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La sortie d'un dépression pré-natale

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Adelie
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Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par Adelie » 20 mars 2018, 17:11

Bonsoir à toi,
Je viens de te lire depuis le début de ton post. Comme le dit Hirondelle, les traitements, même quand ils sont indispensables, mettent du temps à agir, il faut s'y habituer... Mais par ailleurs, je n'ai pas trouvé trace dans ta discussion d'éléments de ton histoire... étais tu très angoissée de nature avant ? Pourquoi dis-tu que vous êtes trop vieux ? Avez-vous attendu longtemps cet enfant ? Les médocs sont là pour permettre de souffler et de travailler sur le reste : comment cette maternité arrive dans ta vie ? A quoi elle te renvoie ? Quels espoirs mets tu dedans ? As tu peux discuter de tout cela avec le psy ?
Et puis enfin la nuit, le sommeil, c'est le moment où on est seule, où il faut lâcher prise... pas évident à 2mois de l'accouchement...
Adélie, une mère, maintenant en paix, de deux garçons nés en 2003 et 2007

fderu

Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par fderu » 20 mars 2018, 18:28

Bonsoir Adelie,

Je vais parler de mon histoire. J'ai 39 ans. Une fille de 4 ans et demi. On a décidé mon mari et moi d'avoir un 2ème enfant. Je me sentais prête malgré les difficultés que j'ai rencontrées pour ma 1ère jusqu'à ses 4 ans je dirais. Et malgré le fait que je me disais que je n'aurais jamais de 2ème enfant avant les 4 ans de ma fille ... Je ne savais pas que c'était une dépression post partum que j'avais traversée. Donc non traitée.

Car j'ai beaucoup galéré ... je suis une personne qui se met la barre haute très souvent. Les 1eres nuits à la maternité ont été des nuits blanches (1ère désillusion), allaitement à la demande j'ai beaucoup souffert car ma fille tétait toutes les 30 min (je me sentais accaparée, moi qui était si indépendante à faire plein d'activités, je n'avais meme plus le temps de me laver/manger - 2ème désillusion), les nuits des 4 1ers mois difficiles ou je me suis levée dès que le bébé pleurait pour l'allaiter (3ème désillusion), le manque de sommeil/la fatigue (4ème désillusion), puis les pleurs du bébé/l'angoisse je ne savais plus quoi faire, plusieurs fois j'ai appelé le 15 ne sachant quoi faire car j'étais seule avec ma fille, les maladies et les nuits difficile ... bref un bébé = beaucoup de sources d'angoisses pour moi / le coucher qui a été compliqué avec ma fille ... et beaucoup de désillusions par rapport à l'idée que je me faisais d'avoir un bébé.

J'ai juste vu une psychothérapeute quand ma fille avait 3 ans à peu près pour recadrer au niveau éducationnel mon comportement avec elle car ses crises et frustrations m'angoissaient beaucoup. Je n'arrivais pas à gérer et je ne me reconnaissais plus. Je partais en pleurant marcher longtemps ... Et j'avais réussi à rectifier le tire. Puis j'ai commencé à reprendre confiance en moi, refaire des choses pour moi, reprendre de l'énergie, tout allait très bien quand on a parlé d'un 2ème avec mon mari. Et puis je me disais avant 40 ans car sinon après je n'en n'aurais plus la force. Je l'ai fait aussi pour ma fille car ça me faisait mal de me dire qu'elle allait être seule / fille unique, ayant moi-même un frère et étant très heureuse de l'avoir. Et je suis tombée enceinte à 38 ans / arrivée du bébé prévue fin mai 2018 (à 39 ans).

Quand j'ai appris que j'étais enceinte (c'est arrivé assez vite, environ 5 mois après notre décision), je ne cache pas que ce n'était pas l'explosion de joie. Etant donné tout ce que j'ai traversé pour ma 1ère, je me sentais prête pourtant à le refaire en me disant que j'avais appris des choses et que ce serait plus facile (comme on dit souvent le 2ème est plus facile). Je ne pensais pas que j'en arriverai là aujourd'hui.

Je suis de nature émotive et angoissée oui mais j'ai toujours géré ma vie jusqu'à cette expérience maternelle, avec. Mon mari me dit que je vois tout négatif et qu'une angoisse en appelle une autre etc ... C'est de terrain aussi on peut dire. Car du coté de mon père, ils sont comme ça mon père y compris.

