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Maternologie : code déontologie

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betty_blue
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Maternologie : code déontologie

Message par betty_blue » 28 janv. 2010, 09:50

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betty_blue




Enregistré le 29/01/2004
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Sujet : Maternologie : code déontologie
Ajouté le : 23/03/2007 17:51
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Message :




code de déontologie de l'intervention mère enfant ( Docteurs Delassus ,Péchiné et Benoit) ( le sens de la maternité : Delassus jean-marie .éditions Dunod


1 - La maternité n'est pas individuelle mais collective:

On ne peut réduire la maternité à l'histoire d'une seule personne .
Rien ne dit que l'on peut être mère toute seule.
Bien au-delà, il s'agit de l?enfant, du père et du reste de la famille, en même temps que la maternité dépend de cet entourage comme des conditions sociales générales.
Dés lors, il faut éviter de tout faire reposer sur les mères et de les rendre toujours seules responsables, notamment vis à vis de leur enfant.
Il importe au contraire de responsabiliser chacun ds l'intérêt des mères et de la maternité, de faire que le milieu se sente concerné et impliqué. L'introduction de la notion de la dimension psychique de la maternité et sa prise en compte invitent à mobiliser autour d?elle, pour elle et non contre elle.

2- La maternité ne se sanctionne pas :

Ceci ne veut pas dire que la maternité est un état qui s'impose au point de devoir toujours être préservé, quelle que soit la forme qu'il revêt.
Par contre, ce que l'on contestera, ce sont les procédures de jugement et de condamnation à son égard.
Elles ne conviennent pas à un état psychique qui relève de l'approche clinique- c'est à dire de la compréhension étiologique, diagnostique et pronostique -ainsi que du soin. On ne condamne pas ce qui est avant tout du ressort de la thérapie et qui peut être modifié par des soins adéquats.

3. La mère a droit à l'intégralité de son identité:

La mère doit,à la fois ,être perçue en tant qu'elle même mais aussi comme sujet d'une autre histoire qui la traverse et que met en jeu la maternité.
Qu'elle ne soit alors qu'une simple fonction maternelle sans que l'on intègre les effets de l'émergence des parts inconscientes de soi, qu'elle ne soit alors qu'une simple fonction maternelle sans que l'on intègre les effets de l'émergence des parts inconscientes de soi, qu'elle ne soit jugée que sur l'adéquation de ses comportements,ne peut être qu'abusif et entraîne de la part de l'environnement social,familial, médical des attitudes péjoratives qui sont des atteintes à la nécessaire identité maternelle.
A ce niveau, la maternité nécessite une totale intégrité de l'estime de soi, on n'est réellement et exactement mère que si l'on se sent digne et capable d'aimer en même temps que d'être aimée.
4 - La mère a droit à la crise maternelle:

L'investissement maternel doit être dégagé de deux contraintes idéologiques: d'une part il serait programmé et naturel, d?autre part il doit se conformer à l'idéal socialement admis. Au contraire, la maternité est un moment critique de l'existence provoquant de profonds remaniements de la vie psychique de l'individu .Il est plutôt légitime que celui-ci les manifeste en laissant apparaître les difficultés qu'il rencontre et qui sont d'abord un appel à autrui avant de devenir ce qu'autrui entend vouloir corriger ou sanctionner.

5- la mère a droit aux soins:

La maternité doit être considérée comme pouvant donner lieu à des affections authentiques qui relèvent effectivement du soin .
Si la maternité n'est évidemment pas une maladie, les distorsions qu'elle peut introduire, le sont bien.
Ce n'est pas une folie mais les avatars d'une transformation de soi qui peut aller jusqu'à la perte de soi et surtout de l'amour de soi.
Ceci, ds un vacillement qui peut être une simple étape d'élaboration,mais aussi un moment difficile de restructuration.

Il importe donc de disposer d'un cadre d'analyse et de diagnostic adéquat, le soin ayant, ds un premier temps, ce sens.
Ensuite,aura lieu la thérapeutique proprement dite. On rappellera que celle-ci n'a pas pour objectif de modifier la mère, mais seulement de permettre l'installation du cycle du don et du transfert maternel. Toute femme a le droit à cet abord de sa maternité; toute mère a droit aux soins que nécessite son état.


6-L'interêt de l'enfant est de garder sa mère:


Il est évident qu'il vaut mieux, chaque fois que celà est possible, garder à l'enfant la présence physique et quotidienne de sa mère; mais cela ne peut constituer l'objectif systématique des thérapies ou des éventuelles mesures à prendre.
Par contre, ce qui importe ds tous les cas, c'est de donner la possibilité, à l'enfant, d'avoir au moins sur le plan fantasmatique, une "bonne" mère réelle.




7-L'interêt de l'enfant n'est pas une raison pour ignorer celui de la mère:

Les conduites médicales sociales, juridiques, vont habituellement ds le sens exclusif de l'intérêt de l'enfant.
Or l'enfant sans sa mère n'existe pas; son véritable intérêt passe par le remaniement psychique qui s'opère ds cette femme que traverse la maternité.
Il faudrait dire, plus fortement, que l'intérêt de l'enfant est dépendant de celui porté à sa mère, c'est à dire de sa reconnaissance comme un individu original, soumis à une expérience ou à une modification de soi dont les manifestations et les effets ne doivent pas être appréciées en termes de jugement moral.

