son origine, nous mènent à l'inconscient de la personne. Il y a un inconscient de la maternité *, une construction psychique qui n'est pas mue par un quelconque instinct ou programme génétique.

(* Se référer pour de plus amples détails, aux ouvrages du docteur jean marie Delassus et de Daniel Stern : « Devenir mère », « Le sens de la maternité » et « Naissance d'une mère »)

Toutes les difficultés maternelles ne se présentent pas sous les traits d'une dépression.
Il serait simpliste sinon risqué de ne vouloir les identifier que sous ces seuls critères : la dépression avérée d'une maman n'est pas toujours synonyme non plus d'une difficulté maternelle sur un plan clinique : c'est-à-dire pénalisant la relation mère enfant et le développement psychique du bébé.

Comme l'écrit Jean-Marie Delassus dans son ouvrage « Devenir mère »:"Elle a ses canaux secrets pour être mère... Elle a son génie créateur et elle choisit elle-même ses couleurs... Il faut donc être conscient de la dissociation possible entre les comportements avérés de la mère et son efficacité transférentielle. Les premiers ne sont pas nécessairement l'indice de l'autre »
Ces canaux secrets sont la voie invisible et "inavouable" par lesquelles le maternel passe lorsque celui n'est pas acceptable par le Moi de la mère, lorsque donner à son enfant est possible, mais consciemment inadmissible : parce qu'elle ne sent pas suffisamment bonne ou compétente, parce que croyant rivaliser avec sa propre mère et donc la surpasser (la tuer ?). Le don se fait malgré tout, mais au prix d'un écartèlement de soi, d'un sentiment de trahison (par rapport à son père ou sa mère). Et de ces chemins de traverse pris pour devenir mère, seul le bébé peut en rendre compte (notamment à travers l'observation attentive de son développement et de ses temps d'allaitement).

Certaines mamans dont le comportement ou l'état psychologique pourront inquiéter, auront donc des bébés qui vont bien, tout comme la situation inverse - mère non déprimée et bébé en souffrance - se retrouvera dans des cas cliniques : Channi Kumar avait déjà montré que cette difficulté d'attachement, ce manque d'élan et d'émotion autour de son bébé (ce qu'il désignait sous le terme de "bonding" : attachement de la mère à son bébé) ne passait pas toujours par la manifestation d'une dépression.
Des mères pouvaient très bien s'occuper de leur enfant, lui prodiguer même quelques marques d'affection sans vraiment se sentir concernées par leur maternité et qu'elles veillaient scrupuleusement à masquer ce vide émotionnel à leur entourage.

Il faut alors chercher chez le bébé les signes de souffrance et de mal naissance psychique qui atteste que quelque chose ne va pas entre les deux, qu'il y a un noeud dans la relation.

La difficulté maternelle est toujours évolutive et réversible positivement si celle-ci est relevée et prise en compte suffisamment tôt dans le post partum : c'est-à-dire pendant la période sensible -pendant les neuf premiers mois qui suivent la naissance de l'enfant. Tout reste possible et réalisable en raison de la plasticité cérébrale de l'enfant et de l'émotion et l'attente encore palpables et palpitantes chez la mère après un accouchement.
Il faut veiller à intervenir ou consulter le plus tôt possible et ne pas attendre que le quotidien et l'accumulation des échecs et des déceptions viennent se superposer à la première strate de cette difficulté.
On peut toujours patienter et résister en puisant des forces et de l'énergie au plus profond de soi et attendre que ces moments passent d'eux-mêmes, et penser que c'est là en quelque sorte "le prix à payer" pour devenir mère, qu'il ne s'agit que de baby blues...
Certes cette difficulté se résout quelquefois spontanément lorsque quelque chose du bébé (sourire, regard, gazouillement, expression ou ressemblance) appelle la mère comme telle et que celle-ci peut accueillir et répondre à sa demande sans crainte de s'effondrer, de se perdre ou de lui être néfaste.
Mais elle peut aussi se résorber d'elle-même sous un mode négatif : Le bébé va tomber malade ou bien alors sera perçu comme un "mauvais" bébé, un bébé difficile, exigeant peu gratifiant... ou encore la mère rentrera dans un cercle infernal de dépressions et de dévalorisation...

* L'expression est de Rosine Debray, la période sensible s'échelonne de la conception d'un enfant, et de sa naissance jusqu'à ses neuf mois, période pendant laquelle les aménagements défensifs usuels du père et de la mère sont déstabilisés, favorisant des réaménagements psychiques de grande ampleur.

Que se passe-t-il pour qu'une maternité tombe en panne et en peine ?


Une mère met au monde un enfant et au fur et à mesure des jours qui passent ou parfois dès l'accouchement, celle-ci acquiert la certitude ne pas savoir s'y prendre avec lui, de ne pas être suffisamment bonne pour lui... Elle se sent dans l'incapacité de faire cesser ses pleurs, de l'endormir, ne supporte pas ses regards ou s'inquiète de ne pas les trouver et commence à redouter les moments d'intimité avec lui. Elle ne ressent pas ou peu d'élan vis-à-vis de lui ou se sent profondément malheureuse et seule malgré ses sentiments pour lui...

Les temps de nourrissage (tétées ou biberons) sont extrêmement longs et compliqués, ou parfois trop rapides. Ils sont vivement appréhendés par la mère car ils ne lui permettant pas de se réfugier dans l'activité ou des comportements prédéterminés : le temps de l'allaitement suspend l'activité, c'est un temps de face à face où est sollicité sa capacité de don (don dans le sens profond du terme, c'est-à-dire involontaire) et de présence, c'est un temps qui invite à la rêverie, à la rencontre tranquille avec soi-même ou son bébé, c'est un temps de lâcher prise...

C'est un moment où elle ne peut faire "semblant" ou composer avec sa difficulté comme dans le jeu ou le bain. C'est elle-même toute entière qui est convoquée dans ces moments d'échanges.
Les tétées au sein pourront se faire sans véritable plaisir ou du moins sans celui escompté, avec la mince consolation d'être le seul moment où elle se sent utile et indispensable à son enfant. Elles seront l'unique réponse aux besoins affectifs du bébé, le seul moyen de faire face au désarroi et au vide qui l'ont envahie et qui l'assaillent à chaque fois qu'elle doit aller vers son enfant. Quand ces tétées ne seront pas tout simplement très vite stoppées et remplacées par un biberon, haï d'avance car devenu le symbole de son échec, une sorte de un "pis aller" de l'allaitement (sans mauvais jeu de mots).
Le bébé sera ressenti comme un étranger et chacune de ses manifestations (pleurs, cris, regards) seront perçus par sa mère comme autant de reproches et de jugements à son égard. Tout deviendra insurmontable voir intolérable... même le geste de maternage le plus banal : bain, changement de couches, habillage...

Il lui sera difficile de dépasser la réalité pratique et "asservissante" de son enfant, de voir au-delà de son dénuement et de sa totale dépendance vis-à-vis d'elle...
Elle ne se retrouvera, ne se reconnaîtra pas à travers lui :"Celui qu'elle met au monde ne lui porte pas, ne lui apporte pas, en face à face, en chair toute jeune et fragile l'image de ce qu'elle est au plus profond..." Jean-Marie Delassus.
Et si dans un premier temps elle va essayer de contenir ces sentiments de défaillance et d'urgence qui menacent de la déborder, en cherchant des conseils ou des avis extérieurs, en consultant son médecin ou son pédiatre, l'étonnement douloureux laissera la place à la sidération et au découragement...
La peur de faire mal deviendra la peur de faire du mal et la crainte de sa toute puissance sur son enfant la conduira à l'impuissance.
Ainsi de tentatives en échecs, de surprises en dépits, d'attentes en frustrations, une maternité s'emballe, déraille et se bloque dans la plus totale incompréhension et parfois indifférence. Une mère souffrira de ne plus avoir envie d'être mère, d'être incapable de gestes maternels. Elle attendra alors que son bébé prenne de lui-même ce qu'elle ne sait pas donner, ce qu'elle ne se croit pas capable de donner... Le découragement cèdera la place à un sentiment démissionnaire : démission réelle ou psychique.

Et elle glissera si on n'y prête attention, de la désespérance où elle s'obstinait encore à attendre quelque chose qui ne venait pas, au désespoir et au renoncement de sa maternité.

Tout est-il difficulté maternelle ?

"On s'attendait à des moments difficiles on est submergée de souffrance,
On s'attendait à des moments de satisfaction,
On rencontre des vertiges de souffrance...
Epreuve singulière qui fait trembler et parfois pleurer de joie
Et d'autre chose qu'on ne saurait pas dire (Pascale Rosenfelter)


Tous les bouleversements émotionnels et psychiques chez une mère ou future mère ne sont pas imputables à une difficulté maternelle sous-jacente et ne justifient pas un suivi médical, c'est le cas du baby blues par exemple.
L'attente, puis la mise au monde d'un enfant sont des épreuves physiques et psychologiques considérables qui s'accompagnent de bouleversements légitimes.
Du début de la grossesse jusqu'à la naissance d'un enfant, parents et futurs parents sont l'objet de pressions multiples car il y a dans l'évènement maternité comme une obligation morale d'être au rendez-vous de sa parentalité et d'afficher un bonheur sans nuage.

Grâce à la maîtrise de la contraception et de la fécondation, le désir d'enfant et sa conception sont devenus le fruit de décisions conscientes et mûrement réfléchies... du moins en apparence. Comme le souligne la psychologue Pascale Rosenfelter, la part inconsciente du désir doit désormais s'inscrire dans le registre du conscient. Aujourd'hui il n'est plus acceptable ni même concevable de faire naître un enfant non désiré et plus encore de regretter sa venue par la suite s'il a été fortement attendu. Être ou devenir parents c'est d'abord avoir des devoirs vis-à-vis de son enfant (né ou à venir) et des obligations morales vis-à-vis de la société.

Pourtant certaines choses demeurent toujours pouvant expliquer ces tergiversations maternelles et paternelles :

    • La maternité, moment de vie par définition, nécessite également tout un travail de "deuils" à réaliser et ceci dans un laps de temps relativement court au risque sinon de s'enliser dans une difficulté émergente : deuil de son ancien "statut" où de fille de ses parents on doit devenir parent de son enfant, deuil du bébé imaginaire, deuil de sa grossesse, deuil du père que l'on s'attendait à trouver pour son enfant, deuil de l'accouchement selon ses voeux...
  • L'accouchement peut s'accompagner de sentiments de déception, de frustration, d'échec, de rupture ou de coupure irrémédiable... S'il fut long, douloureux, s'il y a eu une césarienne ou des complications imprévues, s'il y a eu comme "un blanc" dans le déroulement de la venue au monde, s'il n'a pas été fidèle à ce que l'on s'en était imaginé, si la maman a eu le sentiment qu'on lui a enlevé des parts de participation à son accouchement (épisiotomie non justifiée, péridurale trop dosée, position à plat dos, touchers vaginaux trop nombreux...). D'où le sentiment parfois d'avoir raté une marche de sa vie ou de s'être fait voler un moment essentiel de sa maternité.


Et puis il y a un temps nécessaire et tout à fait normal d'adaptation au "devenir mère" et de rencontre / d'adoption avec son bébé : ce que le psychanalyste anglais Winnicott désignait sous l'expression de « préoccupation maternelle primaire de la mère" *.

* C'est-à-dire, un état d'hypersensibilité et de "régression inconsciente" où la mère s'identifie profondément à son nouveau-né, en retrouvant à travers lui, le bébé qu'elle fut, la mère qu'elle eut... État de "régression" qui lui permet ainsi de s'ajuster aux multiples besoins tant physiques que psychiques de son enfant.


Il y a un temps légitime où on doit s'accorder ou accorder aux mères, le droit et "l'endroit" de vivre ces bouleversements sans intervenir autrement que pour écouter ou soutenir, sans se précipiter de suite sur la thérapeutique médicamenteuse ou la nosographie psychiatrique...

Nous ne voulons donc pas voir dans chaque larme versée, chaque soupir ou doutes exprimés, un accident de la maternité en préparation.
La difficulté maternelle se juge en fonction de l'intensité et de la durée de ce qu'éprouvent les mères après une naissance et aussi sur un plan clinique en fonction de ce que l'on observera dans le comportement et développement du bébé.

Il importe donc que l'on soit très vigilant dés les toutes premières semaines postnatales et que l'on ne minimise ou banalise aucun signe de déception, de découragement ou de souffrance maternelle. De même qu'il conviendra d'être très attentif, dés le début ,au comportement du bébé, "naissant en devenir".

Comment savoir si ce que l'on vit doit nous amener à consulter au plus vite, puisque ce bouleversement est propre à chacune ?
Y a-t-il quelques symptômes communs, quelques points de repère qu'il convient de reconnaître et de ne pas minimiser ?

Comment rester vigilant sans être alarmiste ?

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) La difficulté maternelle Sun, 18 Aug 2013 12:30:25 +0000
Les différents visages de la Difficulté Maternelle http://www.maman-blues.fr/la-difficulté-maternelle/les-signes-de-l-effondrement.html http://www.maman-blues.fr/la-difficulté-maternelle/les-signes-de-l-effondrement.html

"Ces blues, ne seraient-ils pas quelque part l'acceptation par la femme d'être traversée légitimement par les émotions de la naissance ?"


Pour lire les différentes parties développées ci-dessous, cliquez sur le titre qui vous intéresse

 

 

 

Avertissement


Il ne s'agit pas de fournir sur ce site la liste complète des manifestations psychiques et somatiques de la difficulté maternelle.
Mais de vous présenter* quelques troubles qui peuvent surgir pendant une grossesse ou après une naissance et qui doivent vous inviter à en parler et à consulter au plus vite : L'idéal étant de consulter avant même leur installation caractérisée, notamment dans le cas de la dépression du post-partum dont le diagnostic possible (5 à 6 semaines après la naissance) est aussi le signe que l'on a déjà trop tardé.

* Cette liste n'est ni complète, ni forcément révélatrice de ce que vous pouvez vivre en ce moment, seul un professionnel de la santé est compétent à ce niveau.

 

 

L'Effondrement Maternel

"D'abord il y a un drame intérieur" Paul Valéry


Il y aurait quelque chose d'antérieur à la dépression du post-partum, un effondrement intérieur, à la fois grave et furtif mais bien réel, qui la précèderait et se confondrait avec le simple baby blues.
La négligence de ce vécu antérieur se cicatriserait ensuite sous une forme mineure de dépression et d'anxiété.
Ce n'est pas un diagnostic clinique en lui-même mais plutôt la caractérisation générale d'un état de grande souffrance et de désarroi avant ou après la naissance.
Derrière les mots ou les silences, les comportements ou les éprouvés de ces moments, résiderait une réalité sous jacente plus sévère, incommunicable à autrui et qui serait un préalable à la difficulté maternelle.
À contrario de la dépression qui suivrait et qui ne serait plus alors qu'un réflexe d'ajustement et de protection, cet effondrement maternel serait rapide, instantané et se produirait très peu de temps après l'accouchement. Il serait d'ailleurs perçu tout aussi vite par la mère mais aussitôt réprimé, comme si toutes les forces du Moi* venaient à la rescousse afin de battre en brèche sa menace.**

* Le « Moi » représente cette instance de la personnalité qui nous est consciente et nous pousse à agir en recevant des informations du monde extérieur, tout en composant avec les pulsions et l'inconscient.

** Cet effondrement est l'inverse de celui qui préside lors d'un épisode de psychose puerpérale où il s'agit là d'un effondrement brutal non contenu par le Moi.


Il y a donc danger à attendre et à méconnaître ses premiers signes et de les prendre à tort pour ceux du baby blues*. L'observation précoce et attentive des femmes venant d'accoucher permettrait de révéler cet état ou du moins de l'envisager. Et savoir le reconnaître au plus tôt chez une jeune accouchée, permettrait de libérer sa parole et de lui donner accès très rapidement à la thérapie**.
Il importe donc de repérer dés le séjour en maternité , les signes et le langage traduisant la désorientation, la perte de l'élan vital, le dégoût et la mésestime de soi.

* Serait d'une tonalité moins franche que le baby blues, comme un baby blues qui traînerait en longueur.

** Ce n'est pas la régression en soi qui est bénéfique, mais de faire l'expérience de ses fragilités et défaillances sans que cela nous mette en danger ou ne nous condamne à la solitude.


Il existe une sémiologie de cet effondrement, même s'il est plus ou moins perceptible de l'extérieur, toutes les forces psychiques maternelles sont requises* si ce n'est réquisitionnées pour lutter contre*, pour tenir.

* On peut retrouver des traces de cette mobilisation active dans les souhaits maternels émis tout haut, de vouloir se reprendre, se ressaisir ou ne pas s'écouter...


C'est l'unité de Maternologie qui en premier* en a formulé l'hypothèse, en constatant (non sans inquiétude au début) que les mères hospitalisées après un temps où elles semblaient aller mieux, s'effondraient soudainement comme si leurs dernières défenses cédaient.

* Sur le site de la société Marcé francophone la psychiatre Odile Cazas évoque la présence de mouvements régressifs inquiétants au cours des hospitalisations des mères.

Les signes de l'Effondrement Maternel

- Les troubles du sommeil constituent un des premiers signes qui doivent interpeller. Synonyme d'abandon et de laisser-aller, dormir, permet de faire- par l'intermédiaire des rêves - tout un travail de remaniements psychiques indispensable au « devenir mère ».
Ne pas dormir, « s'empêcher » de le faire comme si c'était là un manquement au devoir maternel, c'est « s'empêcher de retourner en soi. », « se priver » d'un temps de réunion intérieure.
C'est se retrouver à plus ou moins brève échéance hors de soi, comme décentrée, bien loin de ce fond humain d'où on est issu et d'où vient également son bébé...
-Une vigilance exacerbée et des conduites d'hyperactivité :Ces mamans sont sur le qui vive permanent, guettant sans cesse leur bébé dans la crainte qu'il ne lui arrive quelque chose. Elles éprouvent le besoin de se dépenser; d'être sans cesse en mouvement comme s'il y avait un danger à se reposer, à ne rien faire et à se laisser pénétrer par la question et la réalité de leur enfant. Ces mamans là sont en général « très calées » sur tout ce qui touche à l'art de "bien" s'occuper de leur enfant. Mais le bébé et sa réalité humaine se retrouvent ensevelis derrière des préoccupations de maternage ou de santé. Le « faire » remplace « l'être ».
- Peur paralysante des pleurs et des cris du bébé : surtout la nuit.
-Indécision et difficulté autour du prénom choisi (une fois l'enfant né) : regrette ce prénom qui ne semble plus correspondre au bébé réel , est effondrée de culpabilité à l'idée de lui avoir choisi un tel prénom et du coup n'arrive plus à le prononcer, se trompe en l'appelant ou ne supporte pas de l'entendre dans la bouche des autres.
- Avoir froid en permanence : La maman peut éprouver le besoin de mettre plusieurs épaisseurs de vêtement sur elle ou entre elle et son enfant.
-Difficulté à se nourrir mais aussi difficulté à nourrir son enfant : Tétées ou biberons interminables, compliqués, qui seront l'objet de luttes ou de conflits...Bébé qui se crispera ou qui refusera de prendre volontiers le sein ou le biberon, ou seulement au prix d'un « acharnement maternel » à vouloir le nourrir. Passé le temps des premières recommandations, il faut toujours songer derrière une mise au sein compliquée ou rapidement ajournée, à une possible émergence d'une difficulté maternelle. Certaines mères auront du mal à regarder leur enfant pendant le temps de l'allaitement, lui donneront alors le biberon ou le sein de manière à ne pas croiser son regard. Les biberons seront longs et stressants, appréhendés jusque dans leur composition (dosage, température, intervalles entre chaque). Tout sera matière à questionnements et angoisses au niveau de l'allaitement , alors que ces moments sont avant tout des temps de communication, d'échange et de rêverie pour les deux, des temps de naissance psychique aussi pour l'enfant...On pourra assister également à des nourrissages trop rapides, des biberons ou tétées comme "engloutis". Durant le nourrissage, la mère pourra éprouver le besoin de bouger ou de parler sans cesse, de s'occuper à autre chose tout en donnant le sein ou le biberon. Il lui sera difficile de rester calmement avec son bébé dans les bras... Elle aura (de manière inconsciente), des difficultés à respecter le temps et les rythmes de succion de son bébé, ses besoins d'absorption "avide" dans un premier temps et ses besoins de rêverie dans un second temps : réajustera fréquemment sa position au sein, ou celle de la tétine dans la bouche afin qu'il boive sans discontinuer...
- Autodépréciation et culpabilité : dés l'accouchement
- Regrets de l'accouchement* : la mère a le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur, de ne pas avoir accouché, elle se sent comme dépossédée de ce moment et a l'impression inavouable que ce n'est pas son enfant. L'accouchement ne l'a pas faite mère** !

