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Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

guérir
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Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par guérir » 19 mars 2018, 21:35

Bonsoir Estéban,
Connaissez-vous l'haptonomie ? C'est une façon très respectueuse d'aborder la naissance. Peut-être sera-t-elle sensible à cette approche ?
http://www.haptonomie.org/fr/
Je t'envoie un article en MP.

Esteban
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Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par Esteban » 20 mars 2018, 21:25

guérir a écrit :Bonsoir Estéban,
Connaissez-vous l'haptonomie ? C'est une façon très respectueuse d'aborder la naissance. Peut-être sera-t-elle sensible à cette approche ?
http://www.haptonomie.org/fr/
Je t'envoie un article en MP.
Merci pour l'article.
Oui je connais l'haptonomie, j'en rêve :)
Mais il est bien trop tôt à mon avis dans le cheminement de ma compagne pour commencer. C'est déjà le parcours du combattant pour lui toucher le ventre et parler du bébé...
Je poserais tout de même la question à la sage-femme, car je ne sais pas si des cours existe dans le coin.

C'est dommage, elle me dit que ça va, qu'elle accepte, qu'elle veut entendre ce que j'ai dire ou ce que j'ai déniché comme info sur lui, mais dès que je commence elle se ferme. Je préférerais qu'elle ose me dire que ça n'est pas encore le moment.

Bonne soirée.

hirondelle
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Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par hirondelle » 20 mars 2018, 22:10

oui parle en assez vite, même si cela ne doit pas se faire car les prises en charge se font tôt dans la grossesse et les places sont chères.
On ne sait jamais! et tu n'auras pas le regret de ne pas en avoir parlé...
Toutes ces pierres sur lesquelles on se hisse … Et qui font de nous un édifice
On a tous au fond du mental ...Toutes ces choses fondamentales
Qui nous poussent et qui nous font pousser
Cachées là au fond du mental ...Ce sont les choses fondamentales

Esteban
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Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par Esteban » 26 mars 2018, 20:35

Bonjour,

Il m'a fallut quelques jours pour refaire surface. J'ai appris que ma femme avait eu des rapports sexuels avec son amant pendant leur relation. Elle lui a fait des choses qu'elle a du mal à me faire et de plus ils ne ce sont pas protégés. J'ai eu la sensation d'apprendre le pire, cela m'a encore plus anéanti que lorsque j'ai appris qu'elle me trompait. J'ai passé plusieurs jours dans la fureur. Je l'ai insulté, menacé de la quitter, humilié. J'ai cru que j'allais devenir fou, je ne voulais plus de l'enfant. J'ai complètement perdu la tête de colère. J'étais dans une douleur insoutenable.
Bien sûr je le savais qu'ils avait couché ensemble même si elle me jurait que non. Mais là c'était réel. Et pourquoi est-elle si prude avec moi et si débridée avec lui, moi qui la désire et m'applique à lui faire du bien. Elle m'a dit s'être ennuyée au lit avec lui. Je me raccroche à cela, même si je n'y crois pas trop... L'égo d'un mec, c'est parfois ridicule...

Vu comme ça ça peut paraître un peu banale comme situation. Mais pour nous c'est une des clé à mon sens. J'ai beaucoup réfléchi et travaillé avec ma psy. Je me suis apaisé et excusé. Je ne comprenais pas pourquoi je faisais une fixette sur le fait qu'ils ne ce soient pas protégés. J'étais scandalisé que mon pauvre petit est vécu la pénétration et l'éjaculation de cet homme (oui je sais qu'il n'y a pas de connexion entre le vagin et le fœtus :) ). J'avais enfoui le fait d'avoir un enfant issu d'un don. Ça coulait de source depuis des années que si j'étais père ce serait grâce à cela. J'étais sûr d'avoir digéré ce paramètre.

