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Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilité

Difficulté paternelle, la vie à deux, à trois et la famille ...quand la difficulté maternelle surgit.
nespouik
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Enregistré le : 11 oct. 2011, 09:25

Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilité

Message par nespouik » 11 oct. 2011, 09:41

Bonjour à tous, je m'appelle, on dira, nespouik :) et j'ai 27 ans. J'ai accouché en juin d'une première petite fille, Éloïse. Bébé adorable et désiré, toujours souriante, ne pleure que quand elle a faim ou sommeil, fait des nuits de dix heures depuis ses un mois, est souvent gardée par ses grands-parents le week-end. Gardée par la nounou en semaine, de 8 heures à 16 heures.
Papa parfait et mari aimant, toujours là, s'occupant autant d'elle que moi, le matin c'est lui, à 16 heures c'est moi et le soir c'est nous, jusqu'à ce qu'elle s'endorme.
Je bosse à la maison, 6 heures par jour environ.

Je n'ai PAS à me plaindre, pas le moins du monde, comparé à d'autres femmes ici, je le sais. Je ne suis pas au bord de la rupture, mon mari et ma fille sont deux amours, toujours de bonne humeur tous deux.

Oui mais voilà, je n'arrive pas à me sentir mère. Je ne me sens pas mère, j'ai l'impression de m'occuper en permanence d'un bébé qui n'est pas le mien.
Oh je l'aime bien, je l'aime tout court même je crois. Je me sens juste épuisée, bien que n'étant pas submergée ni par elle, ni par les tâches ménagères, ni par mon travail.
Je suis suivie par une psy depuis 2006 pour de gros blocages psycho, qui se sont bien amenuisés avec le temps (besoin constant de perfection, de contrôle, peur d'échouer, de rater, d'être mal jugée ; angoisse face à moi-même, d'où un besoin constant de remplir ce vide que je crois être : nourriture, achats, grossesse...). Je suis toujours suivie, et bien suivie, deux fois par semaine.

Bref, entourée, écoutée, réconfortée, épaulée, je n'ai vraiment pas le droit de me plaindre.

Mais je me sens mal quand même, grande lassitude, grande fatigue face aux contraintes du quotidien, s'occuper de la petite, de la maison. Comme si mon seuil de tolérance à la fatigue était extrêmement bas.

Dans les faits je ne veux pas que ma fille ressente ça, donc je pense m'occuper bien d'elle, et j'y prends souvent du plaisir.

Mais je redoute les moments seule avec elle, non pas qu'elle devienne pénible, mais simplement que je suis seule, que je me sens vide, abandonnée, angoissée seule face à moi, je perds toute énergie, toute force, toute envie, toute motivation. Je redoute chaque jour le moment d'aller la récupérer, ou quand mon homme me laisse seule le soir de temps en temps pour se consacrer à sa passion (la musique).

Je me sens d'autant plus coupable que j'ai une situation bien enviable comparée à d'autres mamans qui ne sont pas aidées par leur mari, mal aimées, seules, sans famille, ou avec un bébé difficile. Je me trouve nulle, pas faite pour être mère, me dis que ce sera pire quand elle grandira car si aujourd'hui déjà je me sens désoeuvrée et démunie et fatiguée après à peine une heure seule avec elle.......... Je me trouve nulle. La psy et mon mari essaient de me convaincre que je dois abandonner l'image de la mère parfaite, que pour me sentir SA mère, il faut que j'accepte d'être celle que je suis. Le problème n'est même pas avec elle ou lui ; il est en moi. C'est de moi dont j'ai peur, pas d'elle. C'est de la solitude, qui me renvoie face à moi.
Mais forcément dans ces moments, je me sens totalement incapable de m'occuper d'elle, alors que je ne sais même pas m'occuper de moi.

Pourtant je le fais, et bien, je prends soin d'elle. Mais c'est intérieurement, de ressentir tout ça, cette lassitude, cette fatigue permanente, ces angoisses (aussi bien l'angoisse d'être seule avec elle que celle qu'elle s'étouffe dans son sommeil). Résultat je ne dors que d'un oeil, et mon corps, qui avait toujours été d'une santé de fer, me lâche doucement (cervicales en miettes à cause de la tension, maux de tête permanents, maux de dos, grande fatigue générale, cycles anarchiques, infections vaginales).