Sinon j'ai une vie équilibrée à cote, un travail que j'aime à temps partiel et mon mari très soutenant, un homme formidable. Ma petite est adorable. Je remarque parfois (je ne sais pas) qu'elle a des comportements qui pourraient être pris de moi (de type angoissés) : impatience, colère parfois, sans arrêt en activité, exigeante. Ce pourquoi j'aimerais me reprendre et ne pas refaire la même chose pour la 2ème (c'est une fille de nouveau).

Cette maternité me renvoie à ce que j'ai vécu avec ma fille (dépression post partum) d'autant plus que c'est une fille de nouveau et qu'à l'écho ils m'ont dit qu'elle était dynamique ... comme ma 1ère (elle est tonique ils m'ont dit à la naissance)

Les espoirs que j'y mets dedans: justement aujourd'hui c'est très dur pour moi de répondre à cette question car bien qu'au début j'avais qq motivations (ma fille aie un frère ou une soeur / qu'on soit 4 et plus 3 / ma fille a l'age de 4 ans m'a donné envie aussi, cet age me plait) aujourd'hui je n'ai plus que des angoisses et des peurs sur l'arrivée de ce nouveau bébé ... et plus aucunes motivations.

Avec la psy: la psychologue de la maternité (que j'ai vu 3 fois pour le moment) oui j'ai tout expliqué lors du 1er entretien, mais ensuite les entretiens d'après ont plus porté sur le traitement et la maillage de professionnels autour de moi pour m'entourer. Avec la psychiatre (que j'ai vu 2 fois), aussi je lui en ai parlé. Elle met le focus sur mes angoisses.

Tout est parti d'une crise d'angoisses une nuit à 6 mois de grossesse à peu près. Et des nuits d'insomnies et d'épuisement qui s'en sont suivies avec tremblements dans les jambes et pensées négatives quant au bébé (me sentant piégée). Et aujourd'hui dépression pré-natale avec risque de dépression post-partum. Un traitement AD commencé il y a 1 semaine avec un anxio que j'ai depuis fin février à peu près / arret de travail complet depuis mi-février ... une période extrêmement difficile pour moi !

Merci de m'avoir lue / merci pour ton message et tes réponses :coeur:

fderu

Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par fderu » 20 mars 2018, 19:16

Pourquoi dis-tu que vous êtes trop vieux ?

J'ai 39 ans mon mari 42.

Trop vieux: angoisse de la fatigue
Trop vieux: angoisse de l'avenir, pouvoir assumer financièrement et être en forme physique jusqu'à la vie active de l'enfant (quand il en aura 20, on en aura 60)
Trop vieux: discours de ma mère et de ma belle-mère pour justifier mon état d'aujourd'hui et la difficulté de ma grossesse / discours d'un collègue à moi aussi (sa femme a le même age que moi), ils viennent d'avoir le 2ème enfant et il m'a dit que sa femme galérait et il m'a dit "vous vous rendez compte que quand il aura 20 ans vous en aurez 60)

Trop plein d'angoisses en effet ...

fderu

Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par fderu » 20 mars 2018, 19:42

Je précise aussi que ma fille est super contente et attend avec impatience sa petite sœur (angoisse de mon coté aussi: de voir si ça va bien se passer quand le bébé sera là ? va-t-elle être jalouse ? son comportement va-t-il changer ? va t-elle régresser ? on prévoit de les mettre dans la même chambre car on n'a pas de place: est-ce que ma grande va bien dormir avec sa sœur dans la même chambre ?

Je me rends bien compte que je suis assaillie de questionnements qui aujourd'hui sont des angoisses (et je suis enceinte). J'ai encore tellement d'autres choses qui m'angoissent et qui se rajoutent: dépression pré-natale actuelle et traitement, accouchement, post partum, et tout le reste dont j'ai déjà parlé jusqu'au 4 ans du 2ème enfant ...

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Adelie
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Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par Adelie » 20 mars 2018, 22:05

Merci à toi pour ta confiance en nous racontant tout ça :coeur: :coeur:

On dirait mon histoire !