* Dans certains cas, c'est le déroulement de l'accouchement en lui-même qui aura contribué à ces impressions (péridurale trop dosée, césarienne mal supportée, naissance trop rapide, épisiotomie...), mais il n'en demeure pas moins important et indispensable de chercher à savoir pourquoi cette mère ne peut en cicatriser pour accéder à son enfant.
** Certaines mères au plus mal chercheront même à recréer, à mettre en scène les conditions de leur accouchement pour mettre fin à l'insupportable et insoutenable sentiment de ne pas avoir mis au monde leur enfant.


- Toute prise de décision sera compliquée, difficulté à se concentrer : Que ce soit au niveau du bébé ou des choses qui jusque là allaient de soi, le centre n'est plus nulle part.
- Conscience aiguë et déchirante que plus rien ne sera comme avant, qu'on ne peut revenir en arrière. Sentiment insupportable d'être au coeur d'un néant.
- Syndrome de rejet du nouveau né : pas ou peu d'élan, résistance à l'émotion...
- Mise en place de conduites formelles et pragmatiques dans les soins de maternage, de conduites de « recouvrement » de sa difficulté : Gestes convenus ayant pour but inconscient de dissimuler le grand vide affectif et émotionnel de la maman à l'égard du bébé, celui-ci devient un « objet » de soin et d'attentions irréprochables. Il doit être avant tout pour la mère en difficulté un bébé sécurisé et sécurisant, un bébé sous haute surveillance dont rien de son existence ne doit pouvoir venir la surprendre.
- Distorsion visuelle, illusion d'optique, hallucinations ou visions fugaces et troublantes dont on doutera de les avoir perçues ou éprouvées : Selon le pédopsychiatre Jacques Dayan ces épisodes pourraient correspondre à une Psychose puerpérale émergente de résolution spontanée.
- Envie de partir, de fuir, de disparaître...
- Sentiment d'être de trop, d'être un obstacle entre son enfant et son père ou le reste de la famille, est convaincue que sa disparition ne serait pas regrettée - Idées suicidaires ou suicide pouvant être envisagé. Bien souvent, attirance vers "le vide" d'une fenêtre, d'un pont, etc.
- Quelques signes à prendre en compte très tôt lorsque l'on observe une jeune maman : en sachant bien qu'il ne sert à rien et même serait néfaste de "reprendre" ces comportements ou de les signaler ouvertement à la maman. Comme le souligne la psychanalyste Véronique Boureau Louvet :«En matière de maternité, on ne fait pas d'orthopédie ».Ces signes disparaîtront d'eux-mêmes avec la difficulté maternelle.)
- Mamans qui ne maintiennent pas suffisamment leur bébé lorsqu'elles l'allaitent ou le portent, mains non enveloppantes... Ne sont pas « contenantes » psychiquement et par extension physiquement.
- Temps de l'allaitement qui se déroule comme si elles laissaient leur bébé prendre de lui-même, comme si elles n'étaient pas partie prenante, comme si elles n'étaient qu'un support.
- Donne le biberon le bébé dans le transat ou à une certaine distance physique.
- Pendant la tétée tiennent leur bébé posé essentiellement sur leur ventre, comme s'il y avait là rappel du temps de la grossesse...
, - Caressent fréquemment le crâne de leur bébé : comme si quelque chose de leur grossesse n'était pas terminée, nostalgie du ventre rond ou comme si elles évitaient le visage de leur enfant ;« Comme si le crâne était une surface d'atterrissage à la disposition de la main maternelle égarée » Jean Marie Delassus


Effondrement maternel et états dépressifs, anxieux et somatiques en prénatal :

Les déprimes prénatales ne sont pas vraiment de l'ordre de l'effondrement. Le contexte est différent : l'enfant étant encore à naître, l'effondrement n'est pas une réalité clinique mais plutôt contenu dans l'idée, comme une menace imprécise. Il est plus subtil, d'avantage frôlé que réel, et se situe surtout au niveau de l'ambivalence du désir d'enfant.
La mère se trouve encore en prise avec sa réflexion autour de son désir d'enfant : Elle peut le garder ou pas et oscille en permanence entre ces deux « choix » (même à un état avancé de la grossesse et après le délai de recours à l'IVG).
En prénatal, l'effondrement s'apparente plutôt à un vacillement, comme à un écartèlement de soi où se joue de manière conflictuelle et souvent inconsciente la possibilité de donner ou pas la vie. Il pourra alors n'avoir été qu'un passage à vide, une fausse alerte qui laissera cependant des traces indélébiles, promptes à ressurgir et à se souvenir.

Les troubles de la grossesse laissant penser à ce type de difficulté sont difficiles à cerner car ils sont aussi l'exacerbation des symptômes habituels de la gestation.
Même s'il n'y a pas forcément de continuité dans l'état psychologique d'une maman avant et après l'accouchement* (20 à 50 pour cent de dépression ou état dépressif en anténatal ne se poursuivraient pas dans le post partum), nous vous invitons à être prudentes et à ne pas s'appuyer sur ces statistiques pour minimiser votre suivi de grossesse.

* Catherine Garnier Petit dans son ouvrage « Mal de mère » cautionne également l'idée qu'une grossesse difficile sur un plan psychologique n'est que rarement suivie d'une dépression dans le post partum.


Et si les symptômes de la grossesse avant d'être pathologiques avaient peut être tout d'abord un sens et un but ? C'est du moins l'idée suggérée par le Docteur Hugues Reynes dans son livre « le nouvel accouchement. »
Certains symptômes et notamment la fatigue pourraient être envisagés comme autant d'invitations à nous poser et nous reposer, pour mieux se retrouver et se préparer à cette rencontre. Les obligations de se reposer ou de modérer son activité seraient alors, autant de possibilités offertes par la grossesse de se recentrer, de changer de temps et d'espace en vue de nous préparer à cette naissance. Le premier trimestre et son cortège de malaises et de symptômes procèderaient alors à une sorte de « psychothérapie gratuite » qui donneraient à la future maman l'occasion de faire la paix avec son passé. Ces phénomènes seraient naturels, en vue donc de la venue du bébé. Leur absence totale appellerait par contre à plus de vigilance.
Dans le prolongement de cette conception de la grossesse et de ses bouleversements, Monique Bydlowsky estime que cette période de la vie d'une femme peut être un temps propice pour mettre en place une psychothérapie de soutien. La gestation s'accompagnerait d'une certaine transparence psychique, d'un abaissement du seuil de perméabilité de l'inconscient au préconscient qui faciliterait tout travail sur soi entrepris à cette occasion. La grossesse et ses symptômes de tristesse et de déprime viendraient alors comme redonner la parole au passé.
Jean Marie Delassus conteste cette notion de transparence, car selon lui, la grossesse serait davantage un temps de remous psychiques plus ou moins opaques, nécessitant toutefois d'être accompagné, plutôt qu'un moment où il serait possible via une échographie psychique de pronostiquer de l'état de la maternité à venir.

Quelques signes de difficulté en prénatal :

- Les transformations corporelles (souvent discrètes) nous renseignent sur l'état psychique de la grossesse, la façon dont le corps porte cette grossesse, si les seins et le ventre concourent à la gestation (seins ou ventre inexistants, ou alors comme raccrochés/rajoutés au corps).
- Les Vomissements gravidiques c'est-à-dire qui persistent au-delà du 4eme mois (à ce jour leur cause n'a pas encore été cernée : hormonale ou psychologique).
- Anxiété permanente : plus importante au début et fin de grossesse.
- Pensées envahissantes jusqu'à l'obsession qui vont de la crainte d'une malformation (effets iatrogènes de l'échographie ?) à un accouchement difficile voire catastrophique.
- Regrets inavouables d'avoir mis en route cette grossesse surtout après l'avoir si fortement désirée et investie.
- Pleurs fréquents, tristesse et abattement insurmontables...
- Changement brusque de caractère : pessimisme inhabituel, violence souvent à l'encontre du mari ou compagnon.
- Déni et dénégation de grossesse : refus ou incapacité à reconnaître son état (exclusion faite du mensonge ou de la dissimulation) et dont la fréquence est difficile à préciser du fait justement de sa problématique inconsciente. Il y aurait cependant un début de prise de conscience rapidement réprimé. Les dénis seraient donc d'avantage des dénégations puisque le refoulement ne serait que partiel. Certains auteurs tiennent le déni ou la dénégation de grossesse pour un trouble de l'adaptation qui permettrait à son auteur, de maintenir en l'état sa vie sociale et affective, quand la perspective d'avoir un enfant s'avère insupportable pour des motifs psychiques et sociaux.
- Le recours à l'accouchement sous X lorsque la mère ne se sent pas capable d'élever son enfant, lorsqu'elle envisage cette solution. L'effondrement dans ce cas aurait déjà eu lieu au niveau de l'inconscient.

Le temps du baby-blues

"Le baby blues s'il existe, c'est cela qu'il doit permettre, qu'on vous écoute et qu'on vous parle ! Et ce n'est pas parce que ça arrive aussi aux autres, à presque toutes les autres le baby blues ; que ça n'a rien à dire..." Patrick ben Soussan


Autres noms :
Blues du 3ème jour, post-partum blues, blues des mères, home blues, cafard des accouchées, fièvre de lait (autrefois).
L'acte de naissance officiel du baby blues date de 1952 dans un article de Moloney paru dans une revue de la Nouvelle-Orléans, sous le terme de "blues du 3ème jour".
"Blues" car le bleu est la couleur synonyme du cafard, de la tristesse, de la mélancolie ou du deuil pour les Anglo-Saxons.

De quoi s'agit-il ?
D'un état dépressif passager qui surgit inopinément dans les premiers jours qui suivent la naissance et que l'on peut comprendre comme étant le contre coup normal de cet événement.
Plusieurs explications tant physiologiques que psychologiques président à son émergence. Selon les différents auteurs, il serait :

  • Une réaction physiologique marquant la fin d'un stress physique et moral, liée à la modification brutale du taux d'hormones*.
  • L'adaptation brutale à un évènement chargé en émotions : un moment de coupure avec ce qui a précédé et qui aurait valeur de fonction d'aménagement défensif pour la mère, lui permettant de réaliser le deuil du bébé imaginaire et d'adopter celui qui vient de naître. Il favoriserait ainsi le passage symbolique de son statut de femme enceinte à celui de mère.
  • L'ensemble des déceptions que ressentent les femmes : déception de l'accouchement, déception liée à la perte de leur ventre habité, au fait qu'elles ne soient plus le centre des préoccupations, déception liée à la réalité de l'allaitement jamais aisé à mettre en route...
  • Ce temps où la mère qui s'est donnée toute entière à son accouchement et à la naissance de son enfant, est en attente d'un retour ou d'une reconnaissance de sa part. Ce peut être un temps de solitude
  • Un moment de véritable dépression où "tous les cadavres sortent des placards" Myriam Szejer
  • Un moment complexe et universel qui cumulerait le stress de la fin de grossesse et de l'accouchement et un état de dénudation psychique permettant à la mère de se mettre en phase avec son nouveau né. "Le cristal du Moi maternel serait en partie désorganisé et le blues serait alors l'exacerbation de cette préparation de l'esprit maternel à saisir les indices en provenance de son enfant" Monique Bydlowsky
  • Lié au fait qu'à partir des années 50 (date où l'on commence à en parler) les femmes ont commencé de manière générale à accoucher en milieu hospitalier et non plus à leur domicile .Séparées de leur cadre quotidien et soumises au pouvoir médical, elles seraient devenues sujettes au baby blues en réponse à cette dépossession de leur corps et de leur accouchement. Hypothèse formulée par le psychiatre Guy Benoît
  • L'expression des mouvements psychiques maternels et notamment celui d'une certaine ambivalence face au bébé à la fois merveilleux qu'elle attendait et l'être exigeant et extrêmement dépendant qu'il est en réalité. L'épisode du baby blues renforcerait la possibilité d'investissement de l'enfant réel (Mélanie Klein et Donald Winicott)
  • Un temps d'attente et de vacillement où le tout comme le rien peut arriver, un temps pendant lequel se met en place la relation : «c'est un gué, un passage délicat plutôt qu'un simple état passager» (Psychanalyse de la naissance 'Jean Marie Delassus)
  • Un temps d'ajustement (toujours selon jean marie Delassus) : Après avoir passé neuf mois d'intimité avec son enfant et de retrouvailles avec la mémoire de son corps, après avoir entrepris un véritable voyage intérieur, la mère se retrouve dans un autre pays et rencontre enfin son bébé : « Il était en elle, et maintenant, il est "hors" d'elle. La maman flotte, se sent bizarre. Elle a changé de fuseau du coeur et se trouve en décalage avec le monde extérieur. Une lame de fond la submerge Elle ne reconnaît plus son identité habituelle, elle connaît mal sa nouvelle identité. Des larmes peuvent jaillir, la tristesse et le doute l'envahir... » Ses deux identités s'entrechoquent dans ce moment immédiat du post-partum...

* Bien qu'aucune recherche n'ait abouti jusqu'à présent pour en conclure à une cause hormonale dans l'épisode du baby blues "Psychopathologie de la périnatalité" de Jacques Dayan.


Retenons surtout à propos du baby blues :

  • Qu'il n'est à priori en rien pathologique.
  • Qu'il touche 50 à 70 % des accouchées (taux variable selon les statistiques et leurs critères de sélection et définition).
  • Qu'il débute en général à partir du 3ème jour et ne va pas au delà de la deuxième ou troisième semaine.
  • Que c'est sa brièveté et son intensité "supportable" qui le caractérisent et le différencient de la dépression du post-partum.

Ses caractéristiques:

  • La fatigue mais qui va en s'estompant.
  • Les troubles du sommeil (dans des proportions non inquiétantes) dus à plusieurs choses : rythme des réveils du bébé, épisiotomie, péridurale, montée de lait...
  • La labilité de l'humeur : passage rapide et déconcertant de l'euphorie à la tristesse.
  • Les pleurs et crises de larmes par intermittence, la tristesse en pointillés.
  • Des sentiments "gérables" de doutes, d'ambivalence et de crainte, vis-à-vis de son bébé.
  • Une Hypersensibilité aux critiques comme aux remarques anodines.
  • Une réaction forte aux évènements extérieurs.
  • Un sentiment de frustration ou d'échec au moindre obstacle, une irritabilité inhabituelle.
  • Le sentiment fugace d'être devenue étrangère à sa vie.
  • Des doutes sur ses capacités à devenir une bonne mère, à savoir répondre aux besoins de son bébé.
  • Quelques troubles mnésiques discrets (mémoire immédiate).
  • Sentiment d'étrangeté déconcertant vis-à-vis de son corps et de celui du bébé.
  • Hyper vigilance* et hyperactivité* mais qui ne durent pas (* attention signe possible d'un effondrement lorsque la mère ne veut pas lâcher prise, lorsqu'elle lutte).
  • Distorsions perceptives : images se produisant au réveil. Confinant à l'hallucination ces symptômes peuvent avoir un ou deux pics, d'autres décroissent régulièrement.

Cependant, dans le cadre du baby blues, on reste consciente que ces sentiments et émotions sont disproportionnés. On garde au contraire des symptômes de l'effondrement ou de la dépression du post-partum comme un recul salvateur où l'on peut douter de la véracité de ses peurs. Il s'agit d'inquiétudes avec lesquelles on arrive à composer et pas d'angoisses qui nous débordent...

Le baby-blues est donc un évènement transitoire qui ne dure que quelques jours*.
On lit parfois qu'il diminue avec l'apparition d'un rythme plus régulier de vie chez son enfant : Nous nous garderons de minimiser des troubles qui iraient au-delà de ce temps "réglementaire", un bébé pouvant mettre plusieurs mois pour faire ses nuits.

* Dans le cas de mamans de bébés prématurés, le baby blues commencerait au retour de l'enfant à la maison.


Notre avis :

Effectivement le Baby-blues n'est pas une maladie comme on aime à nous le répéter à tous propos.
Il est sans doute la manifestation la plus "sensible" de cette nécessaire adaptation à l'évènement.
Cependant, il ne faudrait pas le généraliser au point de convaincre les femmes que celles-ci se doivent de passer par ces moments de doute pour devenir mère : le baby blues n'ayant aucun caractère obligatoire.
Comme le rappelle le pédopsychiatre Patrick Bensoussan, parler du baby blues comme d'une étape incontournable revient à répandre l'idée d'une catastrophe annoncée. Sa présence comme son absence ne nous garantissent pas que tout ira bien au-delà de ce petit temps de bouleversements légitimes.
Au grand dam peut-être de nos proches qui l'attendent de pied ferme soulagés de connaître et de maîtriser quelque chose du post partum. Les larmes ou le manque de réaction d'une jeune mère déstabilisent et inquiètent ceux qui en sont témoins, parler de baby blues est aussi une façon pour eux de se protéger et de se dispenser d'aller voir au delà.
Le temps du baby blues est en fait une période de latence qu'il conviendrait de surveiller et d'accompagner tout particulièrement avec vigilance et sérénité. Invariablement plaquée sur la moindre des réactions des accouchées, cette expression ne semble avoir été créée que pour mieux museler les émotions maternelles à défaut de rendre compte de leur intensité et fragilité, de leur sens humain et de leur caractère légitime.

« Il ne faudrait pas que le baby blues soit comme une totoche que l'on enfourne dans la bouche des bébés pour les faire taire, les faire dormir ou les rassurer, un syndrome que l'on brandirait à la vue des nouvelles mères, pour leur dire : Ne vous tracassez pas et ne nous tracassez pas, tout cela est banal, commun, habituel..."». Patrick Bensoussan

La fameuse dépression du post-partum

"Il y a des mots qui servent à caractériser, il y en a qui servent à éliminer... Le mot dépression gomme tout, évacue la spécificité de la souffrance maternelle et la range dans le cadre d'affections anonymes, dans le prêt-à-porter psychiatrique..." Jean-Marie Delassus.


C'est l'un des visages les plus familiers et redoutés du post partum, d'où une certaine propension médicale à phagocyter toute la complexité et la diversité des difficultés maternelles sous des diagnostics répétitifs de dépression.
D'une conséquence évidente et tardive des troubles de la relation mère-enfant, on en a fait une sémiologie incontournable que l'on évoque volontiers pour expliquer tous troubles maternels émergents.
Il nous semble logique qu'une femme qui se sent impuissante et même "néfaste" à l'égard de son enfant, réagisse à cet état : Tristesse, accablement et abattement ne vont pas manquer de se manifester. Il y a donc bien souvent de la dépression chez ces mères en difficulté et la constater au cours d'un examen médical relève ni plus ni moins d'un simple et banal état des lieux après une inondation.
Le diagnostic de dépression, qu'elle soit qualifiée de majeure ou de mineure, n'apporte en lui-même aucune explication clinique quant à la nature des bouleversements observés. Considérer la dépression comme une entité clinique alors que c'est juste une conséquence d'un état d'effondrement qui a eu lieu en préalable, n'est pas émettre un diagnostic étiologique et les conduites thérapeutiques qui en découleront seront tout aussi limitées.
Certes les anti-dépresseurs prescrits pourront juguler rapidement les angoisses et l'humeur, mais seront sans effet notable sur la relation mère-enfant. Ils ne rétabliront qu'une communication logique à défaut d'une communication plus affective, mais cette relation risquera de rester longtemps vide de sens. Leurs effets secondaires ne sont pas non plus négligeables : dans certains cas, ils entraînent un effet "steel face" chez la mère, c'est-à-dire que son visage, là même où se "nourrit" le bébé sera figé. Or c'est dans le dialogue avec le visage maternel, dans le jour du visage (pour reprendre la belle expression de Chantal Chawaf que celui-ci peut essentiellement lire l'attachement qu'il génère chez sa mère et la confirmation de sa possibilité d'existence).

On fait ainsi, sous couvert d'un diagnostic de dépression du post partum, l'économie de beaucoup de réflexions et de questions qui pourtant devraient couler de source chez le thérapeute et constituer un préalable à toute véritable prise en charge.
N'oublions pas non plus, que sous ce diagnostic de dépression s'opère aussi un phénomène d'identification de l'observateur et/ou du thérapeute au bébé et à ses besoins. Il s'agit pour celui qui en est témoin de tenter de "réanimer" cette mère aux prises avec des sentiments mortifères quitte à plaquer sur celle ci un début d'explication qui rendrait compréhensible et sans doute acceptable sur un plan moral, ses défaillances vis à vis de son nouveau né.