Le pire c'est que personne ici ne peut grand-chose, je fais déjà ce qu'il faut : j'en parle avec mon mari, qui m'exhorte à parler, qui me rassure ; j'en parle avec des amies ; je vois ma psy deux fois par semaine. Il n'y a rien à faire qu'attendre, poursuivre le travail psy. Mais je souffre, je m'en veux. Je ne me sens pas sa mère, je ne me sens pas capable, même si dans les faits je m'en sors bien, même si je prends soin d'elle. Parfois je voudrais mourir, oh pas pour mourir vraiment, et je ne ferai rien, mais je voudrais juste pouvoir lâcher toute contrainte (bébé, maison, travail) et dormir, dormir, et que mon homme s'occupe que de moi.

Je pourrais prendre du repos, surtout vu que je suis mon propre patron. Mais dans mon souci constant d'être parfaite, je culpabiliserais trop de ne pas m'occuper de la maison, de ne pas travailler quelques jours, de laisser mon homme s'occuper de la petite, même si lui ne demande que ça.

La solution et la réponse ne sont qu'en moi, en parler ne sert pas à grand-chose, mais j'avais besoin de venir partager ça ici, parce que je souffre et que j'ai besoin de réconfort, qu'on me dise que je suis pas si nulle que je le crois, que c'est pas grave. Je prends soin d'elle et de lui, il n'y a que moi qui douille dans cette histoire, c'est déjà ça.

Merci de votre écoute.

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Adelie
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Re: Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilit

Message par Adelie » 11 oct. 2011, 10:51

Bonjour Nespouik, et bienvenue sur notre forum,
Effectivement on sent que tu as tout mis en place, tout fait bien, voire parfaitement bien pour que les choses se mettent en place correctement... et tu ne te donnes aujourd'hui aucune excuse de ne pas te sentir mère. Pourtant, être mère ne se décrète pas, ne s'achète pas, ne se négocie pas, ça n'est pas une question de volonté. On peut avoir la volonté de s'en sortir, faire ce qu'il faut en se prenant en charge et ne pas arriver à se sentir bien... on reste alors dans la culpabilité et c'est le cercle infernal...
La question, là où tu en es est une question de "lacher prise", d'acceptation... Pour ma part il a fallu que je passe par la somatothérapie et la relaxation. En effet, je sentais bien que réfléchir, "en parler", intellectualiser, ne suffisait pas, il fallait que je passe par un autre chemin.
Et puis, finalement, il y aussi des mères qui ne se sentiront jamais complètement mères, il faut parfois, là aussi en lâchant prise, diminuer notre niveau d'exigence et construire une relation qui soit juste satisfaisante (et c'est déjà pas mal).
C'est parfois un cheminement long mais on continue, toute sa vie à progresser et à évoluer avec ses enfants...
Adélie, une mère, maintenant en paix, de deux garçons nés en 2003 et 2007

mamounette
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Re: Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilit

Message par mamounette » 11 oct. 2011, 14:04

Bienvenue Nespuik,
Même avec un bébé adorable et du soutien de l'entourage, avoir un bébé est fatigant physiquement, surtout si tu n'as pas retrouvé un bon sommeil. C'est vrai que lorsqu'on devient maman, on peut être toujours en alerte, en connexion avec son bébé, prête à agir même pendant son sommeil qui est du coup moins profond et réparateur, c'est quelque chose de nouveau, mais après ça revient, quand bébé grandit souvent, ou avec de l'aide parfois. Avoir un bébé ce peut être aussi fatigant moralement, tu parles de ce poids de la responsabilité, ça aussi c'est nouveau d'être responsable de quelqu'un d'autre que soi, et forcément on contrôle moins, ça peut être plus inquiétant, plus pesant. Tout ça pour dire que tu as parfaitement le droit de te sentir épuisée. Tu le dis très justement, c'est toi qui souffre, alors il faut maintenant s'occuper de toi, prendre soin de toi, t'écouter. Tu parles d'un besoin de relâcher un peu sur quelques plans, souffler un peu de toute cette pression, pourquoi pas? Qu'est-ce qui te ferait plaisir? Tu l'as bien mérité, n'en doute pas. Comme Adélie je trouve que tu as tout bien mis en place, alors maintenant il faut te chouchouter, te laisser du temps, te reposer, laisser peut-être venir les choses en leur temps? :) Courage, à bientôt et encore bienvenue
Magali, maman d'une cocotte de 9 ans et d'un coco de 5 ans et demi

nespouik
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Re: Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilit

Message par nespouik » 11 oct. 2011, 14:25

Merci beaucoup à toutes les deux, lire d'autres relativiser les choses, cela fait du bien.

Comme je disais, le problème est surtout en moi, n'est même pas propre à l'arrivée de ma petite (mais sûrement exacerbé par elle). C'est là le problème, je ne crois pas être capable de lâcher prise, tant concrètement (par du repos, du lâcher prise) que psychologiquement (en arrêtant de me mettre cette pression à tout vouloir toujours tout faire parfaitement). Je suis ma thérapie, mais ça ne change pas du jour au lendemain, en ce moment je suis en mode : "j'ai l'impression que rien ne va changer" tant cela fait d'années que je fonctionne ainsi.

