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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 03 Jan 2018, 19:42

ritalea a écrit: Ce qui me saute aux yeux dans ton dernier écrit, c'est à quel point tu es parvenue à distinguer le toi petite fille avec ce que cela implique: ton enfance, tes souvenirs, ta relation à ta mère en tant qu'enfant etc, ET ta vie actuelle de femme et d'adulte

Oui c'est cela, réussir à conjuguer, à faire coexister trois identités en une. Pas simple quand un petit bout nous ramène toujours à notre identité de mère alors que l'on aimerait tant être encore une petite fille ou libre d'être femme. Cet équilibre ne vient pas d'un seul coup, il se construit avec du temps...

ritalea a écrit:J'imagine ma mère menaçante si jamais je tente de bouger de là et je ressens la peur. La peur de la décevoir, la peur qu'elle me rejette, la peur de ne pas savoir vivre sans elle, la peur qu'elle me fasse du mal. Parce que oui, le peu de fois où je me suis exprimée en tant que JE, je me suis sentie incomprise, jugée, non reconnue. Ça m'a fait terriblement mal et je ne suis jamais sentie capable d'aller au delà de ça.

Je comprends tellement ce que tu ressens. Moi j'imaginais ma mère comme une araignée, au-dessus de moi qui m'emprisonnait par ses grandes pattes. Elle avait juste à allonger l'une d'elle pour me ramener si jamais je m'éloignais un peu trop...psychiquement, émotionnellement.

ritalea a écrit:C'est ça. J'ai besoin, malgré la souffrance que ça m'engendre, de "retomber", de redevenir à mon état de petite fille aussi longtemps qu'il le faudra pour évacuer.

:super: Tu vois avec lucidité les étapes identitaires qui te permettront d'avancer. Prends soin de la petite fille qui est en toi :coeur:

ritalea a écrit: Et surtout de comprendre mais qu'est-ce qu'il y avait de si terrible derrière ce mal être de ma mère? Qu'est-ce qui cause cette aussi grande souffrance? C'est comme si j'avais besoin de cette réponse pour avancer parce que ma mère n'ira jamais la trouver et moi je ne peux pas avancer si je ne l'ai pas parce que c'est comme nier qu'elle a existé et que je l'ai ressenti et qu'elle m'a pourri.

Tu as sans doute raison d'essayer d'éclaircir cette zone d'ombre, d'essayer de comprendre. Pour ma part j'ai compris, il y a peu.... Ma mère est restée une petite fille. Traumatisée par son histoire, une petite fille apeurée, effrayée...une petite fille qui a cru qu'elle réparerai grâce à l'amour de ses enfants ses blessures. Une mère à mes yeux qui n'était finalement qu'une petite fille dans le cœur. Et c'est moi sa fille qui l'ait consolée...
Elle a fait ce qu'elle a pu. J'ai fait ce que j'ai pu. Nous nous sommes fourvoyées mais nous nous sommes tellement aimées...mal, certainement, mais aimées quand même.

ritalea a écrit: Peur de lâcher et qu'arrive de nulle part un élément qui me poignarde parce que justement j'aurais lâché ma protection.

Et si c'était moins douloureux sans protection ? Et si ton imaginaire dépassait la réalité?

ritalea a écrit:Je le fais payer à ma fille quoi :( mais en même temps vraiment parfois elle en abuse et je voudrais qu'elle ressente que j'ai des limites et qu'en même temps je serai toujours là, que ça ne doit pas l'inquiéter quand je lui dis non. Mais bon j'en suis loin...

Ton enfant doit savoir que tu as des limites. Tu as le droit de te mettre en colère. Si je devais compter le nombre de fois où je me suis agacée, énervée, où j'ai hurlé parce que j'en avais marre :gene: . Tout réside dans la conversation que tu auras avec elle par la suite. Accepte de faire différemment de ta propre mère, écoute toi. Ta fille te verra toujours comme SA mère quoique tu fasses, quoique tu dises...
Enfin libre d'être mère.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 03 Jan 2018, 19:57

ritalea a écrit:Je voudrais pouvoir lui dire "non" et qu'elle hurle pas comme si elle était terrorisée, comme si elle ne me reconnaissait pas et qu'elle se sentait seule face à moi.
Je voudrais qu'elle dorme toutes ses nuits dans son lit, qu'elle fasse de longues siestes, qu'elle ne pose pas toujours 15000 questions que j'associe à de l'hyper vigilance, qu'elle arrive à jouer seule plus de 2 min 30, qu'elle ne réclame pas toujours maman, ....

Non pas que tout ça me dérange en tant que MAMAN mais parce que si elle faisait tout ça, cela me prouverait que je suis différente de ma mère, que je fais les choses différemment, que je ne crains rien cette fois, que non ma mère avait tort et que toutes les relations mère-fille ne se passent pas comme ça.