Autre nom :

Dépression maternelle, Dépression souriante, Dépression de la maternité (Jacques Dayan).
Cette dépression particulière n'est pas toujours évidente à reconnaître et à faire reconnaître. Elle fut Longtemps minimisée par le corps médical et les femmes qui en ignoraient tout, se taisaient par honte de ne pas correspondre au standard classique de la maternité bienheureuse. La seule prise de conscience de leur problème était et l'est encore aujourd'hui, d'ordre moral : "Je suis une mauvaise mère".
La dépression du post-partum n'est d'ailleurs pas reconnue à l'heure actuelle comme une entité singulière à part des autres types de dépression. Il n'existe pas de classification internationale bien qu'elle diffère par certains aspects, des formes classiques de cette pathologie :
L'anxiété par exemple y est plus intense le soir que le matin.
Les sentiments de tristesse et d'accablement ne sont pas permanents, des moments de répits plus ou moins longs existent.
Les soins et les gestes de la vie quotidienne sont assurés la plupart du temps : cette dépression entraînant moins de perturbations dans la vie courante.
Du coup la mère peut se raccrocher à certains instants de plaisir et méconnaître son trouble ou le nier, tout comme son entourage. Sans doute la présence du bébé l'incite à ne rien laisser transparaître de son mal-être et la pousse à se dépasser sans tenir compte de ses souffrances ...

Sa fréquence : 10 à 20 % des femmes.
Sa durée : Elle s'installe peu de temps après l'accouchement et dure plusieurs mois. Sans soin adéquat (médicament associé à une thérapie spécifique mère-enfant) elle peut se chroniciser et avoir à la longue des répercussions importantes sur l'enfant*.
Certains témoignages font état de guérison subite, presque « miraculeuse »de leur dépression, évoquant un fait ou un évènement qui subitement les a rendu mères : la reprise du travail, les sourires ou babillements de leur enfant, une ressemblance physique, quelque chose dans le développement de leur bébé... qui est venu les confirmer dans leur maternité, les rassurer sur leurs compétences.
Ces revirements subits existent mais sont rares, bien souvent une dépression non prise en compte s'enkyste durablement ou peut se déplacer sur le bébé qui tombera progressivement malade ou qui deviendra l'objet du ressentiment et de la déception maternels.

* Certains bébés vont même dés les premiers jours qui suivent leur naissance, manifester des troubles somatiques et psychiques en rapport avec la difficulté maternelle émergente de leur mère.

Les caractéristiques de la dépression du post-partum* :

La maman peut présenter :
- Des plaintes somatiques récurrentes, notamment un mal de dos permanent.
- Des palpitations, bouffées de chaleur, tremblements, sensation d'oppression, d'étouffement, de vertige...
- Une impossibilité de s'endormir, de se rendormir, un sommeil fortement perturbé : cauchemars, endormissement très long, réveils fréquents...
- Une fatigue constante pouvant mener à l'épuisement.
- Une activité frénétique jusqu'à l'effondrement.
- Une irritabilité permanente.
- Un détachement, une lassitude inhabituelle.
- Des difficultés de concentration : délaisse ses centres d'intérêt habituels, plus de goût à rien, perte d'envie (alimentaire, affective, sexuelle...).
- Des pleurs fréquents ou impossibilité de pleurer même quand l'envie est forte.
- Des colères incontrôlables, sans motif précis.
- Des pertes de mémoire, des oublis importants même dans les soins du bébé.
- Une anxiété constante, des crises d'angoisses, un sentiment de panique, de danger ou de catastrophe imminente.
- Une culpabilisation omniprésente pour tout et sur tout, avec un fort sentiment de honte de ne pas être heureuse.
Et aussi - Elle n'a plus envie de sortir de chez elle ou au contraire sort beaucoup car redoute le moment où elle se retrouve seule chez elle avec son bébé.
- Elle souhaite partir, disparaître, se sent un poids pour tout le monde...
- Elle a un sentiment de temps arrêté, de temps figé, d'avenir obstrué...
- Elle ne se sent plus aimée et a le sentiment de ne plus être capable d'aimer.
- Elle ressent un pessimisme global surtout envers le bébé.

Il y a moins d'idée suicidaire dans le cas de la dépression du post partum, les passages à l'acte sont rares car freinés par le sentiment d'être encore utile pour le bébé, en revanche le sentiment de ne plus être utile doit alerter (la défenestration, l'envie de se jeter dans le vide est le passage à l'acte le plus souvent réalisé ou imaginé).

Autour du bébé, la maman peut :
- Ne ressentir aucune émotion ou paniquer devant l'intensité de ses sentiments.
- Être réticence à le prendre contre elle ou au contraire avoir des difficultés à s'en détacher corporellement.
- Avoir la peur permanente qu'il lui arrive quelque chose ...
- Peut exprimer son désarroi envers son bébé par des gestes brutaux ou au contraire cacher ses pulsions par des démonstrations d'affection excessives en public.
-Penser continuellement qu'avoir eu un enfant était une erreur, que sa mission est terminée depuis qu'elle l'a mis au monde et qu'elle est interchangeable.
- Ressentir comme une "rivalité d'existence" avec lui, l'un (elle-même) devant disparaître pour que l'autre puisse vivre.
- Connaître des pensées et fantasmes obsessionnels, des phobies d'impulsion qu'elle ne peut chasser et qui l'anéantissent : peur de faire du mal à son bébé, peur d'être incestueuse... à différencier de l'envie de faire du mal à son enfant qui elle, relève de l'urgence psychologique.


En conclusion :

La dépression est une notion pragmatique qui banalise et inscrit la difficulté maternelle dans un registre très général qui en occulte toute la singularité et complexité :
Comme nous l'avons déjà vu, il ne s'agit pas de qualifier une simple difficulté d'exister temporaire, et d'y remédier avec quelques médicaments et paroles d'encouragement, mais bien d'accompagner sur le long terme une mère dans une transition identitaire délicate et de lui permettre d'assurer la naissance psychique de son enfant.
Réduire cette difficulté à son versant dépressif comporte un corollaire non négligeable et qui peut être préjudiciable : On s'inscrit d'emblée dans une prise en charge médicale qui vise des résultats rapides et quantifiables. Il s'agit de juguler au plus vite des effets dépressifs et de rétablir des comportements maternels conformes à ce que l'on attend et exige de l'évènement Maternité : sourires, entrain, optimiste sont requis au plus vite.
En privilégiant la surface, on évite soigneusement les questions de fond : à savoir celle du bébé, de son origine et celle de la maternité humaine et de son versant psychique.
La difficulté maternelle qui n'est que l'expression de la maternité psychique « contrariée » se retrouve ainsi au centre d'une temporalité qui n'est pas la sienne mais celle de protocoles médicaux qui accordent au soin de la dépression un délais d'environ 6 mois pour la traiter.
Certes, il y a toujours du soulagement à savoir que ce que l'on vit est issu du registre médical et peut se « soigner » ou du moins se tempérer dans ses effets les plus invalidants (angoisses et troubles de l'humeur) avec des médicaments, mais la tentation est grande alors de se « déresponsabiliser » en se réfugiant derrière le diagnostic de dépression :
« Ce n'est pas moi, c'est la dépression qui génère ce que je suis, ce que j'éprouve et ce que je fais ou ne fais pas.» Alors qu'une prise en charge psychologique permettrait à la mère d'aller cicatriser ce « fond d'elle-même » qui est en souffrance.
Mais comme l'avance Jean Marie Delassus , en évoquant l'ouvrage de Marcé - qui attribuait l'origine physiologique des psychoses, au fait que l'utérus maternel suppurait - , dans le cas de la difficulté maternelle "c'est bien le coeur qui suppure et le coeur ne peut pas être malade !"
La conception et le soin psychiatrique seraient une façon de forcer le coeur, de faire entendre raison au coeur.
C'est donc faute d'accueil à la réaction singulière de la mère à sa maternité, et par soucis de "normalisation" et de "codage" que l'on parle de dépression. On clôt ainsi la parole du sujet pour aboutir à des paroles plus ou moins détachées de son vécu : la dépression devient un état anonyme où se dilue la singularité de l'individu. La réflexion et la clinique du soignant ne s'exerceront plus qu'à travers l'évolution des symptômes dépressifs ou des épisodes de décompensation. La dépression devient le point de départ du suivi thérapeutique, le mètre étalon de la thérapie alors même qu'elle ne représente que la partie immergée de l'iceberg. Peut-on dire alors que l'on passe à côté des causes réelles de la difficulté de la mère ?

« Le diagnostic de la dépression du post-partum ne devrait viser avant tout que la reconnaissance d'une difficulté relationnelle avec son enfant et d'une évidente inadéquation entre les deux. Ce trouble de l'humeur signe l'installation d'un problème maternel qui porte atteinte à l'identité de la mère et produit un mode de relation pathologique mère-enfant préjudiciable à l'émergence de la maternité psychique nécessaire à celle de la naissance psychique de l'enfant. Il est primordial que le corps médical soit formé à reconnaître la souffrance ou la pathologie maternelle, non pas tant comme pathologie psychiatrique, mais bien comme une difficulté maternelle risquant de retentir sur le bébé. » Catherine Isserlis Pédopsychiatre.

Psychose puerpérale et folie d'être mère

"Moi dans mes délires, j'ai revécu ma naissance, l'expulsion, le goulet d'étranglement qu'est la mère, la douleur et puis l'éveil des sens...Maintenant quand j'y pense je me dis que c'était le symbole de ma seconde naissance : en tant que maman. Je suis sortie encore sous médicaments. L'angoisse était encore bien présente .je me posais quantité de questions sur ce qui m'était arrivé, sur ce que je prenais, sur le développement de mon fils... Donc j'ai fait des recherches en bibliothèque et sur internet. Sur la Psychose puerpérale malheureusement je n'ai pas trouvé grand chose. C'est assez mal décrit par rapport à ce que l'on peut vivre à l'intérieur. Tout ce qui est dit c'est qu'il y a un fort risque de suicide ou d'infanticide et des trucs pour prévenir de la gravité de la chose mais pas pour expliquer comment et pourquoi ..." (anonyme)


Expression latine francisée signifiant : affection liée à l'enfant.
Dés le 4ème siècle avant notre ère, Hippocrate s'était déjà penché sur ce trouble : 3eme livre des épidémies où il relate l'histoire d'une jeune femme frappée de folie 6 jours après la naissance de jumeaux.
Les travaux d'Esquirol (1819) ont donné une interprétation humorale de la psychose puerpérale (qui serait la remontée au cerveau d'un mélange de sang et de lochies). Marcé, son élève qui s'interrogeait sur la singularité de cet épisode lui consacra un livre* en 1858, sans doute soucieux d'apporter quelques explications psychologiques aux infanticides maternels que le 19e redoutait par-dessus tout.
*"De la folie des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et des nourrices".
Depuis 1960, grâce aux travaux notamment de Racamier, la mère n'est plus en théorie séparée du bébé.
Dans la réalité faute de place, elle est encore fréquemment séparée de son enfant avec l'argument fallacieux que c'est mieux ainsi pour les deux !
De quoi s'agit-il ? :

D'une affection rare et spectaculaire, d'un chaos émotionnel sévère qui survient brutalement dans les deux semaines qui suivent l'accouchement et qui s'accompagne d'un état délirant et d'agitations extrêmes.
C'est un véritable saut dans le précipice émotionnel que la naissance d'un enfant ouvre soudainement sous les pieds d'une femme, en général sans antécédent psychiatrique.
Pour Benedix, Durhen et Racamier la psychose puerpérale est un traumatisme où la personnalité et la structure mentale de la femme souffrent de l'impact d'une maternité spectaculaire.

Fréquence : 1 à 2 cas pour mille naissances (soit plus de mille femmes par an). On avance souvent sa rareté pour "rassurer" les femmes et oublier de les en prévenir pendant la grossesse.
Évolution :favorable avec quelques rechutes et rapide avec traitement et suivi spécifique.

La psychose puerpérale se présente donc comme une déstructuration psychique plus ou moins caractérisée qui nécessite une hospitalisation d'urgence et qui devrait en toute logique et humanité nécessiter dans le même temps - ou très peu de temps après, quelques jours tout au plus, le temps que les principaux symptômes de confusion s'apaisent - une hospitalisation conjointe avec son enfant, dans le cadre d'un milieu thérapeutique très contenant.

Caractéristiques :

Les troubles diminuent en une dizaine de jours avec parfois des rechutes dans les premiers mois qui suivent.

  • Se produit principalement chez les primipares (70% des cas)
  • Impossibilité presque totale de dormir ou de se reposer
  • Pertes de mémoire importantes
  • Agitation, panique...
  • Oscillation entre état "normal" et hallucinations auditives et visuelles, aller retour entre lucidité et confusion : entend des voix, "voit" des personnes généralement des proches décédés, dialogue avec personnes décédés...
  • Excitation, abattement, allure stuporeuse
  • Confusion dans le temps et l'espace
  • Sentiments omniprésents d'incapacité, de culpabilité, de déshonneur, de déchéance, de ruine...
  • Peur d'être tuée, empoisonnée, se sent menacée, surveillée...
  • Propos incohérents centrés essentiellement sur l'enfant : celui-ci demeure le centre de ses préoccupations, peur qu'il ne meure ou qu'il lui soit enlevé, le bébé est parfois perçu comme un messie, un sauveur dont la naissance ébranlera ou sauvera le monde (délire marial).


L'évidence des caractères dépressifs de ce type de difficulté maternelle ne devrait pas conduire son "soin" à la relégation psychiatrique systématique. (Voir à la sismothérapie comme on peut encore le trouver sur certains sites d'informations médicales).
Parler de psychose est un abus de langage, c'est faire d'un épisode de vérités personnelles, une pathologie psychiatrique et préjudiciable pour l'identité maternelle.
Cet évènement est "juste" une déstructuration provisoire et le délire se présente comme une tentative de survie, une issue de secours face à un évènement qui déborde le psychisme de la mère. Mais c'est un épisode qui a le visage et la tonalité de la psychose, pas la structure (sauf antécédent psychiatrique, bien sûr). C'est un accouchement de mots hors cadre, hors codage.
Michèle Benhaim, dans son livre "La folie des mères", juge le terme comme en partie inexact et impropre :
En effet si les troubles psychiques constatés ressemblent à ceux mis en place par des gens psychotiques, cette psychose peut toucher des femmes qui n'ont jamais présenté de problèmes psychiatriques auparavant. La folie maternelle éclate donc comme "un coup de tonnerre" chez des femmes n'ayant présenté aucun signe alarmant pendant leur grossesse, même si avec le recul de l'analyse, une certaine fragilité psychique pouvait se deviner. »
Pour l'auteur, même si il y a délire et déni de leur maternité, le fait que ces femmes souffrent de leur état, qu'elles se sentent comme persécutées par leur enfant, tend à prouver que l'on se trouve en présence de "quelque chose" qui s'arrange pour revêtir l'apparence d'une psychose... « le délire rencontré dans les psychoses puerpérales me semble n'être, en somme , que l'exagération des propos que peut tenir n'importe quelle mère ... »

« À chaque naissance nouvelle, c'est un nouveau monde qui vient virtuellement à être et la déraison peut accompagner le plus conforme des projets d'enfants » Monique Bydlowsky

Le bébé : Symptôme et Témoin de Maternité

"Je m'étais perdu à moi-même, Et tu es venu me donner de mes nouvelles" André Breton (l'amour fou)


L'enfant témoin :

L'enfant est développement, il ne lance pas seul.
La maternité est liée avec le fait qu'un enfant puisse naître sur un plan psychique, qu'à la coupure du cordon ombilical qui signe l'accouchement, puisse se substituer un cordon psychique avec sa mère qui signe le début de sa naissance.

Après l'accouchement, l'enfant va devoir s'adapter au monde extérieur c'est-à-dire en quelque sorte effectuer sa "naissance psychique".
Il ne connaissait jusque là que le monde "in utero", monde premier qui l'a structuré pendant de longs mois et dont il garde une certaine mémoire et empreinte. C'est une structure d'Être particulière et dont il "s'attend" à retrouver les caractéristiques une fois né. Il ne se trouve pas écologiquement et instinctivement lié et adapté au monde extérieur, à la différence de l'animal.
Et pour pouvoir entrer dans ce monde, il faudra que ce qui l'environne, corresponde avec ce qui l'a jadis entouré, que ce qu'il découvre soit d'une manière ou d'une autre la manifestation et la révélation de ce qui avait été ressenti avant de naître. Il lui faudra un « sas » pour assurer cette transition natale, un correspondant natal dont la mère est le meilleur représentant possible.
C'est elle qui va être ce lien natalisant, ce relais essentiel de naissance psychique et cette fonction va bien au-delà des notions d'élevage et d'affection que l'on doit au bébé.

La naissance psychique de l'enfant s'élabore dés les premières minutes, les premiers jours, les premières semaines de sa vie: il naît progressivement de l'échange des regards*, de la présence, de la voix, du toucher, du corps à corps et de l'odeur maternels, de toutes ces choses imprégnées de l'état d'esprit de la mère, tour à tour tranquille, agitée, présente, absente...
Peu importe au fond, c'est le désir et l'intention maternels qui soutiennent et confirment sa possibilité de vie. Du plus profond d'elle-même, sans même en prendre conscience lorsque tout va bien, la mère offre ses yeux, son visage, son coeur...
C'est le langage du don non limité par les mots ou les attitudes, qui ne réside pas dans le faire ou l'avoir, mais dans l'être et l'intention.
La naissance psychique de l'enfant signe aussi celle de sa mère : dans le retour qu'elle en a (éveil, regards et sourires du bébé) elle se sent confirmée dans son identité maternelle et rassurée dans sa capacité à faire vivre cet enfant.

* Le premier regard (le proto regard) échangé juste après la naissance peut être une chance pour la mère et pour l'enfant de démarrer sur de bonnes bases.


Comme nous l'avions précédemment mentionné, la difficulté maternelle ne se révèle pas toujours à travers les troubles dépressifs de la mère. Les signes d'appel viennent parfois du bébé et de ses troubles du comportement ou de santé.
Pris dans l'anxiété maternelle, l'enfant peut ne pas être totalement né à lui-même, et être en panne ou en difficulté* dans sa naissance psychique. En se penchant sur ses troubles, on peut mettre à jour une souffrance profonde de la mère jusque là insoupçonnée. Le diagnostic de difficulté maternelle passe alors par celui de la difficulté natale du bébé.

* S'il y a trop ou trop peu de sollicitations maternelles, lorsque la mère demande de la maternité à son enfant ou est en grande attente d'une confirmation de ces capacités maternelle, lorsque le bébé est sommé de naître psychiquement dans les plus brefs délais, d'être très vite compétent, d'être un bon bébé... C'est une mère qui lui demande de la rassurer, ou de lui indiquer les voies de sa maternité, c'est le regard médical et celui de l'enfant qui doivent alors venir valider sa maternité faute de la ressentir au plus profond d'elle-même et c'est en fait une inversion du processus de Maternité.


L'observation précoce* du nouveau né ou plutôt du « naissant » va témoigner de la maternité inconsciente de sa mère et de sa mise en place qu'elle soit immédiate, différée, partielle ou par intermittence.

* Surnommé "le petit clinicien" par l'unité de Maternologie, qui désormais s'appuie davantage sur son observation, notamment lors de l'allaitement (sein ou biberon), pour émettre un diagnostic que sur celle de sa mère.


L'enfant symptôme :

Aveugle à sa difficulté, la mère consultera pour son enfant, soit pour des problèmes récurrents de maternage, soit pour des troubles physiques ou psychiques de l'enfant. Ces affections infantiles à répétition, quelques fois incompréhensibles pour le monde médical, permettront dans les soins fréquents qu'elles requièrent, de masquer à tous et en premier à celle qui le vit, les difficultés d'attachement qui en sont à l'origine. En s'absorbant dans une fonction de soignante ou d'infirmière rien ne viendra trahir la souffrance maternelle cachée et souvent inconsciente. Le temps de la médication ou des soins à prodiguer vient combler le temps vide de la maternité, à défaut de repères intérieurs, il y a des repères médicaux.
Cette dérobade permanente devant la réalité vertigineuse de son bébé est connue et reconnue par l'unité de Maternologie sous la désignation de SPEM : Syndrome pédiatrique d'évitement maternel.
Le SPEM repose sur une double substitution :
La difficulté de l'enfant se substitue à celle de sa mère et la compétence soignante maternelle affichée à celle de la compétence maternelle.
Une relation pathogène entre la mère et l'enfant s'installe, au fil des consultations médicales, relation qui sera renforcée par les avis médicaux successifs où les problèmes de santé de l'un consécutifs à la difficulté maternelle de l'autre deviennent "nécessaires" à la première pour ne rien dévoiler de sa problématique maternelle. (Laquelle reste ne l'oublions pas, presque totalement inconsciente et inimaginable pour la mère).
Devoir assurer au jour le jour la santé du bébé renforcera les systèmes de défense et d'évitement de la mère.
Là où la difficulté maternelle éloignait dans un premier temps le bébé de sa mère, le SPEM va les rapprocher mais il n'est pas sûr qu'il bénéficiera d'une réelle maternité nécessaire à sa naissance psychique.
La maladie ou les problèmes de l'enfant seront les seuls garants de cette identité maternelle enfin constituée. On peut presque alors parler de « fausse identité maternelle », puisqu'elle a du se construire sur un leurre.
Cette organisation méticuleuse, orchestrée par les prescriptions médicales sans cesse renouvelées aura un effet supplémentaire : elle permettra à la mère de pouvoir enfin se plaindre et de lui fournir un registre "légal" pour évacuer son angoisse : parce que son bébé sera ou paraîtra malade, elle pourra s'effondrer sans honte et sans déshonneur. La dépression deviendra « acceptable » car reposant sur des préoccupations "maternelles" légitimes : la santé de l'enfant.

