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J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Petit Feu
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J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par Petit Feu » 10 juil. 2016, 15:42

Bonjour à toutes/ tous,

Je suis maman d'un petit garçon de 5 mois.
J'ai toujours su que je serai mère, et par ailleurs, j'ai toujours décrété que JAMAIS je ne me marierai, si bien que pendant toute mon adolescence, je pensais devenir mère en adoptant des enfants venus d'autres horizons.
Finalement, j'ai rencontré « mon » homme, il y a maintenant 10 ans. Avec lui, j'ai avancé, j'ai grandi, je me suis construite… Il m'a tant et si bien montré qu'il m'aimait que nous nous sommes mariés voilà maintenant 6 ans. Quelques jours après sa demande en mariage, je me suis rendue chez mon médecin, je ne pouvais m'arrêter de pleurer… 10 mois pour préparer le mariage, et tout autant d'accompagnement psy et chimique. J'ai (quand même!) fini par accepter au moins un petit peu que quelqu'un puisse m'aimer à ce point.

Fonder une famille coulait de source pour nous deux, et finalement, je ne me suis plus posée la question : viscéralement, je voulais porter les enfants qui seraient les nôtres.
Nous avons attendu 4 ans 1/2 avant d'avoir enfin un résultat d'analyses positif.
J'ai freiné des quatre fers pendant 4 ans pour ne pas passer par l'assistance médicale à la procréation : nous étions en bonne santé tous les deux, « infertilité inexpliquée », telle était notre étiquette.
Mais j'avais grande confiance en Dame Nature, je voulais que tout cela se passe au naturel.
Mon mari sombrant à son tour, j'ai fini par « accepter » la PMA. Après la première injection de stimulation ovarienne, je lui ai dit : «  je ne ferai pas ça sur plusieurs cycles. J'ai beaucoup de force, mais ça, j'en serai incapable. Donc il faut que ça marche maintenant ou maintenant ! ».
Etant phobique de la médicalisation, évidemment, ça a été très compliqué à vivre pour moi. Une traversée du désert, et un personnel médical, bien que compétent et très aimable, absolument pas formé/sensibilisé (je ne sais quel mot choisir) à cette problématique de la phobie.

Le premier essai a été le seul, et une grande réussite.
Notre fils est né il y a 5 mois et 5 jours, en pleine santé.

La grossesse s'est bien déroulée (j'étais heureuuuuuuuuuuuuuuse!), jusqu'à ce que le médical s'en mêle lors de la consultation du 7è mois.
J'ai été hospitalisée 5 jours pour col court et contractions que je ne sentais pas. On m'a finalement dit que j'avais un utérus contractile mais que les contractions ne jouaient pas sur le col (j'avais envie de leur dire « mais je vous le dis depuis le début que tout va bien !! personne ne m'écoute là dedans ! » mais je n'avais déjà plus cette capacité là, j'étais déjà en 1000 morceaux.)… et puis on m'a renvoyée chez moi, en me disant de rester couchée jusqu'aux 37 SA. (j'éprouve encore une grande colère par rapport à tout ça… ça vaudra un prochain chapitre)
Mon petit bout est finalement resté 6 jours après terme in utero. L'accouchement a été déclenché, contre mon gré. Mais finalement, comme mon cerveau avait déjà décroché à ce moment là, je n'ai pas moufté. J'ai simplement pleuré, et tenté de garder le cap, de ne pas m'effondrer complètement : j'avais du boulot, mon fils allait naître ce jour !
Je dissociais constamment (mais je ne l'ai compris que bien plus tard) depuis le 8è mois … L'instinct avait pris le relais, heureusement pour moi, puis pour lui, et pour nous en fait.
Bref, encore un autre chapitre.

Si je suis ici aujourd'hui, c'est parce que 5 mois plus tard, (et malgré une reprise des suivis avec des professionnels très rapidement après l'accouchement) je ne relève pas le nez de l'eau, et que je n'en peux plus.
J'ai donc cherché sur le net, j'ai découvert votre site, j'ai lu les info, et puis un témoignage qui aurait pu être le mien. J'ai beaucoup pleuré (évidemment…), et puis finalement, me voilà.
Parce que j'ai envie de vivre cette vie avec mon fils et mon mari, que je n'ai plus envie de me sentir seule au monde, et que je tâche de m'accrocher aux branches solides que j'aperçois… en attendant d'avoir pleine confiance en mes racines, tenir mon tronc droit, puis développer à mon tour de belles branches et un feuillage dense, brillant… Le top du top, ce serait même de devenir un arbre Fruitier…

