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JULIETTE
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Message par JULIETTE » 26 janv. 2010, 09:58

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betty_blue




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Re: BRETAGNE

Message par JULIETTE » 26 janv. 2010, 10:00

betty_blue




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Neuf lunes et des poussières


adresse Postale : Neuf lunes et des poussières
25 Bd Pierre Landais 35500 VITRE

mail : gaellebuteau@yahoo.fr

45% des femmes seraient plus ou moins gravement déprimées dans les jours qui suivent la naissance de leur enfant. Pourtant tout est médicalisé, tout est prévu pour la grossesse et l’accouchement : les consultations prénatales, le congé parental, les primes à la naissance… Que faire de plus ?

Mais l’isolement des jeunes parents est réel, les rapports intergénérationnels se délitent, les rythmes de vie et de travail sont irrationnels, les contraintes financières sont prégnantes. On a peut être oublié quelque chose d’important.

Une jeune association de Vitré propose des réponses innovantes - mais traditionnelles ailleurs dans le monde - en heurtant peut-être un peu nos habitudes et nos prêts à penser … les bébés.



Plus de rensignements sur ce site :
http://levif.free.fr/0107/9lunes.htm

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Re: BRETAGNE

Message par JULIETTE » 26 janv. 2010, 10:01

NOUVELLE ASSOCIATION RENNAISE : MAMAN BLUES 35.



L’association Maman Blues 35, fille de l’association parisienne Maman Blues, existe désormais à Rennes.

Elle a été créée par Ingrid Guillemot, présidente secrétaire, et Anne-Stéphanie Deschamps, vice-présidente trésorière, le 22 juillet 2008.

Cette association s’adresse aux parents, aux futurs parents et à leur entourage dans le cadre de difficultés maternelles liées à la naissance d’un enfant (baby blues trainant en longueur, difficultés relationnelles avec le bébé, dépression du post-partum...).

En accord avec la philosophie de l’association parisienne Maman Blues, les objectifs principaux de Maman Blues 35 sont d’informer, de soutenir et d’orienter les mères et les pères en difficulté, ainsi que de créer un relais d’informations et de contacts avec les professionnels de la santé de la région rennaise.

La première réalisation de l’association Maman Blues 35 est la mise en place de groupes de parole mensuels, à partir du mois d’octobre 2008, en partenariat avec l’association Sources (association d’écoute, et de soutien à la parentalité), dans les locaux de Sources.

Les groupes seront animés par un membre de Maman Blues 35 accompagné par un psychologue, dans un climat convivial d’écoute, de respect, de non-jugement et de confidentialité.

Toute personne concernée par les difficultés du post partum, qu’il s’agisse de femmes nouvellement mère, ou de leurs proches (pères, grands-parents, amis), est bienvenue.
Les professionnels, intéressés par la question des difficultés liées à la naissance d’un enfant, seront reçus en dehors de ces groupes, de façon à respecter strictement le vécu et la parole des mères et pères participants.

Ces groupes, bien qu’accompagnés par un psychologue, n’ont pas pour vocation d’être une thérapie de groupe, ni d’établir le diagnostic des participants, ni encore de présenter un cours théorique sur les divers visages de la difficulté maternelle.

Leur objectif est de faire circuler librement la parole et les ressentis, briser le tabou qui enferme les femmes et pères en difficulté, et les aider parfois aussi à prendre conscience de la réalité de leurs difficultés et de la possibilité de se faire aider, pour sortir du tunnel douloureux de la difficulté maternelle.

Les séances, gratuites, auront lieu 2, allée de Lucerne (locaux de l’association Sources) à Rennes, de 20H30 à 22H00, aux dates suivantes :

mardi 14 octobre
lundi 24 novembre
mardi 16 décembre 2008
lundi 19 janvier,
mardi 24 février
lundi 16 mars
mardi 21 avril
lundi 18 mai
mardi 16 juin 2009

Il est nécessaire de s’inscrire, au plus tard la veille de la rencontre, pour participer à ces groupes de parole ; attention, les réunions indiquées ci-dessus pourront exceptionnellement être reportées ou annulées.

Pour vous inscrire, ou nous contacter, vous pouvez écrire à :
mamanblues35@gmail.com

Les inscriptions peuvent se faire également auprès de Sources au :
02 99 32 26 95
ou par mail : sources@kernic.org.