C'était très clair pour ma compagne aussi. On a été vu par plusieurs professionnels pour avoir accès aux paillettes, on en a tellement parlé entre nous, elle était elle aussi convaincue de bien vivre ce don. Je lui ai fait par de mes réflexions : peut-être avait elle besoin d'être "fécondée" par un homme pour se sentir enceinte. Car là, cette FIV, c'est un peu l'immaculée conception... Comme j'étais plus calme, nous avons pu rétablir le dialogue. Le lendemain en pleurs elle s'est mise à me parler du donneur (donneur anonyme je précise). Et si il était laid, si l'enfant ne lui ressemblait pas à elle. Elle craint de voir le visage de cet homme dans celui du petit. Et si notre enfant vivait mal de ne pas être de moi plus tard, s'il partait à la recherche de son père biologique. Elle a peur que nous mettions au monde un enfant qui souffre, que dès sa naissance on lui ait accroché un boulet à la cheville avec ses origines.

Je me suis dit, ouahou ! Nous avançons, des réflexions très intéressantes émergent de là dessous. Finalement tout est assez logique bien que douloureux.

Elle est épuisée et a besoin de temps pour avancer. Elle m'a demandé plus de temps seule pour pouvoir réfléchir à la situation. Je sors pour lui fiche la paix dès que je peux. Nous parlons pas mal, c'est vraiment très positif. Bien sûr elle ne va pas bien, mais je suis enfin apte à l'épauler.

Le rendez-vous avec la sage-femme s'est finalement transformée en une sorte de médiation conjugale. Notre gynéco nous a rejoint pendant la consultation. Je me suis senti malmené et étranger au milieu de ses trois femmes. Après réflexion, j'ai compris... Mais qu'est-ce que je fais toujours là, collé à ma compagne. Je ne la laisse pas du tout respirer. Durant la PMA, on demande au futur père d'être systématiquement là pour chaque étape et chaque rendez-vous, sans cela, pas de PMA. J'en suis venu à vivre toute cette procédure de trop près et de manière trop investie, comme si c'était mon corps à moi aussi. Durant cette consultation je me suis vraiment senti remis à ma place d'homme, la maternité est avant tout une affaire de femme (pas d'intention machiste là dedans). Je ne suis que le compagnon de cette femme. Elle a besoin de cette intimité avec ses pairs. J'ai pris la décision de ne l'accompagner qu'aux échographies. Bien sûr je suis là pour faire le chauffeur si besoin.

J'ai retrouvé la patience. Je peux enfin supporter ses pleurs, ses doutes et ses peurs. Pour la première fois depuis le début de ses péripéties, j'ai pu travailler sans ressasser ces ébats. J'espère rester dans ces bonnes dispositions sans rechuter. Je me sens utile auprès d'elle et ça me porte. Elle exprime que la situation est difficile et qu'elle a peur de ne pas s'en sortir. Je suis confiant, ça va être long et demander du travail, mais les choses prennent du sens et cela permet de les accepter.

Bonne soirée :)
Modifié en dernier par Esteban le 27 mars 2018, 09:34, modifié 5 fois.

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Adelie
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Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par Adelie » 26 mars 2018, 21:46

Bonsoir Esteban,
J'ai suivi tes messages derrière l'écran je te réponds ce soir pour dire : respect :amen:
Que d'énergie, d'intelligence, d'effort, de travail dans tes mots... je suis singulièrement impressionnée.

Tu sais, les ressemblance avec les enfants sont mystérieuses. Je connais un jeune adulte, adopté à 5 ans qui est le portrait craché de son père adoptif. La ressemblance vient aussi du mimétisme, de la proximité et ça n'est pas la génétique qui fait tout, loin de là... la posture, les gestes, le regard font beaucoup...

Toutes mes pensées pour ce soir...
Adélie, une mère, maintenant en paix, de deux garçons nés en 2003 et 2007

guérir
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Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par guérir » 26 mars 2018, 23:25

Esteban a écrit :Bonjour,

Il m'a fallut quelques jours pour refaire surface. J'ai appris que ma femme avait eu des rapports sexuels avec son amant pendant leur relation. Elle lui a fait des choses qu'elle a du mal à me faire et de plus ils ne ce sont pas protégés. J'ai eu la sensation d'apprendre le pire, cela m'a encore plus anéanti que lorsque j'ai appris qu'elle me trompait. J'ai passé plusieurs jours dans la fureur. Je l'ai insulté, menacé de la quitter, humilié. J'ai cru que j'allais devenir fou, je ne voulais plus de l'enfant. J'ai complètement perdu la tête de colère. J'étais dans une douleur insoutenable.
Bien sûr je le savais qu'ils avait couché ensemble même si elle me jurait que non. Mais là c'était réel. Et pourquoi est-elle si prude avec moi et si débridée avec lui, moi qui la désire et m'applique à lui faire du bien. Elle m'a dit s'être ennuyée au lit avec lui. Je me raccroche à cela, même si je n'y crois pas trop... L'égo d'un mec, c'est parfois ridicule...

