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Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 28 avr. 2012, 08:26
par sojuclemsi
Si je trouve le temps mais surtout le courage c'est avec grand plaisir que je viendrais aider et soutenir d'autres mamans !!! car je ne l'ai même pas dit dasn mon premier message mais c'est Maman Blues qui m'a permis de sortir la tête de l'eau !!!! Permis de me rendre compte que je n'étais pas seule, pas folle, avec de vrais symptômes de dépression post-partum !!!

Alors MERCI MERCI MERCI et encore MERCI :coeur:

Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 28 avr. 2012, 13:44
par JULIETTE
Si tu es D'ac tu peux nos dire quel était ton pseudo pour que les plus anciennes modos se souviennent :)

Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 03 mai 2012, 21:45
par sojuclemsi
mon ancien pseudo c'était sojuclem :)

Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 04 mai 2012, 21:11
par JULIETTE
Il me semblait bien ;)
Merci a toi , ça fair vraiment très plaisir de te lire :coeur:

Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 10 mai 2012, 10:20
par Missyy68
Merci beaucoup pour ton témoignage plein d'espoir pour nous Sojuclemsi ;)
Personnellement, lire qu'on peut s'en sortir et retrouver une vie normale me fait beaucoup de bien

:amen:

Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 05 mars 2013, 14:40
par weshallovercome
Tiens, j'avais complètement oublié que le titre de ce post parlait d'un tunnel.
Or c'est le mot qui m'est venu dernièrement, à propos de ce passage déjà ancien de ma vie et pourtant bien vivace dans ma mémoire.
Ma difficulté maternelle était un tunnel. Sombre, étroit, étouffant. Je m'y sentais coincée et il semblait ne pas avoir de fin. Il ressemblait aux tunnels de mes cauchemars d'enfance où je croyais me noyer : canalisations, rivières souterraines, abîmes.
Ma difficulté maternelle était un accouchement; pas mon accouchement réel, tranquille et joyeux, mais un autre, douloureux, compliqué et interminable, où j'étais à la fois la parturiente et le foetus - ces mots techniques et inhumains sont bien ceux qui conviennent à ce que j'éprouvais.
C'est seulement en lisant le récit où Sanat explique avoir revécu lors d'un exercice de préparation à l'accouchement sa propre naissance - longue, difficile, dangereuse, où elle a failli laisser sa petite peau de bébé - que j'ai enfin fait le rapprochement entre mes cauchemars de gamine et ma naissance.
Temps infini à rester coincée dans un passage obscur et rempli d'eau, que je ne parviens pas à franchir, qui m'oppresse, qui m'avale. "Goulet d'étranglement", a écrit Sanat. Bien sûr, dans les rêves, je ressentais la même asphyxie ; sauf qu'en plus c'était glacé, d'un froid mortel.
Ma naissance, autant je n'y pensais jamais avant d'accoucher, autant elle a commencé à m'obséder une fois que j'ai mis au monde mon fils. Au point de me balancer à la figure des mots dévalorisants, "mal née", "malvenue". Je suis arrivée 3 semaines après le terme, donc déjà costaud, et en plus en siège (très motivée pour venir au monde). Maman était primipare. Elle a toujours eu la délicatesse de ne pas me dire qu'elle avait souffert (à l'époque ni déclenchement ni péridurale), mais je l'ai compris peu à peu. Et sans doute ai-je souffert moi aussi.
Ma naissance, il fallait que je la refasse. Et c'est ce que j'ai fait. Sans que je le décide, l'idée s'est tout de suite imposée à moi : je suis née une deuxième fois, en même temps que mon fils, pas dans ma ville natale mais à Paris, et même, oserais-je dire, de Paris. Paris m'a réenfantée. Elle nous a enfantés comme des jumeaux émerveillés, mon petit poulbot et moi.
Si interminable ce tunnel, qu'il m'a fallu un moment pour comprendre que j'en étais bel et bien sortie. Apprendre à respirer, bouger, supporter l'air et la lumière ; puis aimer tout ça, aux côtés de mon bébé, devenu compagnon - ou même guide - d'éveil à la vie.

Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 05 mars 2013, 16:35
par guérir
C'est toujours très émue que je lis les témoignages des mères qui mettent en mots ce qu'elles ont traversé.
C'est si important de dire cette douleur mentale.
Et parallèlement, cette quête d'une vérité sur nous-même.
Merci Wesh. :coeur: Quel message lumineux.

Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 06 mars 2013, 13:33
par weshallovercome
Ahlàlà ma chère Guérir, on s'en serait pas crues capables à l'époque, hein ? :kiss2:

Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 18 sept. 2015, 14:23
par weshallovercome
Elle s’est sentie « tomber dans une terreur sans nom ». Terreur qu’elle n’avait jamais éprouvée jusque-là et dont elle n’avait pas la moindre idée. Une terreur muette, sans cri ni agitation, juste nommée, avec la voix de celle qui a toujours contenu. Mais une terreur qu’elle ne peut pas oublier maintenant qu’elle a été vécue ou plus précisément qu’elle a été là pour la vivre. (...)
Quelque chose d’elle lui est apparu alors, elle ne pouvait le remettre aux oubliettes. Dans ce contact, elle a découvert- au sens d’enlever le couvercle- « un état sous-jacent de désespoir irreprésentable, d’angoisse innommable ». L’effondrement éprouvé enfin. Même si c’était terrible, c’était une découverte-ouverture et elle n’allait pas s’arrêter en chemin.
C’est dans son texte « la crainte de l’effondrement » que Winnicott s’exprime sur l’étrange nécessité d’éprouver enfin. « Le patient a besoin de se souvenir de cela, mais ce n’est pas possible de se souvenir de quelque chose qui n’est pas arrivé, cette chose du passé n’était pas encore arrivée, car le patient n’était pas là pour qu’elle arrive. En ce cas, la seule manière pour que le patient « se souvienne » est qu’il fasse l’expérience dans le présent, c’est-à-dire dans le transfert »
Extrait d'une conférence de Juliette Plankaert partagé dernièrement sur FB par Lisette.

C'était tellement ça aussi pour moi ... 8|
"on se retrouve comme on est née
à nouveau dans un monde de damnés
sans rien ni personne pour vous aider"
http://www.youtube.com/watch?v=bdg0pgyfnqg

Re: la fin du tunnel : betty_blue

Posté : 18 sept. 2015, 17:53
par Lisette
Et la boucle est bouclée parce que c'est notre chère Nadège qui m'a fait connaître ce texte :)