Se construire en tant que mère avec ce que l'on est mais aussi avec ce que l'on a reçu.Je retrouve des petits bouts de ma mère dans l'éducation que je donne à mon fils, comment cela pourrait être autrement... Faire la paix avec la petite fille en soi c'est aussi laisser entrer un peu de sa mère dans son coeur de mère.

Votre relation sera différente, soit en certaine :coeur:
Enfin libre d'être mère.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 05 Jan 2018, 13:08

Santonella a écrit:Pas simple quand un petit bout nous ramène toujours à notre identité de mère alors que l'on aimerait tant être encore une petite fille ou libre d'être femme.
Pour reprendre ta phrase, en ce moment ce que je ressens c'est plutôt: "pas simple quand un petit bout nous ramène toujours à la petite fille en nous, à la relation à notre propre mère alors qu'on voudrait tant être libre d'être mère". En ce moment je ressens ça. Tout me ramène à moi petite fille avec ma mère et c'est horrible parce que j'arrive pas à m'en libérer.

Santonella a écrit:Pour ma part j'ai compris, il y a peu.... Ma mère est restée une petite fille.
Je me suis dit exactement la même chose il y a peu. Ma grand mère maternelle est gravement malade, hospitalisée elle va tôt ou tard bientôt décédée. Et j'ai vu là, dans ces circonstances, ma mère devenir une petite fille, une petite fille que l'on abandonne, qui ne comprend pas pourquoi ça arrive, qui refuse de l'accepter, car sa maman est immortelle et qu'elle en a besoin pour vivre, et que tout son monde s'écroule... Je le vois aussi en comparaison avec ma tante qui vit la même peine, mais qui elle continuera a tenir debout parce qu'a coté de ça elle a une vie, elle est adulte et elle ira de l'avant malgré la tristesse immense.
Et je me rends compte aussi, que tous les adultes que je trouvais sécurisants petite: je pense notamment à mon père, à ma tante paternelle, mes grands parents paternels, et bien c'était des adultes justement. Qui n'avait pas besoin de moi pour être, pour vivre. Qui avait de toute façon déjà leurs limites, leurs frontières et que rien que pour ça je pouvais compter sur eux, m'appuyer sur eux, me déposer.

Santonella a écrit: ritalea a écrit:
Peur de lâcher et qu'arrive de nulle part un élément qui me poignarde parce que justement j'aurais lâché ma protection.
Et si c'était moins douloureux sans protection ? Et si ton imaginaire dépassait la réalité?
C'est vrai que c'est moins douloureux sans protection, j'ai pu l'expérimenté un peu, c'est juste génial mais cela demande de ne plus avoir peur... Et puis par exemple si je passe un bon moment avec ma fille et qu'après elle refuse de dormir le soir ou autre je vais vraiment le prendre pour moi, comme si j'avais accepté de me lâcher, de vivre pleinement le bon moment mais que pour autant ça ne va pas et ça me blesse, ça me prouve que je ne peux pas lâcher parce que ça ne va pas. Désolée si c'est confus. Je me rends compte que je revis pleinement comme avec ma mère quand on passait un "bon" moment et que dans la foulée je voyais, par quelconque moyen, qu'en fait elle n'allait pas bien.

J'ai comme l'impression de tenter de me libérer de ma mère mais que du coup je retombe dans une autre relation, celle avec ma fille où je suis de nouveau emprisonnée. Alors je le vis très mal, ça me met en colère, contre ma fille, contre tout ce qu'elle peut me demander, je grossis tout, je me sens agressée; je fais un amalgame complet de ma mère et de ma fille, j'en ai conscience, mais émotionnellement je ne le contrôle pas. Pour moi c'est la même chose, la même relation, la même petite fille en moi qui a peur.

Quand je regarde ma fille, en ce moment j'ai envie de pleurer. Pleurer de pas réussir à l'aimer comme je voudrais, pleurer de colère parce qu'elle m'énerve de provoquer ça chez moi, pleurer de ma sentir comme prisonnière de mes sentiments comme si je pouvais pas faire autrement pour l'instant, pleurer de ne pas réussir à la voir telle qu'elle est et de lui faire payer tant de choses. Ca c'est quand je la regarde jouer, marcher à mes cotés, ou en photo. Mais dès qu'elle parle, qu'elle agit envers moi, je suis en alerte, en hypervigilante, en protection contre la menace c'est horrible.

J'interprète tout mal. Je pars du principe qu'elle est moi: insécurisée, pas confiance en sa mère, qu'elle fait tt pour m'aider, qu'elle s'inquiète. Je pars de ce principe, j'ignore pourquoi.