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Re: BRETAGNE

Message par JULIETTE » 26 janv. 2010, 10:01

betty_blue




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Message :

Pourquoi créer un lieu de parole pour parents en difficulté autour de la naissance d’un enfant ?



A l’origine de la création de Maman Blues 35


Il arrive souvent qu’en parlant à d’autres femmes d’un vécu de maternité difficile, une grande compréhension mutuelle se manifeste, comme si les dires de l’une renvoyaient au vécu (réel, imaginaire, ou inconscient) de l’autre. Comme si les mots de l’une faisaient écho aux maux de l’autre, ou d’une autre connue d’elle.

Certaines femmes vivent des moments de la maternité douloureusement, traversent des moments d’angoisses (de quelque ordre qu’il soit), de solitude profonde ; certaines vivent mal leur grossesse, ou sont même empêchées d’avoir un enfant par peur de la grossesse, ou de l’accouchement, ou de la mère qu’elles pensent devenir ; d’autres gardent un mauvais souvenir de l’accouchement, étape vécue parfois comme un véritable traumatisme, et qui, faute d’être parlé ou véritablement écouté, marquera de son empreinte le corps et le cœur de la mère, de son enfant, et influera sur leurs relations futures. Pour d’autres mères encore, c’est le séjour à la maternité lui-même, dans les suites de couches, qui sera vécu douloureusement, et source (ou catalyseur) des difficultés maternelles à venir (informations contradictoires de la part de l’équipe médicale, jugement porté sur les pratiques maternantes de la jeune mère, équipe médicale pressée n’ayant le temps d’accomplir que le suivi technique de la mère et de l’enfant, peu d’écoute et pas les moyens de prendre le temps d’une sincère empathie, pas d’intimité – viol permanent des moments d’intimité mère-enfant, qui gêne le développement d’une harmonie mère enfant, bruit permanent source de stress, visites des proches et de ceux qui rendent visite à la ‘colocataire’…)

Bref, un certain nombre de femmes portent un poids émotionnel douloureux autour du devenir mère. Mais combien d’entre elles réussissent véritablement à en parler, autrement que par quelques mots incidemment lâchés ici ou là ? Combien peuvent réellement revenir sur ces moments pénibles de la maternité, en parler encore et encore jusqu’à en guérir réellement ? Combien de femmes sont tout simplement conscientes de leurs difficultés, masquées parfois par une grande fatigue physique qu’on met sur le compte du rythme de vie du bébé, ou masquées parfois par un état de grande excitation euphorisante ou une multitude de projets, bref un état inhabituel mais qu’on n’identifie pas comme tel ?

Certaines réussissent à oublier (ou oublient sans même y penser) ces vécus difficiles, d’autres n’y parviennent que partiellement (émotions prêtes à ressurgir intactes lors d’une grossesse ultérieure, ou à l’évocation d’un souvenir douloureux par une autre mère), voire n’oublient pas du tout ; quoiqu’il en soit ces douleurs maternelles colorent les relations mère enfant, qu’on en ait conscience ou non, elles font partie de leur histoire commune, de la proto histoire du bébé, et de la mère qu’elle est devenue. Parfois ces difficultés ne seront palpables qu’à travers les vécus de grossesse (ou d’absence de grossesse) de leurs filles elles-mêmes.

Faute de pouvoir parler, les femmes gardent en elles ces vécus douloureux, mais la douleur atteint parfois des sommets tels qu’elle ne peut plus être contenue, qu’elle menace la vie de la mère ou de son enfant ; il est alors nécessaire, quasi-obligatoire, pour la survie (physique, psychique) de la mère et/ou de son enfant, de prendre en charge ce couple mère enfant (suivi psychologique, psychiatrique, hospitalisation en maternologie).
Les difficultés vécues autour de la maternité ont peu de place et de moyens pour s’exprimer : le suivi de la grossesse est hautement technique, la mère-en-devenir n’est pas contenue psychologiquement, et elle peut se sentir en quelque sorte abandonnée à la naissance de son bébé, alors même que le processus du devenir mère ne s’est pas nécessairement enclenché, ou est à peine ébauché, voire totalement paralysé par la réalité du bébé, la réalité de l’accouchement ; la jeune accouchée se trouve, ou se sent, lâchée par l’équipe médicale, parfois même par l’entourage, le centre d’intérêt s’étant désormais déplacé sur le bébé ; et la mère vit son hémorragie émotionnelle toute seule, dans cette paradoxale solitude malgré la présence des siens, elle se vide de ses repères, dans la tourmente émotionnelle qu’est la naissance, comme elle s’est vidée de son bébé, et ce vide affreux laisse place à des angoisses fondamentales, qui peuvent parfois s’avérer morcellantes.