Relever ce type de difficulté maternelle n'a bien évidemment pas pour but de stigmatiser et dévaloriser celles qui se réfugient ainsi derrière les soins de santé à donner à leur bébé, ni même de leur reprocher de saisir cette voie (perche ?) pédiatrique pour avoir accès à leur enfant.
Comme nous l'avons vu précédemment, le Devenir mère est souvent aléatoire et il faut parfois emprunter des chemins détournés pour y parvenir.


C'est le rôle du médecin et des services pédiatriques d'être vigilants à ce sujet et de garder à l'esprit dans un souci de prévention de mal-naissance" de l'enfant, qu'ils sont non seulement en présence d'un bébé malade (car les problèmes de santé sont bien souvent réels et nécessitent d'être pris en compte), mais également en présence d'une mère et de ses possibilités maternelles qui se donnent à voir et à entendre au cours de cette consultation.
"Un bébé sans sa mère ça n'existe pas !" nous rappelait déjà Winnicott, voulant ainsi spécifier que l'observation du nourrisson demeure inséparable de l'environnement dans lequel il se développe.

Les appels du bébé* :

* (Ou pouvant être compris comme tels)

Doivent se repérer au plus tôt et être traités très vite en raison de la plasticité cérébrale du bébé (neuf premiers mois) et des dispositions affectives maternelles encore toutes vibrantes d'attente et d'espoir, et avant qu'elles ne se replient dans la dépréciation et le ressentiment. Certains peuvent passer inaperçus tant ils s'installent à bas bruit sous une apparence anodine.
Les signes de vulnérabilité somatique qui traduisent une difficulté de naître doivent être reconnus comme tels, et leur rattachement à une possible défaillance maternelle, ne doit pas empêcher en parallèle les investigations médicales et les soins physiologiques.

On peut remarquer :

  • Des troubles précoces du sommeil, avant même l'installation de son propre rythme de vie (sommeil / éveil).
  • Des bronchiolites à répétition.
  • Des régurgitations fréquentes et importantes.
  • Des pleurs incessants, difficiles à apaiser, des spasmes du sanglot.
  • Une prise de poids insuffisante, courbe de croissance faible.
  • Des affections dermatologiques.
  • Des malaises vagaux trés brefs dont la cause restera inconnue, où bébé semble perdre connaissance et où son visage bleuit...
  • Un bébé comme absent, faisant peu de bruit, qui se comporte comme s'il régressait et avait enclenché une marche arrière dans sa naissance.
  • Un bébé hypotonique.
  • Un bébé ayant des difficultés à se nourrir, à prendre le sein ou le biberon, une prise d'alimentation lente ou rapide comme s'il devait se remplir très vite pour se rassurer.
  • Un bébé trop sage, qui s'adapte au rythme et à l'humeur de la maman, qui se protège dans le sommeil, qui se montre sérieux quand elle est sombre, et enjoué quand la mère l'est (début d'un faux self), un bébé qui va aller en s'épuisant à porter ainsi la déprime maternelle.
  • Autres signes mis en évidence sur les vidéos cliniques de la Maternologie :
  • Un bébé ne cherchant pas ou n'accrochant pas le regard* de sa mère notamment lors du temps consacré à l'allaitement : il "préfèrera" par exemple fermer les yeux comme absorbé en lui-même. Tous les regards échangés entre eux deux ne traduisent pas systématiquement la mise en route de la relation du don : certains bébés sont comme réquisitionnés par le visage de leur mère, dés le début de leur allaitement, comme s'ils étaient appelés à la rassurer sur ses capacités maternelles. Ils sont du début jusqu'à la fin de leur allaitement comme chevillés au visage de leur mère alors qu'ils devraient être au fur et à mesure de leur nourrissage, dans l'absorption, la communication avec la mère, la détente et enfin la rêverie.
  • Il y a des allaitements qui relèvent davantage de la confrontation ou de l'affrontement que de la rencontre .Ce sont des allaitements où la relation de Don ne s'installe pas, où la présence fluide, attentive et constante de la maman auprès du bébé fait défaut : celle-ci étant trop tendue, comme aspirée dans une souffrance intérieure. Certains bébés semblent se couvrir perpétuellement le visage de leurs mains lorsqu'ils boivent, comme pour se protéger de trop d'intensité.
  • La deuxième main de la maman qui ne porte pas ou insuffisamment l'enfant pendant l'allaitement, qui ne l'empaume pas, qui semble gire à coté.
  • Un bébé sans tonus, comme "mou", en position foetale dans le berceau comme s'il était toujours dans le ventre de sa mère, un bébé comme en retrait, qui semble déchoir ou s'effondrer pendant l'allaitement.
  • Un bébé comme hostile au monde ; qui s'oppose ou se raidit au contact de sa mère sorte de raideur corporelle, semble manifester comme un comportement d'opposition ou de rejet pendant l'allaitement.
  • Notion de "bébé aux besoins intenses" dont on retrouve des descriptions sur certains sites Internet, et qui invitent la mère a toujours plus d'investissement dans l'action et le maternage. Il faut se demander dans quelle mesure ces "besoins intenses" ne sont pas en fait dans certains cas, des demandes réitérées de naissance psychique, face à une difficulté maternelle qui s'ignore et qui va aller en se creusant davantage, faute d'être prise en considération et à se disperser ainsi dans les soins et actions de maternage. Il importe de rester vigilant afin de ne pas plaquer des "catégories" sur ce qui pourrait être en fait une difficulté maternelle.

* Il est accordé une importance toute particulière aux "levers de yeux" du bébé sur sa mère et la Maternologie recommande aux services de maternité de bien s'assurer avant de renvoyer la maman chez elle que les premiers regards de son nouveau-né aient été pour elle.


Nous espérons que ce passage vous permettra de vous sensibiliser à une autre face de la difficulté maternelle, qui n'est pas (et nous le soulignons) volontairement et sciemment induite par la mère mais la conséquence d'un état maternel aléatoire impossible à rendre compte ouvertement.
Il y a donc urgence à ce qu'un diagnostic rigoureux (maternologique ou similaire), vienne confirmer (ou infirmer) que ces problèmes de santé sont l'expression détournée d'une souffrance maternelle cachée.

La difficulté maternelle peut suspendre ou entraver la naissance psychique d'un enfant mais on peut tout à fait donner les moyens de sa naissance en soutenant la maternité de sa mère

« Le sens de la naissance humaine est de pouvoir être au monde, l'être que l'on a été avant d'être au monde » Jean Marie Delassus

Pourquoi de tels moments ?

L'accès à la maternité relève aujourd'hui de décisions individuelles ou de couple, à la fois volontaires et facultatives. A ce titre, la maternité inaugure donc des difficultés qui étaient jusque là imprévisibles si ce n'est inconcevables : comme celle par exemple de ne pas pouvoir être au rendez-vous de son enfant, malgré le désir et l'attente que l'on en avait.
Déprime, manque d'élan, ou démission viendront contrecarrer les projets d'enfant les plus élaborés ou "entacher" les naissances les plus attendues. La difficulté maternelle sera alors vécue non pas comme un bouleversement possible et légitime eu égard à la dimension incroyable de ce que l'on vit, mais comme la sanction méritée d'un manquement à ses responsabilités.
Nombreuses sont les femmes qui abordent la maternité comme une possibilité de confirmation de leur propre identité, ou comme un moyen de réparer certaines failles de leur enfance. Ces attentes relativement nouvelles « suggérées » en partie par la maîtrise « presque » totale de la contraception et celle plus partielle de la fécondité semblent majorer les risques de déception et d'effondrement ou du moins rendre leurs éprouvés plus sensibles. Les questionnements, les bouleversements qu'on ne peut maîtriser ou les souffrances psychiques qui peuvent survenir sont devenues, sinon inacceptables du moins insupportables à vivre et devant être écartés à tout prix (à n'importe quel prix ?). La volonté d'avoir un enfant se superpose et se confond désormais avec le désir d'enfant. Comme le dit Jean-Marie Delassus : "aujourd'hui, ce n'est plus un enfant quand je veux ou si je le veux, mais parce que je le veux !"

Aussi, si la nosographie traditionnelle appliquée aux troubles de maternité (dérèglement hormonal et dépression du post partum) peut dans un premier temps nous soulager et nous dispenser d'aller plus loin, elle ne fait que retarder la mise à jour de leur signification. Arrive le moment où on ne peut plus faire l'économie délibérée de réflexions sur ce problème de fond et sur la nature de la maternité en cours.
Les pourquoi lancinants : « pourquoi moi ? Pourquoi avec cet enfant là ?» ne manqueront pas de surgir, rappelant que la maternité est aussi un processus psychique aux multiples ramifications qui peut s'enrayer et sur lequel la volonté ou le désir d'enfant (consciemment) n'a que peu ou pas de prise.
Répondre à ces questions, tenter de le faire et de rejoindre l'épicentre de ces effondrements fait partie du processus de reconstruction. C'est la colonne vertébrale de la thérapie, même si cette quête ne doit pas devenir obsessionnelle. Plusieurs mois ou années sont parfois nécessaires pour mettre à jour les différentes strates de ces difficultés, difficultés allant bien souvent au-delà de son histoire personnelle et tapant parfois au coin d'une problématique conjugale et/ou familiale préexistante.
Jusqu'à présent la recherche de l'étiologie de ces évènements s'est davantage faite dans un but prédictif qu'avec le souci de comprendre ce qui s'observait. Ces études pour le moins hasardeuses et risquées ont souvent été entreprises dans le dessein d'élaborer des diagnostics anténataux de risque de dépression du post partum et de "profiler" les futures mères à risque, confortées dans leur perspective* par la peur de l'infanticide ou de la maltraitance**.

* Les auto-questionnaires destinés à mettre en évidence les risques de difficulté maternelle laissaient planer sur celles qui y répondaient des doutes douloureux quant à leur avenir maternel. Ce qui revenait à inquiéter / fragiliser ces futures mères au nom d'une hypothétique et légitime prévention.

** Aucune étude ne s'est véritablement attachée à faire le lien entre maltraitance infantile et difficulté maternelle, selon Jean Marie Delassus, environ 12 % des difficultés maternelles pourraient être à l'origine de maltraitance sur l'enfant dans sa première année (Le sens de la maternité page 186-187)


Ne serait-il pas préférable de mieux comprendre ce qui se passe plutôt que de s'attacher systématiquement à vouloir prévoir ou guérir au plus vite ? Certes, vouloir éviter ou apaiser au plus vite des souffrances ou des relations pathogènes entre la mère et l'enfant est louable.
Mais derrière cet empressement collectif à vouloir tout mettre en oeuvre pour que la difficulté maternelle ne puisse émerger, n'y aurait-il pas aussi le souci de vouloir se protéger de ces manifestations ? Y aurait-il dans les souffrances exprimées quelque chose de déstabilisant et de dérangeant pour l'ordre établi ? Les mères en difficulté maternelle poseraient-elles suffisamment problème pour qu'il faille y remédier au plus vite ?
En voulant rétablir au plus vite la « bonne santé » et les comportements que l'on attend d'une mère vis-à-vis de son nouveau né, ne va t-on pas quelque part la priver (ou la dissuader) de la possibilité de comprendre et de donner sens à ce qu'elle vit : éléments qui lui seront ensuite indispensables pour « raccrocher les wagons » après un tel tremblement de mère ?
Y a-t-il urgence à ce qu'elle retrouve le sourire ou que ses larmes ou son apathie cessent, quand on sait combien l'apparence du bonheur peut être une feinte, une manière de donner le change, de rassurer l'autre afin de lire dans son regard le soulagement ou la conviction que cela va mieux et que l'on peut désormais passer à autre chose ?
Il conviendrait alors de réfléchir aux modes d'interventions auprès des mères et de leurs bébés y compris dans l'urgence d'une décompensation psychique *...

* Où hospitalisation psychiatrique, séparation d'avec le bébé (pour son bien) sont toujours préconisées.


La recherche autour des facteurs prédisposant à la difficulté maternelle et de sa possible prévention en prénatal n'a jusqu'à présent abouti à rien de probant : 78% d'erreurs dans la prévision prénatale *.

* Les 21,5 % restant englobant des causes diverses et relevant d'avantage de coïncidences que de la mise en perspective d'un facteur étiologique fiable et universel.


Les repérages précoces (avant la naissance) des "défaillances" maternelles sont limités dans leur efficacité car ils sont cloisonnés à une connaissance des facteurs de risques de la dépression et ne prennent pas en compte la nature même de la maternité psychique ainsi que les différents stades de sa construction. Ces facteurs qui ne s'appuient que sur le négatif des situations parentales (ce qui leur fait défaut) ne peuvent constituer le socle d'une prédiction fiable de la difficulté maternelle, pas plus qu'il ne peuvent élaborer une conduite thérapeutique préventive en prénatal. Là encore, le fait de vouloir "prédire" une éventuelle difficulté postnatale, trés tôt en prénatal, relève de l'impossibilité collective et individuelle d'accueillir l'imprévisible de la maternité psychique et de ses effets.
« Aucun facteur en soi quel qu'il soit n'est prédictif en prénatal sauf s'il provoque une atteinte sévère de l'identité de la future mère » Jean-Marie Delassus.
C'est l'accouchement, la rencontre concrète avec le bébé et la mise en route du caractère transférentiel de la maternité psychique qui rendront compte de la véritable nature de chaque maternité.
La prévention ou plutôt "l'esprit de prévention" dans le prénatal doit donc d'avantage passer par l'information (y compris des risques de difficulté maternelle), l'écoute, l'accompagnement et le soutien (si besoin) du vécu de la grossesse et par le souci de privilégier dès l'accouchement la reconnaissance de préalables à l'effondrement maternel, plutôt que de passer par des tentatives de prédiction de ce qui se passera ensuite entre la mère et l'enfant ou par la mise en place de thérapies allant dans ce sens.
Dans la recherche de l'étiologie possible d'une défaillance maternelle, il faut se garder de faire une lecture systématiquement causaliste de ce qui s'observe (une cause en masquant une autre).
C'est l'accumulation ou l'association de plusieurs facteurs, dont tous ne sont pas appréhendables avant la naissance, qui entraîne un risque plus conséquent.

Les facteurs d'effondrement :

Dans le cadre de la difficulté maternelle existent et coexistent deux types de difficulté : des difficultés maternelles dites primaires (c'est-à-dire liées à la structure psychique de la maternité et ses différents stades ou étapes - Maternogenèse ou Maternalité -), et des difficultés maternelles dites secondaire (liées aux évènements extérieurs qui poussent la mère à abandonner, à désinvestir sa maternité).
Les facteurs qui n'entrent pas en ligne de compte (toutes études confondues) : les facteurs économiques et sociaux, sauf s'ils engendrent un stress permanent ou une atteinte à l'identité pour la maman, l'âge et le nombre d'enfants.

Les facteurs couramment évoqués ou pouvant prêter à questionnement :

- Rôle des hormones : Facteur incontournable dans l'évocation des causes probables, tant est profondément ancrée la certitude que la maternité a une base purement biologique et que la femme dispose d'un fond naturel pour devenir mère.
Même si la relation est complexe entre affects et biologie et que la grossesse et l'accouchement sont l'occasion de modifications hormonales conséquentes, on reste encore à l'heure actuelle de nos connaissances, au stade des hypothèses à ce sujet. Seule une association (mais sans en préciser la nature) entre dépression du post partum et dérèglement thyroïdien a été retrouvée (mais dans seulement 3% des cas d'hypothyroïdie), Jacques Dayan : "Psychopathologie de la périnatalité".
Il est cependant possible qu'un interventionnisme médical trop poussé favorise l'arrêt d'une hormone naturellement secrétée pendant l'accouchement (l'ocytocine), et de ce fait crée des conditions d'accueil du nouveau-né bien plus difficiles.**

* Michel Odent (« L'amour scientifié »).


Facteur gynécologique : Pas de corrélation entre antécédents de règles douloureuses et dépression du post partum.

L'absence de préparation à l'accouchement et de soutien pendant la grossesse et dans le post partum : peuvent altérer l'estime de soi. La mère doit désormais s'appuyer sur le nouveau né pour se sentir mère et beaucoup moins sur le groupe social.

Conscience aiguë de ses responsabilités : sentiment de ne plus jamais être seule ni autonome, sentiment écrasant de responsabilités, accentué par l'apparente fragilité et dépendance de l'enfant et par l'idéalisation dans nos sociétés et culture de la fonction maternelle.

Échographie et effets iatrogènes dans le vécu de la grossesse : Certes au niveau sécurité ou préparation psychologique à la venue et réalité de son enfant, l'échographie peut apparaître comme une avancée notable.
Cependant l'échogriffe (Pascale Rosenfelter) ou L'Interruption Volontaire de Fantasmes (Michel Soulé) n'est pas anodine : Elle déplace les angoisses en les reportant dés la période de grossesse (crainte de découvrir une malformation ou un retard de croissance), et les paroles prononcées lors d'une consultation échographique peuvent venir fixer des craintes jusque là imaginaires. Pour Claude Émile Tourné (gynécologue), l'usage de l'échographie nécessite de multiples précautions verbales et ne doit pas être l'occasion pour le soignant de manifester ses angoisses : les risques d'anomalie foetale qu'il peut évoquer au cours d'un examen risquent de mettre entre parenthèses la gestation psychique de l'enfant, gestation qui pourra ne reprendre que partiellement ou difficilement, une fois le risque écarté. « On pourrait parler du pas suspendu de la cigogne » Francine Dauphin. Alors que la grossesse échappait jusque là à la relation d'objet, l'échographie introduit cette notion. Quelle que soit sa précision technique, en donnant à voir un enfant en développement, l'échographie risque de se substituer à l'imagination et aux fantasmes maternels, de les contredire ou démentir ... On peut donc s'interroger sur le bien-fondé de l'imagerie 3D, dans le domaine de l'interruption de fantasmes !

La panacée de la péridurale : si les risques physiologiques ne sont ni inexistants ni anodins (la barrière foetale est une illusion à ce niveau), on peut également se demander ce qu'il en est sur un plan psychique : dans le récit des mères qui sont en difficulté relationnelle avec leur enfant, beaucoup se plaignent de n'avoir rien ressenti sur un plan physique lors de l'accouchement, elles se sont senties comme flouées de sensations physiques qui leur auraient été nécessaires pour se sentir mère.
Pour Monique Bydlowski, la douleur physique peut être un moyen de faire savoir à la mère "de l'intérieur" que l'enfant ce n'est pas elle, de reconnaître son altérité en ayant senti son passage dans le corps. Sans douleur, sans éprouvé physique l'accouchement risque d'être marqué d'une certaine irréalité et étrangeté. Francine Dauphin (sage femme) pose la question d'une forme d'utilité de la douleur physique de l'accouchement : avec le silence des corps, ce sont tous les affects qui sont aussi mis au silence, tus et ensevelis. Traiter systématiquement la douleur par l'anesthésie* reviendrait donc selon elle à se tromper de cible, puisque plus personne ne peut entendre la psyché s'exprimer : la souffrance du passage de l'état de femme à l'état de mère a été ainsi muselée. Comme pour la césarienne, ces enfants qui ont été fortement voulus et/ou désirés, se font « par la tête alors que l'accouchement se fait et se vit dans le corporel. Le sentiment de maternité se fait et se vit lui aussi dans le vécu et le ressenti de l'accouchement. Dans le « je ne me sens pas mère » on peut y entendre comme la déflagration du « je n'ai rien ressenti à mon accouchement ».

* Là encore, si la femme était à chaque fois accompagnée et non livrée à elle-même, où seule avec son compagnon, tout aussi démuni et vulnérabilisé par la situation qu'elle, pendant la dilatation, elle pourrait gérer autrement sa douleur, de manière plus active et intuitive sans doute, sans être couchée sur le dos, position douloureuse s'il en est.