Et puis la colère que j’éprouve en ce moment aussi. Elle est là je tente de la contenir alors que j'aurais envie hurler, et de frapper...De bousculer ma mère, de lui dire "allez fâche toi! pose les tes limites! fais sortir ce que tu es vraiment!" de la provoquer comme je le faisais enfant, à toute petite dose, parce que je tentais de lui faire sortir son vrai elle, parce que j'ai besoin qu'elle soit vraie, qu'elle soit elle pour être enfin moi!! Alors qu'elle restait là, inerte, comme si elle ne remarquait pas mes provocations. A toujours répondre sur un ton calme et bienveillant, prête à se faire bouffer jusqu'a l'os mais ne rien céder de son vrai elle.
J'ai besoin de me confronter à ses limites, à ses frontières pour sentir qu'on est deux êtres distincts, pour sentir que je ne serai pas happée, qu'elle n'a pas besoin de moi. Alors je crois que c'est cette colère que ma fille vient provoquer par ses sollicitations anodines et normales. Pour un rien, j'ai envie de me fâcher très fort, de lui hurler dessus (je ne le fais pas je vous rassure je me contiens). Parce qu'en me sollicitant, en me provoquant parfois, en jouant de ma patience, elle réactive chez moi les sensations que je ressentais de ma mère quand je faisais pareil et ça m'est insupportable alors j'ai envie de réagir à l'inverse, j'ai envie de réagir avec toute la colère aujourd'hui que ça me provoque, comme pour dire: moi maman je ne veux rien lui céder, je ne veux pas être a son écoute comme toi, je ne veux pas me faire bouffer comme toi! et là encore je vois a quel point ma mère est omniprésente et que je ne suis pas la mère de ma fille :(
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 12 Jan 2018, 22:35

ritalea a écrit:Pour reprendre ta phrase, en ce moment ce que je ressens c'est plutôt: "pas simple quand un petit bout nous ramène toujours à la petite fille en nous, à la relation à notre propre mère alors qu'on voudrait tant être libre d'être mère". En ce moment je ressens ça. Tout me ramène à moi petite fille avec ma mère et c'est horrible parce que j'arrive pas à m'en libérer

Je comprends. Pendant longtemps je me suis vue dans mon fils, d'autant plus que l'on m'a toujours dit que j'étais un véritable garçon "manqué" (quel vocabulaire inapproprié quand j'y pense). Y a t-il des instants aussi fugaces soient-ils où tu te dis : ah, là c'est différent. Je n'ai pas fait cela avec ma mère ou je n'ai pas le sentiment de l'avoir vécu comme ça. Est ce qu'il y a des échanges avec elle qui font moins écho à ton enfance?

ritalea a écrit:Et je me rends compte aussi, que tous les adultes que je trouvais sécurisants petite: je pense notamment à mon père, à ma tante paternelle, mes grands parents paternels, et bien c'était des adultes justement. Qui n'avait pas besoin de moi pour être, pour vivre. Qui avait de toute façon déjà leurs limites, leurs frontières et que rien que pour ça je pouvais compter sur eux, m'appuyer sur eux, me déposer.

Et ton père alors? Quelles étaient vos relations? C'est une ressource sur laquelle tu peux t'appuyer non?

ritalea a écrit:C'est vrai que c'est moins douloureux sans protection, j'ai pu l'expérimenté un peu, c'est juste génial

Cool :), un peu ce n'est pas jamais :amen:

ritalea a écrit:Et puis par exemple si je passe un bon moment avec ma fille et qu'après elle refuse de dormir le soir ou autre je vais vraiment le prendre pour moi, comme si j'avais accepté de me lâcher, de vivre pleinement le bon moment mais que pour autant ça ne va pas et ça me blesse, ça me prouve que je ne peux pas lâcher parce que ça ne va pas

La sensation de ne pas profiter des bons moments parce qu'ils seront de toute façon gâchés un moment où l'autre. Je vois. Je vois très bien même.A quoi bon hein? Ne pas réussir à être là pleinement. Se dire que tout est écrit. Et si tu listais ces bons moments? Seulement les bons moments. Les écrire, pour mesurer à quel point ils sont importants et peut-être plus nombreux que tu ne le penses.

ritalea a écrit:Quand je regarde ma fille, en ce moment j'ai envie de pleurer.

Pleure, pleure, encore et encore. Mes larmes m'ont énormément aidée. Je ne les retiens plus aujourd'hui. Parfois je sens que ça monte comme çà. Je ne cherche plus à mettre des mots, à comprendre. Je m'isole si je le peux et je pleure. Je laisse sortir cette tristesse, exprimer ce besoin. Une étape nécessaire pour moi pour pouvoir passer à la suivante.

Je trouve que tu analyses très bien la source des émotions que tu ressens, que tu contiens, que tu exprimes là sur ce forum. La colère, la peur..
Tu ne rends pas ta fille responsable de tout ça car tu la protège comme une maman et non comme une petite fille :coeur:

Courage, le chemin peut paraître long, mais tu avances, tu avances....

Pensées :coeur:
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 14 Jan 2018, 13:03

Santonella a écrit:Et ton père alors? Quelles étaient vos relations? C'est une ressource sur laquelle tu peux t'appuyer non?