La naissance fait naître un être physique, mais pas nécessairement psychique ; elle fait naître une mère physique, mais pas forcément une mère psychique. La naissance psychologique de l’un et de l’autre peut être empêchée par un vécu de maternité douloureux, voire traumatisant.

Il est fondamental de poursuivre l’accompagnement de la mère et de son bébé dans leur naissance psychique réelle à tous deux. Il faut cesser de croire à la simultanéité de ces différentes naissances, cela n’a rien d’obligatoire, de nécessaire, de naturel ni d’instinctif. La grossesse ne s’arrête pas à la date de l’accouchement (d’ailleurs une mère peut continuer à se représenter, se penser enceinte, après la naissance de son enfant). Le suivi ‘médical’ de la grossesse ne devrait s’achever que lorsque les vécus douloureux ou problématiques de la maternité ont été levés, lorsque la mère psychique et le bébé psychique peuvent entrer en relation et se donner mutuellement naissance.


J’aimerais donc créer un lieu de parole pour les femmes enceintes et les jeunes mères qui ressentent le besoin d’exprimer, en groupe ou en entretien individuel, certains vécus de maternité difficiles voire traumatisants – maux que les professionnels de la santé ne peuvent (ne veulent) entendre par manque de temps, excès de technicité, et représentation duelle du corps et de l’esprit.

Un lieu où les (futures) mères trouvent soutien empathique et écoute bienveillante, sans jugement, ni minimisation ou banalisation de leurs sujets d’angoisse – cette minimisation dégrade l’image de soi de la mère : « puisque le médecin me dit que je n’ai pas à angoisser, qu’est ce que j’ai donc à continuer à me faire des nœuds à la tête et à m’affoler pour rien, c’est fou que je n’arrive pas à contrôler mes pensées, je devrais faire comme les autres femmes qui, elles, ont l’air beaucoup plus sereines que moi, plus heureuses, plus fortes, et donc mieux armées pour accueillir leur enfant ». Un lieu où l’amour maternel ne soit pas considéré comme instinctif, immédiatement évident. Un lieu où la femme puisse reprendre confiance en elle, en ses capacités, où elle cesse de voir l’Autre (le médecin par exemple) comme porteur de Vérité : c’est la femme elle même et personne d’autre, qui porte sa vérité, et il faut l’aider à ne pas laisser les autres se l’approprier (pas facile quand on est fragilisée par la crise de maternité).

Un lieu où l’on s’inscrive en faux contre l’idéalisation de la maternité, où l’on refuse les images toutes faites de maternité nécessairement épanouissante. Un lieu où l’on aborde une autre réalité de la grossesse, alors même que la grossesse aura été fortement désirée, et longtemps attendue. Où l’on a conscience que le dictat du bébé parfait – objet idéal, programmé, désiré, pensé, aux contours bien dessinés, prévu par les parents pour répondre à leurs attentes (et celles de leur environnement socio-familial), leurs désirs, et investi d’un mandat transgénérationnel lourd, peut compromettre, paralyser (par excès de contraintes) le processus de parentalité. Où l’on a conscience de l’effet parfois ravageur de l’excès du tout-maîtriser-à- tout- prix, de la conception à l’après naissance. Même l’enfant imaginaire est en partie maîtrisé, restreint dans son développement par l’image échographique. Un lieu où la femme cesse de courir après la mère idéale qu’elle imaginait devenir, pour être simplement mère de son enfant ; où elle puisse relier les rivages qui séparent le bébé réel du bébé imaginaire.

Je voudrais un lieu où l’on redonne à la grossesse tant psychologique que physiologique, une certaine liberté d’expression, et où l’on puisse accueillir l’ambivalence des (futures) mères.

