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Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

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Lolalilou
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Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par Lolalilou » 24 janv. 2014, 21:27

Me voilà dans cette rubrique que j'ai regardé des tonnes de fois en me demandant si un jour comme toutes ces mamans je pourrais écrire ici. Je me demandais si ce mal être si intense que je ressentais allait s'estomper un jour. Je me demandais si je serai enfin heureuse et épanouie dans mon rôle de maman.

Alors OUI, milles fois OUI : ce mal être s'estompe pour disparaître et oui on devient une mère heureuse et épanouie et cet amour pour mon fils est immense

Je voulais vous faire partager une lettre que j'ai écrite à mon fils 3 jours après sa naissance.
Je ne m'en souvenais plus...
Comme quoi, je ne regrette pas d'avoir tenu un journal durant toutes ma grossesse, d'y avoir écrit chacune de mes pensées au fil des mois.

"Mon Trésor,
Il n'y a pas de doute, tu es ma première merveille du monde. Ce que l'on ressent lorsque l'on met un enfant au monde est indescriptible. Il n'y a pas de mots, il faut le vivre pour le comprendre.
Je suis encore à la maternité, je passe de longs moments à te regarder, je te trouve magnifique et évidemment il est difficile de réaliser que tu es le fruit de l'amour entre ton papa et moi.
Tu étais encore dans mon ventre il y a à peine 3 jours. c'est incroyable et magique.
J'apprends à te découvrir, j'essaye de décoder tes larmes, tes mouvements, comprendre tes besoins. Lorsque tu ouvres les yeux et que tu essayes de me chercher du regard tu es juste à croqué. Tu sembles reconnaître ma voix.
Bienvenue parmi nous mon petit Trésor, papa et moi serons toujours là pour t'accompagner dans la vie.
Je t'aime."

Après cette phase euphorique des 3 jours à la maternité... ce fut la descente aux enfers.

Aujourd'hui voici mon récit, voici ma traversée de mère, voici ma rencontre avec mon fils.
J'ai écrit comme si je m'adressais à mon fils, pour qu'il puisse un jour lire ceci, qu'il sache par où nous sommes passés.
Pour celles qui m'ont suivi sur le forum, vous retrouverez des propos écrits ici.
Pour celles qui découvrirons juste ce post, sachez que la route peut être longue, mais que le soleil est au bout.

Voici notre histoire mon fils, Cette rencontre si difficile pour moi, qui s’est fait dans la souffrance, dans les doutes, dans les angoisses, dans les larmes mais soit en certain dans l’amour aussi.
Maman j'ai besoin de toi Maman amour aime-moi Maman prends-moi dans tes bras Maman amie aide-moi. » Gérard Lenorman

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Re: Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par Lolalilou » 24 janv. 2014, 21:28

Ma grossesse…

Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, j’étais sur un petit nuage ; tu étais là en moi et ça c’était juste formidable. Je rêvais depuis toujours d’avoir un enfant, ce moment magique allait enfin arriver et j’allais être comblée par cette maternité. J’avais hâte que mon ventre se mette à grossir, que tout le monde puisse voir que je te portais en moi. J’étais si fière.

Durant toute la grossesse, j’ai tenu un journal ou je notais mes émotions, ton évolution au travers les échographies. J’y ai mis des photos de moi enceinte, de tes échographies, j’ai même une petite vidéo où l’on voit ton petit cœur battre. J’ai fait cela avec énormément de plaisir pour tout garder, que je n’oublie rien de ce moment fabuleux que je vivais, que je n’oublie rien de cette grossesse qui allait me faire passer au statut de maman. Je me sentais prête et j’avais hâte de te voir arriver, de te prendre dans mes bras. Je rêvais ce moment qui serait sans aucun doute le plus beau jour de ma vie.
J’ai aimé chacune des échographies car je pouvais te voir physiquement, avec ton papa nous trouvions que tu lui ressemblais : ce qui s’est confirmé lorsque nous avons vu ta frimousse.
J’ai lu beaucoup durant ma grossesse, des tonnes d’articles sur internet sur l’évolution de ma grossesse, mais aussi sur « comment faire avec un bébé ». Je voulais être prête quand tu déciderais à pointer ton nez. J’avais besoin de ça pour me rassurer, pour « garder le contrôle » et me dire que je serai prête pour ton arrivée et que je saurai répondre à tes besoins, que je saurais tout « gérer ». Je me devais d’être : super maman pour que tu ne manques de rien. C’est ainsi que je voyais les choses et je ne doutais pas de mes capacités de «réussir », les « théories» ça me connait.
Je t’ai imaginé pendant 9 mois, je t’ai rêvé pendant 9 mois, j’ai imaginé ce que serais notre vie à 3, j’ai imaginé ce lien que nous aurions toi mon fils et moi ta maman, j’ai imaginé quelle mère je serai et j’imaginais quel enfant tu pourrais être. Tout cela me comblait de joie.

