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reflets dans un oeil d'homme Nancy Huston

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weshallovercome
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reflets dans un oeil d'homme Nancy Huston

Message par weshallovercome » 26 juin 2012, 13:36

Si l'une de vous a lu cet essai (récent, sorti cette année), ce serait très intéressant de savoir ce qu'elle en a retenu...
Pour ma part j'ai toujours apprécié Nancy Huston (qui a écrit plus de fictions que d'essais). Mais là, j'ai une hésitation.
Ce bouquin est assez diversement accueilli; et surtout, et c'est pourquoi j'en parle ici, il y serait question d'errements du féminisme et de l'affirmation des droits des individus, ayant amené la femme occidentale à s'éloigner dangereusement de sa fonction première : enfanter.

Voici ce que dit l'auteur elle-même :
Je sais que l'on me comprendra mal, que l'on m'accusera de prôner un "retour à la Nature" et de vouloir cantonner les femmes dans leur rôle de mère. (...) Je ne dis ni que la maternité est admirable ni qu'elle est oppressante, et n'ai nulle envie de joindre ma voix à celles qui s'écharpent sur le thème de l'"instinct maternel" ; comme toute activité humaine, la maternité est complexe, multiple et contradictoire. Je fais simplement remarquer que, comme par hasard, on a éliminé de l'ensemble des imageries de l'Occident moderne l'unique singularité irréductible de la femme par rapport à l'homme. On y a tellement bien réussi qu'on n'est même pas conscient de l'avoir fait.
Et quelques extraits des articles que j'ai lus (pas du tout d'accord entre elles les journalistes):
(...) Son credo : l'espèce humaine est "comme tous les primates", les filles sont "des biches au milieu des loups", la femme se voit sans l'oeil de l'homme (ses amis peintres pensent pareil, surprise) et cette "évidence rustique" : c'est bien la femme qui fait les enfants ou-je-me-trompe. Bref, les féministes indifférentialistes et les théoriciens du genre dont de piteux aveugles ou de dangereux idéologues. (...) Pis encore, les revendications unisexes sont mortifères : "on ne peut pas à la fois se scandaliser de ce qu'on prépare les petites filles à la maternité et s'étonner que devenues mères sans y être préparées elles fourrent leur foetus au frigo." Valérie Manteau - Charlie 20/6/2012
Féministe, Nancy Huston? Assurément! (...) Nancy Huston s'intéresse particulièrement au regard que les hommes portent sur les femmes depuis la nuit des temps et, par conséquent, à l'image d'elles-mêmes qu'ils leur renvoient. L'auteur d'Infrarouge (qui paraît ces jours-ci en poche, chez Babel) est ainsi convaincue que "les hommes ont une prédisposition innée à désirer les femmes par le regard, et que les femmes se sont toujours complu dans ce regard parce qu'il préparait leur fécondation", comme elle l'écrit dans son avant-propos. Si son ouvrage a des accents de manifeste, Nancy Huston n'entreprend pas moins une rigoureuse rétrospective du comportement des uns et des autres à l'aune de l'histoire de l'humanité pour, in fine, interroger notre société et analyser le processus qui a façonné la femme contemporaine. (...) Nancy Huston met les pieds dans le plat d'un sexisme hypocrite qui ne dit pas son nom mais qui fait des ravages, et dont les femmes se retrouvent les complices involontaires. Ce livre est admirable, il fera date. Delphine Peras (L'Express Lire), publié le 02/05/201
« La rage féministe m'étranglait », se souvient Nancy Huston. L'essayiste et romancière, bientôt sexagénaire, a raison d'utiliser le passé. Ses années MLF sont bel et bien révolues. (...) Telle serait après tout l'ancestrale « vérité de l'humain » : l'espèce est faite pour se reproduire. C'est comme ça. Nous sommes tous des chimpanzés — et les femmes, des guenons s'occupant des petits : « Les plus forts dominent les plus faibles ; l'anatomie, c'est le destin. » Darwin élu nouveau mentor, Huston crache son venin sur les adeptes des gender studies, qui, en séparant le sexe et le genre, se refuseraient à inscrire l'homme dans la continuité du monde animal. Elle préfère avancer que le machisme est une affaire biologique ! (...) L'essai va ainsi de régression en régression. Aux orties la notion trop moderne d'égalité, « ver dans le fruit » qui a poussé la femme à penser qu'elle était l'égale de l'homme ! L'auteure parvient même à trouver la pilule douteuse — elle encouragerait à oublier la maternité et à libérer la séduction. Le problème majeur est là, selon Huston : la guenon s'est changée en biche, aguicheuse et dénudée, perdue dans les forêts des industries cosmétique et pornographique. La société n'offrirait rien d'autre que cette alternative : mannequin ou putain. Certes. Mais qu'est-il arrivé à Nancy Huston pour qu'elle leur oppose l'idéal de la femme des cavernes ? Le 09/06/2012 - Mise à jour le 04/06/2012 à 17h47 Juliette Cerf - Telerama n° 3256
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller

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