Femmes enceintes :

Je voudrais que les femmes puissent venir y parler de leurs angoisses physiques et psychologiques, angoisses à devenir mère, de leurs angoisses face au changement de leur corps, du séisme émotionnel que la grossesse représente, de cette crise identitaire majeure qu’est la grossesse, de leurs émotions ravivées d’ancien bébé, ex-petite fille de leur mère, de ce passé relationnel avec leur propre mère, de leur projection d’elles-mêmes en tant que future mère, de leur image d’amante au sein du couple conjugal, de leur représentation du futur père, de leur futur couple parental ; qu’elles puissent venir parler de leur bébé imaginaire, de la place de l’enfant à venir dans la fratrie qu’elles font naître, de leur propre fratrie, de leur culpabilité à l’égard de leur(s) aîné(s), à l’égard de leurs propres parents-devenant-grand-parents.

Qu’elles puissent venir parler de leur peur de l’accouchement, de l’éventualité (parfois angoissante) de la césarienne, du vécu ravivé de leurs précédents accouchements ; qu’elles puissent en parler encore et encore sans se faire museler par le rassurant ‘ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer, et vous ne sentirez rien avec la péridurale’ – fin de la discussion.
Il faut savoir entendre aussi que ces angoisses peuvent parler de l’ambivalence de la mère face à son futur enfant.

« Ces mouvements de haine et d’ambivalence non élaborée sont l’objet d’un déni véritable de nombreux soignants de la petite enfance qui probablement ne sont pas prêts à les reconnaître et les élaborer eux mêmes. », Nathalie Boige.

Je voudrais un lieu qui permette à cette ambivalence, à cette haine du fœtus de s’exprimer, puisque l’équipe médicale n’a pas les moyens de l’accueillir. Il faut savoir l’accueillir, lui donner un contenant (matérialisé notamment par le lieu de parole), la laisser s’écouler, sans la museler par des réassurances technico-médicales.

Il faut permettre aux mères de parler de leur (parfois immense) déception de porter un garçon plutôt qu’une fille ou vice versa ; ne jamais banaliser ni sous estimer cette déception, l’enfant à naître est porteur de cet élément de son histoire, que la mère dépasse sa déception première ou qu’au contraire elle ne réussisse jamais à faire le deuil de la fille ou du garçon imaginaire qu’elle n’a pas eu(e).

Je voudrais un lieu où l’on se préoccupe tout simplement de la grossesse psychique des femmes, car tout comme la grossesse physiologique elle comporte ses étapes : or personne ne se préoccupe vraiment de son développement (sans toutefois tomber dans le piège de la normalisation). La grossesse psychique est une notion fondamentale, malheureusement encore trop souvent négligée, par manque de moyens (temps, connaissance, capacité d’écoute réelle).

Post natal :

Je voudrais que les femmes puissent venir parler du vécu de leur accouchement, revenir sur le déroulement de l’accouchement et des premières heures, premières journées qui ont suivi ; leur permettre de mettre des mots sur ce qu’elles ont pu vivre de manière traumatisante dans leur corps, les aider à trouver du sens à ce qu’elles ont vécu, leur permettre d’identifier leurs émotions, et y mettre de l’ordre ; les aider à s’approprier l’histoire de leur accouchement et les émotions qui y sont rattachées.

Je voudrais qu’elles puissent parler de leur déception face à leur enfant réel, comparé à leur bébé imaginaire ; qu’elles puissent dire sans honte qu’elles ne se sont pas senties heureuses quand on leur a mis le bébé dans les bras, qu’elles ont peut-être même éprouvé du dégoût, de la haine pour lui, vu ce que qu’il leur avait fait subir et souffrir ; qu’elles puissent dire qu’elles n’ont rien ressenti, aucun mouvement affectif pour lui, qu’elles ne se sont pas senties mère de ce bébé étrange, rien qu’une immense lassitude et aucune envie du tout. Qu’elles puissent dire ce ventre vide, ce cœur vide, leur incapacité à se sentir mère, leur peur de devoir assumer un bébé, leur peur de ne savoir l’aimer, de ne savoir s’en occuper, leur peur de faire mal, leur peur de lui faire du mal, de ne pouvoir vivre avec lui, leur peur de ne pas réussir à l’allaiter, leur peur de l’empoisonner, leur peur de l’allaiter aussi. Leur peur de ne pouvoir être heureuse avec lui, peur de ne plus jamais pouvoir être heureuse, peur de ne plus jamais connaître l’insouciance, de ne plus jamais être libre, d’être enchaînée pour toujours à un autre dont elles auront à jamais la (l’écrasante) responsabilité, peur de n’être plus qu’un couple parental et non plus conjugal, peur de n’être plus qu’une mère et non plus femme, peur d’être imparfaite, moins parfaite que ses amies, moins parfaite que notre mère idéale, que notre mère.