J’avais cependant quelques angoisses au milieu de ce tableau idyllique : je ne voulais pas être mère trop fusionnelle à l’étouffer et je ne voulais pas non plus, à l’inverse être une maman trop distante et que tu manques d’amour. Je ne voulais être ni l’une, ni l’autre, je voulais t’aimer, te donner ta place d’enfant sans t’envahir et surtout que tu saches, que tu sentes que tu es aimé, vraiment aimé.
Mon dieu j’étais loin d’imaginer que j’allais vivre un véritable tsunami…
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Re: Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par Lolalilou » 24 janv. 2014, 21:28

Le retour à la maison après ta naissance…

En rentrant à la maison, tout est devenu gris. Je ne me sentais ni mère, ni femme, je ne me sentais pas aimante et je te regardais toi, ce petit inconnu qui rentrait avec nous à la maison.
J'étais bourré d'angoisses et de questionnements : est-ce que je m'occupe bien de toi ? Est-ce que je comprends ce que tu veux ? Est-ce que je m’y prends bien ?
Tu pleures... tu pleures beaucoup... tu pleures trop... Tes cris, tes larmes me mettent en difficultés, je ne te comprends pas, je ne sais pas t'apaiser, je ne suis pas une bonne mère. Dans ces moments-là je ne te supporte pas, je veux juste que tu te taises, je ne veux plus t'entendre, je ne veux même plus te voir. Je me dis que ton père a beaucoup plus de patience, lui sait garder son calme et surtout lui il sait t’apaiser, moi je ne suis bonne à rien.
L'allaitement devient un véritable calvaire : j'ai très mal. Je ne sais ce que tu manges. Tu es greffé à mon sein en permanence. J'ai la sensation d'être une sucette géante. Je n'en peux plus. J’imaginais ça comme un moment intense, un lien fort entre nous. Il n’en est rien de tout ça…
Je me vois dépérir, la fatigue n'arrange rien. Je suis épuisée.
Je me dis que je regrette d'avoir eu un enfant, je me dis que des femmes sont faites pour être mère et que je ne fais certainement pas partie de cette catégorie ; Je pleure, je pleure chaque jour. Lorsque papa reprends le boulot, je regarde l’horloge et j’attends 18h son retour.
J’ai peur de ces longues journées avec toi. J’ai peur de ne pas te comprendre. J’ai peur que tu te mettes à pleurer et que je ne sache pas t’apaiser. J’ai peur de ne pas être à la hauteur.
Je guette la moindre de tes mimiques, le moindre son, le moindre fait et geste que tu fais à me demander : « Qu’est-ce que tu me demandes ? De quoi as-tu besoin ? Est-ce que je vais gérer ? » C’est un soulagement quand j’ai « réussi » et que tu t’endors à nouveau, jusqu’à l’angoisse du prochain réveil en espérant réussir à gérer.
Tu es dépendant de moi, je sens tellement de responsabilité sur mes épaules, que c’est surtout l’angoisse de ne pas y arriver qui prend le dessus et je n’arrive pas à éprouver de sentiments de joie à m’occuper de toi. Ce qui m'est le plus difficile à accepter, c'est ce sentiment que le lien "mère enfant" n'est pas fort, je le pensais inné. De te percevoir toi mon fils comme un inconnu à découvrir chaque jour. Je culpabilise de ressentir cela, car j'ai l'impression de ne pas t'aimer à ta juste valeur et forcément à angoisser sur le fait que toutes mes difficultés aient des répercutions sur toi, que tu souffres de mes défaillances de mère et que tu ne deviennes jamais un petit garçon heureux et épanoui.
La journée tu dors peu, je n’ai pas le temps de me reposer. J’ai le sentiment d’être envahi constamment. Tu ne t’endors la journée que dans mes bras, je ne peux rien faire, tu es là constamment greffé à moi. Je n’en peux plus. Je n’ai plus de moment, je ne me sens plus femme, je suis juste une mère et en plus une mère incompétente qui en a marre de s’occuper de son enfant.
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Re: Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par Lolalilou » 24 janv. 2014, 21:29