Relation avec le sexe de l'enfant : uniquement de manière individuelle. Pour certaines, il sera plus difficile de s'imaginer ou de devenir mère d'une fille ou d'un garçon. Le positionnement pourra être malaisé, selon la place ou la valeur qui leur aura été attribuée autrefois en tant que fille ou soeur...
« Chez certaines femmes elles-mêmes, les identités maternelle et féminine ne sont pas superposables, il leur faut alors l'expérience de donner la vie à une fille pour se sentir femmes. Dans le constat déçu du sexe de l'enfant peut s'exprimer la différence entre identité féminine et identité maternelle.... » Monique Bydlowski

Incidence du déroulement de l'accouchement : Si l'accouchement s'est révélé difficile techniquement ou humainement, si la femme s'est sentie mal jugée ou peu respectée par l'équipe soignante, la rencontre avec son bébé peut ne pas avoir eu lieu ou se trouver parasitée. Il peut y avoir un décalage entre le compte rendu médical et le vécu de l'accouchement de la mère, qui aura eu le sentiment d'être dépossédée de tout ressenti corporel et de son libre arbitre...
Un accouchement « raté » ou « décevant » peut dés les premières minutes comme se « rattraper» par le premier regard échangé avec le bébé, si l'équipe médicale évidemment donne cette possibilité à la maman avant d'emmener le bébé pour lui donner les premiers soins ou avant de le mettre directement en peau à peau.

L'allaitement maternel ou artificiel : le choix de l'allaitement étant souvent sans relation de cause à effet en lui-même, on peut y puiser autant de courage et de valorisation que de découragement et de défaillance. En revanche, toute forme d'allaitement qui n'aura pas été soutenue ou qui aura été jugée ou dépréciée pourra avoir des conséquences sur la relation mère enfant, de même que la perspective du sevrage et de la reprise de travail (deux mois après l'accouchement pour un premier enfant) pourra précipiter un effondrement.

Antécédents de fausse-couche ou deuils* périnatals : deux situations pathogènes, la fausse-couche est souvent banalisée en raison de sa fréquence et de son caractère souvent eugénique. Il y a alors un sentiment de culpabilité par rapport à l'enfant non né (d'où l'importance d'aider là aussi la femme à faire le deuil) ; en cas de deuil périnatal, l'inconscient ne peut se résoudre à devoir choisir entre l'enfant décédé et celui à venir ou à naître.

* Notion de deuil (Catherine Garnier Petit) : processus mental qui consiste à accepter progressivement la perte définitive d'une personne, d'un objet, d'un état ou d'une situation. Processus qui nécessite du temps et de l'énergie qui supprime non pas le souvenir mais la souffrance qui y est attachée.


L'attente d'un enfant avive la mémoire de l'origine et amène des questionnement multiples : De quel désir suis-je né ? Puis-je être mère après avoir été portée par cette mère là ? Donnerai-je une place au père de mon enfant alors que mon père ne m'en a pas donnée ... »
On retrouve et revit à travers la présence charnelle de l'enfant les alternances de présences et d'absences maternelles qui ont été les nôtres bébé.
La maternité est l'occasion de réveil d'expériences douloureuses d'abandons chez la mère, d'autant plus difficiles à vivre qu'ils ne se présentent que rarement de façon consciente, mais plutôt sous forme d'angoisses, d'anxiété et parfois de rêves confus.

Facteurs parentaux, familiaux et conjugaux :
En mettant au monde un enfant, la mère revit les moments conflictuels de sa petite enfance, et notamment ses propres difficultés d'attachement à ses parents : attachement profond ou complexe, mais toujours inconscient. Donner naissance à un enfant, lui donner vie et s'y attacher peut être alors ressenti aussi comme une possible trahison vis-à-vis de ses parents, comme une façon de les rapprocher de la mort. L'engagement que requiert un enfant ne peut coexister avec ce genre d'attachement au parent ou au prix de grands déchirements, d'un véritable écartèlement de soi et de sentiments profonds de culpabilité.

Paramètre maternel (relation avec sa mère, notamment pendant la toute petite enfance) : peut handicaper le processus psychique du devenir mère : Si ce paramètre est ou a été pesant, sombre, fusionnel, ou confusionnel. Sentiment alors qu'on ne sera jamais à la hauteur de sa propre mère... Souffrances à cause d'un défaut ou d'un manque d'identification à une image maternelle positive.*

* Les femmes amatrides de François Perrier, femmes ayant été privées de références maternelles suffisamment bonnes.


Paramètre paternel (relation avec le père enfant, notamment pendant la toute petite enfance) : Si le père a été absent, omniprésent, omnipotent, s'il a sollicité trop tôt et de manière exclusive les compétences maternelles de sa fille, tout en déniant les lui reconnaître (stade de la confirmation par le père dans la Maternogenèse).

Paramètre familial : La confusion des places dans une famille est source de malaises et de dysfonctionnements (l'incestuel de Racamier). Lorsque les barrières entres les différentes générations ne sont pas clairement mises en place, lorsque le banal et le sexuel ne sont pas différenciés, là « où souffle le vent de l'inceste sans inceste... ».

Clauses du "contrat de naissance" de la mère (à sa propre naissance) ou de celle de l'enfant à venir : c'est-à-dire le ou les projets inconscients dont l'enfant ou la mère elle-même est/était porteur/porteuse d'avance à l'insu de tous, lorsqu'il ou elle est/était investi(e) lui aussi comme étant "réparateur" de ses propres parents, ce qui n'est ni sa place, ni son rôle.
Ce contrat de naissance pouvant aller jusqu'à l'interdiction d'accès à sa maternité pour la mère ou future mère dans le cas d'une prise de décision d'accoucher sous X.

Problèmes de couple : l'arrivée de l'enfant est un bouleversement qui peut mettre à jour tous les dysfonctionnement conjugaux ; autorité étouffante mais sous jacente du mari qui se révèle lors de la naissance de l'enfant, concurrence de maternité (dévalorisation systématique de la mère et de ses actions). Ici, la revendication maternelle du père peut être d'autant plus forte que la grossesse et l'accouchement l'auront confronté à l'impossible de son anatomie, à ce à quoi il aurait du renoncer étant enfant déjà. C'est ainsi que l'on voit des pères "voler" la maternité de leur compagne, sans le savoir. Il existe aussi un effondrement du père, lui aussi en difficulté de par son histoire personnelle, et il lui sera alors impossible d'être contenant et/ou bienveillant vis-à-vis de la mère de son enfant.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Les signes de l'effondrement Sun, 18 Aug 2013 12:31:53 +0000
Les unités mère-enfant http://www.maman-blues.fr/que-faire/les-unites-mere-enfant.html http://www.maman-blues.fr/que-faire/les-unites-mere-enfant.html

Les unités mère-enfant (UME) constituent dans le cadre du soin et de l'accompagnement des difficultés maternelles, l'un des moyens thérapeutiques les plus adéquats.
Leur structure hospitalière offre tout à la fois un cadre protecteur et valorisant mais surtout contenant et continu (Jacques Dayan), qui permet de recueillir tout effondrement maternel et même de favoriser sa survenue, afin que les possibilités du transfert maternel puisse se mettre en place.
Hélas leur qualité thérapeutique compensent insuffisamment leur déficit en nombre : à peine une soixantaine de lits répartis sur une dizaine de lieux différents.

Si elles diffèrent quelque peu, les unes des autres, dans la conduite des soins qu'elles proposent, et dans leur manière de concevoir les troubles du post-partum et de la maternité, elles poursuivent néanmoins un même but : celui de permettre à une mère - en aménageant un lieu et un espace-temps protégés - de lâcher prise, de s'effondrer en quelque sorte pour se retrouver soi-même.
Le Soi étant ce lieu psychique d'où montera l'élan émotionnel indispensable qui assurera à la fois l'émergence de la maternité et la naissance psychique de l'enfant.

S'il ne nous appartient pas ici d'entrer dans des divergences et des querelles de clinique - qui, si elles existent, n'ont pas eu jusqu'à présent et à notre connaissance, de répercussions sur l'accueil et la prise en charge des mères et de leurs bébés, nous regrettons cependant le manque de fédération et de concertation entre ces différents professionnels. Fédération et concertation qui pourraient peut-être obtenir du Ministère de la santé (entre autres) d'avantage d'unités mère-enfant en France et en Belgique et/ou de moyens humains et financiers dans ce domaine de santé publique.

 

La maternologie

(aller sur leur site Internet)

Définition Robert (2001) : Maternologie

  • n.f - 1987
  • du rad de maternité et - logie
  • Démarche thérapeutique qui s'attache à la dimension psychique de la maternité et qui prend en compte les difficultés de la relation mère-enfant.

Qu'est-ce que cela signifie en "clair" ?

"La Maternologie est une science neuve qui a pour objet les phénomènes les plus anciens de l'humanité ; et non seulement les plus anciens mais ceux qui constituent l'homme." Jean-Marie Delassus (cahier de Maternologie numéro 25 - page 9).
La Maternologie se donne pour but de répondre aux souffrances de la difficulté maternelle et aux difficultés de naissance psychique des nouveaux-nés.
Cette spécialité s'attache à la dimension psychique de la maternité et à ses fondements : il s'agit d'obstétrique mentale.
C'est également une psycho-néonatologie qui veille à la possibilité de naissance psychique du nourrisson, naissance pouvant être compromise ou fragilisée par l'impossibilité pour sa mère de répondre à ses besoins tant physiques que psychiques.
A ce titre, elle différencie clairement le temps de l'accouchement de celui de la naissance de l'enfant.

C'est aussi une unité d'accueil mère-enfant située dans les Yvelines à Saint Cyr-l'Ecole*, où les femmes qui ne parviennent pas à se sentir pleinement mères avec leur bébé peuvent être prises en charge dans le cadre d'une hospitalisation conjointe, ou encore dans e cadre de rendez- vous réguliers.
* Il existe une autre unité en Belgique : hôpital Caesar de Paepe à Bruxelles.

Historique

Dés 1970, les professionnels de la future Maternologie, soucieux de prévenir au plus tôt les troubles du développement chez l'enfant, eurent l'idée de prendre en compte la maternité et les relations précoces entre la mère et son bébé. En effet, ils recevaient souvent les enfants (en CMP) alors qu'il était déjà très tard. Ils envisagèrent alors la nécessité d'ouvrir un lieu qui tiendrait compte de la souffrance des mères, et qui légitimerait sa singularité, sans qu'elle soit réduite ou évacuée par la nosographie psychiatrique, pressentant déjà que les problématiques de la maternité (mais aussi de la paternité et de la naissance) produisaient leurs propres signes cliniques et qu'ils ne pouvait travailler en appliquant dessus des signes cliniques issus de la psychiatrie.

  • À l'instar du précurseur Louis Victor Marcé, la psychiatrie s'était jusqu'à présent surtout préoccupée du côté « maladies ou troubles mentaux» de la maternité. Les anomalies mentales maternelles étaient alors réduites aux seules expressions de : dépression du post-partum et psychose puerpérale.
  • 1984 : rédaction d'un projet de création d'une unité de soin pour problèmes liés à la maternité.
  • Novembre 1984 : projet présenté - accueil favorable.
  • Novembre 1985 : travaux de mise en place.
  • Le 7 février 1987 : ouverture de l'unité à Saint-Cyr l'Ecole, par le pédopsychiatre Jean-Marie Delassus. Cette unité est devenue ensuite un service spécialisé de Maternologie (1999).
  • 1993 : première revue semestrielle des cahiers de Maternologie et Prix de l'action innovante attribué par la Fondation pour l'Enfance.
  • 1995 : 1er prix de la communication hospitalière (relation mère-enfant), attribué par le ministère de la santé.
  • Début 1990 : un recul se fait jour dans le travail clinique, notamment par l'apport des données vidéo : des liens et recoupements se font entre les différentes situations maternelles observées et une première nosographie spécifique aux troubles de la maternité voit le jour. Cette nosographie, basée sur le repérage de l'invariant dans le variant, prend en considération aussi bien l'histoire que les comportements de la patiente vis-à-vis de son bébé. C'est un véritable outil de repérage et de pensées pour rejoindre la mère dans sa souffrance, et non une énième classification rigide et étanche.
  • 1996 : création du laboratoire de recherches en Maternologie.
  • 05 Mai 1999 : Un site Internet est créé par Jean-Marie Delassus et Barbara French (psychologue).
  • 2001 : le mot Maternologie entre dans le grand Robert de la langue française.
  • 2003 : mise en place du premier certificat de Maternologie clinique ; d'autres formations existaient auparavant depuis 1995


Une des premières tâches entreprises dès la création de cette unité, fut donc celle d'investir le champ médical des difficultés maternelles précoces, de tenter aussi bien d'en saisir le sens que d'en dépasser les symptômes, pour accéder aux anomalies ou difficultés du processus de naissance.

Au fur et à mesure de son expérience clinique et de son intérêt pour la genèse du lien mère-enfant, la Maternologie a pu procéder à :

  • L'élaboration d'un modèle théorique de la maternité psychique, en se basant sur un schéma d'ensemble de la naissance humaine : La maternogenèse*.
  • La constitution d'une nosographie spécifique de la maternité psychique et de ses dysfonctionnements précoces** (plus de 20 entités repérées à ce jour).
  • La mise au point d'une thérapie adaptée aux dysfonctionnements maternels précoces : en n'évitant pas ou plutôt en ne retenant pas l'effondrement maternel mais au contraire en le rendant possible : en procédant auprès de la patiente à l'anamnèse de sa souffrance à travers le récit itératif de son accouchement, en créant un milieu de confidences, c'est-à-dire un milieu de confiance où la parole peut se débloquer, en étant présent et contenant pendant les temps d'allaitements, en respectant le principe soignant du non-agir***...


Après avoir observé dans un premier temps la mère, et s'être aperçue que la difficulté maternelle n'était pas toujours exprimée ou visible, la méthodologie maternologique s'est ensuite mise à observer le bébé et ses capacités procédant alors à un revirement complet de son travail et de sa méthodologie.

* Au-delà des situations et histoires personnelles toutes différentes, les cliniciens ont pu mettre à jour par recoupement et regroupement, certaines ressemblances et similitudes et ainsi élaborer au fur et à mesure de leur synthèse, une trame de la maternité psychique, commune à toutes les femmes: la Maternogenèse. Sorte de cadre général de la maternité et de ses possibilités, constitué de différents stades et étapes de développement, allant de la naissance à la petite enfance. La capacité et le désir maternels relèveraient ainsi d'une sorte de continuité et constitution psychique progressives.

** La classification a pour but de ne pas évacuer le sens de la difficulté en la rattachant à la conception classique, d'éclairer la compréhension clinique et d'orienter les démarches thérapeutiques qui structurent l'approche des états d'effondrement. La classification maternologique est avant tout un outil de "pensées", mis à la disposition du thérapeute pour organiser sa réflexion, ses intuitions et déductions, pour le protéger également de ses propres projections et des effets toujours sensibles des affects du tableau clinique qui lui fait face.

*** Principe du non agir : ne pas agir à la place de la mère, ne pas faire "d'orthopédie de la maternité" comme le recommande la psychanalyste Véronique Boureau Louvet psychanalyste, le thérapeute ou le soignant n'étant pas là pour réguler des comportements et des façons de penser de la mère. Il ne doit pas contribuer à lui fabriquer un "faux self" maternel. Ce principe thérapeutique, peu évident à respecter de la part du professionnel, est également très difficile à admettre et à supporter de la part de la patiente, qui peut éprouver beaucoup de frustrations et de ressentiments. Car elle attend des soins qui sont engagés à son encontre : des gestes, des interprétations, des explications et des solutions pour apaiser ses souffrances et ses angoisses.

Fonctionnement

Possède 4 à 5 chambres : chambre mère-enfant.
La plupart sont destinées à des hospitalisations de jour et de nuit, une à deux chambres sont mises à disposition des hospitalisations de jour (la maman passe la journée en unité avec son bébé et repart chez elle la nuit).
Hospitalisation décidée en concertation avec la Maternologie/le médecin traitant/la maman ou la Maternologie/la maman si elle est à l'origine de la demande.
Personnel composé de : psychologues, pédiatre, infirmières (qui ne portent pas blouse blanche), puéricultrice.

Coordonnées


L'unité de Maternologie peut également vous diriger vers d'autres professionnels formés à cette clinique, n'hésitez pas à leur demander s'il y a une adresse (à vous conseiller) près de chez vous.

But objectif

  • Repérage et prise en charge précoces des difficultés maternelles et de leur incidence sur la relation mère enfant.
  • Prévention des maladies de naissance de l'enfant consécutives aux difficultés maternelles : le premier objectif de la clinique maternologique n'est pas de soigner la mère mais de favoriser la maternité nécessaire à la naissance psychique* de l'enfant. Elle reste donc vigilante et critique autour des améliorations de l'humeur ou du comportement maternels, s'ils ne s'accompagnent pas de la mise en route du cycle du don (si le bébé reste pénalisé dans sa naissance psychique).
  • Établissement pour la personne admise, d'un diagnostic, d'un pronostic et d'une prise en charge dans le cadre d'une médecine de la mère et de l'enfant.
  • Étude théorique et clinique permanente des problématiques de la maternité psychique, de la maternité, paternité, parentalité et de l'origine humaine...
  • Prévention des troubles du développement et de la maltraitance : en soignant au plus tôt l'effondrement, qui risque sinon d'évoluer vers la dépression maternelle, et un report de la difficulté sur le bébé qui deviendra alors un "mauvais bébé".

* Le nouveau-né vient au monde avec une volonté de vie qui n'est pas seulement liée à une volonté de développement et d'adaptation à ce qui l'entoure, mais avec celle de retrouver des effets de l'homogénéité vitale du monde prénatal qui l'a structuré auparavant et dont il a gardé une certaine mémoire et structure d'être.

Soin-Méthodologie

"Le soin maternologique n'est pas un enseignement de bonnes conduites en maternité"
"Le soin Maternologique va vers l'intérieur, il ¿uvre à l'intérieur sur l'antérieur" - Jean Marie Delassus


Proche de la psychanalyse, la démarche maternologique s'en différencie car elle est plus rapide* et doit veiller à ce que le transfert** ait lieu sur l'enfant et non sur le thérapeute ou l'équipe.
Elle veille à différencier l'espace psychique maternel de l'espace psychique de la personnalité (d'où la non-prise en charge dans le service de patientes ayant eu des antécédents psychiatriques lourds avant leur maternité).
C'est une prise en charge spécifique qui fait en sorte que la patiente puisse faire l'expérience de l'effondrement, puissent toucher le fond sans s'y dissoudre.
La clinique maternologique ouvre un espace psychique à l'intérieur duquel l'élan maternel peut se libérer, par la parole et l'attention portée à la mère et à son histoire, dans sa globalité.

* Elle est prise dans la nécessité de faire vite, le temps d'action opérant sur la « période sensible » des neuf premiers mois
** Le transfert est un phénomène naturel, il doit s'organiser temporairement vers l'équipe soutenante, pour ensuite bénéficier directement au bébé


Ce soin consiste en :

  • Un entretien journalier avec deux thérapeutes, variant de 15 à 30 minutes, la maman étant seule* ou avec le bébé, plus éventuellement en présence du papa.
    (* les modalités en sont discutées avec les thérapeutes)
  • Une surveillance (attentive et discrète) du développement physique et psychique de votre enfant
  • Une analyse de votre suivi/évolution par le groupe de thérapeutes et d'infirmières deux fois par semaine (le staff) : ce travail d'équipe a pour but de mettre en ¿uvre une forme de langage commun, de tendre vers une cohérence, une fluidité et une communion de pensées et de rejoindre la patiente au c¿ur de son dilemme.
  • Une étude vidéo clinique des allaitements (sein ou biberon) pendant ce staff : la situation critique de l'allaitement est un moment privilégié pour observer l'interaction natale du bébé. C'est un temps de rencontre l'un vers l'autre, où le bébé se tisse au monde et où la mère s'éprouve mère et se réassure sur ses possibilités maternelles. C'est donc un temps d'observation pertinent pour l'équipe soignante, puisque la mère ne peut se réfugier derrière des comportements ou des actions contrôlées, derrière des gestes codifiés ou des rituels. L'allaitement c'est le maternel à nu, c'est la situation du Don à l'état pur où l'incapacité à donner (totale, partielle ou discontinue), se donne à voir. L'utilisation de la vidéo dénommé « le microscope à inconscient » permet, grâce ses différentes possibilités techniques de visionnage, de ralentir le déroulement de la vie psychique ; elle permet une dénudation du regard et de la pensée et de se retrouver au c¿ur du n¿ud maternel.