Je n'ai compris que j'avais vécu une difficulté maternelle qu'en attendant mon 2ème garçon (mais moi c'était 3 ans 1/2 après le 1er) et un mari déjà 44 ans (moi 35 ans). Mo, fils et moi avons vécu aussi de très fortes angoisses et d'immenses troubles du sommeil.

Je n'ai commencé à comprendre et à travailler sur moi :
- D'abord en atterrissant ici en 2007 !
- Ensuite parce que je stressais à mort de la rencontre entre l'aîné et le 2ème (qui a été un véritable miracle dès les premières secondes, les yeux de mon grand de 3 ans, illuminaient d'un amour qui ne s'est pas démenti depuis !)
- Enfin en voyant une psychothérapeute (j'en ai vu 4 avant de me décider, je voulais absolument un bon feeling) aussi justement parce que je ne me supportais plus avec mes enfants. Je criais trop souvent, ils m'énervaient, j'étais speed tout le temps...

Les choses ont mis du temps... un jour je me suis réveillée, j'avais 40 ans, je n'avais finalement pas vu le temps passer et je me sentais enfin, vraiment une bonne mère et heureuse de l'être !

Une 1ère grossesse/naissance difficile ne présage pas d'une 2ème du même acabit. Bien sûr, les médecins surveillent ça comme de l'eau sur le feu, on parle d'antécédent mais je t'assure qu'ici, sur le forum on a vu tous les scénarios se réaliser... même les plus beaux !

Prendre chaque chose à la fois, s'occuper pour l'instant de cette fin de grossesse, faire confiance à ta fille aussi, faire confiance à la vie (on vit plus longtemps aujourd'hui... wtf les moralisateurs), te centrer sur toi, sur elle qui se fabrique en toi et prendre toutes les mesures pour être entourée/accompagnée à la naissance (pas trop de visites, une logistique calée à l'avance pour la grande, prévoir une TISF à la maison...)

On ne peut pas dire que ça ait été facile pour mon 2ème mais je t'assure que ça n'avait rien à voir avec l'enfer du 1er et... comme par hasard, ce 2ème n'a jamais eu le moindre trouble du sommeil, il n'est pas anxieux et compliqué et intello comme son frère (qui par ailleurs est génial quand même).

Rien n'est écrit !

Bonne nuit de ma PIcardie où il fait foid (n'est ce pas bbdamour !)
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hirondelle
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Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par hirondelle » 20 mars 2018, 22:06

Pas de panique! si ta fille attend impatiemment c'est qu'elle va l'aimer cette petite.... Quand bb2 dormira tu prendras un peu de temps pour elle....
quand tu t'occuperas de bb2 tu la feras participer à hauteur de ce qu'elle peut et tout ira bien... Tu lui expliqueras tout et le tour est joué.
Tu peux d'ailleurs lui exprimer ta fatigue, ton inquiétude à l'heure actuelle... Ce partage ne peut être que bénéfique pour vous deux. C'est toujours beaucoup mieux que d'essayer de leur cacher car ils perçoivent... et ça ne doit pas être tabou....
Toutes ces pierres sur lesquelles on se hisse … Et qui font de nous un édifice
On a tous au fond du mental ...Toutes ces choses fondamentales
Qui nous poussent et qui nous font pousser
Cachées là au fond du mental ...Ce sont les choses fondamentales

fderu

Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par fderu » 21 mars 2018, 12:49

Bonjour Adelie,

Merci pour ton message. C'est très rassurant pour moi de lire ce que tu as vécu et le partage de ton expérience.

Tu écris:
- prendre toutes les mesures pour être entourée/accompagnée à la naissance (pas trop de visites, une logistique calée à l'avance pour la grande, prévoir une TISF à la maison...)

J'essaye de le faire. Pas évident pour le moment. La sage-femme de la PMI devait m'aider sur ce point mais malheureusement elle est en arrêt maladie longue durée pour le moment et non remplacée. Elle venait à domicile. Une super écoute et un grand confort pour moi.
Pour la grande, pour le moment, c'est un peu le flou. Ma mère m'a dit qu'elle viendrait dormir à la maison quelques jours avant le terme, quand je le sentirai, pour s'en occuper pendant qu'on sera à la maternité.