Qu’elles puissent parler de leur incapacité à se détacher physiquement de leur bébé, de leur inquiétude permanente quant à la santé et au bien-être de leur enfant, de leur préoccupation maternelle extrême, obsédante, envahissante.

Qu’elles puissent parler de leur regret d’avoir fait cet enfant, de leur rejet, voire de leur haine envers lui, sentiment d’autant plus culpabilisant qu’elles auront peut être longuement et mûrement réfléchi le projet d’avoir un enfant, vécu des difficultés ‘conceptionnelles’, connu un parcours d’AMP.

Dans le fond, l’objectif de ce lieu de parole est de libérer la parole au-delà de la honte et culpabilité ressenties, de lever le voile auprès d’un « écoutant » (en entretien individuel) ou d’autres femmes partageant le même type d’expérience (en groupe de parole). Il faut aider les femmes en souffrance à percevoir et prendre conscience de leur mal-être, et du fait que cette souffrance n’est ni normale (masochisme féminin, fruit du refus de l’ambivalence ressentie envers leur bébé) ni un passage obligé de la maternité. Alors seulement elles pourront accéder aux soins proposés par des professionnels spécialistes de la maternologie.


Asted
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JULIETTE
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Re: BRETAGNE

Message par JULIETTE » 26 janv. 2010, 10:02

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Un joli rêve dans un terrible cauchemar
« Le bonheur est au bout du chemin » (mon médecin)


J’ai 30 ans lorsque je tombe enceinte d’un petit bébé très désiré. Cela fait 4 ans que je vis avec mon ami, 6 ans que nous sommes ensemble...

La grossesse

La grossesse se passe très bien, malgré une petite angoisse au départ (à cause du distilbène).
Je mets tout en oeuvre pour ne pas ressembler à ma mère, plutôt de nature anxieuse (grossesses difficiles, perte d’un bébé, manque de confiance dans les médecins...) et donc je me blinde en ne lisant aucun livre, en restant sur mon petit nuage. Je décide que le corps médical sera forcément compétent et que tout se passera bien.
Je suis heureuse de voir mon ventre s’arrondir de jour en jour...

L’accouchement

On me laisse une semaine supplémentaire par rapport à la date prévue d’accouchement.
Je fatigue un peu et l’angoisse monte (vais-je savoir accoucher ?).
On décide de provoquer l’accouchement, je dois donc rester une nuit (seule, sans mon ami, je suis déçue) à la maternité.
Le lendemain, perfusion, déclenchement, rien ne se passe comme prévu : le coeur du bébé ralentit, et même si c’est courant, je n’y connais rien et je panique. Je n’ai pas encore de péridurale et tout à coup une contraction extrêmement violente arrive : je souffre terriblement et j’ai à nouveau une peur panique pour le bébé. Le personnel suit le protocole : péridurale, puis anesthésie pour finir avec une césarienne en urgence.
Nous pouvons tout de même vivre l’accouchement ensemble avec mon ami et nous gardons un bon souvenir de la présentation de notre petit garçon. En plus je suis très fière que ce soit un garçon, après plusieurs génération de filles du côté maternel.
Je ne vis pas mal le fait que ce soit une césarienne, pour moi c’est un soulagement, tellement j’ai eu peur.