Le diagnostic en Maternologie

"La souffrance de l'autre invite à une démarche de penser l'autre".
Le diagnostic n'est pas univoque et figé, il est évolutif en fonction de l'état de la patiente et des faits cliniques observables au jour le jour.
Il reste donc tout au long du suivi suffisamment flexible pour évoluer, varier,voire se retourner ou se contredire d'un jour à l'autre , au fil des entretiens et des hypothèse et en fonction de la compréhension des soignants: il n'est ni vérité absolue, ni paroles ou attitude magiques.

Il s'émet en prenant appui sur l'observation au quotidien de la patiente et du bébé, sur les analyses cliniques des vidéos d'allaitement, sur les données biographiques recueillies au cours des entretiens et sur la reconstitution des différentes étapes de la Maternogenèse. Une fois posé, il ne maintient en aucun cas la patiente dans un registre prédéterminé, il n'est qu'un outil à la disposition du soignant pour penser l'autre et le rejoindre.

Il est nécessaire car il permet d'ajuster un traitement et d'établir un pronostic sur la capacité transférentielle (totale, partielle, ou compromise de la mère), pronostic qui évite une perte de temps pour l'enfant et la mère.
Le diagnostic est un repère qui permet de s'y tenir, de s'y arrimer en cas de difficultés et de remous. Il initie une thérapie et ses modalités et assure la cohérence du groupe, en lui évitant de se disperser dans des propos, considérations ou émotions diverses et quelques fois sans rapport avec la difficulté de la patiente.

Il protége les patientes des projections fantasmatiques des soignants en les obligeant à pratiquer une sorte d'hygiène mentale et épure leurs interférences personnelles. Il guide les soignants car il les invite à aller au-delà des apparences là ou la patiente en est de son histoire et de sa maternité en panne.

La patiente se sent ainsi portée, d'être pensée dans l'intégralité de son histoire, de son vécu et de sa problématique maternelle et respectée dans son identité.

Le diagnostic offre un langage clinique commun aux intervenants de la périnatalité, suffisamment précis et rigoureux pour éviter les jugements péremptoires, les confusions ou malentendus, les approximations ou la négligence.

 

Les autres unités

C'est en grande Bretagne, dès 1948, que fut expérimentée pour la première fois dans le cadre d'une difficulté maternelle, une hospitalisation mère bébé par le psychiatre Main. D'autres suivirent mais pour des mères schizophréniques.

En France c'est Racamier qui procéda le premier à des hospitalisations conjointes (plus particulièrement pour des femmes souffrant de troubles psychiatriques avant leur maternité). La première UME s'ouvrit à Créteil en 1979.

Au fil de nos recherches, nous élargirons la place que nous souhaitons faire à d'autres approches des troubles de la maternité.
Vous trouverez sur le site ci-dessous de plus amples renseignements sur ces autres unités, regroupées pour la plupart sous le nom de la Société Marcé Francophone, dont vous trouverez le site à cette adresse : site Internet de la Société Marcé.

Nous vous soumettons, sous toute réserve, ces adresses pour faciliter vos recherches.

"HOSPITALISATION CONJOINTE MERE-ENFANT"

GROUPE DE RECHERCHE DE LA SOCIETE MARCE FRANCOPHONE (GROUPE UMB-SMF)

sur les unités d'hospitalisation psychiatrique conjointe mère-bébé

COORDINATION DU GROUPE UMB-SMF :

Nine GLANGEAUD-FREUDENTHAL et Odile CAZAS

 

Nine M-C GLANGEAUD-FREUDENTHAL,

INSERM U953 (Dir. Pr. F Goffinet) , 16 av. Paul Vaillant Couturier,

94807 VILLEJUIF Cedex, France

Tel: +33 (0)1 45 59 50 02 Fax: +33 (0)1 45 59 50 89

Email : nine.glangeaud@inserm.fr

 

Dr Odile CAZAS

Hôpital Paul Brousse Service de Psychiatrie

12, av. Paul Vaillant Couturier

94804 VILLEJUIF Cedex

Tel : +33 (0)1 45 59 38 44 Fax: +33 (0)1 45 59 34 24

Email: odile.cazas@neuf.fr

UNITES MERE-BEBE TEMPS PLEIN EN FRANCE DANS LE GROUPE UMB-SMF

(Par ordre alphabétique de villes)

Albi (non actif actuellement par manque de ressources)

Claude ROSENTHAL (Pédo-Psychiatre)

Psychiatrie Fondation Bon Sauveur d’Alby

1 rue Lavazière- BP 94-

81025 ALBI cedex 9

Tel: +33 (0)5 63 48 48 02 Fax +33 (0)5 63 48 51 29

Email: rosenthal.claude@gmail.com

Besançon

Sylvie NEZELOF (Chef de service)

Service de psychiatrie infanto-juvénile

Centre Hospitalier Universitaire Besançon

2, place Saint Jacques

25000 BESANCON

Tel: +33 (0)3 81 21 81 54 Fax: +33 (0)3 81 21 88 17

Email : snezelof@chu-besancon.fr

Bordeaux

Anne Laure SUTTER-DALLAY (responsable de l’unité fonctionnelle) et Elisabeth GLATIGNY-DALLAY (psychologue

Réseau de psychiatrie périnatale

Pôle Universitaire de Psychiatrie Adulte

CH Charles Perrens

121, rue de la Béchade

33076 BORDEAUX Cedex

Tel: +33 (0)5 56 56 17 82 Fax: +33 (0)5 56 56 17 68

Email : alsutter@ch-perrens.fr

eglatigny@ch-perrens.fr

Brumath

Unité mère bébé La Frimousse Annick CHAUVIN et Sophie OSWALD

EPSAN, CH Brumath

141 av de Strasbourg

67170 Brumath

Tel: +33 (0)388646109 Fax: +33 (0)388519864

Email: annick.chauvin@ch-epsan.fr

sophie.oswald@ch-epsan.fr

Créteil

Corinne AMZALLAG, Stéphanie LACOSTE, Annick GARNIER (psychologue) et Murielle CHAUVET (psychomotricienne) (chef de service: Dr. J. SARFATY),

Unité Mère-bébé,

C.H.I.C.

40, avenue de Verdun

94000 CRETEIL

Tel :+33 (0)1 45 17 50 34 Fax: +33 (0)1 45 17 50 04

Email : corinne.amzallag@chicreteil.fr

stephanie.lacoste@chicreteil.fr

anigarnier@yahoo.fr

muriel.chauvet@free.fr

jacques.sarfaty@chicreteil.fr

Le Vésinet

Alain DEBOURG, Micheline. BLAZY (Chef de service: Dr.B THIELEMANS)

Hôpital du Vésinet

Service de soins en périnatalité

72 avenue de la Princesse

78110 LE VESINET

Tel :+33 (0)1 30 15 83 91 Fax:+33 (0)1 30 15 83 80

Email : drmicheline.blazy@hopital-levesinet.fr

alain.debourg@hopital-levesinet.fr bart.thielemans@hopital-levesinet.fr

Lille 1

Michel MARON (chef de service: Pr. M. Goudemand) en line avec le service de pédopsychiatrie (chef de service : Pr P. DELION)

CHRU Lille, Hôpital Fontan

Service Hospitalo-universitaire de Psychiatrie

6, rue Émile Verhaeghe

59037 LILLE Cedex

Tel. +33 (0)3 20 44 45 84 Fax. +33 (0)3 20 44 62 65

Email: m-maron@chru-lille.fr

p-delion@chru-lille.fr

Lille2 /addictologie

Jean VIGNAU (Chef de service: Pr. M. GOUDEMAND) et Véronique LEMAITRE (chef de service : Pr P. DELION)

Service d’Addictologie

Clinique de la Charité- CHRU Lille

57 Bd de Metz

59037 LILLE cedex

Tel: +33 (0)3 20 44 60 98 Fax: +33 (0)3 20 44 54 37

Email: j-vignau@chru-lille.fr

p-delion@chru-lille.fr

v-lemaitre@chru-lille.fr

Limoges

Christine RAINELLI

Unité mère-bébé

15 rue du Dr. Marcland

CH Esquirol

87025 LIMOGES cedex

Tel: +33 (0)5 55 43 11 00 Fax: +33 (0)5 55 43 11 11

Email : christine.rainelli@ch-esquirol-limoges.fr

Lyon- Monplaisir

(5 lits mère-bébé d’hospitalisation à plein temps autorisés installés en mars 2009 ?)

Hospitalisations co-gérés avec: Yves BOUDART, Fleur LAZDUNSKI et Marie TITECA-SALVARELLI

Hôpital privé Mére-Enfant NATECIA

Email: uniteppp@hopitaux-prives-lyon.com

yves.boudart@ch-le-vinatier.fr

fleur.lazdunski@ch-le-vinatier

marie.titeca@wanadoo.fr

Marseille (plein temps sauf week-end)

Michel Dugnat (Responsable de l’unité), Martine Olivares (Cadre) (Chef de service Pr. F. POINSO)

Unité d'Hospitalisation Parents-enfants

HOPITAL SAINTE MARGUERITE

270, bd Sainte Marguerite

13274 MARSEILLE Cedex 09

Tel:+33 (0) 4 91 74 40 70 Fax:+33 (0)4 91 22 13 43

Email : michel.dugnat@ap-hm.fr

francois.poinso@ap-hm.fr

martine.olivares@ap-hm.fr

Montesson

Véronique DAGENS, Jean-Luc COUCHOT, Aurélia MARTIN de LAGARDE, Jean-Marc SCHWARTZ (cadre infirmier) (Chef de service: Dr. P. CHARDEAU)

Centre Hospitalier Théophile Roussel,

BP 71

1 rue Philippe Mithouard

78063 MONTESSON

Tel: +33 (0)1 30 86 38 70 Fax: +33 (0)1 30 86 44 57

E mail: p.chardeau@th-roussel.fr

v.dagens@th-roussel.fr

j.schwartz@th-roussel.fr

Mulhouse (ouvert en novembre 2009)

Isabelle SCHERTZ (Médecin Responsable de l’Unité),

Unité Mère -enfant

Psychiatrie Infanto-Juvénile

Centre Hospitalier de Mulhouse

87 Avenue d’Altkirch BP 1070

68051 MULHOUSE Cedex

Tel +33 (0) 3 89 64 72 88

Fax +33 (0) 3 89 64 72 95

schertz@ch-mulhouse.fr

Nantes (plein temps sauf week-end)

Nicole GARRET-GLOANEC, Gilles CATOIRE

Centre Nantais de la parentalité (CNP)

« Les âges premiers » et HOME

CHU, 1 rue Marmontel

44000 NANTES

Tel +33 (0)2 28 08 84 90 Fax : +33 (0)2 40 84 60 59

Email: Nicole.Garret@wanadoo.fr

Paris

Rafaele CAMMAS, Marie CHAMPION (chef de service D. BRENGARD)

Unité d'hospitalisation mère-bébé "LA POMME" (rattaché à l’ E.P.S. Maison Blanche)

4, rue Charles Lauth

75018 PARIS

Tel: +33 (0)1 40 37 50 96 Fax:3+33 (0)1 40 37 29 86

Email: rcammas@ch-maison-blanche.fr

champion.marie@wanadoo.fr

dominique.brengard@ ch-maison-blanche.fr

Poitiers (plein temps sauf week-end)

Jean-Jacques CHAVAGNAT, Docteur Myriam ADDED,Agnès PAGET, Michel BERTHIER

Centre Hospitalier Henri Laborit

Pavillon Pierre Janet – Unité Mère-Bébé

BP 587, 86021 POITIERS CEDEX

Tel +33 (0)5 49 44 58.77Fax : +33 (0)5 49 44 58 14

Email : umb@ch-poitiers.fr

Saint Cyr l’Ecole

Laurence CARLIER (responsable du service), Françoise DUTRAY, Véronique BOUREAU-LOUVET (psychologue) et (Chef de pôle 78I05 Dr P-M. HOUETTE)

Service de Maternologie

Hôpital Jean-Martin Charcot

1 rue Raymond Lefebvre

78210 SAINT CYR L’ECOLE

Tel +33 (0)1 30 07 27 00

Email : maternologie@ch-charcot78.fr

Association Française de maternologie

V. BOUREAU-LOUVET(Présidente)

Frédérique JEAN vice-présidente

Email: materno@sfr.fr

Saint Denis

(1 lit plein temps en maternité affecté à UPP

Sarah STERN

Unité de psychopathologie mère-enfant (UPP)

Centre hospitalier de Saint-Denis

2, rue du Dr Delafontaine

93205 St-Denis cedex

Tel : +33 (0)1 42 35 61 40

Email: sarah.stern2gmail.com

Strasbourg

(partenariat Psy adulte et enfant)

Marie-Agathe ZIMMERMANN, Sylvie DANTEC (Chef de service: Pr. J-M DANION)

CHU, Hôpital civil, Clinique Psychiatrique

1 Place de l’hôpital, BP 426

67092 STRASBOURG CEDEX

Tel: +33 (0)3 88 11 66 48 Fax: +33 (0)3 8 11 62 92

Email:

Marie-Agathe.Zimmermann@chru-strasbourg.fr

Isabelle.jimenez@chru-strasbourg.fr

Sylvie.DANTEC@chru-strasbourg.fr

 

Anne DANION-GRILLIAT, Valérie VECCHIONACCI (Chef de service: Pr C. BURSZTEJN)

CHRU-Strasbourg, Service de pédopsychiatries

Unité de psychopathologie de la périnatalité, du très jeune enfant et de psychiatrie de liaison

15 rue Cranach

67200 STRASBOURG

Tel: +33 (0)3.88.11.59.09 Fax: +33 (0)3.88.11.59.39

Email Anne.Danion@chru-strasbourg.fr

valerie.vecchionacci@chru-strasbourg.fr

Villejuif

Odile CAZAS, Lola FOURCADE

(Chef de service: Pr. M.REYNAUD)

Hôpital Paul Brousse

Service universitaire de Psychiatrie

12, av. Paul Vaillant Couturier

94804 VILLEJUIF Cedex

Tel : +33 (0)1 45 59 3844 Fax: +33 (0)1 45 59 34 24

Email: odile.cazas@neuf.fr

lola.fourcade@pbr.aphp.fr

UNITES DE JOUR DANS LE GROUPE DES UMB PLEIN TEMPS dans le groupe UMB-SMF

Avignon (Monfavet)

Unité de prévention et de traitement des troubles de la relation précoce

Marina DOUZON-BERNAL (médecin assistant généraliste), Michel DUGNAT (pédopsychiatre consultant), Christian KERGOSIEN (cadre de santé)

(chef de service : Dr Hervé ROUVEYROLLIS)

Unité Parents-Bébé

Centre Hospitalier de Montfavet

Avenue de la Pinède

84140 MONTFAVET

Tel: +33 (0)4 90 03 92 37 Fax: +33 (0)4 90 23 51 17

Email: upb@ch-montfavet.fr

michel.dugnat@ch-montfavet.fr

christian.kergosien@ch-montfavet.fr

marina.douzon@ch-montfavet.fr

Bordeaux (en lien avec l’unité temps plein

Anne Laure SUTTER-DALLAY (responsable de l’unité fonctionnelle) et Elisabeth GLATIGNY-DALLAY (psychologue

Réseau de psychiatrie périnatale

Pôle Universitaire de Psychiatrie Adulte

CH Charles Perrens

121, rue de la Béchade

33076 BORDEAUX Cedex

Tel: +33 (0)5 56 56 17 82 Fax: +33 (0)5 56 56 17 68

Email : alsutter@ch-perrens.fr

eglatigny@ch-perrens.fr

Brumath (en lien avec l’unité plein temps)

Unité mère bébé La Frimousse Annick CHAUVIN et Dominique CHABERT

EPSAN, CH Brumath

141 av de Strasbourg

67170 Brumath

Tel: +33 (0)388646109 Fax: +33 (0)388519864

Email: annick.chauvin@ch-epsan.fr

Dominique.chabert@ch-epsan.fr

Erstein (3 places d’hôpital de jour parents-enfants)

Dr STEINBERG (Chef de Service)

Valérie MENAND (Cadre de Santé)

Unité de soins précoces

Centre Hospitalier Erstein

13 route de Kraft

BP 300 63

67152 ERSTEIN cedex

Tel : +33 (0)390642176 FAX : + (0)3 90 94 22 15

Email : n.steinberg@ch-erstein.fr

v.menand@ch-erstein.fr

La Roche sur Yon

Annick HALIMI-DARS

Centre du tout petit Donald Winnicott

53 rue Raymond Prunier

85000 LA ROCHE SUR YON

rattaché au Centre hospitalier Georges Mazurelle Pôle du secteur Nord

tel : +33 (0)2 51 08 80 07Fax : +33 (0)2 51 16 09 88

Email : service-nord@ch-mazurelle.fr

winnicott@ch-mazurelle.fr

Limoges

Fabienne SOUCHAUD

Unité mère-bébé de jour

C.H.S. ESQUIROL

15 rue du Dr. Marcland

87025 LIMOGES cedex

Tel: +33 (0)5 55 06 02 29 Fax: +33 (0)5 55 43 11 11

Email : souchaud.fab@infonie.fr

Lyon-Bron

Nathalie ELBAZ-CUOQ (responsable de l’unité,Chef de pôle Pr J. DALERY- chef de service Pr T. D’AMATO)

CHS LE VINATIER

Unité mère-bébé Serge Lebovici

95 boulevard Pinel

69677 BRON

Tel: +33 (0)4 37 91 55 84 Fax: +33 (0)4 37 91 55 68

Email : nathalie.elbaz-cuoq@ch-le-vinatier.fr

Sandrine.carvalho@ch-le-vinatier.fr

Lyon- Monplaisir

- 5 hospitalisations de jour de bébé, avec leur mère, dans l’Unité de Psychopathologie Périnatale de la Clinique de Monplaisir

- une chambre individualisée "mère-bébé" dans la clinique psychiatrique pour femmes (PSPH) Notre-Dame de Villeurbanne

Hospitalisations co-gérés avec: Yves BOUDART , Fleur LAZDUNSKI et Marie TITECA-SALVARELLI

Unité de Psychopathologie Périnatale

Clinique Obstérico-chirurgicale de Monplaisir

8-10 avenues des frères Lumière

69372 LYON Cedex 08

Tel +33 (0)4 78 77 91 34 fax : +33 (0) 4 78 77 93 37

Email: uniteppp@hopitaux-prives-lyon.com

yves.boudart@ch-le-vinatier.fr

fleur.lazdunski@ch-le-vinatier

marie.titeca@wanadoo.fr

Marseille

Michel DUGNAT (Responsable de l’unité), Martine OLIVARES (Cadre) (Chef de service Pr. F. POINSO)

Unité d'Hospitalisation Parents-enfants

HOPITAL SAINTE MARGUERITE

270, bd Sainte Marguerite

13274 MARSEILLE Cedex 09

Tel: +33 (0) 4 91 74 40 70 Fax: +33 (0)4 91 22 13 43

Email : michel.dugnat@ap-hm.fr

francois.poinso@ap-hm.fr

martine.olivares@ap-hm.fr

Poitiers (en lien avec l’unité plein temps)

Jean-Jacques CHAVAGNAT, Agnès PAGET, Michel BERTHIER

Centre Hospitalier Henri Laborit

Pavillon Pierre Janet – Unité Mère-Bébé

BP 587, 86021 POITIERS CEDEX

Tel +33 (0)5 49 44 58.77Fax : +33 (0)5 49 44 58 14

Email : umb@ch-poitiers.fr

Saint Denis

Unité d’Accueil Mère-Enfant (UAME)

Responsables : Dr Hervé BENTATA

Mme Claude BOUKOBZA

6, bis rue Auguste Poullain

93200 Saint Denis

Tel: +33 (0)1 48 22 19 51

Email: herve.bentata@ch-stdenis.fr

uame@9online.fr

Saint Malo

Unité de jour en projet avec la pédiatrie) et en attendant groupe mère-enfant de type CATTP

Laurence AULNETTE

CH Broussais 1 rue de la Marne

St-MALO 35400

Tel : +33 (0)2 99 21 27 42

Email : l.aulnette@ch-stmalo.fr

Strasbourg (en lien avec l’unité plein temps)

Anne DANION-GRILLIAT, Valérie VECCHIONACCI (Chef de service: Pr C. BURSZTEJN)

CHRU-Strasbourg, Service de pédopsychiatries

Unité de psychopathologie de la périnatalité, du très jeune enfant et de psychiatrie de liaison

15 rue Cranach

67200 STRASBOURG

Tel: +33 (0)3.88.11.59.09 Fax: +33 (0)3.88.11.59.39

Email Anne.Danion@chru-strasbourg.fr

valerie.vecchionacci@chru-strasbourg.fr

HOSPITALISATIONS ET PRISES EN CHARGE CONJOINTES MERE-BEBE
EN ADDICTOLOGIE OU TOXICOLOGIE OU EN URGENCE (en lien avec le groupe UMB-SMF)

