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Epuisée, à bout

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Teophania
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Epuisée, à bout

Message par Teophania » 11 août 2010, 19:41

Bonjour,

Voir qu'il existe un forum dans ce genre me rassure, je me dis que je ne suis pas la seule à vivre mon rôle de mère comme quelque chose de difficile...
J'ai 29 ans et j'ai eu en mars dernier un petit garçon de 4,3kg. Un gros bébé qui est en mode "Jean qui rit et Jean qui pleure", ce qui est assez déroutant. La plupart des gens le trouvent extraordinairement souriant... Mais quand on se déplace ou que je suis seule avec lui, il pleure beaucoup... Et je ne supporte plus ses cris, j'ai le coeur qui s'emballe. J'en viens à lui crier dessus ou à faire (très rarement) une tape sur ses fesses. C'est l'horreur, je m'en veux comme une folle, j'en pleure, j'ai envie de me jeter d'un pont. C'est horrible d'en arriver là, j'ai honte de moi, je veux tout sauf ça pour lui, je l'adore mon petit garçon. En plus, quand j'en suis arrivée là, il y avait du monde autour de moi. Quand je suis seule, j'arrive à peu près à garder mon calme... Peut être que c'est un appel au secours... Mais le problème c'est que personne ne peut comprendre ça. Personne ne m'aide et ne me soulage de ma fatigue. Je suis censée assurer mais je n'y arrive pas. Comment font les autres??? Ma soeur s'en sort si bien toute seule, elle est toute douceureuse/mielleuse avec sa petite née en décembre dernier, elle ne peut comprendre mon attitude (ce qui peut s'expliquer!)... Mes parents la trouve épanouie dans son rôle de mère... Ca m'agace qu'ils ne voient pas cela en moi : une bonne mère. Ils me disent qu'un enfant a besoin d'amour et surtout pas de cris : sans blague... Comme si je n'aimais pas mon enfant!!! C'est ma priorité, je me suis oubliée depuis que je l'ai. C'est simple, je n'ai plus de vie, je ne peux pas en avoir. Ou alors, c'est toujours très compliqué. Quelque part, j'en veux à mon bébé de m'avoir privé de ma liberté. Je me sens esclave.
Ma soeur est donc la mère si parfaite et moi celle qui s'emporte, qui n'arrive pas à tout donner à son bébé...

Par où commencer... Par le début : je me suis mariée l'année passée et un mois après, je tombais enceinte, pour moi, c'était dans la continuité de mes projets, tous mes amis et proches s'y mettaient ou en avaient déjà, donc c'est ce qu'il "fallait faire"... Avec le recul, je me rends compte que je n'avais pas l'envie en moi. Que finalement, j'aurais pu continuer à vivre comme cela si je n'avais pas eu la pression sociale... Et puis, faire des enfants, c'est dans l'ordre des choses... Ils sont aussi à nos côtés quand on est plus vieux... Etre entouré, c'est égoïste mais c'est aussi pour cela que l'on fait des enfants je pense... C'est un prolongement de soi et je trouve ça assez égoïste dans le fond quand on voit le monde qu'on offre à nos enfants...