Aout 2013…

1er mieux : J’arrive à t’apaiser un peu lors de tes crises de pleurs.
Mais le mieux ne dure pas…
J'ai l'impression de ne jamais être contente, d'être toujours fatiguée, d'être toujours en train de me plaindre, d'être toujours à bout et dès que tu pleures, je m'effondre aussi car je ne sais jamais combien de temps ça peut durer... Je n’y arrive pas.
Chaque fois que je crois qu'un truc est à peu près stable, ben non, ça change encore et il n'y a aucune journée de comparable à une autre. Alors je sais que tu es petit et qu'on ne peut te demander d'arrêter de pleurer et de dormir et manger sur commande aux mêmes heures, tous les jours, mais je désespère à ce que tu trouves un semblant de rythme... quelque chose sur quoi je pourrai me baser pour aller mieux, pour te comprendre.
Je me demande si ça arrive un jour en fait. Tout le monde dit ; "les 3 premiers mois sont les plus difficiles, après 3 mois ça commence vraiment à changer"
Et s’il ne se passait rien de nouveau après ces fameux 3 mois ? ?
Si c'était toujours aussi difficile ?
Comment je ferai pour tenir le coup ?
J'ai honte de moi car y'a des fois je me demande ce qu'il m'a pris à vouloir devenir mère. J'ai des hauts, des bas, très bas, je me demande si mon état va s’améliorer aux fils des mois ou si je vais continuer à dépérir comme une fleur fanée...
Un bébé ça pleure, oui un bébé c'est difficile, mais je ne pensais pas que ça serait si dur, et que je serai si mal, j'ai honte de dire ça et de l'écrire, mais si j'avais su, je n'aurai pas eu d'enfant.
Je ne suis pas assez forte pour gérer !
Tu cesses de pleurer dès que tu es dans la poussette. Je fais ce que j’appelle les balades « corvée », je sors me promener juste pour que tu arrêtes de pleurer et c’est 1h de balade le matin et 1h30 à 2h l’après-midi. Je suis épuisée…
J'essaye d'éviter de m'angoisser mais c'est plus fort que moi : je regarde l'heure, je me demande si tu vas te réveiller ? Quand ? Combien de temps ? Si tu te rendors ensuite est ce que ça va être pour une mini sieste ?
Je fixe l’horloge en permanence, cette question du sommeil m’obsède et m’angoisse toute la journée car tu dors peu, tu ne dors que dans mes bras et si j’ai le malheur de te poser : tu hurles… Je me demande si je dois te prendre dans mes bras. Si je fais cela est ce que tu ne vas pas t’habituer ? Je ne sais pas me positionner dans ce rôle de mère

2ème mieux : J’ai le droit aux gazouillis et aux grands sourires et ça c'est juste magique car il y a enfin des échanges, une interaction, je vois que tu va bien, je vois que tu sais qui je suis. C'est un peu de bonheur chaque jour, et un pas de plus vers le mieux être intérieur car J'apprécie de plus en plus les moments que je passe avec toi
J'ai beaucoup moins peur de ne pas être à la hauteur, je me sens plus à l'aise dans ce nouveau rôle de maman et oui je peux le dire, aujourd'hui je me sens mère... chose que je ne sentais pas il y a quelques temps en arrière.
Je ne crie pas la victoire totale parce que les choses se mettent en place doucement et que je ne suis pas à l'abri d'une rechute, mais tout ça est plutôt positif.


Le doute revient….
Les pleurs… les pleurs… les pleurs…
J'en ai tellement marre de t'entendre pleurer que je ne sais plus quoi faire. Je suis à bout de nerfs parce que ben l'air de rien les hurlements c'est hyper fatiguant et je perds patience. J'entends tous mes amis qui sont déjà parents me dire : "les 3 premiers mois sont les plus durs", "tu verras du jour au lendemain ça passe". Ouais ben quand on est dedans on a du mal à imaginer que ça va passer
Le passage au biberon est aussi source d’angoisse : entre le biberon et les tétées je ne m’y retrouve pas, j’ai peur de trop te nourrir et que tu sois malade. Tu ne prends pas la totalité de tes biberons. En plus je culpabilise de ne pas avoir su t’allaiter. Je n’aimais pas ça, je n’aimais pas ça du tout.
J’étais épuisée… je perds 15 kg en un mois et demie…
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Re: Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par Lolalilou » 24 janv. 2014, 21:30

Septembre 2013

3ème mieux : tu es passé totalement aux biberons. Tu avais un reflux. Tu es traité, tu as un lait spécial et aussi incroyable que cela puisse paraitre : tu as arrêté de pleurer.
Je tente également l’écharpe de portage pour avoir les mains libres la journée : tu t’endors enfin comme un bébé contre moi dans la journée
Ces moments d’accalmie font du bien.
Je suis raide dingue de tes sourires et de tes gazouillis. Ha là là j'en ai plein tout au long de la journée. C'est juste magnifique !