Mon père :coeur: :coeur: c'est celui qui me comprend. On est très proches. J'ai beaucoup de lui: physiquement je lui ressemble, la sensibilité, les centres d’intérêts, le raisonnement. On se comprend. Sauf qu'il n'était absolument pas reconnu par mère. Il était dévalorisé, critiqué. Alors jusqu'a leur divorce quand j'avais 19 ans, je ne me suis jamais autorisée a vivre au grand jour notre relation. Je la sentais puissante mais je n'avais pas le droit. Le divorce aura au moins permis ça.

Ma fille et mon père ont une très belle relation :coeur:

Je peux m'appuyer sur lui mais ça a des limites: il est toujours amoureux de ma mère. Alors c'est compliqué de parler de mes difficultés avec ma mère, il n'est pas très objectif...

Santonella a écrit:La sensation de ne pas profiter des bons moments parce qu'ils seront de toute façon gâchés un moment où l'autre.
Oui surtout la sensation qu'on ne peut pas faire confiance a ces bons moments parce qu'ils ne sont pas sincères finalement puisque derrière les mauvais moments, réels eux, arrivent.
Santonella a écrit:Et si tu listais ces bons moments? Seulement les bons moments.
Oui j'écris beaucoup, comme une sorte de journal sur l'ordi, y figure les bons comme les moins bons moments. Mais les bons moments sont surtout ceux où je me sens bien, peu importe ce qu'on est en train de faire. Et ils sont peu nombreux ceux là :-|

Dur ce week end, je suis seule, et hier j'avais mais pas du tout envie de m'occuper de ma fille ce fut donc très dur :/ Mais le plus dur je crois, ce qui me met en rage, c'est de continuer cette loyauté envers ma mère, envers et contre tout, malgré l'énorme souffrance que je m'inflige!!! :rougefaché:
Je commence a me rendre compte que ma fille, me renvoi en permanence le regard de ma mère. C'est comme si dès que je suis avec ma fille, le regard de ma mère est là, au dessus de moi, et que moi j'agis comme ma mère le voudrait avec ma fille. Donc je ne suis pas moi. Donc je me sens petite fille, la fille de ma mère et non la mère de ma fille.

Je n'arrive pas a vivre et ressentir les choses et ça depuis la grossesse, comme MOI je voudrais les vivre et les ressentir. Je suis sans cesse submergée par ma mère qui est là. La fusion est tellement forte que c'est le flou total entre ce que je suis et ce que ma mère est, ce qui m'appartient de ce qui lui appartient.

Et le peu de fois où je sors de cela pour être spontanément moi (souvent dans le jeu) j'ai l'impression de désobéir, je me sens nulle envers ma fille, je me sens immature, je ne me sens pas un comportement de mère.

Je dis très souvent que je me sens petite fille. J'ai l'impression que ce sentiment est aussi dû au regard que porte ma mère sur moi dès que je suis MOI. Par exemple, quand je me suis mariée, je me sentais une petite fille qui n'en est pas là, qui va faire genre elle se marie alors qu'elle a 3 ans a l'intérieur d'elle. Certes il y a du vrai, mais il y aussi le regard de ma mère qui n'a jamais pris en considération ce mariage, comme tous mes choix de vie "adulte" d'ailleurs. Condamnée à n'être qu'une petite fille...

Ma grand mère maternelle est hospitalisée en soins palliatifs, elle va mourir. Ma mère, souhaite que l'on se réunisse tous cet après midi à 14h. Spontanément et comme toujours lorsqu'elle exprime une demande je réponds "oui". Puis vient mes questionnements, un sentiment de contrariété a l'intérieur: alors 14h c'est l'heure de la sieste donc pour répondre a la demande de ma mère je vais sacrifier la sieste de la petite avec les conséquences que l'on connait et je vais rager contre moi même d'avoir accepté de le faire, cette réunion aussi pourquoi? ma grand mere n'est pas décédée encore, pourquoi se réunir avant? est-ce la place de ma fille? Bref et je rageais d'être incapable de raisonner, de raisonner par moi même, en tant que MERE!!! savoir ce qui est bon pour ma fille puisque la priorité pour moi c'est ce qui est bon pour ma mère :(

Du coup hier soir j'ai souhaité rendre visite a ma grand mère pour voir les lieux (elle vient d'être transférée) et voir si ca pouvait convenir à ma fille aujourd'hui. J'ai discuté longuement avec une infirmière et je lui ai exposé mon problème. Elle m'a demandé si ca me tenait à coeur que ma fille voit son arrière grand mère une dernière fois, elle m'a demandé si je pensais le regretter, elle m'a dit que la petite pouvait apporter un dessin, qu'elle pouvait juste venir lui faire un bisou quand elle dort et lui dire qu'elle fait la sieste car elle est très fatiguée etc. Et là j'ai réalisé a quel point je n'arrivais pas à ancrer ma fille dans notre lignée, a faire les ponts, a la faire vivre et exister auprès de la famille. L'idée du dessin par exemple m'a marqué, parce qu'il amène de la vie d'enfant, parce qu'il faut d'abord expliquer a ma fille faire un dessin pour grand mamie bref ce mélange de générations etc m'a bouleversé. Et puis ce qui m'a bouleversé aussi c'est (je vais essayer d’être claire) lorsque l'infirmière m'a donné l'idée du bisous et de dire qu'elle faisait la sieste je me suis dit ça c'est une bonne idée, c'est un bon compromis entre elle l'a voit mais cela ne lui fait pas peur, et pour pouvoir lui expliquer ensuite qu'elle ne verra plus sa grand mamie parce que tu te rappelle elle était fatiguée... plutôt qu'une rupture brutale. Cette idée j'aurais pu l'avoir spontanément et naturellement si je considérais ma fille comme ma fille, si je me laissais aller avec le cœur, si je n'étais pas tétanisée et prise en étau entre ma mère et ma fille, si je mettais moins d'importance a penser a ma mère.