Alors me voilà. Bonjour à toutes et tous :hello:

Sandie
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Re: J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par Sandie » 10 juil. 2016, 17:31

bonjour Petit feu,

quel bel écrit et merci pour ta confiance.
tu as chez toi ici, chez toi pour parler de ce qui te questionne, tu seras écoutée et j'espère que nous t'apporterons le soutien dont tu as tant besoin.
Que d'évènements vécus et beaucoup de lucidité de ta part !
Le chemin que tu as parcouru a été semé d'embûches (c'est peu de le dire !) et aujourd'hui toute cette souffrance ressurgit car tu n'arrives pas à installer la relation de bonheur que tu aimerais avec ton enfant, tu voudrais croquer à pleines dents ton rôle de maman mais voilà tu n'en peux plus d'attendre patiemment !
Dans ton écrit tu reviens sur tes rêves d'enfant et c'est très révélateur...qui es tu toi là dedans ? qui es tu devenue ? il y a tant de différences entre ce que nous étions, ce que nous sommes devenus, ce que nous aimerions être et comment nous nous percevons ...tu as vécu ce que tu ressens comme d'immenses déceptions et après chacunes d'entre elles as tu pris le temps de respirer, de te reposer ?
Je lis que tu es suivie. Trouves tu du réconfort et des réponses dans ce suivi ?
ton conjoint, ta famille, tes amies sont ils là pour toi pendant ces moments difficiles ?
je pense bien à toi,
à très bientôt,
Sandie.

Petit Feu
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Re: J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par Petit Feu » 10 juil. 2016, 23:46

bonsoir Sandie,

merci de ta réponse. :)
J'essaie oui, d'être lucide (sur les temps sans dissociation :-/ ). Je sais maintenant la manière dont je fonctionne, et j'ai ressenti rapidement que quelque chose clochait après mon mois alitée pendant la grossesse. Je sais aussi que j'ai besoin de comprendre, mettre des mots sur les ressentis/phénomènes que je traverse pour pouvoir les dépasser. Alors j'ai très vite parlé à ma sage-femme d'abord pendant les séances de prépa à l'accouchement. Elle ne s'est pas affolée ni inquiété plus que ça, rien n'était réellement affolant, puisqu'en fait, je tenais toujours debout, malgré la dissociation, mes propos et conduites étaient sensés, et la fin de grossesse est toujours "chargée" (dans tous les sens du terme :cote: ).
De la même manière, étant en souffrance profonde, je me suis confiée à mon mari. Je me souviens lui avoir parlé après avoir pleuré à chaudes larmes sous la douche: " Je n'ai pas osé t'en parler avant pour ne pas t'inquiéter, mais j'ai l'impression de devenir folle.". Mon mari fait toujours en sorte d'adoucir mes souffrances, de ne pas me montrer ni me faire sentir son inquiétude. Il n'a pas failli à ce moment là non plus, et s'est vu rassurant. Et encore une fois, j'étais toujours debout, je ne pouvais pas être si mal que je le disais?
J'ai finalement laissé couler sur le dernier mois de grossesse, me disant que tout allait rentrer dans l'ordre après l'accouchement. Essayant d'avoir confiance dans les propos de mes proches. Pensant que la peur me grillait le cerveau et qu'il fallait que je lâche prise.
Après l'accouchement, rien ne s'est remis à l'endroit... C'était encore pire, avec en plus la fatigue de l'accouchement, les vagues hormonales, et surtout, surtout, la culpabilité que cela fasse souffrir mon fils.
Je débranchais constamment, sauf quand il s'agissait de prendre soin de lui, affectivement parlant. Je lui ai toujours expliqué que ce mal-être n'était en aucun cas de sa faute, et que jamais je ne lui laisserai ni penser ni porter.
C'est encore le cas actuellement, lors des moments difficiles, quand les larmes débordent, je replace toujours les choses dans leur contexte: il est mon soleil.
Dans ton écrit tu reviens sur tes rêves d'enfant et c'est très révélateur...qui es tu toi là dedans ? qui es tu devenue ? il y a tant de différences entre ce que nous étions, ce que nous sommes devenus, ce que nous aimerions être et comment nous nous percevons ...tu as vécu ce que tu ressens comme d'immenses déceptions et après chacunes d'entre elles as tu pris le temps de respirer, de te reposer ?
Je lis que tu es suivie. Trouves tu du réconfort et des réponses dans ce suivi ?
ton conjoint, ta famille, tes amies sont ils là pour toi pendant ces moments difficiles ?
Mes rêves d'enfant... :pascontent2: Je n'en ai pas eu beaucoup, ni de rêves, ni d'enfance :rouge:
Pour autant, depuis la naissance de mon Choo, j'ai un grand besoin de retour à mes sources de bien-être. Et je m'efforce de trouver un peu de temps par ci par là pour m'y consacrer.