Le pire c'est qu'en gros je me tape un baby blues tous les 3, 4 jours. Ou plus précisément quand mon homme va faire un concert ou une répète. Pourtant tout se passe bien, ce n'est que quelques heures avant qu'elle ne s'endorme, et je SAIS m'occuper d'elle, je me débrouille très bien en soi. Pourtant cette fatigue supplante tout, elle est immédiate, voire elle précède les tête-à-tête avec elle, à cause de l'appréhension justement. Et d'un coup je bloque complètement, je suis à la limite d'être incapable de faire quoi que ce soit (ce que je ne fais pas, puisque je dois m'occuper d'elle), j'ai le sentiment de devoir puiser une énergie folle en moi, dans mes dernières réserves, pour surmonter (le terme exact) ces quelques minuscules petites heures.

De toute façon je me sens fatiguée en permanence. Ça se reporte sur le corps, fatigué lui aussi : tensions, maux de dos, etc. Je devrais prendre soin de moi, oui, je pourrais, entre deux missions de taf, puisque c'est moi qui décide. Mais je crois qu'entre la culpabilité de me reposer alors que mon homme travaille et qu'il faut s'occuper de la maison ou de la petite, et entre l'angoisse, déjà, de la fin de ce repos, je n'y arriverais même pas.

Comme tu dis mamounette, je ne dors que d'une oreille, dès qu'elle tousse deux fois d'affilée, de peur qu'elle s'étouffe et meurt, je bondis de mon lit. Je me retiens de ne pas aller la voir pour ne pas lui transmettre mes angoisses.

Ça me manque tellement, du temps pour moi... alors même qu'avoir du temps pour moi m'angoisse profondément, parce que je ne supporte pas de me retrouver seule avec moi-même. Aussi je remplis comme je peux, en achetant, ou en mangeant (je suis en surpoids sévère). J'ai arrêté les crises de boulimie depuis un mois justement ; ça doit pas mal contribué à mes angoisses, du moins je me sens tellement faible et fatiguée et morose de ne plus pouvoir me réconforter avec la nourriture !
Qu'est-ce qui me ferait plaisir ? je ne sais pas... au risque de choquer, manger et que mon homme s'occupe de moi. Mais ça c'est la partie à surmonter.
Sinon... être capable de lâcher-prise.
Non mais je le fais en plus, je n'hésite pas à aller faire une sieste si besoin, ou à aller au ciné seule pendant qu'il s'occupe de la petite.
Mais c'est vraiment quand je suis seule avec elle. J'ai développé une vraie angoisse de ces tête-à-tête, une angoisse de l'heure de la récupérer.

Adelie, tu parles de somatothérapie : qu'est-ce que c'est ? Tu as suivi une thérapie "classique" toi aussi ?
La fin de ton message est très vrai. C'est bien ce sur quoi ma psy tente de me faire avancer : ce que je suis aujourd'hui, quoi que j'en dise et que je le veuille ou non, c'est ma façon d'être mère.
Mais c'est pour l'instant une étiquette que je ne parviens vraiment pas à me coller.

Merci pour l'écoute qui règne ici, ça fait du bien de pouvoir en parler sans se faire juger :)

nespouik
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Re: Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilit

Message par nespouik » 15 oct. 2011, 18:25

Bonsoir à toutes,

Je viens me confier un peu ; j'ai mon RDV bi-hebdomadaire avec ma psy lundi, mais en attendant je n'ai personne à qui me confier, je me sens seule.
Chaque fois je crois que ça va mieux, telle journée, tel moment se passent bien. Cette semaine mon mari a été absent deux soirs, et je n'ai au (presque) aucun problème...

Mais ce soir il est encore absent, et je vais mal. À nouveau ce blocage, cette grande fatigue. Cette angoisse de rester seule avec elle, l'angoisse qu'elle se réveille quand elle dort.

Alors que pourtant je SAIS m'occuper d'elle, et je sais m'occuper BIEN d'elle, et je le fais 80 % du temps avec plaisir.

Mais régulièrement, je craque, surtout quand je suis seule le soir et le début de nuit avec elle. Peur qu'il lui arrive quelque chose, ou plus bêtement qu'elle ne suive pas son rythme habituel, qu'elle ne s'endorme pas, ou qu'elle se réveille, ou etc. En plus aujourd'hui elle a son premier rhume, nez très bouché. Je lui ai débouché régulièrement + lit légèrement surélevé, et elle va bien en dehors du nez bouché, mais j'angoisse qu'elle respire mal, qu'elle s'étouffe, qu'elle meurt.