Changement radical, la lumière dans le tunnel…

Tu t’émerveilles de tout, tu restes de longs moments à jouer sur ton tapis d'éveil, ou à observer tout ce qui se passe autour. Tu ris beaucoup. J'adore quand tu fais ça.
Tu gazouilles aussi tout le temps, quant aux sourires, alors là ça c'est juste magnifique, tu n'arrêtes pas et ça, y'a rien à dire ça me fait totalement fondre. Il suffit que je mette ma tête devant toi et c'est parti pour une séance de risette qui n'en finit plus !
Tu fais tes nuits…
La journée tu ne fais toujours que des micros sieste, mais comme tu es plus éveillé, tu ne sollicites plus autant les bras qu'avant et comme je le disais tu ne pleures plus. Y'a que le soir, où là tu as encore besoin de môman, il te faut le calinou si tu pleures trop !
Je pense aussi que tu as grandi et j''avoue que de te voir ainsi, si éveillé, si souriant, plus apaisé, plus calme, moi je suis beaucoup plus sereine et j'apprécie bien plus de m'occuper de toi mon Titou.

Tu grandis, évolues, changes au fil des jours : je comprends bien ce que tu veux maintenant, tu sais mieux te faire comprendre, tu réagis quand tu aimes quelque chose (comme les bisous sur le ventre), tu crains les chatouilles dans le cou. C'est trop mignon, tu fixes du regard et fais de grands sourires, tu n'arrêtes pas de gazouiller, parfois même on dirait que tu as envie d'éclater de rire ! J'adore !
Et en énorme progrès : tu dors la journée dans ton lit ! C’est à peine croyable et pourtant vrai. Même si ce sont des micros siestes elles se font dans ton lit alors qu’il y a 3 semaines en arrière tu ne t'endormais la journée que dans mes bras.
Ca fait tout bizarre parce que je n'arrêtais pas de dire que j'avais hâte que tu grandisses, j'attendais avec impatience et maintenant, quand je te regarde dans ton transat, que je vois que tu te tiens bien, je me dis : "c'est fou comme c'est passé vite " Je me dis qu'il est loin le temps où tu étais tout petit et tout fragile.
Je n'aurai jamais cru dire ça ! !
Ce qui me comble de joie c'est ce lien que j'ai avec toi et l'amour que j'ai pour toi. Ce lien que je pensais inné, que je n'ai pas eu à ta naissance et que je désespérais d'avoir. Cet amour que je pensais inné et que je n'avais pas et que je désespérerais d'avoir. Aujourd'hui la rencontre a eu lieu et cela me semble tellement naturel.
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Re: Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par Lolalilou » 24 janv. 2014, 21:31