Vu comme ça ça peut paraître un peu banale comme situation. Mais pour nous c'est une des clé à mon sens. J'ai beaucoup réfléchi et travaillé avec ma psy. Je me suis apaisé et excusé. Je ne comprenais pas pourquoi je faisais une fixette sur le fait qu'ils ne ce soient pas protégés. J'étais scandalisé que mon pauvre petit est vécu la pénétration et l'éjaculation de cet homme (oui je sais qu'il n'y a pas de connexion entre le vagin et le fœtus :) ). J'avais enfoui le fait d'avoir un enfant issu d'un don. Ça coulait de source depuis des années que si j'étais père ce serait grâce à cela. J'étais sûr d'avoir digéré ce paramètre.

C'était très clair pour ma compagne aussi. On a été vu par plusieurs professionnels pour avoir accès au paillettes, on en a tellement parlé entre nous, elle était elle aussi convaincue de bien vivre ce don. Je lui ai fait par de mes réflexions : peut-être avait elle besoin d'être "fécondée" par un homme pour se sentir enceinte. Car là, cette FIV, c'est un peu l'immaculée conception... Comme j'étais plus calme, nous avons pu rétablir le dialogue. Le lendemain en pleurs elle s'est mise à me parler du donneur (donneur anonyme je précise). Et si il était laid, si l'enfant ne lui ressemblait pas à elle. Elle craint de voir le visage de cet homme dans celui du petit. Et si notre enfant vivait mal de ne pas être de moi plus tard, s'il partait à la recherche de son père biologique. Elle a peur que nous mettions au monde un enfant qui souffre, que dès sa naissance on lui ait accroché un boulet à la cheville avec ses origines.

Je me suis dit, ouahou ! Nous avançons, des réflexions très intéressantes émergent de là dessous. Finalement tout est assez logique bien que douloureux.

Elle est épuisée et a besoin de temps pour avancer. Elle m'a demandé plus de temps seule pour pouvoir réfléchir à la situation. Je sors pour lui fiche la paix dès que je peux. Nous parlons pas mal, c'est vraiment très positif. Bien sûr elle ne va pas bien, mais je suis enfin apte l'épauler.

Le rendez-vous avec la sage-femme s'est finalement transformée en une sorte de médiation conjugale. Notre gynéco nous a rejoint pendant la consultation. Je me suis senti malmené et étranger au milieu de ses trois femmes. Après réflexion, j'ai compris... Mais qu'est-ce que je fais toujours là, collé à ma compagne. Je ne la laisse pas du tout respirer. Durant la PMA, on demande au futur père d'être systématiquement là pour chaque étape et chaque rendez-vous, sans cela, pas de PMA. J'en suis venu à vivre toute cette procédure de trop près et de manière trop investie, comme si c'était mon corps à moi aussi. Durant cette consultation je me suis vraiment senti remis à ma place d'homme, la maternité est avant tout une affaire de femme (pas d'intention machiste là dedans). Je ne suis que le compagnon de cette femme. Elle a besoin de cette intimité avec ses pairs. J'ai pris la décision de ne l'accompagner qu'aux échographies. Bien sûr je suis là pour faire le chauffeur si besoin.

J'ai retrouvé la patience. Je peux enfin supporter ses pleurs, ses doutes et ses peurs. Pour la première fois depuis le début de ses péripéties, j'ai pu travailler sans ressasser ces ébats. J'espère rester dans ces bonnes dispositions sans rechuter. Je me sens utile auprès d'elle et ça me porte. Elle exprime que la situation est difficile et qu'elle a peur de ne pas s'en sortir. Je suis confiant, ça va être long et demander du travail, mais les choses prennent du sens et cela permet de les accepter.

Bonne soirée :)
:coeur: Je n'ajouterai rien au message d'Adélie.