Et puis faut pas se leurrer si je souffre tjr a l'heure actuelle c'est surement que, malgré cette souffrance, je ne suis pas prête à passer à autre chose. J'attends tjr de la reconnaissance de ma mère qui me donnerait entre autre l'autorisation de vivre. Sans quoi je ne peux pas accepter de tourner la page. Devenir mère, me sentir mère, voir ma fille comme ma fille et non comme moi je pense que c'est aussi me voir comme une adulte, qui n'est plus la fille de sa mère, c'est accepter de tourner une page qui a un gout amer, un gout d'inachevé, un gout d'injustice, d'insatisfaction, de colère.

Voir ma fille différente de moi j'y parviendrais le jour où moi petite fille je n'attendrai plus rien de ma mère en tant qu'enfant. Qu'en penses tu? est-ce que ça te parle?
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 14 Jan 2018, 20:29

Je prends tout juste connaissance de ton message et j'écris spontanément ce qui me vient à l'esprit...

ritalea a écrit: Je peux m'appuyer sur lui

C'est fort cette relation. Je comprends ses limites mais aimer ton père aussi fort c'est aussi t'aimer toi. Tu lui ressembles tant apparemment :)

ritalea a écrit: Cette idée j'aurais pu l'avoir spontanément et naturellement si je considérais ma fille comme ma fille, si je me laissais aller avec le cœur, si je n'étais pas tétanisée et prise en étau entre ma mère et ma fille, si je mettais moins d'importance a penser a ma mère.

Je ne suis pas d'accord avec toi. Une mère ce n'est pas celle qui sait, mais plutôt celle qui accepte de ne pas savoir. Tu sais, il m'arrive parfois de me sentir perdue, de ne pas savoir quelle décision prendre pour le bien-être de mon fils. Je parle de décisions à prendre par rapport à sa scolarité, sa santé, etc. J'en discute autour de moi avec des personnes de confiance et quand j'en ressens le besoin je vais voir ma psy qui m'éclaire qui m'aide à prendre du recul.

ritalea a écrit: Voir ma fille différente de moi j'y parviendrais le jour où moi petite fille je n'attendrai plus rien de ma mère en tant qu'enfant. Qu'en penses tu? est-ce que ça te parle?
Pour ma part, j'ai porté un regard différent sur mon fils lorsque mon regard sur moi-même a changé. Quand j'ai accepté d'être moi, quand je me suis réconciliée avec la petite fille que j'étais, celle qui n'avait pas pu consoler sa mère, celle qui n'avait pas su être à la hauteur. S'accepter telle que l'on est. S'écouter soi. Pardonner à la petite fille qui n'a pas su faire comprendre à sa mère ce qu'elle attendait d'elle. C'est en consolant la petite fille en moi que j'ai commencé à ressentir des émotions positives à mon égard. Je me haissais tellement. Me consoler c'était me dire que rien n'était de ma faute. Progressivement, je me suis "épluchée" comme un oignon, couche après couche. Et petit à petit, j'ai vu apparaître une belle personne. Celle que j'avais toujours été finalement...
Cette mutation, renaissance à directement changé le regard que je portais sur mon fils. Cet enfant issu de moi, devenait une belle personne lui aussi, un bon petit garçon. Il ne pouvait plus être la petite fille que j'étais car j'ai dit au revoir à cette petite fille. Désormais, elle sommeille en moi pour toujours.
Je dirai plutôt que la clé est en toi. C'est un peu schizophrénique comme processus. Mais il s'agit de s'adresse à ton MOI petite fille et pas vraiment à ta mère.
Je ne sais pas si je suis claire, désolée...

Tu es très exigente avec toi-même. On ne naît pas mère, on le devient. Nous grandissons et apprenons comme nos enfants.

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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 31 Jan 2018, 16:43

ça fait plusieurs jours que je tente, que j'ai envie de t'écrire pour t'expliquer, pour me confier, pour encore une fois que tes lectures me fassent du bien mais... je ne sais même plus quoi écrire, ni par quel bout expliquer ce que je ressens.