Aix en Provence /Addictologie

(Depuis 1997 : 3 lits mere-bébé de jour)

Centre Hospitalier Montperrin

Service d’alcoologie

Mme S.TRESSE (Cadre Infirmier Supérieur) N.GARRIGUES (Médecin Assistant Généraliste), D. DEJARDIN (PH), J.ROYER (PH) et T. FEUGERE (Chef de Service)

Antony

Gisèle APTER-DANON (Responsable),

Unite Ppumma (Unité de Psychiatrie Périnatale d'Urgence Mobile en Maternité)

EPS Erasme

14, rue de l'Abbaye

92160 Antony, France

tel +33(0) 146741610

Email : gisdanap@aol.com

Rennes / Addictologie et alcoologie

Laurence LAUVIN et Delphine NORMAND (directeur Laurence PARROT)

CSSR Alcoologie-Addictologie

L’Escale Unité Parent-Enfant

148 route de Lorient

35000 RENNES

TEL : +33 (0) 2 99 59 67 82

Email : llauvin@ugecam-brpl.fr

dnormand @ugecam-brpl.fr

UNITES TEMPS PLEIN EN BELGIQUE, LUXEMBOURG ET PAYS-BAS DANS LE GROUPE UMB-SMF

(par ordre alphabétique de villes)

BELGIQUE

Bertrix

Damien LERMINIAUX, Christelle BOURGUIGNON et Edith DERDEYN

C.U.P. La Clairière

Rue des Ardoisières, 100

6880 BERTRIX, BELGIQUE

Tel: +32 (0)61 22 17 11Fax:+ 32 (0)61 22 17 36

Email: d.lerminiaux@province.luxembourg.be

c.bourguignon@province.luxembourg.be

 

Bruxelles

Karine MENDELBAUM, Marie-Claire THILMANY

Clinique la Ramée

34, av.de Boetendael

B-1180 Bruxelles, Belgique

Tel:+32 (0)2.344.18.94 Fax:+32 (0)2.344.89.68

Email : k.mendelbaum@laramee.be

m.thilmany@laramee.be

 

Bruxelles

Marie-Emmanuelle KLOPFERT, Delphine ERAUW (psychologue), Carine SCHOONJANS (pédopsyciatre)Centre hospitalier Jean TITECA

11, rue de la Luzerne

BRUXELLES 1030 BELGIQUE

Tel: +32 (0)27- 35 01 60 Fax: 32 27- 359242

Email :

marie-emmanuelle.klopfert@chjt.be

 

Ottignies

Pascale TIELEMANS, Marc Docquir

Centre pédiatrique, Clairs Vallons

24 rue du Mont St Guibert

1340 OTTIGNIES BELGIQUE

Tel:32 10 48 02 11 Fax:32 10 48 02 07

Email: lydiaduquenoy@hotmail.com

pascaletielemans@clairs-vallons.be

 

La Louvière

Liliane PARISE, Cindy MOTTRIE et Geneviève BRUWIER

Service de pédiatrie, CHU Tivoli

Avenue Max Buset, 34

7100 LA LOUVIERE, BELGIQUE

tel : +32(0) 64 27 74 83

Email : "Liliane Parise" < li.parise@skynet.be >

 

Gent

Claudine MERTENS

Psychiatrisch ziekenhuis Sint Camillus

Beukenlaan 20

9051 Gent-SD Belgique

Tel : +32 (0)9-2225894

Email : claudine.mertens@sint-camillus.be

 

Zoersel

Ria DOCX

Centre psychiatrique "Béthanie"

Unité mère-bébé

Andreas Vesaliuslaan 39

Zoersel B2980 Belgique

Tel : +32 (0)3-4891677

ou Waverse Steenweg 165

Lier B-2500 Belgique

Email: ria.docx@telenet.be

 

LUXEMBOURG

Annette MÜHE, Marie-Jeanne SCHON, Jean-François VERVIER

Services de Psychiatrie Adulte et de Psychiatrie de l’Enfant

Centre Hospitaliser de Luxembourg

4, rue Barblé

L-1210 Luxembourg

Tel : +352(0) 44 112256 (-61 01)

Fax +352(0) 441329

Email : muhe.annette@chl.lu

schon.mariejeanne@chl.lu

vervier.jean-francois@chl.lu

 

PAYS BAS (en lien avec le groupe)

Rotterdam

M.P. van den Berg

Afdeling psychiatrie, postbus 2040

3000 CA ROTTERDAM’s Graendijkwal 230

Tel : + ? (0) 104635871

Fax : + ? (0) 104635867

Email mijke.vandenberg@erasmusmc.nl

www.erasmusmc.nl

 

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Que faire ? Sun, 01 Sep 2013 04:45:43 +0000
Que faire ? Et à qui s'adresser en cas de doutes ou d'angoisses ? http://www.maman-blues.fr/que-faire.html http://www.maman-blues.fr/que-faire.html

"Demander à être aidée est déjà un acte maternel." Catherine Garnier Petit (Mal de mère).

Ne relevant ni d'un programme génétique, ni d'un instinct naturel, le « devenir mère » repose essentiellement sur un processus psychique commun à toutes les femmes, mais dont le déroulement reste propre à chacune et aléatoire.
La maternité n'est donc plus pressentie comme allant de soi mais comme allant en soi et donc susceptible de remaniements psychiques sensibles et déstabilisants.
La difficulté maternelle est un état humain légitime, nécessitant que chacun se sente concerné et impliqué:
Il est légitime que les mères puissent évoquer ou laisser apparaître leurs difficultés et qu'elles soient accompagnées afin de passer ce cap sans traumatisme, ni conséquence durable et irréversible. Il n'est plus tolérable qu'elles soient encore abandonnées ou sanctionnées à travers leur difficulté maternelle.
Même si le temps n'est pas compté pour devenir mère, même s'il est avant tout un temps de bouleversements et de remaniements psychiques incontournables, chaque femme devrait pouvoir en être informée dans le cadre de son suivi prénatal.
On ne peut plus se contenter (corps médical et entourage compris) de leur conseiller la patience ou la résignation et de leur prodiguer quelques paroles de réconfort assorties d'un traitement anti-dépresseur.
La maternité psychique produit ses propres signes cliniques et doit donc être l'objet de soins spécifique indépendants des soins psychiatriques.


Pour lire les différentes parties développées ci-dessous, cliquez sur le titre qui vous intéresse

 

 

Que faire avant la grossesse ?

"Savoir enlève un peu de culpabilité" (anonyme)


Même si la maternité psychique est essentiellement imprévisible car relevant de la possibilité de transfert maternel sur le nouveau- né, il ne faudrait pas en conclure hâtivement (et tout aussi fatalement), qu'il n'y a rien à faire en amont, dans un esprit d'information et de prévention.
Nous estimons à notre niveau, que l'information prénatale diffusée à large échelle peut opérer une certaine préparation/ prévention psychique.
En effet, il n'est pire douleur que d'être frappée là où on ne s'y attend pas, là où il nous est impossible de concevoir que l'on puisse développer une "anomalie", une "affection" grave : c'est-à-dire au coeur même de notre capacité à aimer et à donner.
La difficulté maternelle nous fauche d'autant plus rapidement et brutalement que l'on ignore tout de son existence et de sa violence et qu'elle nous laisse en état de sidération, souvent totalement incapable de réagir.

Ainsi savoir :

  • Que le sentiment maternel est un cheminement intérieur plus ou moins long et sensible (et non pas un événement délimité par l'accouchement) et qui peut parfois mener au bord de la folie, de la rupture de soi ou au rejet de son enfant.
  • Que ces émotions ne sont pas le signe d'un dérangement mental ni la confirmation d'un handicap naturel (absence d'instinct).
  • Que cela frappe d'autres que soi et en des proportions non négligeables (20 % des mères, sans parler des enfants, eux aussi concernés).
  • Qu'une prise en charge est nécessaire et possible en dehors de tout jugement et sanction, au même titre et légitimité qu'une maladie physiologique.
    "Remodèle" nos convictions ou incertitudes en matière de maternité ainsi que l'état d'esprit avec lequel on abordera le déroulement de la grossesse et les premiers moments si sensibles du post-partum :
    Plus d'idéalisation dangereuse et/ou de confiance aveugle en un hypothétique instinct maternel censé pourvoir à toutes défaillances personnelles.

    Certes, cette information au préalable, que nous croyons utile et tout à fait possible et aisée (un petit guide prénatal pourrait être donné à ce propos à chaque déclaration de grossesse, incluant également d'autres informations), ne garantira pas aux femmes de passer à travers cette tempête mais leur donnera la possibilité de concevoir ces évènements, donc de les prévoir « psychiquement » et le cas échéant de savoir les reconnaître. Ceci leur permettra de savoir vers qui se tourner.
    Il conviendra toutefois de veiller à ce que l'information donnée, soit dans le cadre médical soit dans un cadre associatif, ne soit pas systématiquement minimisée ou banalisée, pour laisser la place une fois de plus, au dogme social, qui ordonne que la maternité soit avant tout un événement heureux de notre vie et que cette prévention ne soit pas orientée exclusivement dans un souci de prévention de la maltraitance infantile. La difficulté maternelle maltraite en priorité les mères.
    Notre souhait est de changer cet état d'esprit pour que la mère soit traitée en personne et non plus en « patiente ».

    La pédopsychiatre Françoise Molénat estime que la grossesse constitue une période privilégiée pour soutenir la maternité et l'enfant à venir, car ce soutien doit passer obligatoirement par celui à la mère et du coup il n?en sera que plus respectueux de celle-ci, de son identité et de son histoire.
    (Après la naissance le regard se portera d'abord sur l'enfant au risque de dévaloriser et de fragiliser la mère : risque de séparation).


    Pendant le temps de la grossesse

    « Mais la famille, c'est là qu'elle commence et c'est là qu'elle se socialise lorsqu'une femme s'inscrit en maternité » Pascale Rosenfelter.



    Il n'y a pas qu'un seul chemin balisé et conforme à ce que la société attend des futures mamans (santé, joie, optimisme, plénitude, sagesse..) pour traverser le temps de la grossesse. L'annonce de votre grossesse peut vous plonger dans des moments de doutes, de perplexité, de regrets et même de déprime. Si toutefois ils ne sont pas systématiquement annonciateurs d'une difficulté maternelle à venir, il convient d'y prêter attention, et de le signaler à votre Médecin, Gynécologue ou Sage-femme, Doula*...

    (* accompagnante à la naissance)


    Il est humain, si ce n'est normal d'appréhender cet inconnu qui est en vous, d'être déconcertée par cet enfant que vous sentez bouger et vivre dans votre corps. La grossesse est un retour en soi, un retour au corps qui sur un plan psychique peut se faire plus ou moins sensiblement, avec plus ou moins de nostalgie et de reviviscences.
    D'où l'importance de signifier à votre médecin qu'il n'est pas là uniquement pour surveiller votre courbe de poids, ou commenter vos résultats médicaux. Il se doit aussi, de prendre la mesure de votre moral (et pas seulement celle de votre ventre). Afin que vos inquiétudes ne débordent pas sur le déroulement et le vécu de votre grossesse.
    Si c'est impossible de vous faire entendre, ou si votre médecin ne cherche qu'à vous rassurer comme une petite fille que vous n'êtes plus , tentez alors le maximum de démarches pour être entourée (famille, ami, Doula, groupes de parents et futurs parents et pourquoi pas forum de discussions sur Internet). La solitude est la pire ennemie d'une jeune maman.
    Osez aborder vos états d'âme lors de chaque consultation, il n'y a aucune obligation de votre part à afficher un sourire béat de circonstances parce que vous êtes enfin maman, ni à vous taire pour justifier l'adage qui veut que la grossesse ne soit pas une maladie. Vous n'avez à remercier (ou protéger) personne en offrant une image de bonheur que vous êtes bien loin de ressentir.

    Lorsque vous évoquerez les possibles moments de doutes et de déstabilisation qui peuvent surgir aussi après une naissance, n'acceptez pas d'être simplement rassurée/endormie au titre que :
    Le baby blues est une petite déprime passagère que traversent sans conséquence 80 % des accouchées, que la dépression postnatale ne touche que 10 pour cent des accouchées et se guérit très vite avec des anti-dépresseurs ou que la psychose puerpérale est rare (1 à 2 pour mille) et ne concerne que des personnes souffrant de troubles psychiatriques antérieurs...
    La difficulté maternelle ne se cantonne pas à ces manifestations répertoriées, pas plus qu'elle ne touche que certains « profils psychologiques ».
    Aucune situation sociale, familiale et personnelle ne peut vous dispenser d'être informée de ces problèmes.

    Il est important que vous puissiez disposer d'un accompagnement psychologique dès votre grossesse et surtout dès la naissance de votre enfant , tout comme il est important de ne pas tout pathologiser ou tout renvoyer dans le bureau du psychologue ou du psychiatre.

    Quelques questions que vous pouvez poser au personnel de la maternité, quelques « exigences » que vous pouvez émettre lors de votre projet de naissance :

    • Y aura-t-il un psychologue de permanence ?
    • Du personnel sensibilisé à reconnaître au plus tôt ce type de difficulté ?
    • Ne relèguera-t-on pas vos émotions dans le placard du baby-blues ?
    • Y aura-t-il un suivi postnatal de "qualité" en présence du papa ?
    • Savez-vous que dans certains cas une sage-femme peut faire un suivi à domicile ?
    • Accompagnera-t-on vos premiers allaitements (sein ou biberon) ?
    • En matière d'allaitement maternel bénéficierez-vous de la présence de gens formés à cet effet ? Nous savons qu'une mise au sein qui échoue parce que non soutenue, insuffisamment ou mal conseillée creuse la voie de la difficulté maternelle. Il est vivement conseillé d'assister à quelques réunions sur l'allaitement AVANT l'accouchement.
    • Favorise-t-on les premiers moments avec votre enfant ? : premier échange de regard avec l'enfant dès la sortie du ventre maternel (proto- regard) , puis peau à peau, mise au sein si c'est le souhait de la maman, pas de séparation intempestive qui ne serait justifiée par son état de santé...
    C'est important de prendre ce temps, pour que la première rencontre avec son nouveau-né ne soit pas d?abord rythmée ( et peut être parasitée) par les soins médicaux, mais fonction des échanges de regard, de sourire et de contacts en peau à peau...
    Médecin, gynécologue, sage-femme ou personnel de la maternité doivent pouvoir vous répondre à ce sujet et devancer vos questions et/ou inquiétudes (ce qui serait déjà le signe qu'à titre individuel, l'obstétrique physique n'est pas le seul versant de la maternité qui les préoccupe).
    Gardez toujours à l'esprit que ce séjour à la maternité dans laquelle vous aurez accouché peut et doit aussi être un lieu de naissance.
    L'accueil, l'écoute et la présence que vous y trouverez peuvent en cas d'insuffisance, de maladresse ou de négligence, précipiter un effondrement maternel. Il est reconnu que les paroles ou attitudes des soignants à l'égard de la mère ou de son enfant peuvent avoir un rôle déterminant dans le comportement maternel ultérieur. La première des préventions en matière de difficulté maternelle commence par la vigilance et la capacité d'écoute et de contenance des professionnels de la maternité.

    "C'est pourquoi une maternité, privée ou publique, ne peut et ne doit en aucun cas se contenter d'être un lieu seulement médical. Les professionnels qui y travaillent doivent tous être sensibilisés à la dimension humaine, c'est-à-dire psychologique et social de ce processus qui n'est pas une maladie mais une grande aventure humaine inscrite dans le corps de la femme". Catherine Garnier-Petit (Mal de mère).

    A la maternité ou après l'accouchement

    "Ça y est, bébé est né, il est là dans vos bras ou dans ceux de son papa... L'accouchement s'est passé plus ou moins comme vous l'aviez sinon "rêvé" du moins pensé, peu ou prou de complications et vous vous attendez maintenant à ressentir très vite l'élan d'amour le plus fort de votre vie... Pourtant passés les premiers moments de surprise, de découverte, et d'attendrissement, un calme si ce n'est un décalage avec ce à quoi vous vous apprêtiez à vivre, s'installe. Un flou, un engourdissement se diffusent en vous et dans votre chambre. Vous avez beau regarder et vous accrocher, au petit berceau de verre que l'on a posé à vos côtés, votre coeur est bien calme et votre raison commence à s'agiter :
    Est-ce déjà le baby blues ? Est-ce autre chose qui prend toute la place à mon insu ? Comment savoir ? A qui le dire et surtout qui saura me répondre et faire disparaître ce trouble qui, je le sens, commence déjà à me séparer de ce bébé ? Cet enfant, je le désire plus que tout au monde. Je veux l'aimer très fort, je l?aime sans doute déjà très fort, je veux y croire, mais voilà je suis là sur mon lit et je pleure, le dos tourné pour ne pas qu'il me voit, et ce n'est ni de joie, ni de soulagement. Je pleure comme si on m'avait abandonnée, je pleure parce que j'ai mal ... au ventre, aux seins, au sexe. Et aussi parce qu'on me laisse seule avec une chose dont je ne peux même pas parler, que je ne peux même pas penser.
    Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Je pleure comme je saigne et tout le monde semble trouver cela normal : "c'est le baby blues" disent-ils tous en ch'ur "cela va passer !". Comme j'aimerai échanger ma place contre celle de ce bébé qui dort, d'ailleurs mieux vaut qu'il dorme car j'ai un peu peur de ses cris et de ses pleurs !
    Je suis censée pouvoir les apaiser du seul fait que je suis sa mère, mais moi je ne sais pas comment faire, je ne l'ai jamais fait ou alors je ne m'en souviens plus : « c'est drôle avec cet enfant ce n'est pas pareil qu'avec les autres, c'est comme si j'étais devenue amnésique, me voilà aussi perdue qu'une primipare.
    Mais pour tout le monde, la "chose" semble entendue, je sais, je dois savoir...
    Et puis c'est bizarre, je ne reconnais plus les gens, c'est comme si je les voyais à travers un brouillard, ils perdent de leur réalité et je dois me pincer pour me convaincre que je ne rêve pas...
    Je suis là et pas là, et ce qui se passe dans cette chambre m'indiffèrerait presque, si ce n'est que je me sens attachée, comme enchaînée à ce berceau, condamnée à ne pas repartir sans le petit être qui dort dedans. C'est à rire ou à pleurer quand on nous parle de délivrance... Je voudrais revenir en arrière : différer cette naissance de quelques jours, pour me laisser encore un peu de temps. On a dû se tromper de date. Je ne suis pas prête. Le serais-je un jour ? Est-ce cela devenir mère ?
    On me dit : "ça y est tu es enfin devenue mère, c'est merveilleux, non ?". Mais de mère je n'en vois pas dans cette chambre, j'ai beau me regarder dans la glace, rien n'a changé si ce n'est que je me suis jamais sentie aussi "peu" dans ma vie et dans ma peau. Et pourtant cette peau, elle me fait mal en ce moment : la peau des seins, la peau du ventre. Elle s'obstine à me rappeler que mon corps a accouché d'un enfant mais elle est impuissante à donner corps à la mère que je suis devenue..."


    Les émotions du blues, leur intensité, les mots et les images qu'elles font naître, seront pour chaque femme uniques'
    Il n'y a pas de grille codifiée du baby blues, le monologue/soliloque qui précède n'est qu'une mise en mots d'éprouvés différents, regroupés en quelques lignes : à chacune son blues mais à toutes le droit d'en parler.
    Il y a un temps de remaniement normal après un tel évènement et on a coutume de le nommer baby-blues. Mais si cela évolue vers la liquéfaction intérieure, le désespoir, les pleurs permanents, il faut s'interroger et demander à être aidée.

    A la maternité il n'y a pas que votre épisiotomie, votre utérus ou votre température qui nécessitent un contrôle journalier. Maintenant que votre corps tout doucement se referme après avoir livré passage à votre enfant, les émotions affluent et il vous faudra pouvoir ouvrir la voie qui les verbalisera, leur donner de la voie, en faire la confidence... Si vous le souhaitez si vous en éprouvez confusément le besoin.
    Sans insister, sans intervenir de manière inadéquate (et donc brutalisante à votre égard), le personnel médical de par son attitude, ses gestes, ses regards et ses paroles doit vous confirmer qu'il est à même de vous entendre et de pouvoir créer ce milieu propice aux confidences maternelles.
    Il est tout aussi difficile de trouver les mots qui débloqueront ces émotions que les moments pour le faire. Profitez alors de ceux où l'on vous montrera les quelques gestes pratiques de maternage pour exprimer vos craintes.
    Bien que de plus en plus en plus formé à l'écoute de ce qui se cache derrière ces appréhensions de maternage, il arrive parfois que le personnel soignant soit débordé ou vous semble peu perméable à titre personnel à ce genre de difficulté particulière *. On vous donnera peut être en retour, le sentiment que vos plaintes sont injustifiées ou amplifiées à tort.
    Si vous sentez que la personne (sage-femme, puéricultrice, infirmière ou gynécologue ) est peu ou pas réceptive à votre malaise, demandez alors à rencontrer le psychologue attaché au service de maternité.