Le repos est très difficile. Après l'accouchement, mes endormissements nocturnes et diurnes étaient chargés de cris et de pleurs. Je me réveillais d'un bond, pensant que mon fils hurlait. Mais non. J'évacuais certainement un traumatisme. (j'ai été suturée, périnée complet, ça a été une torture. Phobique, toujours...)
Je dormais tout de même la nuit, comme un plomb, mais impossible de fermer l'oeil le jour. C'est toujours le cas.
J'essaie par ailleurs de trouver des moments de repos calme, même si je ne dors pas. Je lis à nouveau (waouh!), et j'ai téléchargé une application de méditations guidées. Je les fais avec mon fils, qui lui, s'endort dans les 3 premières minutes :ange:
Ca reste tout de même difficile de rester en place, je l'avoue. Ces moments là finissent avec des larmes.

Pour le suivi, je vois une psychologue 2 fois par mois, qui me suivait déjà auparavant,
j'ai reçu une séance de Psycho bio acupressure, pratique qui m'a aidé a traverser l'infertilité, et un certain nombre de deuils, couplé à l'EFT,
et je rencontre une fois par mois une psycho-énergéticienne avec laquelle je travaille sur la psycho-généalogie.
Tout cela m'apporte du positif oui. Le fait de consulter, d'être en capacité de demander de l'aide déjà, me rassure et me rappelle qu'il me reste de la force, au plus profond, pour franchir les obstacles et me remettre en selle.
Le travail avec la psycho-énergéticienne m'a permis de me livrer à mon mari sur des expériences douloureuses du passé, et également de quitter mon travail dans lequel je ne me retrouvais plus.
Il y a encore du boulot malgré tout.

Pour ce qui est du soutien. Oui, j'en ai. Mon mari est toujours là. Mais il est vrai que je ne lui dis pas tous mes ressentis, pour le protéger. Je sais qu'il s'inquiète, et peut être aussi commence-t-il à fatiguer de voir sa femme quasi constamment en vrac, à chouiner tous les jours, toujours en questionnement... même si il m'assure que non (*culpabilité*)
Pour ce qui est des amies... encore une fois, je ne dis pas tout. Parce que là aussi, les propos sont maladroits. et dans leurs mots, j'entends bien qu'elles n'ont pas connu ce que j'ai traversé ces dernières années, ni ce que je traverse actuellement. Alors je passe des moments sympathiques quand on se voit, mais les difficultés, je n'en parle pas.
Ma soeur est ma meilleure amie, et à elle, je peux tout dire. :coeur:

J'ai aussi très honnêtement, appris à ne pas trop parler aux unes et aux autres, simplement pour ne pas trop en entendre en retour. Après la naissance du petit, et jusqu'à récemment, un rien pouvait remettre en cause mon maternage (très instinctif, et maintenant je le sais: efficace et adapté aux besoins de mon enfant ET aux miens), me plongeant dans une détresse folle pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que j'arrive à me recentrer et reprenne confiance. Mon fils m'a beaucoup aidé pour ça d'ailleurs: son regard, ses sourires, ses rires...
Du coup... pour ne pas être troublée plus que je ne l'étais déjà, je gardais et garde encore le silence.
Je n'ai plus envie d'entendre qu'"il faudrait que"... ou "as-tu essayé de"... à tout va. La dissociation est un phénomène qui n'est pas facilement explicable, et je ne veux pas être étiquetée ni "bargeot" ni "fragile"...

C'est compliqué finalement. ( de se sentir entourée, mais en même temps seule au monde)
Modifié en dernier par Petit Feu le 28 juil. 2016, 00:11, modifié 1 fois.