Je suis comme envahie, par une angoisse qui me submerge depuis le premier jour que je me sais mère. Une angoisse provoquée par ma fille, en sa présence ou non. Quelque chose qui me submerge qui m'envahit, m'enveloppe, m'entoure. Quelque chose qui spontanément, face à ma fille me donne envie de me défendre, de me protéger, de lutter.
Comme quelque chose de traumatique, qui m'a traumatisé et dont je suis terrorisée.

La petite fille, mon moi le plus profond est en panique, a peur.

Lorsque je parviens, j'ignore comment, à faire l'exercice intellectuel de me dire "là c'est TA fille, TU ES LA MERE (et non l'enfant de ta mère), concentre toi sur le présent de la situation" beaucoup de choses se dégagent ponctuellement: je ne vois plus ma fille comme un être terrorisant et menaçant mais plutôt comme "ma" fille, je me sens libre, je n'ai pas peur etc. Peut être est-ce parce que j'ai mis temporairement la petite fille en moi sur pause? Cette petite fille qui revient toujopurs me hanter. C'est cette sensation que je ressens: quoiqu'il se passe dans le présent, je suis en permanence hantée par les m^mes peurs, les mêmes pensées, les mêmes réactions.

Mais ça ne tient pas. Dans ces moments là je me sens, je me vois comme une "grande", confiante et dans le présent, qui se sent capable et pas effrayée de la vie qu'elle mène: mariée, mère, salariée, etc. Mais c'est comme un regard un peu extérieur porté sur moi. Émotionnellement je n'"en suis pas là.

Cette nuit j'ai fait un rêve, ce matin au réveil, je me sentais profondément, de par ce rêve et des sensations qu'il avait provoqué, je me sentais centrée sur moi, je me sentais connectée avec mon moi, mon moi de petite fille qui a le droit d'exprimer et de montrer la part qu'elle ne montrait pas à sa mère. Bref, dès que j'ai entendu ma fille m'appeler déjà, mes sens se mettent en alerte, cette centration sur moi commence à m'échapper, je n'arrive pas à me conserver moi ainsi en présence de ma fille. Je reprends tout doucement, automatiquement cette sorte de carapace qui use toute mes énergies ou toutes mes "écailles" sont sorti pour me défendre. Parce que ma fille vient me mettre en danger la dessus, je ne peux lui exposer, je n'arrive pas à le faire cohabiter en sa présence parce que je me sens menacée. Je me protège. C'est une réaction automatique, qui je pense est la même que j'avais avec ma mère.

Finalement, je m'en rends compte en t'écrivant, que cette carapace qui m'épuise, me coute tant est une protection, protection que j'ai utilisé envers ma mère car c'est bien avec elle que je me sentais finalement en danger, que mon intérieur, mon moi profond était en danger. Ce moi là je préférais l'enfouir, le cacher, parce ce qu'elle pouvait me faire du mal. En sa présence j'étais donc tjr à l'extérieur de moi, en apnée, en vigilance. Je gardais mon petit coffre fort à moi. Et bien c'est comme si ma fille, venait le menacer également, le mettre en danger et me dire que plus jamais je pourrais m'y connecter ou plutot moi je refuse de lui faire confiance. Je lutte je lutte tellement j'ai peur pour moi.

Arriver à me détendre, à faire confiance, à rester centrée, à me poser, avec ma fille autour est impossible. Disons que ma fille réveille ces réactions là.

Comment as tu fait pour concilier ces trois identités dont on parlait la dernière fois? mère, femme et petite fille? Surtout comme as tu fait pour concilier petite fille et mère? Petite fille et ton fils. C'est juste horrible comme tout est déformé avec mes peurs, mes traumatismes, mon passé :pleur4:
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar ritalea » 09 Fév 2018, 16:49

Depuis mon dernier écrit du 30 janvier, comme après chaque période noire, j'ai de nouveau franchi quelques petits pas.

Je découvre la possibilité d'une relation agréable, et complice avec ma fille. La possibilité d'une vie de famille agréable. Je peine à y croire et surtout cela me fait très peur. La petite fille en moi a très peur. Parce que ça m'est arrivé des milliers de fois de me réjouir d'un moment en famille avec mes parents et systématiquement, au bout il y a avait quelque chose qui venait le gâcher par ma mère: des vacances à l'horizon, la détente, le soleil et ma mère qui fait un malaise, une crise de spasmo en voiture, une chute de tension allongée pendant 3 jours dans le bungalow en Corse en plein mois d'aout et j'en passe... Et moi je suis là. Petite fille. Je ne comprends pas. Pourquoi est elle si mal? et surtout pourquoi a ce moment là alors que tout va bien? sans raison "apparente"? Qu'est-ce qu'elle a? J'ai peur. Je ne comprends pas. Et surtout, moi je ne peux pas me détendre, m'amuser, faire comme si de rien n'était. Je suis inquiète et tant que ça n'ira pas mieux je ne serai pas rassurée.