Je viens d'appeler pour avoir une TISF à la maison dès maintenant pour les mercredis après-midi (mon mari travaillant) sur conseil de la sage-femme de la PMI qui avait eu le temps de me dire cela avant qu'elle s’arrête. Ça m'a fait quand même bizarre d'appeler pour mon cas ... dur d'accepter qu'on ait besoin d'aide. Je ne sais pas si c'est trop tôt pour demander cette aide dans mon cas. Avoir une compagnie et sentir que quelqu'un est là c'est surtout ce que je recherche aujourd'hui. Et pour s'occuper de ma fille si je suis trop fatiguée ou vers la fin, au mois de mai. Elle est dans une école à 15 min en voiture de chez nous ... Et on n'a pas trop de famille à coté. Je compte garder le contact de la TISF pour après.

Si tu as d'autres conseils, de choses à mettre en place pour l'arrivée du bébé, je suis preneuse. Qui nous aide, pour une maman qui veut toujours en faire trop ... Je me disais aussi que cette fois-ci je n'allaiterai pas mais passerai plutôt au biberon. Après la sage-femme de la PMI m'a dit "vous pourrez toujours faire la tété de bienvenue à la maternité et vous verrez bien comment vous vous sentirez". A la base je suis archi pour l'allaitement mais moi ça m'a trop épuisée pour ma 1ère ... donc pour éviter le trop du trop je me dis que ce sera le biberon.

fderu

Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par fderu » 21 mars 2018, 14:11

Adélie,

Tu parles:
-> "d'immenses troubles du sommeil" dans ta difficulté maternelle

Comment se sont résorbés ces troubles du sommeil ? Ca a été supportable dans le temps ?
Moi je n'ai pas eu pareils troubles que je ne vis aujourd'hui. Alors c'était plus supportable pour ma 1ère.
Mais je me reconnais très bien aussi dans tes réactions: speed tout le temps, cris, colères alors que je suis quelqu'un de plutôt calme et réservée (et anxieuse aussi). Moi je ne me reconnaissais plus non plus. Gestes mécaniques dans les soins ou au moment du coucher pour terminer au plus vite ma soirée car trop fatiguée. Pas de plaisir dans la relation à l'enfant. Du coup aujourd'hui je n'en retire que du négatif de cette période. Alors que mon mari lui il ne voit pas les choses du tout

Moi mon problème c'est que les troubles du sommeil ont duré trop longtemps là, épuisement, et pendant ma grossesse trop grosse fatigue. Aujourd'hui les médecins attendent du traitement que je reprenne un peu de forces et de moral.
C'est dur encore pour moi de l'accepter mais c'est comme ça. C'est un chemin qui aujourd'hui me permet de garder un peu d'espoir.

Ta grossesse s'était bien passée pour le 2ème ?

Un psychothérapeute est-ce que c'est la même chose qu'un psychologue ?
Qu'est-ce que tu recherchais pour avoir le bon feeling ?
Parce qu'avec la psy de la maternité que j'ai en ce moment, ça va mais c'est lent pour moi. Quand j'arrive elle me laisse parler ... et m'aiguille sur certains points pour le moment. Mais on n'a pas abordé les points de la difficulté maternelle liée à la relation avec l'enfant. Ce que je cherche. Bon j'ai pris RDV avec une psychologue donnée par l'association Maman Blues mais je n'ai pas RDV avant le 17 mai ! J'aurai peut-etre accouché d'ici là. Menfin je me dis que c'est pour après au moins.

fderu

Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par fderu » 21 mars 2018, 14:13

Hirondelle,
-> "tu peux d'ailleurs lui exprimer ta fatigue, ton inquiétude à l'heure actuelle... Ce partage ne peut être que bénéfique pour vous deux. C'est toujours beaucoup mieux que d'essayer de leur cacher car ils perçoivent... et ça ne doit pas être tabou...."

Tout à fait d'accord avec toi :super:
Je lui ai déjà expliqué mon état de fatigue et le suivi des médecins, le traitement, que ça ne durera pas et que ce n'est pas de sa faute ni celle de sa petite sœur.

hirondelle
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Re: La sortie d'un dépression pré-natale

Message par hirondelle » 21 mars 2018, 21:32

:super:
Toutes ces pierres sur lesquelles on se hisse … Et qui font de nous un édifice
On a tous au fond du mental ...Toutes ces choses fondamentales
Qui nous poussent et qui nous font pousser
Cachées là au fond du mental ...Ce sont les choses fondamentales

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