Je pensais que cela me rapprocherait de mon mari, que si tout le monde faisait des enfants, c'est que cela devait rendre plus heureux et qu'il ne devait pas être si compliqué que ça d'élever un enfant voire plus vu le nombre de personnes qui en font plus d'un...
Mais moi, je me sens dépassée avec un. J'ai honte de le dire car toutes mes copines s'éclatent, me disent "c'est que du bonheur" et ça, ça me dépasse. Je ne comprends pas que moi qui ne suis pas plus bête qu'une autre et qui travaille pourtant avec des enfants rame à ce point. Je leur dit que tout va bien car leur béatitude m'exaspère.
Globalement, je suis très satisfaite de mon accouchement, effectué par voie naturelle sans foceps/spatules ou autres engins de ce genre.
Là où le bas à commencé à blesser : quand il a fallu que je prenne la décision du mode d'alimentation pour mon bébé. Au début, j'étais partie sur l'allaitement bien que peu convaincue car très indépendante et peur de la fatigue que cela génère la nuit... Bref, à la maternité on m'a peu encouragée, j'ai fait la tétée de bienvenue qui a été un moment magique (même si le bébé a peu ou pas tété)... Puis, de retour dans ma chambre, on m'a demandé ce que je comptais faire de façon abrupte et j'ai dit que je voulais essayé l'allaitement. Une nurse m'a mis le petit au sein et ça s'est mal passé, elle a pris mon mamelon comme si j'étais une truie et l'a enfourné dans la bouche de mon petit... Quelle douceur et manque de tact! Ca m'a déplu et du coup, j'ai laissé tomber et suis passée au lait artificiel. Je me suis beaucoup culpabilisée car autour de moi, on disait que l'allaitement c'était donner ce qu'il y a de mieux pour son enfant. Je pense que j'aurai pu faire davantage de lien avec mon petit si je l'avais allaité en plus... Bref, ça a commencé sur les chapeaux de roue. Et puis, on a essayé de me rassurer en me disant que j'aurais été épuisée car c'était un gros mangeur... Et oui, j'ai été fortement anémiée et en baisse de tension après l'accouchement.

A la sortie de la clinique, je me sentais épuisée, vidée, déprimée, je n'avais qu'une envie : dormir, qu'on s'occupe de moi. Or, il fallait s'occuper du bébé... Du coup, j'assimilais ça à une corvée (et me culpabilisais énormément d'avoir de telles pensées) mais m'en faisait un devoir même si j'ai énormément délégué à mon mari (qui avait pris pas mal de jours pour m'aider)... Je me sentais épuisée... Surtout par le manque de nuits complètes... Et pourtant ça n'a pas duré si longtemps : environ deux mois... Constatant au bout de 10 jours après l'accouchement que mon baby blues ne passait pas (et en plus de mes antécédents de dépression), j'ai demandé à la sage femme venant observer le bébé si elle avait les coordonnées d'un psy car je déprimais énormément et j'avais peur de me retrouver seule avec le bébé car je ne supportais plus ses pleurs, ses cris... Il m'arrivait de lui crier dessus... J'étais désemparée... Je n'osais pas sortir avec lui... Bref, elle m'a donné le numéro de la cellule mère enfant de ma région et j'ai eu assez rapidement un rendez vous. Le docteur que j'ai vu m'a pas mal déculpabilisée par rapport à l'allaitement, à mes cris liés à la fatigue. Elle m'a donné un médicament permettant d'être moins sensible aux pleurs mais du coup, comme je dois conduire pas mal, mes réflexes étaient amoindris et je me suis fait quelques frayeurs au volant :nono: . Rapidement, je suis allée mieux et j'ai arrêté le traitement... J'ai repris le travail deux mois après l'accouchement, la nounou gère bien le petit, je pense que ça m'a rassurée et que ça m'a aidée... Mais d'un autre côté, je m'en voulais de l'avoir laissé si petit à une nounou... Du coup, je me dépêchais de rentrer pour m'en occuper le soir.

Hélas, depuis début juillet c'est dur dur. Je viens de faire une rechute, on est pas mal partis en vacances avec le petit (sud + Jura =une semaine + Normandie =une semaine) et il a été odieux, il ne faisait plus ses nuits, prenait ses biberons de façon aléatoire... Ma semaine chez mes parents en Normandie a été l'enfer, j'ai craqué, le petit ne dormait plus du tout la nuit, faisait très peu de siestes et du coup, je lui ai crié dessus à trois reprises et une fois, j'ai accompagné cela d'une tape sur ses fesses une fois que je l'ai mis au lit fermement... Un autre fois, je l'ai laissé pleuré 45 minutes et suis allée dans ma voiture pour essayé de dormir ( mon mari faisait un tour en mer)... Mais impossible évidemment! En plus, je comptais sur mes parents (arrivés en fin de semaine) pour m'aider mais ils sont âgés et fatigués et ma soeur présente également la deuxième semaine a elle même une petite née en décembre qui a besoin d'attention même si elle est plus calme. Du coup, je suis partie de façon anticipée pour retrouver un rythme avec le petit car au lieu d'être reposantes, ces vacances ont été épuisantes. Je suis triste que cela se soit mal passé avec ma famille car le petit les voit très peu... Et le reste de l'année mes parents me manquent... Et puis ils m'ont vue stressée, brusque avec mon enfant et je leur envoie l'image de la mauvaise mère... Egoïste car je me plains beaucoup d'être fatiguée, de ne plus pouvoir rien faire...