Alors cette semaine, arrivée au 3ème jour "bien" avec ma fille, je rentre et j'angoisse. Je rentre et j'ai envie de baisser les bras. Je préfère baisser les bras, baisser l'espoir plutôt que ça fasse mal. Je n'arrive pas a "vivre" le quotidien tout simplement: sans me poser des questions, avec des moments ensemble, des moments séparées mais bien dans la maison, des moments de silence, la vie quoi. Non j'y arrive pas. J'ai peur d'y gouter pour le moment.

Au bout de ce 3ème jour je me dis "mais qu'est-ce qu'on va faire ce soir? on a déjà fait tous les jeux hier, on a pris le bain..". Cette répétition m'angoisse parce que j'ai l'impression que pour que ce soit bien, chaque jour il doit y avoir qq chose de nouveau, d'amusant. Refaire les mêmes livres, les mêmes jeux tous les soirs m'angoisse, me panique.
Je crois que la petite fille en moi a peur. Moi je faisais toujours en sorte que le quotidien ne "retombe pas", qu'il y est toujours de la "nouveauté", de la fraicheur, de l'activité de manière a égayer. Sinon l'ambiance était pourrie et ça m'était insupportable. Je crois que j'ai peur de ça avec ma fille. Ce quotidien qui retombe et qui m'angoisse.

Je reproche à ma fille de beaucoup me coller, toujours me poser des questions, toujours vouloir faire des activités ensemble. Je lui reproche car ça m'étouffe mais aussi parce que ça m'inquiète. Un enfant de son âge bien dans sa peau n'a que faire de se soucier de ses parents. Je me vois en elle: je ne laissais aucun répit à ma mère. Je parlais beaucoup. Pour ne pas qu'elle soit triste, pour la faire rire, pour lui amener de la vie en elle, dans la maison, pour, pour... Alors voir ma fille faire ça réactive ça en moi et c'est horrible.

La plus belle de mes réussites sera/serait de voir un jour ma fille être concentrée dans un jeu (plus de 10 sec), chantonner pour elle même, me laisser plus de 2 min tranquille, lire son livre seule dans son fauteuil, se fâcher contre moi, ignorer mes remarques, bref vivre sa vie pour elle. Et non pour moi.
Sauf que je me rends compte qu'émotionnellement je ne suis pas prête à ça et je pense que c'est aussi pour ça que ma fille ne le fait pas. Elle sent. Je lui reproche de me laisser aucun répit mais j'entretiens cela en lui proposant toujours de nouvelles choses, de nouveaux jeux, en répondant toujours à ces questions sans jamais montrer la moindre impatience. :nono:

C'est terrible à dire mais j'ai besoin qu'elle rassure la petite fille en moi qui a peur. Qu'elle me montre que je peux lui faire confiance, que ça va bien se passer, que je peux me détendre, que cette relation là ne me fera pas de mal. Donc tant que j'ai ce besoin là, elle ne peut me lâcher en se sentant en sécurité. :(

Et moi qui pensait avoir franchi des pas... Je me rends compte qu'elle me renvoi toujours la petite fille en moi... :( :/
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 12 Fév 2018, 19:04

ritalea a écrit:Je suis comme envahie, par une angoisse qui me submerge depuis le premier jour que je me sais mère. Une angoisse provoquée par ma fille, en sa présence ou non. Quelque chose qui me submerge qui m'envahit, m'enveloppe, m'entoure. Quelque chose qui spontanément, face à ma fille me donne envie de me défendre, de me protéger, de lutter. Comme quelque chose de traumatique, qui m'a traumatisé et dont je suis terrorisée


Comme quelque chose auquel tu ne peux échapper. Tu aimerais fermer les yeux et te réveiller de ce cauchemar, tu aimerais accepter enfin qu'elle soit là, accepter que c'est ainsi, accepter de la laisser entrer dans ton coeur, y compris de petite fille.

ritalea a écrit:Lorsque je parviens, j'ignore comment, à faire l'exercice intellectuel de me dire "là c'est TA fille, TU ES LA MERE (et non l'enfant de ta mère), concentre toi sur le présent de la situation" beaucoup de choses se dégagent ponctuellement: je ne vois plus ma fille comme un être terrorisant et menaçant mais plutôt comme "ma" fille, je me sens libre, je n'ai pas peur etc.


Mais es-tu dans l'émotion? Tu es dans la raison dans ces moments là, non? Dans le contrôle. Cette posture est épuisante et non pérenne.

ritalea a écrit:Je me protège. C'est une réaction automatique, qui je pense est la même que j'avais avec ma mère.


Je vois tout à fait ce que tu veux dire. Je me souviens très bien de mes émotions quand j'étais en présence de ma mère. Toujours dans l'attente, de quoi? D'être soulagée de la savoir heureuse, apaisée, je vivais au bout de son souffle. Elle respirait, je respiras. Elle souriait je souriais. Esclave de ma mère. Esclave de mon fils dans ces premières années de vie. Impossible de me centrer sur moi, rumination mentale, lui, lui et encore lui. Le détachement psychique s'est opéré progressivement : avec l'acquisition de l'autonomie, la rentrée à l'école, la propreté, le langage plus élaboré, etc. Il n'avait plus besoin de moi en permanence, je pouvais aussi le laisser seul.