Sandie
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Re: J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par Sandie » 11 juil. 2016, 13:06

La maternité fait ressortir tellement de choses en nous. Des traumatismes vécus, des pertes, des souffrances passées, des désirs d'enfant ignorés. Tout ce que nous avons enfouis bien profondément en menant notre vie d'adulte. Et puis un jour tout revient, nous sommes, grâce à la maternité, face à nos propres terreurs et ce bébé, dans son regard nous pousse à nous soigner, à nous confronter à cette réalité si difficile. Si dure que la de réalisation et la dépersonnalisation sont les seuls mécanismes de défense que notre cerveau a à sa disposition. Nombreuses sont ces mamans qui ont vécus ces troubles psychiques. Moi aussi dans la dépersonnalisation. Mais je sais aujourd'hui qu'il s'agissait de me maintenir à flot pour ne pas sombrer dans la folie.
Tu n'es pas seule. Saches le. Mais je comprends tellement à quel point on peut ressentir un sentiment profond de solitude tout en étant entourée...c'est une sensation de vide qui fait peur et à laquelle nous ne sommes pas préparés dans notre éducation.
Il serait nécessaire de toujours faire, comprendre, avancer, évoluer. Cependant, il est parfois temps de lâcher les armes,se laisser aller pour mieux se relever. Et en cela la méditation que tu as commencée à pratiquer va t'aider à accueillir toutes tes émotions. N'oublies pas de respirer, respirer vraiment, en avoir conscience. Tu possèdes dans ton corps, ton âme et ton esprit toutes les ressources pour être toi. Cette métamorphose ne se fera pas sans douleur mais un jour viendra où tu te sentiras comme un bel arbre. Celui dont tu rêves. ?.. :coeur:

Petit Feu
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Re: J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par Petit Feu » 11 juil. 2016, 14:20

merci , tes mots me vont droit au coeur :]

J'ai quelques questions:
Qu'est ce que la dépersonnalisation? comment ça se caractérise, qu'est ce qui en découle?

Avez vous des conseils pour m'aider à mieux vivre les "états de crise" (pour leur donner un nom, même si je n'aime pas trop celui ci - ceux qui donnent envie de s'échapper)?

J'essaye toujours de comprendre quel a été l'élément déclencheur pour chacun de mes décrochages. Et ce, afin de pouvoir me donner du courage et trouver des clés pour mieux vivre lorsqu'une situation similaire se reproduit. (par exemple, chaque séance de rééducation périnéale est suivie d'une "crise" de plusieurs jours)
J'avais auparavant une hygiène de vie assez zen finalement (je pratiquais le qi gong plusieurs fois par semaine, en cours et toute seule; je faisais de la cohérence cardiaque; et la pleine conscience prenait une grande place dans ma vie), mais je n'arrive plus à me consacrer à tout cela, ça me parait à nouveau compliqué et inaccessible. Surement une défense de l'esprit pour ne pas se retrouver face à soi... :rouge:
Comment as tu/avez-vous réussi à sortir de la "zone rouge"?

merci beaucoup

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petitnouguat
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Re: J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par petitnouguat » 11 juil. 2016, 16:12

Bonjour Petit Feu,

Bienvenue parmi nous.
Et non, tu n'est pas seule au monde, bien au contraire ! Nous sommes nombreuses à nous accrocher au branches, au moins quelques temps avant d'atteindre la cime. Un parcours difficile pour avoir un enfant c'est un poids sur les épaules à supporter.

Tu m'a l'air bien lucide et à l'écoute de toi-même. C'est très positif !
Tout ce que tu peux mettre en place pour apprendre à te relaxer, à lâcher prise, à digérer ton vécu te sera bénéfique. PSY, sophrologie, méditation, cohérence cardiaque, massages... même ce qui n'a pas fonctionné un jour vaut le coup d'être retenté plus tard car chaque jour tu n'es plus celle d'hier. Tu évolue sans cesse dans ta maternité.

Ton mari est ton soutien, et ton fils ton soleil ! Puise dans ces bonheurs de la vie à chaque instant la force d'avancer dans ta métamorphose. Tu es sur la bonne voie !
Grâce à toi, je suis moi :coeur:

Petit Feu
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Re: J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par Petit Feu » 12 juil. 2016, 15:07

Merci beaucoup Petit nougat :)

Aujourd'hui est un jour sans.
Nous avons passé une très mauvaise nuit, la fatigue n'aide pas.