Le post-partum

Le lien se fait avec mon fils, mais trois semaines après je sombre dans un état dépressif avec des crises d’angoisse quotidiennes et divers symptômes dont un particulièrement effrayant : la sensation d’amnésie du ressenti de soi. Je sais qui je suis, mais je ne le ressens plus.
Du coup ce symptôme entraine une sensation de dissociation : je suis là sans être là, je m’entend parler aux gens... je suis terrifiée par ce que je ressens et la dépression s’accentue. Tout me semble insurmontable (m’occuper de mon bébé) et le desespoir s’installe dès le matin quand mon ami part au travail, je pleure, je vais vomir tellement je suis envahie d’angoisses. Des angoisses diffuses, sans objet parfois.
J’ai le sentiment que la journée va se terminer et ma vie avec.
Je suis rapidement prise en charge par ma belle-mère chez qui nous allons vivre 1 mois tous les trois. Elle me laisse ma place de maman et fait son maximum mais cela ne suffit pas.
Je suis très vite suivie par un psychiatre, puis au bout d’un an par un autre mais les résultats ne sont pas spectaculaire.
Je tente de reprendre le travail, mais je suis arrêtée au bout d’un mois pour une année....
Au travail j’ai la sensation que je ne reverrai jamais mon fils, qu’un nuage noir va m’engloutir ou bien lui... C’est intenable, même si je continue d’assurer en apparence. Le sentiment de dissociation et de ne plus savoir qui je suis est à son comble.
Avec mon fils je connais des moments merveilleux malgré tout, je me sens pas une maman très épanouie, mais je ressens beaucoup d’amour.
Ma grande souffrance c’est que j’ai le sentiment de ne pas pouvoir profiter de ce joli rêve, comme si je m’auto-empêchais d’être heureuse...

Avec le temps, grâce à mon ami, à mon médecin traitant, à ma famille , mes parents , une amie qui est venue presque tous les jours chez moi, une belle-soeur, aux anxiolitiques, la rencontre des mamans sur le forum de Maman Blues et la reprise du travail la deuxième fois... tout s’est apaisé.
Le bonheur était effectivement au bout du (long) chemin...
Depuis, un deuxième bébé est arrivé. J’ai été suivie par une psychologue sspécialisée en psychisme et périnatalité un an au moins avant de mettre ce joli projet en route.
Le post-partum cette fois fut nettement plus serein et du coup plus heureux.

*************************************************************************************************


A la naissance de ma fille, j'ai débuté une psychose puerpérale. le rythme
de mes pensées devenait effréné. J'ai eu de graves insomnies.
Une hospitalisation s'est imposée quelques jours après la naissance.
Alors qu'il s'agissait d'une grossesse désirée et que je n'avais pas eu
d'antécédents auparavant.
Heureusement le traitement s'est révélé efficace, j'ai pu retrouver ma
famille au bout de 15 jours.
ensuite j'ai été suivie, pendant plusieurs mois, par une psychiatre et une
psychologue.
Le sentiment d'amour maternel a mis environ un an à se déclencher.
maintenant ma fille a trois ans, nous sommes très complices et l'idée de
devenir à nouveau mère apparaît aujourd'hui comme une évidence.

**********************************************************************************************************



Un début difficile, mais du bonheur au quotidien aujourd’hui


Lorsque j’ai vu que le test de grossesse virait au positif, j’ai littéralement sauté de joie. D’ailleurs, notre chien qui croyait que c’était un nouveau jeu de celui qui saute le plus haut était tout sautillant également. Je me suis alors demandé comment l’annoncer à mon amie, de façon la plus romantique possible bien sûr. Et puis j’ai tout simplement pris le téléphone pour l’appeler au boulot. Ca faisait 3 ans que nous attendions cette bonne nouvelle alors je ne pouvais plus attendre. Elle a explosé de bonheur à son tour, en m’ayant demandé une dizaine de fois si j’étais sûre du test.

Ensuite, il y a eu les 9 mois d’attente, de préparation. La grossesse m’allait très bien. J’étais en forme, contente de voir mon ventre s’arrondir de jour en jour. Ma compagne était au petit soin pour moi. L’accouchement s’est déroulé à merveille, nous étions impatientes de voir la petite bouille qui allait partager notre vie et bien évidemment c’était le plus beau bébé du monde !