Je te l'ai déjà écrit mais c'est en consolant la petite fille qui était en moi, en me rassurant que je me suis libérée de ma colère, de mon mal-être, le sentiment de n'être qu'une mauvaise petite fille, le sentiment de honte, le sentiment de culpabilité, etc. Je me suis dit plein de fois que rien n'était de ma faute, que je n'étais qu'une enfant. LA petite fille en moi s'est apaisée petit à petit pour laisser naître la femme puis la maman. Cela a pris du temps et encore aujourd'hui, je continue cette mutation...
Enfin libre d'être mère.
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Re: C'est l'histoire d'une petite fille...

Messagepar Santonella » 12 Fév 2018, 19:15

ritalea a écrit:Depuis mon dernier écrit du 30 janvier, comme après chaque période noire, j'ai de nouveau franchi quelques petits pas.

:super:

ritalea a écrit:Je découvre la possibilité d'une relation agréable, et complice avec ma fille. La possibilité d'une vie de famille agréable. Je peine à y croire et surtout cela me fait très peur. La petite fille en moi a très peur. Parce que ça m'est arrivé des milliers de fois de me réjouir d'un moment en famille avec mes parents et systématiquement, au bout il y a avait quelque chose qui venait le gâcher par ma mère: des vacances à l'horizon, la détente, le soleil et ma mère qui fait un malaise, une crise de spasmo en voiture, une chute de tension allongée pendant 3 jours dans le bungalow en Corse en plein mois d'aout et j'en passe... Et moi je suis là. Petite fille. Je ne comprends pas. Pourquoi est elle si mal? et surtout pourquoi a ce moment là alors que tout va bien? sans raison "apparente"? Qu'est-ce qu'elle a? J'ai peur. Je ne comprends pas. Et surtout, moi je ne peux pas me détendre, m'amuser, faire comme si de rien n'était. Je suis inquiète et tant que ça n'ira pas mieux je ne serai pas rassurée.

Wahouh! J'aurai pu écrire ces mots. Ne pas se lâcher de peur que tout s'arrête. Parce que ce n'est pas possible, le bonheur ne peut pas durer. Si tu savais à quel point je comprends ce que tu ressens. Tu vois c'est quelque chose ou j'ai encore une marge de progrès à faire aujourd'hui. Parfois, il m'arrive d'être si heureuse que cela me donne le vertige. Une petite voix au fond de moi me dit, profites en bien car cela ne va pas durer. Je pense aux évenements un peu difficiles à venir comme pour me convaincre que voilà, le bonheur 24h/24h ce n'est pas possible, comme pour me dire que cette vie là ce n'est pas pour moi. Je sais pertinament que c'est la petite fille en moi qui a peur tout comme toi, tu vois elle sommeille toujours et ma rattrape parfois :nono: Progressons ensemble!! On va y arriver, Ritalea. Je pense que nous avaons le droit au bonheur, que c'est possible, ne nous laissons pas entrainer par nos angoisses de petite fille, rassurons les une fois de plus et profitons :coeur:

ritalea a écrit:Je reproche à ma fille de beaucoup me coller, toujours me poser des questions, toujours vouloir faire des activités ensemble. Je lui reproche car ça m'étouffe mais aussi parce que ça m'inquiète. Un enfant de son âge bien dans sa peau n'a que faire de se soucier de ses parents. Je me vois en elle: je ne laissais aucun répit à ma mère. Je parlais beaucoup. Pour ne pas qu'elle soit triste, pour la faire rire, pour lui amener de la vie en elle, dans la maison, pour, pour... Alors voir ma fille faire ça réactive ça en moi et c'est horrible.


Je me suis longtemps projetée sur mon fils aussi. Mais n'oublie jamais qu'elle n'est pas toi. Son attitude fait écho à ce que tu étais enfant, c'est bien normal mais elle ne vit pas les mêmes émotions que toi petite fille, c'est impossible Ritalea. Tu dois t'en convaincre

ritalea a écrit:La plus belle de mes réussites sera/serait de voir un jour ma fille être concentrée dans un jeu (plus de 10 sec), chantonner pour elle même, me laisser plus de 2 min tranquille, lire son livre seule dans son fauteuil, se fâcher contre moi, ignorer mes remarques, bref vivre sa vie pour elle. Et non pour moi.
Alors laisse là vivre, demande lui de rester dans sa chambre, ne culpabilise pas de cela. Elle ne sera pas malheureuse loin de toi et tu n'en seras pas une moins bonne mère, crois moi.

Tu avances contrairement à ce que tu penses, tu avances :amen:
Enfin libre d'être mère.
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