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L'invitation de la psychanalyse

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GYNEPSY
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L'invitation de la psychanalyse

Message par GYNEPSY » 05 déc. 2011, 10:49

Quelle est depuis ses débuts l’invitation de la psychanalyse, reprise individuellement par chaque analyste ?

Dire tout ce qui nous vient dans la tête (tout ce qui nous tombe dans la tête, "Einfall" dit Freud), c’est-à-dire en somme tout ce qui fait signe. Tout ce qui nous tombe dans, passe par, la tête, plongé dans un dispositif où l’on ne voit pas le visage et surtout le regard de celui ou de celle à qui l’on destine son discours. Il s’agit de parler sans fin prédéterminée, sans avoir à juger de ce qui est utile ou inutile à dire, ou nécessaire pour viser telle ou telle fin. Ainsi, tout ce qui se dit peut prendre un statut égalitaire, et rien ne prédomine, à priori, dans le dire.

Même après trente-cinq ans de pratique de la chose, c’est une étrange expérience… Ordinairement, quand quelque chose ne va pas, vous avez pris l’habitude, infantile en somme, si vous ne savez plus quoi comprendre ou comment faire avec ce qui vous tombe dessus, d’en référer à un autre qui, lui, doit bien savoir comment faire, comment penser, comment décider : mère, père, aîné, ami, professeur, médecin, avocat, prêtre, expert, juge, député, etc…

Et vous pensez, très naturellement, qu’il est là pour vous répondre. Et, chose curieuse, chose insensée, lui aussi, pense qu’il est là pour vous répondre ! Il sait. Il sait là où vous ne savez plus. Il sait au-delà d’où vous savez. Il vous dira pourquoi c’est comme ça pour vous, et même plus, comment y remédier. Vous devez faire comme ceci. Lui, il sait.

Eh bien, l’invention freudienne, c’est tout le contraire ! La voie ouverte par Freud, c’est ce monde-là, mais à l’envers ! Prenez la parole, prenez le risque de la parole, seul(e). Parlez avec vos propres mots, laissez résonner à vos oreilles vos propres signifiants, articulez-les en présence d’un(e) inconnu(e) qui se doit de se tenir au secret de ce que vous pourrez dire. Faites cette expérience, vous rencontrerez très vite que votre parole va vous mener quelque part, d’elle-même. Et ce ne sera pas en vain que vous aurez eu ce culot, ce courage. De quoi mon symptôme fait signe ? Moi seul le sait sans savoir que je le sais, mais ma parole, elle, si je ne la filtre, le sait. Je me dois de l’écouter. Autrui ne peut savoir pour moi. Encore moins à ma place. Il ne peut que seulement me permettre d’y accéder…, à quoi ? A ce mien savoir. Cela s’appelle rencontrer un/son analyste, son bon entendeur.

A quoi bon parler ? dit l’ordinaire du névrosé. Cela ne réparera pas les brisures du passé, cela ne solutionnera pas l’impasse du présent. Eh bien la rupture qu’introduit Freud est celle-ci : prenez la parole, ce ne sera pas en vain.
Prenez la parole, ce ne sera pas en vain.
JML (président Gynépsy), psychanalyste, Paris

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