Octobre 2013

La rechute…

La solitude me pèse…j'ai l'impression que ma vie sociale s'est envolée...
J'aime les moments que je passe avec toi, mais ce sentiment d'emprisonnement, de ne voir personne, de n'être devenue qu’une mère et de n'être que ça, ça me pèse.
Ça me pèse tellement que quand je prends ma voiture et que je suis seule, je ressens tellement un sentiment de liberté que j'aurai envie de rouler, rouler, rouler pendant des heures. Et surtout dès que je passe la porte de chez moi seule, je n'ai plus envie de rentrer.
Je me dis qu'il y a un tas de femmes qui aimeraient prendre un congé mais qui ne le peuvent pas et moi je suis là à me plaindre de mon manque de vie sociale alors que j'ai la chance de pouvoir vivre tous ces instants avec toi, de ne rien rater de tes premières fois
Tu éclates de rire pour un oui et pour un non. C'est génial, j'adore. Quand je vis des moments comme ça, je ne regrette absolument pas d'être chez moi avec toi mais l'isolement me pèse vraiment beaucoup et oui j'ai envie de me retrouver, retrouver la Manu, pas être juste la maman. J'ai la sensation d'avoir perdu mon identité de femme.
J'ai la sensation de ne pas t’aimer comme il se doit puisque je préférerais travailler que d'être avec toi H24. Est-ce que je te donne l'amour dont tu as besoin ? Est-ce que plus tard tu ne te diras pas que tu n’as pas été suffisamment aimé ? Est-ce que tu ne vas pas te créer ta mère parfaite parce que tu n'en avais pas une suffisamment bonne à la maison ?
Je vois bien que s'occuper d'un bébé c'est du boulot, mais avant ta naissance, j'avais imaginé que je prendrais un peu plus de plaisir que ça d'être à la maison pour m’occuper de toi et ce n’est pas du tout le cas en fait. Je crois qu'effectivement, je ne m'étais pas imaginé que c'était si intense, si monotone. J'imaginais ces 6 mois de congé parental comme le truc trop bien à partager avec toi, le lien super fort, ne rien rater de tes petits gazouillis, sourires... etc... Alors certes je vois tout ça et j'en suis ravie, mais mon Dieu comme la monotonie me pèse...
C’est surtout ça qui est pesant pour moi : cet envahissement constant .C'est dur à dire parce que oui un bébé est dépendant et il a besoin de tout ça, de contact... mais moi ça m’oppresse, ça m'envahit, parfois j'ai la sensation d’étouffer. Et pourtant je t’aime mon Titou.
Ces sentiments contradictoires me font mal.
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Re: Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par Lolalilou » 24 janv. 2014, 21:32

Novembre 2013…

J'ai eu envie de hurler sur toi et d'être violente. Une fraction de seconde je me suis vu te secouer. Je ne l'ai pas fait, mais j'ai fini en larmes rien qu'à l'idée.
Par contre je t’ai dit "ça suffit, ça suffit, mais tais-toi, j'en ai marre de t'entendre" :( :(
Je ne sais pas ce que tu as... tu chouines, tu chouines, tu chouines... c'est usant... pas le transat, pas les bras, pas le tapis d'éveil, rien de tout ça trop longtemps parce que tu chouines, tu chouines
Ça me saoule parce que j'ai l'impression de régresser, que la période d'accalmie est terminée, qu'à la place des pleurs incessants, ce sont les chouinements incessants.
Mais quand est-ce que tu vas te poser sans chouiner ! ! Mais QUAND ?
Je suis fatiguée d’être maman…
Je n'en peux plus d'être à la maison.
Je n'en peux plus de refaire chaque jour les mêmes gestes.
Je n'en peux plus de ne pas pouvoir me poser plus d'une demie heure d'affilé.
Je n'en peux plus d'entendre des : "mais tu t'attendais à quoi"
Je m'en veux de ne pas prendre plus de plaisir que ça d'être à la maison avec toi alors que j'étais persuadée que j'allais "kiffer".
Je pense qu'en fait je prends totalement conscience du décalage entre ce que j'avais imaginé et la réalité et que ça me fait mal.
Ça me fait mal parce que je ne suis la mère que je pensais être et que j'ai cette sensation de ne pas être une mère suffisamment bonne et aimante pour toi.
Je n'arrête pas de pleurer. Les fins de journée sont difficiles. Je perds patience. Je sens que je m’énerve et que tout me gonfle et que je n'ai plus envie de rien. Je n'ai plus envie de faire "gazou_gazou", je n'ai plus envie répondre à tes "areuhhhhhhhhhh", je n'ai pas envie de répondre à tes sourires, je n'ai plus envie de jouer avec toi.
Et je n'aime pas celle que je suis parce que tu es plutôt cool dans l'ensemble : si ce n'est qu'il faut que je sois là sans cesse, qu'il faut que je sois dans ton champ de vision ou que je te parle, si tu restes un peu seul trop longtemps c'est chouinements sur chouinements. Et je n'en peux plus de t’'entendre chouiner. J'ai juste envie à la fin de la journée de lui dire : "ferme-la".
J'ai tellement honte mais c'est tellement vrai...
Tu es un enfant normal, avec des besoins normaux de ton âge, qui évolue. Rien n’est figé, mais les changements m’angoissent et lorsque les chouinements sont trop importants je perds patience.
Je suis fatiguée…
Un jour je t’ai crié dessus en te disant : "mais ferme là" car tu pleures trop fort. Forcément ça ne t’as pas calmé, au contraire, tu as eu très peur et tu t’es mis à hurler de plus belle. Je fais n'importe quoi. Je me déteste
Les jours passent et je m’occupe de toi telle une machine, comme je peux et pourtant je n'ai envie que d'une chose : me recoucher et rester sous ma couette...
Je supporte les chouinements, de toute façon pas le choix puisque tu ne fais que ça... et puis ça passe... et puis tu es mon fils donc de toute façon... Je prends juste des pauses pour souffler quand c'est trop pour ne pas avoir à te crier dessus à nouveau.
Je prends des pauses pour pester toute seule dans mon coin.
Je prends des pauses pour hurler intérieurement en disant : "que ça s'arrête, que ça s'arrête."
Je fais ça pour juste de ne pas avoir à hurler sur toi, pour ne pas avoir à lui dire de te taire, pour ne pas avoir de gestes brusques envers toi. Je fais ça pour passer la crise en moi...
Ça passe...il parait… le temps fera que ça passe... en grandissant tu pourras s'exprimer autrement : je te voudrais dans un an déjà. Je te voudrais qui parle. Je te voudrais plus autonome.
Tu n’as que 4 mois… J'étais persuadée d'avoir passé un cap, j'étais persuadée d'aller mieux et de gérer. Ben en fait non, je suis cette même maman du début qui en a marre des chouinements, qui ne fait que pleurer et qui attend le retour de papa désespérément...
4 mois après j'en suis là et en plus j'ai le droit aux médocs ! Elle est belle ma maternité !
Modifié en dernier par Lolalilou le 17 juil. 2014, 07:08, modifié 1 fois.
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Re: Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par Lolalilou » 24 janv. 2014, 21:33