Rien ne me laissait donc présager ce qui allait se passer ensuite. Dès le 1er jour, je me suis sentie désemparée. Je ne m’attendais pas à ressentir cela, c’est-à-dire rien de ce que l’on appelle l’instinct maternel. Je ne sentais rien entre mon enfant et moi, je ne savais pas comment la calmer quand elle pleurait, je ne savais pas comment faire avec elle. J’avais le sentiment qu’on avait oublié de me donner le mode d’emploi. Je n’arrivais pas à la nourrir correctement et je m’en voulais, j’avais l’impression qu’elle pleurait dès que nous étions seules et ses pleurs étaient terribles pour moi. J’avais peur d’être seule avec elle.
A la maternité, les sages femmes et autre personnel m’ont dit que ça allait passer, que les crises de larmes étaient normales, qu’il ne fallait pas s’inquiéter.
Je me sentais nulle, j’avais le sentiment de ne pas l’aimer alors que nous l’avions attendue si longtemps et avec tellement d’amour.
Je me disais qu’une fois à la maison, ça irait mieux, que nous serions chez nous. Mais les choses se sont empirées, jusqu’à un fameux soir où notre petite fleur avait beaucoup pleuré et là, l’idée de la balancer par la fenêtre m’a traversé l’esprit. J’ai posé notre fille dans son lit, et j’ai éclaté en sanglots. Elle avait alors 2 mois.
Mon amie ne savait plus quoi faire, elle était aussi désemparée que moi. Elle a réussi à calmer notre fille et nous avons décidé d’aller chez le médecin le lendemain. Nous avions déjà parlé plusieurs fois avec notre médecin traitant qui a été très à l’écoute de notre problème. Nous avons décidé ensemble de me mettre sous antidépresseur, pour pouvoir assurer avec notre petit bout et pour pouvoir traiter cette dépression post-partum comme on l’appelle. Parallèlement, nous avons cherché des solutions pour trouver un soutien psychologique. Le parcours a été difficile et encore grâce à notre médecin traitant et aussi notre sage femme, nous avons trouvé une psychologue clinicienne avec qui je travaille encore actuellement pour tenter de comprendre pourquoi cette naissance et les débuts avec ma fille ont été si difficiles.

La présence de ma compagne a été un réel soutien, bien plus que cela même. Sans son écoute, son désir de m’aider, je ne sais pas comment je m’en serais sortie. Cette période a été très difficile pour elle aussi. Elle devait s’occuper de moi et de notre fille. Beaucoup de choses ont reposé sur ses épaules pendant plusieurs semaines. Du fait de la peur que j’avais de rester seule avec notre fille, je lui en voulais de ne pas pouvoir rester avec moi. Dès qu’elle partait travailler, j’avais une boule qui se mettait en place dans mon ventre et qui ne disparaissait que lorsqu’elle rentrait le soir. Je ne me rendais même pas compte que les choses étaient difficiles pour elle également. Elle cherchait à m’aider mais ne savait comment faire. J’avais beaucoup de colère en moi, et mon amie en a été la principale victime (ainsi que notre chien !). « Merci à toi mon amour d’avoir su m’écouter, d’avoir eu cette patience et cette force de rester à mes côtés ».


Un an après la naissance de notre fille, il m’arrive encore de me sentir nulle mais j’ai pris plus d’assurance en moi et un lien existe vraiment entre nous maintenant. Quand nous nous regardons dans les yeux, quand je la serre dans mes bras, quand je la regarde s’éveiller et même quand elle pleure, je sens ce petit quelque chose qui s’appelle peut être la fibre maternelle mais que j’appellerai tout simplement l’amour qu’une mère peut ressentir pour son enfant.

Aujourd’hui, le deuxième bébé est à l’ordre de jour et j’avoue que j’angoisse un peu à l’idée que les choses puissent se passer de la même façon. Mais, mon amie et moi avons réussi à mettre des choses en place et à nous entourer pour faire en sorte que ce soit différent.

Je souhaite par ce témoignage pouvoir aider les parents qui vivent une situation similaire, c’est pourquoi j’ai également décidé d’adhérer à l’association Maman Blues 35.

JULIETTE
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Re: BRETAGNE

Message par JULIETTE » 26 janv. 2010, 10:03

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Sujet : réunions maman blues 35
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Association Maman Blues 35



Groupes de parole :
- Les lundis 12 octobre, 8 février, 26 avril et 7 juin de 20h30 à 22h00.
- Les vendredis 6 novembre, 8 janvier, 12 mars et 2 avril de 20h30 à 22h00.
- Les samedis 28 novembre, 30 janvier, 20 mars, 15 mai et 19 juin de 13h30 à 15h00.

Permanences au Café Clochette, 37 rue de Dinan à Rennes :
- Les samedis 10 octobre, 12 décembre, 6 février, 27 mars, 29 mai de 10h à 11h30.

Groupes de parole pour femmes enceintes :
- Le vendredi soir ou le samedi matin (dates à repréciser).

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