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un article sur la maternologie

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betty_blue
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un article sur la maternologie

Message par betty_blue » 25 juil. 2010, 18:00

lien : http://leligueur.citoyenparent.be/rubri ... -mere.html

Un lieu pour apprendre à devenir mère
Le corps de Catherine (1) est mince, sans traces de sa toute récente maternité. "Mes problèmes ont commencé dès la grossesse. J’étais affolée d’être tombée enceinte si vite après l’arrêt de la pilule. J’ai passé les trois derniers mois au lit, je n’avais ni appétit ni envie de sortir", confie la jeune femme. Elle souffre d’une difficulté maternelle sévère qui touche 10 à 15% des jeunes mamans, dont la plupart n’avaient jamais rencontré auparavant de troubles psychiques. "Il ne faut pas confondre cette difficulté et le très banalisé baby blues, un flottement émotionnel postnatal qui survient fréquemment après l’accouchement et disparaît après une semaine, prévient le Docteur Laurence Carlier, responsable du service de maternologie. Mais quand une tristesse ou une grande anxiété persistent, quand on a un sentiment d’étrangeté face au nouveau-né, quand des reflux ou des coliques sévères ou encore un sommeil anarchique du bébé rendent la vie familiale trop difficile, il faut s’en inquiéter".

Maternologie: un nouveau mot

Cette difficulté durable peut prendre diverses formes, notamment la dépression postnatale. Faute d’unités de soin spécifiques, on envoie parfois les femmes qui en souffrent dans des hôpitaux psychiatriques. Cela est arrivé à Catherine, après une tentative de suicide qu’elle a faite quelques jours après sa césarienne, dans la clinique où elle a accouché. "On m’a volé ma maternité. Je pouvais voir ma fille seulement une heure par jour, c’est mon mari qui s’occupait d’elle. Je croyais que j’allais devenir folle", assure-t-elle, reconnaissante envers son médecin généraliste de l’avoir dirigée vers le service de maternologie. Créée en 1987 par le pédopsychiatre Jean-Marie Delassus, cette structure, la seule en France à dispenser des soins autour de la maternité (2), dispose de quatre appartements et propose aussi des hospitalisations à la journée, ainsi que des consultations.

Dans la chambre de Catherine, une armoire, un lit et une table qui lui sert à la fois de bureau et de coiffeuse. Son bébé dort paisiblement dans la pièce à côté. Un peu plus loin dans le couloir, une cuisine et une salle à manger où les familles peuvent se retrouver. En cas de besoin, le père peut lui aussi faire l’objet d’un suivi. "Son soutien est très important. Or, souvent, la paternité, elle non plus, ne va pas de soi. Pour l’instant, pourtant, un service de paternologie n'existe pas", remarque le Docteur Carlier.

Dans son service, le personnel est très présent. Psychologues, pédopsychiatre, pédiatre, infirmières, puéricultrices… On a pu ainsi s’occuper du bébé de Catherine et permettre à cette jeune maman de rattraper des semaines sans sommeil. On diagnostique de façon très précise, notamment à l’aide des vidéos de l’allaitement, les problèmes spécifiques de chaque patiente. Tous les jours, chacune d’elles participe à une séance individuelle avec le psychologue. "Au cours de la thérapie, les stratégies de défense doivent disparaître. Pour rebondir, il faut que la personne, tout en étant encadrée, puisse s’effondrer", explique Véronique Boureau-Louvet, psychologue.

Cet effondrement renvoie, parfois de façon très douloureuse, vers l’enfance de la mère. "Pour devenir parent, on doit rejoindre notre propre enfance. Quand celle-ci n’a pas été facile, il faut traverser des couches traumatisantes pour retrouver l’émotion face au bébé et aussi, accepter qu’on n’a pas eu des parents parfaits", remarque la psychologue.Sa difficulté, Catherine se l’explique notamment par la recherche d’une nouvelle maison pendant la grossesse, la césarienne et la solitude éprouvée dans son enfance. "Mon papa était malade. Moi, je devais toujours rester gentille et ne pas rajouter de problèmes à maman", se souvient-elle.

Nouer un lien avec la mère: une deuxième naissance

L’enjeu de la thérapie, c’est la naissance psychique du bébé. "Elle se fait pendant les six ou neuf premiers mois de vie, explique le docteur Carlier. Au cours de cette période, l’enfant va pouvoir, à partir de l’éprouvé sécurisant de son corps propre, découvrir et nouer une relation avec l’autre et être en bonne accordance avec son environnement". Comme le remarque Véronique Boureau-Louvet, "cette naissance suppose une permanence affective qui va permettre au bébé de retrouver dans ce monde quelque chose qui corresponde à une homogénéité vitale éprouvée dans l’utérus, une permanence qui va lui permettre de se reconstruire après l’accouchement et d’intérioriser ses ressentis". Sinon, son malaise risque de se traduire par diverses maladies psychosomatiques. Dans le service, on a vu des bébés hurleurs et d’autres qui ne réclamaient jamais rien. Cela peut aller jusqu’au marasme, quand le nourrisson, malgré les soins, se laisse dépérir. "Une difficulté maternelle non soignée peut causer un risque de maltraitance, soit par manque de soins, soit par une atteinte au développement psycho-affectif, et qui peut créer des troubles du comportement chez les 3-4 ans", souligne Laurence Carlier.

L’hospitalisation dure en moyenne huit semaines. Mamans et bébés sont suivis après la sortie. "Notre taux de réussite est d’environ 90%. Sur vingt ans, les enfants soignés en maternologie présentent une évolution satisfaisante et égale à la moyenne", dit Véronique Boureau-Louvet. Catherine, elle, sort dans une semaine. Elle ne reprendra pas son travail tout de suite. "J’ai besoin de temps, après une telle expérience, il faut du temps pour se reconstruire…"



(1) Le prénom a été modifié.
(2) Elle a inspiré la création d’une unité de maternologie au sein de l’hôpital César de Paepe à Bruxelles.


Joanna Peiron

Source : Ligueur n° 1 - 09/01/08
"C'est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire" Nathalie Sarraute
Céder sur les mots , c'est céder sur les idées.

JULIETTE
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Re: un article sur la maternologie

Message par JULIETTE » 26 juil. 2010, 19:18

Merci Betty pour cet article , :)

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