8-La forme clinique de chaque maternité psychique est le critère prioritaire de toute décision et de tout suivi:

La maternité de chaque mère, et à chaque fois, doit toujours être rapportée à son état déterminant, qui est psychique .Celui-ci,qui peut revêtir divers aspects liés à la psychogenèse ,fournit le sens particulier inhérent à chaque maternité et son pronostic probable: toute mesure - thérapeutique ou non - applicable à la maternité,s'en déduit.


applications:

1-La mère ne peut être jugée sans débat ni défense

Une mère dont les comportements maternels inquiètent,ne doit pas être plus démunie,face aux mesures dont elle peut être l'objet , que tout autre personne ds des circonstances analogues.

le Code civil , ds ses articles 375-1-2 et 3 énonce que le juge "doit toujours s'efforcer de recueillir l'adhésion de la famille à la mesure envisagé " et ," chaque fois qu'il est possible" de "maintenir le mineur son milieu actuel", sauf "s'il est nécessaire" de le retirer effectivement.
Ces dispositions paraissent adéquates et déontologiquement valables.
En fait, il s'agit là de recommandations générales qui ne comportent pas explicitement la prise en compte nécessaire des données médicales inhérentes à la question de la maternité psychique.
Or il importe que se soit appliqués à la maternité les repères qui correspondent réellement à sa nature et à son état;la mère devant pouvoir recourir à cette compréhension et disposer ,pour cela,d'une réelle possibilité de défense juridique.

2- Les rapports d'ordre social et moral sont indicatifs et non justificatifs:


L'appréciation de la maternité selon des critères sociaux et moraux prévalents donne une idée fausse de ce qui est en cause: on y raisonne en effet à partir d'un modèle dont la valeur n'est reconnue que par une sorte de consensus social contraignant et au vu d'intérêt qui n'est pas forcément de lui de la mère ni même celui de son enfant. Que ces rapports émanant des professionnels des institutions sociales soient utiles n'est pas contestable ,mais ils ne peuvent à eux seuls être suffisants.

3- La mère en difficulté doit être examinée sur le plan maternologique:

L'examen,le diagnostic et l'évaluation pronostique doivent être établis selon des critères spécifiques du champ de la maternité psychique .
L'approche maternologique est alors recommandée en sachant qu'elle ne veut avoir qu'une valeur indicative.

4- la mère a le droit de ne pas relever d'un diagnostic et d'un soin psychiatriques:

Les difficultés maternelles entraînent souvent une composante dite dépressive et peuvent conduire parfois jusqu'à une déstructuration paraissant psychotique.
Ceci n'est pas une raison pour s'arrêter en chemin et bloquer la maternité, qui est un processus évolutif ds une catégorisation qui annulerait son sens et son métabolisme propres.
De plus, faut-il le rappeler, la dépression est une conséquence qui ne reconduit pas d'elle-même à sa cause.

En ce qui concerne les maternités survenant sur fond d'anomalies psychiques graves, anciennes et déjà chronicisées,il ne faut pas céder à l'envie de se servir de la maternité pour les guérir .
Par contre, le moment du transfert maternel peut constituer une opportunité pour des structures encore évolutives.


Recommandations:

1- Toute séparation d'enfant doit être considérée comme un traumatisme pour la mère

Le fait d'être mère est un droit humain. C'est aussi un besoin. Enlever un enfant à une mère est une atteinte grave à sa personne. Par conséquent, si la séparation est une nécessité dont la réalité clinique s'impose, elle doit être effectuée comme un acte médical et en tant qu'étape d'un processus thérapeutique par ailleurs engagé.
Agir autrement équivaut à signifier à une femme qu'elle a manqué à ses devoirs de mère. Elle réagira le plus souvent à ces violences traumatiques par un processus d'annulation tel qu'elle voudra revivre sa maternité volée en devenant à nouveau enceinte.

2- les décisions éclairées aujourd'hui sur le plan des risques apparents, sont aveugles pour demain sur le plan des risques réels:

Très souvent ce que l'on veut corriger, par une intervention mère-enfant décidée pour réagir à un problème ou à un danger immédiats, a toutes les chances de se reproduire et d'empirer par la suite.
Cependant l'effet iatrogène de ces interventions reste méconnu ds la mesure où on ne manque pas d'invoquer le comportement de la mère , qui a ainsi été aggravé ,pour justifier les actions antérieures .

Ds l'intérêt de la mère et de l'enfant, le secret n'est pas opposable entre les procédures juridiques, médicales et sociales.


3 ) Le juridique, le social et le médical sont à des niveaux différents, mais complémentaires de responsabilités.

Que l'une ou l'autre partie refuse de communiquer des dossiers ou des informations utiles à la prise en charge soignante relève de la non assistance à personne en danger.
4- toute maltraitance à enfant renvoie à une difficulté parentale prolongée, non diagnostiquée et non soignée:

Si la maltraitance et la négligence à l'égard de l'enfant requièrent souvent toute l'attention, elles ne doivent pas masquer qu'elles sont souvent les conséquences plus ou moins lointaines de difficultés parentales, notamment maternelles, laissées sans aide et sans soin.
Il n'est pas rare que des mères se soient d'ailleurs ouvertes de leur difficulté à un médecin, mais elles n'ont eu que des thérapeutiques médicamenteuses, lesquelles sont bien impuissantes à remplacer le soutien ou les soins psychologiques nécessaires.

5- toute intervention visant à pallier l'infertilité doit s'effectuer ds le cadre d'une référence à la maternité psychique:
La prise en compte de la nature psychique de la maternité doit intervenir ds l'évaluation des situations d'Infertilité et ds la mise en oeuvre des techniques biologiques ou des procédures d'adoption destinées à y remédier.
Il n'est pas acceptable que l'on puisse se limiter à l'aspect biologique ou à la seule pression exercée par les parents demandeurs.
"C'est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire" Nathalie Sarraute
Céder sur les mots , c'est céder sur les idées.

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