Vraiment l'impression que ma vie n'a pas de sens, que je me suis perdue - en fait, ça fait 25 ans (sur 27) que j'ai l'impression de m'être perdue dans des fonctionnements de remplissage excessifs, qui viennent combler un manque.

C'est énervant, car je fais tout ce qu'il faut. J'essaie de ne pas trop me blâmer, je vais voir une psy deux fois par semaine, je parle beaucoup, me confie souvent, m'analyse.
Ce qui ne m'empêche pas de souffrir. L'impression de refaire un énorme baby-blues de 24 heures tous les trois jours. Je me sens à bout, et si seule quand il n'est pas là... Si abandonnée, si vide, si manquante. Alors forcément, je n'ai plus aucune énergie dans ces moments-là pour m'occuper pleinement d'elle. Et je m'en veux, d'avoir si peu de patience, de seuil de tolérance à la fatigue, à elle.

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Adelie
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Re: Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilit

Message par Adelie » 15 oct. 2011, 22:04

Cher Nespouik,
Sans doute as tu bien compris les choses... Ta souffrance actuelle n'est pas due à ta fille à proprement parlé mais sa naissance a sans doute exacerbé ton malaise, fait apparaître une difficulté sur un terrain fragile. Mais c'est aussi une chance car les enfants nous révèlent à nous mêmes, nous forcent à chercher nos limites, à nous repositionner, à mieux savoir ce que nous sommes et ce que nous voulons pour l'avenir.
mais je suis de tout cœur avec toi car le chemin est long parfois... C'est pour cela qu'il faut s'accrocher aux petites choses, aux petits changements, aux petits moments qui vont bien et qui, petit à petit nous montrent que ça bouge.
Quels sont les moments que tu préfères avec ta fille ? Il ya t- il des situations où tu te sens bien, à ta place ?...

Perso, je suis passée par une thérapie et une psychanalyse de presque 6 ans avant d'être mère mais ensuite, je me suis fait aider par une thérapeute "somatologue". Ça n'est pas un titre officiel c'est juste une méthode qui allie à la fois le verbal et le travail sur le corps par des massages, de la relaxation... En fait c'est du bon sens: ne pas séparer le corps et l'esprit, laisser parler le corps en même temps qu'on s'exprime dans sa tête. ça m'a permis de mieux laisser passer mes étions et, justement de lâcher prise plus facilement. Mais en fait, c'est surtout une question d'écoute, de qualité du thérapeute.

Prends soin de toi, Nespouik, essaie de passer un bon dimanche, visiblement ensoleillé...
Adélie, une mère, maintenant en paix, de deux garçons nés en 2003 et 2007

nespouik
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Re: Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilit

Message par nespouik » 16 oct. 2011, 14:05

Merci pour ton soutien, Adélie :coeur:

Aujourd'hui oui ça va bien mieux, d'une parce qu'il est là, mais pas seulement, aujourd'hui il était prévu que ce soit moi qui m'occupe d'elle au réveil (mon mari l'ayant fait hier matin), et ça s'est très bien passé, avec plaisir, sans déprime, tout naturellement. C'est vraiment les montagnes russes : d'une journée sur l'autre, ça va parfois tellement mal ou bien que je n'arrive pas à comprendre comment la veille ça a pu aller aussi bien/mal :triste1:

Les moments que je préfère avec elle ? Quand je la promène dans l'écharpe de portage et qu'elle est bien ; les rares moments où elle se blottit (un peu) au creux de mon cou (elle est pas encore très câlins, trop curieuse de la vie ;) ), quand on la réveille le matin, qu'elle a toujours le sourire en nous voyant ; quand nous passons des moments tous les trois, à chanter, danser, jouer ; quand elle attrape ses pieds sur la table à langer ; quand elle rigole, etc., etc., etc.
Il y en a plein ! C'est juste que parfois, je craque, une fois tous les 3-5 jours, et je suis dans un état psychologique qui me rend le travail difficile avec elle, surtout si je suis seule et que mon mari ne peut pas prendre le relais. Mais bon, j'y travaille, c'est juste dur, parfois, comme hier, quand je suis seule.

On a eu un peu le même parcours, moi j'ai fait 5 ans de psychothérapie avant d'être maman, et j'ai repris à sa naissance car je me sentais désemparée par son arrivée et l'ampleur de la tâche.
Moi qui suis très tactile, très, très sensible lorsqu'on me touche le corps, peut-être la somatologie me ferait du bien. Ça allie thérapie et relaxation tu dis ? Tu parles en même temps que tu es massée par exemple, ou ce n'est pas aussi mélangé ?