    Parce que pas à l'abri eux-mêmes d'éprouvés forts vis-à-vis de la maternité, parce que ne cernant pas encore suffisamment bien quel rôle puisse être le leur, en matière de prévention et d'alerte des troubles du post-partum.

    Chez vous

    Le retour à la maison est à la fois ressenti avec soulagement (les contraintes de la vie hospitalière sont souvent pesantes) et appréhension. C'est là, chez vous, que ce sentiment de solitude que vous ressentiez déjà à la maternité, risque de s'accentuer dangereusement.
    Même si la présence du papa ou des membres de votre famille vous entoure au plus près, cela va rarement jusqu'à vous permettre d'atteindre ces appréhensions qui vous étreignent le coeur lorsque vous vous retrouvez les premiers temps avec bébé dans les bras.
    La sollicitude pesante des uns ou les conseils généreux mais parfois contradictoires des autres peuvent se révéler à la longue intrusifs et "empêcheurs" de materner en rond. L'entourage devrait être présent uniquement pour vous soulager des tâches quotidiennes et pour vous soutenir moralement, non pas pour vous inonder de paroles contradictoires.
    Soyez donc vigilante au fait que le sentiment de solitude ne se mesure pas au nombre de personnes qui seront ou pas à vos côtés mais bien à la confiance que vous aurez en vos capacités maternelles et que peuvent bien sûr conforter vos proches. Leur regard, gestes ou paroles à votre égard contribueront aussi bien à étayer en vous cette maternité débutante qu'à aggraver ce sentiment de solitude et d'abandon que vous éprouvez depuis que vous êtes mère. Convoitises, rancoeurs, jalousie, concurrence de maternité se donnent souvent rendez vous au pied du berceau et mettent à mal votre fragilité de nouvelle mère, vous poussant insidieusement à démissionner et vous retirer...
    Vous ne saurez pas forcement les reconnaître sous le masque de conseils et recommandations multiples, avisées et toujours pavées de bonnes intentions, mais vous éprouverez inexplicablement dans votre chair et votre coeur leur toxicité.
    Nous avons vu plus haut qu'il y a un temps acceptable pour parler de baby blues, mais qui l'est uniquement en fonction de l'intensité et la teneur de ce que vous vivez. Passé donc un délai de trois semaines au grand maximum, tout sentiment plus ou moins douloureux, plus ou moins déconcertant et étrange qui s'installe et semble se mettre entre vous et votre enfant, doit vous inviter à consultersans tarder.

    A qui s'adresser alors ? :

    - En vous rendant au plus tôt à la consultation postnatale : de préférence avec le papa et en abordant franchement (et courageusement) ce qui ne va pas, ce qui ne correspond pas selon vous à ce que vous attendiez de cet évènement. Ne vous limitez pas à l'évocation des petites difficultés de maternage, faites part aussi de la façon dont vous les vivez. Parlez si vous le pouvez et si c'est votre cas, de la tiédeur des sentiments que vous éprouvez pour votre enfant, de votre manque d'élan à son égard ou des peurs qu'il vous inspire (peur de mal faire, peur de lui faire du mal, peur de ses pleurs...). Signalez également à la sage-femme qui vous recevra, tous les troubles de santé de votre bébé (qui peuvent être également signe d'une défaillance maternelle somatisée : régurgitations, pleurs, sommeil perturbé).

    - Prenez au plus vite un rendez-vous avec votre médecin en lui expliquant auparavant de manière très brève, ce qui vous amène à consulter : évitez si possible de vous rendre aux consultations libres (c'est-à-dire sans rendez-vous) où votre malaise et votre pudeur à l'évoquer ne seront pas forcément bien entendues par votre médecin, le jour où il sera fort débordé entre deux épidémies de rhume ou de gastro. Il n'est pas lui aussi à l'abri de minimiser vos propos ou de passer à côté des premiers signes de votre difficulté. Et de vous laisser repartir avec en guise de prise en charge : quelques fortifiants, vitamines et encouragements. Il serait préférable d'obtenir une consultation à domicile où à travers votre quotidien, votre médecin sera plus à même de juger de la nature réelle de votre malaise : une maison en désordre, une mise négligée, un bébé laissé dans le transat ou dans sa chambre pendant le temps de la consultation... Tous ses signes plaideront en votre faveur, bien mieux parfois que les mots que vous tenterez de trouver pour justifier votre appel. Enfin nous espérons que votre médecin y sera attentif...

    -Faites appel au service de PMI de votre ville ou de votre quartier ou à la puéricultrice qui y est attachée : peu de temps après votre accouchement, vous recevrez par courrier une invitation de sa part à venir vous rendre visite. Profitez donc de cette possibilité, cette démarche postnatale n'ayant aucun caractère de surveillance. Il ne s'agit pas pour elle, de repérer la mauvaise mère que vous pourriez être, ou de juger la façon dont vous entendez materner votre enfant, simplement de vous rencontrer et de voir avec vous, aussi bien ce qui va que ce qui ne va pas. La formation des puéricultrices, leur expérience professionnelle les amènent (dans l'ensemble) à se préoccuper particulièrement de la manière dont vous vivez votre post-partum. La difficulté maternelle n'est pas un mot qu'elles ignorent, une réalité dont elles se protègent dans le cadre de leur travail.

    - Voir un psychiatre, psychanalyste ou psychologue ? On les consulte rarement directement et sans réticence. Si vous bénéficiez déjà d'un suivi prénatal, nous vous invitons à le reprendre au plus tôt, vos consultations auront là un objectif précis, savoir ce qui se cache derrière votre malaise. Que cette démarche vous soit conseillée par votre médecin, votre puéricultrice ou encore par un proche, assurez-vous que la thérapie proposée ne se réduit pas à la simple prise en charge d'une dépression. Le suivi que l'on vous proposera ne doit pas évacuer la spécificité et la singularité de vos souffrances maternelles mais passer par l'écoute* de vos difficultés plutôt que par le diagnostic et la confirmation d'une dépression ou d?une psychose. Le diagnostic ne doit pas se limiter aux symptômes ou être défini par la médicamentation administrée.

    * écouter dans le sens de rendre la parole possible.
    Comment s'y retrouver entre ces spécialités psy ?

    (Extraits du livre de Catherine Garnier-Petit : "Mal de mère, mal d'enfant". aux éditions Albin Michel)
    • Psychiatre : Docteur en médecine qui a choisi de se spécialiser en psychiatrie. Il connaît la nomenclature des maladies mentales et les médicaments psychotropes. Il est habilité à faire des ordonnances et à signer de feuilles de Sécurité Sociale. On le consulte pour des maladies mentales graves (psychoses), mais aussi moins graves comme la dépression. Il soigne essentiellement par médicaments traitant les symptômes, mais certains pratiquent aussi la psychothérapie.
    • Psychologue :titulaire d'un D E S S de psychologie, il peut faire des expériences en laboratoire (psychologie expérimentale) ou faire passer des tests. S'il est psychologue clinicien, il possède un DESS de psychologie clinique et pathologique qui comprend l'étude de la neurophysiologie du cerveau, des maladies mentales et des médicaments psychotropes. Mais il ne peut les prescrire ni signer des feuilles de maladie. Le clinicien soigne par la parole qu'il écoute et interprète.
    • Psychanalyste : il peut être aussi médecin ou psychologue clinicien, mais pas forcément. Il a étudié la théorie de Freud, la psychanalyse qui stipule l'existence d'un inconscient. Il a obligatoirement suivi lui-même une psychanalyse personnelle. Il soigne par la parole, celle du patient qui parle librement en associant ses idées. La parole du psychanalyste consiste à interpréter les manifestations de l'inconscient du patient à travers ses rêves, ses actes manquées et sa relation au psychanalyste.

    On peut également faire appel à un psychothérapeute, lequel n'est pas non plus médecin mais a suivi une psychothérapie personnelle et est formé à l'écoute de la souffrance psychique.

    - S'adresser à une unité mère-enfant [* rubrique spéciale] : rares en France, ayant trop peu de lits à offrir en cas de nécessité d'hospitalisation (en tout une soixantaine), ces unités spécifiques qui assurent aussi des suivis à la journée (hospitalisation de jour ou entretien sur rendez vous) sont les lieux qui nous semble les plus appropriés pour le soin et l'écoute de la difficulté maternelle...

    Quel que soit le moyen que vous choisirez, préfèrerez ou aurez à votre disposition (éventualité hélas la plus probable) nous vous invitons à consulter au plus vite : dès le premier mois !
    N'attendez pas que votre difficulté soit caractérisée par un état dépressif ou qu'elle se répercute d'une manière ou d'une autre sur votre bébé !
    Ne repoussez pas chaque jour votre prise en charge, dans l'espoir de jours meilleurs ou parce que vous vous accrochez à quelques instants de plaisir.
    N'écoutez pas ceux qui vous invitent à la patience (donc au silence) ou qui cherchent à vous rassurez avec leurs souvenirs personnels, leurs histoires de mère courage qui ont fini par triompher de leurs problèmes avec le temps (et dans la solitude).
    Méfiez-vous de ceux qui veulent apaiser vos angoisses dès que vous ouvrez la bouche. C'est avant tout leur propre angoisse réactivée par ce que vous tentez de dire qu'ils cherchent à étouffer.
    Maintenez à l'écart ceux qui vous rappellent à chaque instant de doutes que vous êtes une bonne mère, car comme le fait remarquer Michèle Benhaim dans "La folie des mères" : "...à l'inverse, en cherchant à convaincre «vous êtes une bonne mère» on veut persuader la mère qu'elle est ce qu'elle voudrait avoir aussi le droit de ne pas être."

    Tout en faisant confiance à vos éprouvés -ne laissez à personne l'opportunité d'avoir raison de vos émotions et impressions- demeurez néanmoins réceptive à l'inquiétude que vous pourriez susciter chez vos proches.


    "On peut certes économiser la préservation de « l'espèce mère » et continuer la catastrophe écologique d'un originaire aux abonnés absents, on dépensera beaucoup plus d'argent ultérieurement pour tenter de réparer ce ratage humain. Et combien de ratages humains ont fabriqué le totalitarisme ? En termes économiques, la préservation de «l'espèce mère» est ce que l'on peut appeler un investissement rentable !..."Madeleine Rey- Pédiatre (cahier de Maternologie numéro 11).

    A titre d'information

    Et seulement d'information
    Il est difficile de trier chaque jour ce qui nous tire vers le haut et ce qui nous replonge inexplicablement vers le bas, difficile de mettre des mots sur ce que l'on ressent et difficile de savoir s'il convient de consulter. On se sent comme aspirée dans un maelström d'émotions, de sensations et de pensées floues et déconcertantes.
    La peur de devenir folle ou d'être dans l'exagération et la sensation d'avancer depuis quelques temps dans un épais brouillard, nous empêche d'apprécier l'étendue de notre difficulté et retarde d'autant plus notre demande de prise en charge.

    C'est pourquoi nous mettons à votre disposition ce questionnaire élaboré par JL. Cox : "L'EPDS : l'Inventaire de dépression postnatale d'Edimbourg"
    (Utilisé parmi d'autres outils dans le diagnostic de la dépression du post-partum).
    Bien entendu, ce questionnaire n'est là que pour vous aider à faire le point sur ce que vous pouvez ressentir. Il n'est pas question ici de "s'auto-diagnostiquer" une difficulté maternelle caractérisée ou une dépression du post-partum.

    Les réponses sont à donner en fonction de l'impression dominante des 7 derniers jours. Pendant la semaine qui vient de s'écouler :
    1. J'ai pu rire et prendre les choses du bon côté
      • pas du tout
      • vraiment beaucoup moins que d'habitude
      • moins que d'habitude
      • autant que d'habitude
    2. Je me suis sentie joyeuse en pensant à l'avenir
      • pas du tout
      • vraiment beaucoup moins que d'habitude
      • moins que d'habitude
      • autant que d'habitude
    3. Je me suis dit, sans raison objective, que j'étais responsable si les choses allaient mal
      • oui, très souvent
      • oui, de temps à autres
      • pas souvent
      • non, jamais
    4. Je me suis sentie anxieuse ou inquiète sans motif précis
      • oui, très souvent
      • oui, souvent
      • pas souvent
      • non, jamais
    5. Je me suis sentie effrayée ou paniquée sans raison réelle
      • oui, très souvent
      • oui, de temps à autres
      • pas souvent
      • non, jamais
    6. Je me suis sentie dépassée par les évènements
      • oui, très souvent je me sentais incapable de faire face
      • oui, de temps à autres, je me sentais plus facilement dépassée que d'habitude
      • pas souvent, je fais face la plupart du temps
      • non, jamais, je me sentais aussi efficace que d'habitude
    7. Je me suis sentie si malheureuse que j'ai eu des problèmes de sommeil
      • oui, très souvent
      • oui, plusieurs fois
      • pas souvent
      • non, pas du tout
    8. Je me suis sentie triste et malheureuse
      • oui, la plupart du temps
      • oui, de temps à autres
      • pas souvent
      • non, jamais
    9. Je me suis sentie tellement malheureuse que j'ai pleuré
      • oui, la plupart du temps
      • oui, de temps à autres
      • pas souvent
      • non, jamais
    10. Il m'est arrivé de penser à me faire du mal
      • oui, très souvent
      • oui, plusieurs fois
      • rarement
      • non, pas du tout
    Les réponses se cotent de 3 à 0 de haut en bas ; par exemple pour la question 1 :
    • J'ai pu rire et prendre les choses du bon côté
      • pas du tout : 3
      • vraiment beaucoup moins que d'habitude : 2
      • moins que d'habitude : 1
      • autant que d'habitude : 0

    On fait le total de tous les points. Au-dessus de 13, on peut estimer que la maman est déprimée, et la dépression est d'autant plus importante que la note est élevée.

    (Traduction de N. Guedeney et N. Glangeaud)
    Cette étude a été publiée en 1995.
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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Que faire ? Sun, 18 Aug 2013 12:33:13 +0000
Betty Blue http://www.maman-blues.fr/temoignages/140-betty-blue.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/140-betty-blue.html

J'ai toujours désiré avoir une fille et pourtant lorsque je suis devenue maman en 1999 d'une petite Eva, j'ai regretté pendant des mois d'avoir eu ce bébé.

Rien durant cette grossesse ne m'avait préparée ni même avertie qu'une telle tempête allait me ravager à la naissance de mon enfant.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Tue, 20 Aug 2013 07:18:38 +0000
Qu'il était donc difficile d'être maman sans avoir été petite fille... ! http://www.maman-blues.fr/temoignages/5-qu-il-etait-donc-difficile-d-etre-maman-sans-avoir-ete-petite-fille.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/5-qu-il-etait-donc-difficile-d-etre-maman-sans-avoir-ete-petite-fille.html

J'avais depuis toujours, en tous cas d'aussi longtemps que je me souvienne, souhaité être mère.

Je sais aujourd'hui que j'entretenais l'illusion d'un énorme bonheur car je pressentais certainement que ce serait aussi mon "merveilleux malheur"...

J'ai donné naissance à une petite fille en 1998, dans des conditions d'accouchement difficiles mais après une grossesse idyllique... Trop idyllique pour être normale d'ailleurs...

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Sun, 18 Aug 2013 12:36:48 +0000
Chroniques d'une vieille souffrance (Sisyphe) http://www.maman-blues.fr/temoignages/6-chroniques-d-une-vieille-souffrance-sisyphe.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/6-chroniques-d-une-vieille-souffrance-sisyphe.html

Je viens parler de quelque chose dont je n'ai quasiment jamais parlé à personne...
De quelque chose de vieux, mais qui résonne encore très douloureusement aujourd'hui...
De quelque chose que j'ai tenté d'enterrer, d'étouffer, de faire disparaître, qui a longtemps empoisonné mon existence, et qui pourrit la vie de ma fille...

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Sun, 18 Aug 2013 12:38:54 +0000
Histoire d'une mère de l'ombre, mère de naissance (Lydia) http://www.maman-blues.fr/temoignages/7-histoire-d-une-mere-de-l-ombre-mere-de-naissance-lydia.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/7-histoire-d-une-mere-de-l-ombre-mere-de-naissance-lydia.html

J'avais 17 ans et je me suis retrouvée enceinte, le père de l'enfant me dit "débrouille toi ! Je ne veux rien savoir".

Au début je n'en parlais à personne car j'avais très peur mais à Noël 78, je me suis confiée à ma soeur qui a 17 ans de plus que moi. J'ai passé les vacances avec mes grands-parents et toute la sainte famille.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Sun, 18 Aug 2013 12:39:35 +0000
Anna, voyage dans les limbes (Ciloup) http://www.maman-blues.fr/temoignages/141-anna-voyage-dans-les-limbes-ciloup.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/141-anna-voyage-dans-les-limbes-ciloup.html

I. Mon cerveau a perdu la tête... (0-8 semaines après)
II. L'accouchement
III. Il y a des choses qu'il ne faut pas savoir (2.5-6 mois après)
IV. Epilogue
V. La boucle des chemins

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Tue, 20 Aug 2013 07:20:58 +0000
J'ai honte, mais je voulais vous dire... (Lili Rose) http://www.maman-blues.fr/temoignages/9-j-ai-honte-mais-je-voulais-vous-dire-lili-rose.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/9-j-ai-honte-mais-je-voulais-vous-dire-lili-rose.html

J'écris car je ne suis peut être pas capable de dire tout cela.

J'ai cru il y a 10 jours que vous me reprochiez de m'endormir quand ma fille ne dort pas, et que mes angoisses allaient la perturber.
J'ai cru être jugée et vos mots sont toujours pour moi la Vérité.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Sun, 18 Aug 2013 12:41:55 +0000
Quelque chose ne va pas. On ne me fait plus confiance (Une maman sans fleurs) http://www.maman-blues.fr/temoignages/10-quelque-chose-ne-va-pas-on-ne-me-fait-plus-confiance-une-maman-sans-fleurs.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/10-quelque-chose-ne-va-pas-on-ne-me-fait-plus-confiance-une-maman-sans-fleurs.html

Je suis une maman sans fleurs. Sans bravo, vous avez un beau bébé, vous avez été courageuse. Sans valise spéciale naissance pleine de coupons-réponses débiles.
Juste un petit bracelet que je porte au cou... mon enfant va très bien. Seulement il est loin de ses parents sans comprendre pourquoi.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Sun, 18 Aug 2013 12:47:13 +0000
Non, je ne peux donner la vie ! (Myriam) http://www.maman-blues.fr/temoignages/11-non-je-ne-peux-donner-la-vie-myriam.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/11-non-je-ne-peux-donner-la-vie-myriam.html

J'ai 29 ans aujourd'hui. A l'époque 22 et j'étais en couple.
Tout allait pour le mieux, nous désirions un enfant rapidement, une première grossesse arriva...

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Sun, 18 Aug 2013 12:48:24 +0000
Toute mon enfance a ressurgi et j'ai hurlé de désespoir (Nad 28) http://www.maman-blues.fr/temoignages/12-toute-mon-enfance-a-ressurgi-et-j-ai-hurle-de-desespoir-nad-28.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/12-toute-mon-enfance-a-ressurgi-et-j-ai-hurle-de-desespoir-nad-28.html

Récit d'une psychose puerpérale :

J'ai accouché le 20 août 2004 d'une adorable petite fille : J. L'accouchement a été très long et douloureux (la péridurale n'ayant pas d'effet) mais j'avais la joie d'avoir une petite fille en bonne santé. Je voulais l'allaiter et cela a été très difficile car les sages-femmes étaient toujours pressées, préféraient donner le biberon et n'ont jamais pris le temps de me montrer comment il fallait faire.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Sun, 18 Aug 2013 12:48:56 +0000
J'ai touché le fond (Liane) http://www.maman-blues.fr/temoignages/13-j-ai-touche-le-fond-liane.html http://www.maman-blues.fr/temoignages/13-j-ai-touche-le-fond-liane.html

J'ai rêvé de la maternité depuis que je suis toute jeune fille.
Je vous fais grâce de l'image d'Épinal que j'avais en tête, on est pas mal à tomber de haut tellement le décalage est grand avec la réalité.

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iki@ikicrea.com (Super Utilisateur) Témoignages de mères en difficulté Sun, 18 Aug 2013 12:49:30 +0000