Esteban
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Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par Esteban » 28 mars 2018, 12:49

Merci pour vos messages et merci de me lire :)

gama67
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Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par gama67 » 09 avr. 2018, 20:01

Bravo pour prendre le temps de comprendre et d'accompagner votre mieux être :merci:

Esteban
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Enregistré le : 28 févr. 2018, 11:34

Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par Esteban » 13 mai 2018, 13:24

Bonjour,

Je trouve enfin un moment pour donner des nouvelles. Je n'ai pas eu une minute à moi tout seul depuis mon dernier message.

Ma compagne est entrée dans une nouvelle phase. Il y a eu une rupture dans son état au 1er avril. Nous sommes allé visiter ses parents et avons passé quelques jours loin de la maison et de notre quotidien. Comme ce sont des couches tôt / lèves tard, nous avons passé beaucoup de temps dans notre chambre à discuter, à nous retrouver et à découvrir son ventre et notre bébé. C'est là bas que nous l'avons senti bouger pour la première fois. Elle a souhaité avorter jusqu'à cette période. Elle s'est renseigné pour l'IVG à l'étranger et a pris contact avec le planning le plus proche, qui l'a renvoyé vers un autre planning plus apte à l'accompagner sur l'étranger. Heureusement, personne n'a décroché à l'autre bout. Et le délai légal a passé...
Elle me dit que c'est là qu'elle a refait surface.

Elle a vécu ces 4 premiers mois de grossesse à coté d'elle même. Loin de ses valeurs, ses comportements, sa personnalité. Ce n'était plus elle, je l'ai vu. Incapable de gérer cette annonce de grossesse, elle a débranché. Et cette homme a croisé sa route. Il l'a inondé de paroles, "fais ça, touche moi là, dis moi que tu m'aimes. On va se marier, je vais reconnaître ton enfant, on va vivre ensemble, on a tout en commun. N'écoute pas ton mec, il ne t'aime pas comme je t'aime, reste avec moi.".
C'était un légume, il aurait pu faire n'importe quoi d'elle, d'ailleurs il l'a fait. Elle me dit se sentir salit, objet de porno, humiliée.
J'ai vraiment du mal a comprendre le plaisir qu'on peut ressentir à vivre une passion de trois semaines avec une femme déprimée qui ne dit non à rien. En tant qu'homme je suis profondément choqué. Qu'un homme puisse se permettre de voler la vie d'un autre, non mais reconnaître mon enfant !? Et abuser de la détresse d'une femme. Non mais coucher avec un corps mort ! Il n'a même pas cherché à lui faire du bien à elle ! Bon tant mieux pour mon égo...

Je n'en veux plus du tout à ma compagne de ce qui s'est passé. Les répercutions sur notre couple sont inexistantes. Mon seul dernier blocage était pour les relations intimes, mais aujourd'hui j'ai retrouvé confiance en moi dans ma capacité à lui faire du bien et à la séduire. Bon maintenant c'est un peu bébé qui gêne :)

Aujourd'hui elle a réintégré son esprit. Et elle a pris conscience de tout ce qui s'est passé. C'est insoutenable pour elle. M'avoir fait souffrir, m'avoir rejeté, avoir remit en question notre couple, elle s'en fait le reproche tous les jours.
Elle vit dans la peur panique de le croiser, ou qu'il parle de leur histoire à tout le monde. Elle ne supporte pas d'être seule un instant. Je dois la rassurer chaque seconde, sur le fait que je l'aime et que je ne vais partir. Elle est convaincue qu'elle va tout perdre (moi, le bébé, la maison, etc.). C'est très énergivore. Je lance mon activité en plus de mon temps plein. J'ai pris beaucoup de retard entre la mauvaise météo de l'hiver et mes moments de déprime. Je la prends avec moi dès que je peux sur mon chantier et lui fait faire des petites choses pour qu'elle trouve de l'estime d'elle même au moins là dedans. Mais rien ne la rassure. J'aimerai prendre un peu de temps pour moi, mais je n'ose pas. Surtout qu'elle m'a décrit avec précision comment elle envisageait de se tuer pendant sa période de il y a quelques temps. Il y a des jours où j'assure, où j'arrive à la raisonner et d'autres où je craque et où je doute de mes capacités et je réfléchis à une solution plus radicale comme un séjour en unité spécialisée. Mais j'ai peur de la médication, j'ai peur qu'ils la gardent longtemps. Et puis les lieux adaptés sont loin et je n'ai pas un instant de libre et la route est encombrée car la saison touristique commence, comment je pourrais aller la voir souvent...
Il reste une dernière cartouche, elle a totalement perdu confiance en sa psy, d'ailleurs elle n'a rien vu de cette période. Pas très pro... Ni le risque suicidaire, ni la déconnexion, ni le rejet de l'enfant... Du coup, ma psy est d'accord pour la recevoir dans 10 jours. J'ai toute confiance en cette femme, elle est très efficace. Elle m'a aussi proposé qu'on se voit à trois pour rassurer ma compagne sur certains points. c'est aussi quelqu'un qui nous accompagnera dans tout ce qui concerne le don, et le fait d'en parler à l'enfant. C'est une super ressource, au moins cette épisode malheureuse de notre vie aura fait qu'on la rencontre.