En tout cas mon dimanche se passe très bien, heureusement ces phases ne durent pas et mon homme est très présent, autant pour elle que pour moi :merci:

Angel31
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Re: Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilit

Message par Angel31 » 19 oct. 2011, 11:17

Salut Nespouik,

Tu as un homme aimant qui est un bon père, une fille pas difficile, tout pour etre heureuse et pourtant, par moment, tu ne l'es pas et tu culpabilises. Je comprends ce que tu ressens.
Depuis toute petite, j'ai été "conditionnée"par mes parents a etre toujours parfaite, ne pas montrer quand ca va pas, etre toujours a la hauteur quoi qu'il arrive. Bilan, je ne savais pas qui j'étais puisque je réagissais toujours par rapport a ce qu'on attendait de moi. Je faisais tout pour tout garder sous controle sauf qu'il y a une chose qu'on ne pourra jamais controler, ce sont les sentiments. L'arrivée d'un enfant, c'est un véritable chamboullement, comme si on se retrouvait face a un miroir, face a nous meme, et on se sent souvent perdu.
Tu te mets une sacrée pression qui te bouffe l'existance.
J'aimerai te poser une question: avant de savoir si tu aimes ta fille, est-ce que tu t'aimes, toi? Pas en tant que mère, ou compagne, mais en tant qu'individu? Que ressens-tu pour toi? J'ai l'impression que tu n'as pas du tout confiance en toi.
Je pense que la relaxation te ferait un bien fou car tu pourrais te laisser aller au niveau des sensations, des émotions.
Je suis sure d'une chose: tu vas y arriver, a retrouver la paix avec toi meme.

:hello:
Angélique, maman de 3 filles: Amandine (29/08/2004), Chloé (17/08/2006) et Alice (03/07/2011)

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Lisette
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Re: Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilit

Message par Lisette » 19 oct. 2011, 16:28

Coucou Nespouik,

J'espère que tu progresses dans ta thérapie ainsi que dans tes angoisses face à ta fille. Tu sais les ressentis peuvent varier d'une journée à l'autre. Rien n'est figé. Chaque jour, tu sentiras de petits mieux mais rien ne se fait de façon linéaire. Il faut passer par des chemins détournés pour se comprendre. Cela peut nous paraître interminable mais, à notre échelle, je crois que l'on fait tout de même de grands pas. Mais on désirerait tellement que tout aille mieux dans l'intant présent. Je crois qu'il faut faire abstraction du temps et ne se concentrer que sur soi et les siens, accepter que la sérénité revienne par vagues. Je pense au ressac de l'eau au bord de la mer ou de l'océan. je trouve que c'est ume image qui correspond bien à ce que nous pouvons vivre. L'eau peut monter haut et redescendre tout aussi bas. On ne contrôle pas nécessairement. Et l'on en revient alors à ce terme de "lâcher prise". Je te comprends quand tu dis avoir du mal à ne pas tout gérer. Avoir le contrôle sur ce qui nous entoure est une manière de se protéger, de se réconforter, de ne laisser aucune place au hasard. Mais l'imprévu fait partie intégrante de nos vies et un enfant représente l'imprévu dans toute sa splendeur!

Je voulais rebondir sur ce qu'Angel t'a écrit. Lorsque j'étais vraiment mal, je n'aimais pas ce que j'étais, l'image que je me renvoyais. Souvent on a du mal à donner de l'amour et à en recevoir lorsque l'on ne s'aime pas soi-même. Je présume que la représentation que tu as de toi en ce moment est loin d'être bienveillante. Je crois qu'il est important d'être douce avec soi, de se laisser le temps de se retrouver.

Reviens nous voir quand tu le désires...
La perfection n'existe pas. S'accepter telle que l'on est, voilà le douloureux chemin à parcourir pour enfin devenir mère...

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Antonella
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Re: Du mal à être "la mère parfaite", beaucoup de culpabilit

Message par Antonella » 19 oct. 2011, 18:04

Coucou Nespouik,

je me reconnais dans beaucoup de tes paroles (de plus mon mari est aussi musicien). Le besoin de contrôle toujours et encore, la culpabilité, la quête de perfection. Le fameux lâcher prise!!!
Très belle image Lisette, ces vagues qui montent et descendent. Je m'en souviendrai c'est exactement cela.
Et puis s'accepter telle que l'on est...oui voici le chemin à suivre. Avec du temps...

Plein de pensées vers vous tous.
Enfin libre d'etre mère

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