Mais zen soyons zen... :merci:

weshallovercome
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Re: J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par weshallovercome » 12 juil. 2016, 16:06

Bienvenue, Petit Feu :) juste un mot pour te dire que je suis plutôt confiante à ton sujet car tu as su aller chercher du soutien et des outils de nature à te sortir de cette souffrance intense. Donc persiste, ça va venir.
Quelques débats sur la dépersonnalisation et la déréalisation, si ça peut te faire du bien de creuser ces notions :
http://www.maman-blues.fr/forum/viewtop ... ion#p91857
http://www.maman-blues.fr/forum/viewtop ... ion#p92193
http://www.maman-blues.fr/forum/viewtop ... start=2150
"une maman qui te ressemblerait" William Sheller

bbdamour1989
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Re: J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par bbdamour1989 » 12 juil. 2016, 22:27

Bonsoir petit feu
Bienvenue parmis nous
Tu es effectivement lucide de ton mal être
Ton témoignage est touchant.
Qu appelles tu des moments de dissociation ?? Tu perds le fil de la réalité ou est ce une impression ??
Car si c est une impression d être dans un rêve que nos sens nos sentiments sont altérés ça s appelle la déréalisation c est une réaction au stresse le cerveau se met en pause car ça surchauffe la haut !
Je crois que quelqu'un en a parlé je crois que c est Sandie
Tu sais je l ai vécu la déréalisation c est désagréable j avais l impression de rêver d être moi sans être moi dz faire les choses sans les faire ..
Je ne sais pas si ça te parle ??
J ai lu que tu avais un passe difficile ça a dut jouer beaucoup à ton mal être .
Ici tu es au bon endroit pour vider ton sac n ai pas peur des mots que tu pourrais employer
Je te souhaite du courage
j ai été stupide de penser que je ne pourrais pas l aimer car avec le temps il est devenu irremplacable a mon coeur Stahn
Thomas mon bébé pansement de la maternité pourtant un BABI
Hugo Une fin de grossesse difficile moralement fini en déclenchement

Petit Feu
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Re: J'm'accroche. Résilience, quand tu nous tiens...

Message par Petit Feu » 12 juil. 2016, 23:09

Merci beaucoup weshallovercome :cote:

Bbdamour, merci de ton message.
Alors, du coup je suis allée jeter un oeil sur ce qu'est la déréalisation. J'ai lu que c'était un symptome de la dissociation.. la dissociation engloberait plusieurs choses si j'ai bien compris, dont la déréalisation et dépersonification. C'est ça? :gene2:
Donc à ce jour, je traverse des états de déréalisation, en effet. A côté de mes pompes, en pilote automatique, avec une vision floue. Je vois et communique avec des humains, mais j'ai l'impression que tout est virtuel en quelque sorte.
Et quand mon cerveau se reconnecte, je regarde mon fils, et je me dis que c'est impossible que j'ai pu porter et faire naitre un être aussi magnifique :(

Par contre, auparavant, c'était autre chose que de la déréalisation... J'étais dans un état similaire, bien que pire, avec des troubles de l'attention, de la mémoire, et... accessoirement... je ne ressentais plus la faim. Je me forçais à manger parce que j'arrivais toujours au bord du malaise. J'ai ainsi perdu 3 bon kilos en fin de grossesse, et tout mon poids de grossesse direct après l'accouchement.
Ma mère me disait "ah ben t'as de la chance hein!", avec de la jalousie dans la voix. Un jour, je lui ai demandé si elle pensait vraiment que c'était de la chance, de ne rien ressentir dans mon corps et de me forcer à manger pour tenir debout, alors que ça me collait envie de vomir. :rougefaché:
La faim est l'exemple le plus concret du fait que je ne ressentais plus mon corps... mais je ne savais plus non plus quand j'avais besoin de dormir, et soit je ne sentais plus du tout mon enveloppe corporelle, soit c'était une torture tellement ma peau devenait sensible. Mon mari ne pouvait pas me toucher. D'ailleurs, ce n'était plus mon corps, enfin, c'était ce que j'en pensais.
J'ai pris l'habitude de nommer chaque partie de mon corps quand je me lave... Ca m'a permis de reprendre contact avec ce "truc" dont j'avais complètement perdu le contrôle, et aussi de rester dans le présent, le concret.

Maintenant, je crois que oui, c'est de la déréalisation...
Et c'est vrai que quand j'arrive à me détendre, eh bien j'y vois clair.

J'aimerais vous raconter mon accouchement, mais je n'ai pas encore trouvé le courage de l'écrire. Je me suis retrouvée dans celui de Ciloup, "voyage dans les limbes". (D'ailleurs j'aimerais la remercier, parce que je pense que grâce à son écrit, j'ai de nouvelles pièces pour reconstituer mon puzzle.)
J'espère trouver la force de l'écrire très bientot, je sais que ça va me faire du bien, comme toujours quand j'écris.

En attendant, je fais chaque jour 10 minutes de méditation guidée avec mon fils :merci: :coeur:

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