Décembre 2013

Le déclic… qui apporte le bien-être…

Je vais mal… je fais appel à la puéricultrice de la PMI. Grâce à elle j’obtiens une place pour une journée d’accueil à la crèche.
Elle m’aide à comprendre ton fonctionnement, me donne des conseils pour ton sommeil, m’encourage à lâcher prise sur le rythme et l’horloge qui m’obsèdent, me rassure sur ce que je fais pour toi, tente de m’aider à appréhender de façon moins paralysante tes pleurs et tes chouinements.
Je prends également du temps pour moi, je m’autorise à sortir avec des copines, à prendre du temps pour moi.
La thérapie que je suis m’aide aussi à mettre des mots sur mes maux, à prendre du recul. J’essaye de dissocier mes angoisses, mes projections de tes besoins. Pas facile, mais ça chemine en moi.

Le maître mot : le lâcher-prise.
Lâcher prise sur le rythme pour accepter l’imprévu, pour que les angoisses diminuent.
En parallèle, tu évolues et grandis encore et encore. Tu te mets sur le ventre tout seul, tu te marres, tu grattes le sol de son tapis avec ses petits doigts. Tu fais des vocalises, des « eeeeeeeeee », des « ooooo »
Depuis le lâcher –prise sur l’horloge et le sommeil, tu dors plus longtemps. C’est incroyable ! Je peux enfin avoir du temps pour moi à la maison pendant que tu te reposes. C’est un réel plaisir. Me fixant plus sur ce que tu me dis, me montre que sur l’horloge, j’ai la sensation que tout devient plus facile. Finalement mon guide c'est toi mon Titou et au final il suffit de t’observer et les choses sont moins stressantes et c'est hallucinant comme ça donne confiance.
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Re: Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par Lolalilou » 24 janv. 2014, 21:33

Janvier 2014

Les jours passent et le soleil y est présent chaque jour… Je constate aussi que le deuxième maitre mot pourrait être "PATIENCE" : les choses finissent par rentrer dans l'ordre.
Deux quenottes sont sorties. Tu commences à manger de la purée et ces moments sont extra.

Ton grand truc quand je t'ai dans les bras c'est d'éclater de rire et de mettre ta petite tête dans tes mains ensuite pour te caler à tout vitesse contre moi. J'adore, tu fais le petit coquin.
Avec tes petites mains, tu caresses mon visage... Tu fais des bisous en mangeant ma joue en souriant.
Tu adores tes jouets: ça chante, ça fait du bruit, y'a de la lumière : tu tapes dessus, tu mets dans la bouche. Tu t’'émerveilles de tout.
Tu es très souriant, tout le monde le dis, ça fait plaisir

Je me dis que malgré mes débuts de maman difficiles, tu es heureux et épanoui et que tu as reçu ce dont tu avais besoin et tu me le rends bien chaque jour.
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Re: Mon fils, Mon Titou, Mon tout...

Message par agetz » 24 janv. 2014, 21:39

Merci pour ce partage profond....super contente pour toi que tu puisses poster dans cette rubrique ;) au plaisir de te lire encore :coeur:

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