Nous avons appris que c'était un petit garçon, ce que ma compagne désirait. Je suis très content. La deuxième écho s'est bien passé, elle a réussi à se détendre et a profiter. Le sujet du bébé reste sensible, mais c'est tout de même bien toléré. Elle a été acheté d'occasion un berceau hier. Je l'ai monté et placé dans le salon exprès. Je pense que ça peut l'aider à se projeter. Elle m'a demandé de parler plus du bébé et de me réjouir devant elle pour l'aider à s'y mettre.
Il ne bouge pas beaucoup. Du fait qu'elle est très angoissée et très tendue, le petit se fait discret. C'est très culpabilisant pour elle. On essaye depuis quelques jours de se faire des petits moments de calme tous les trois. Je prends soin que ma voix soit toujours posée et je caresse souvent son ventre.

Il ne découle de sa période de débranche que du positif de mon point de vue. Son inconscient a eu besoin de tester une autre vie aux antipodes de la notre. Un autre homme, un autre style de vie, d'autres passe-temps, etc. Elle a énormément mûri je trouve. Elle a eu besoin de ça pour confirmer son choix d'avoir un enfant avec moi, de se fixer avec moi, ici dans cette maison avec ce type de vie. Jamais je ne l'ai vu si engagée dans sa volonté de faire des choses, d'agir. Pour la maison, le jardin, pour nous, pour ses loisirs. Elle est planquée derrière moi depuis le début de notre relation, ne prend aucune décision et ne fait preuve d'aucune initiative. Alors c'est épuisant pour moi, mais c'est aussi très inintéressant pour elle. Je sens vraiment un mouvement dans son système de penser. Et si le prix pour passer à cette relation plus juste et plus enrichissante c'était tout ce qui s'est passé, alors je signe tout de suite et je n'hésiterais pas à le refaire.
Je suis son premier amour, son premier amant. Elle a eu une adolescence sans vague. C'était son dernier créneau pour faire n'importe quoi et engranger de l'expérience. Je vois la situation comme ça. Au moins ne fera-t-elle pas de crise de la quarantaine :)

Je mise tout sur son nouveau suivi psy. J'ai de l'espoir. Je m'autorise aujourd’hui une petite sortie seul, j'espère que ça va aller. Les choses avancent et sont en perpétuel mouvement. On était pas du tout préparé à ce déferlement brutal dû à la grossesse. Comment savoir en amont qu'on est pas prête du tout à être mère ?...

Merci de m'avoir lu. Bon dimanche :)

hirondelle
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Re: Compagnon et futur père : Je n'arrive plus à l'aider

Message par hirondelle » 13 mai 2018, 18:17

Bonjour Esteban,

Quels progrès tu nous décris!
L'essentiel est le résultat en effet... une crise maturative certainement comme tu le dis!

J'espère que son nouveau suivi va la porter...
Plutôt que l'hôpital psy, je verrais plus les unités mère bébé qui sont adaptées pendant les grossesses difficiles si tu estimes que c'est nécessaire à un moment.
A t elle parlé de ce mal être à un médecin (traitant, gynéco...)? J'espère que les idées noires sont derrière sinon il est nécessaire de le faire.

Tu as raison de te privilégier quelques moments à toi. C'est nécessaire pour tenir dans la durée.... et tout ce qui te fera du bien en fera aussi à tes proches.

Je te souhaite plein de courage dans l'attente de te relire :hello:
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