En plus, je dois reprendre le travail début septembre et j'ai une rentrée à préparer étant enseignante... Je ne vois pas comment je vais m'en sortir, ce bébé m'accapare, me bouffe, il fait des siestes qui dure au max 40 minutes et elles sont trop peu nombreuses! Bref, je suis angoissée, je me sens débordée...
Ma nounou est en vacances, ma psy également... Je la revois le 18 et ça me paraît être une éternité. J'ai toujours été stressée et au lieu de m'épanouir, c'est terrible à dire, mais mon enfant m'apporte énormément de stress, plus qu'il ne m'apporte de moments sympas...Bien évidemment, j ele répère, je l'aime, il est trop chou... Je me sens obligée de me justifier... J'en peux plus... Mais comment font les autres??? Comment faites vous???

petuniatopaze
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Re: Epuisée, à bout

Message par petuniatopaze » 11 août 2010, 21:17

Bonjour à toi et bienvenue chez les mamans blues..tu as frappé à la bonne porte!
Comment faisons nous te demandes tu?? et bien nous avons ramé..ou nous ramons encore, comme toi.Je vais arreter de parler pour les autres bien que je sois convaincue qu'elles me suivraient dans mes propos!!
Mon petit a aujourd'hui 3 ans passés et même si je vais mieux...parfois, même si je l'aime plus que tout et bien je me dis souvent que la maternité n'était pas faite pour moi..Ce n'est pas tant l'allaitement qui m'a fatiguée, au contraire, ca m'a filé une super pêche, mais 6 mois après sa naissance j'ai completement perdu les pédales.J'avais perdu ce fameux "instinct maternel" que j'etais convaincue d'avoir trouvé..j'avais perdu le lien avec mon bébé et je me suis mise à angoisser nuit et jour, me sentant tout a fait incapable de m'occuper de lui.On m'a hospitalisée pendant quelques semaines en Hopital psy mais je suis ressortie très fragilisée et aujourd'hui encore je doute de mes capacités..Mais comme je te le disais tu es au bon endroit si tu as besoin d'être rassurée, épaulée dans ce que tu traverses.Pour ma part je n'ai jamais crié ou frappé mon bébé même si l'envie était présente mais tu verras si tu lis d'autres témoignages que tu n'es pas la seule à qui c'est arrivé, loin de là.Mais l'essentiel est de te dire que tu n'es pas une mauvaise mère pour ca; oh que non; tu l'aimes ce bébé et tu en as conscience à travers ce que tu décris et c'est bien là l'essentiel. Il est encore tout petit, vous avez encore du chemin à faire pour vous apprivoiser et ce n'est pas trop tard.Et puis tu verras qu'avec le temps,et là je parle en connaissance de cause, les choses se faciliteront; il fera ses nuits (le mien dort 12h de suite!! si si c'est possible), fera pipi tout seul, mangera seul et la même chose que toi, bref grandira et vos rapports seront facilités.
Enfin saches qu'ici tu seras toujours entendue, je suis une adepte du forum depuis bientôt 3 ans et les filles ne m'ont jamais laissée tomber..
encore bienvenue et bonne soirée
petuniatopaze

mélancolie
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Re: Epuisée, à bout

Message par mélancolie » 11 août 2010, 22:56

Bonsoir Teophania,

bienvenue sur Maman blues :)

tu as fait le nécessaire en contactant un professionnel, en venant ici et sans doute pour des tas de choses,
d'ailleurs, ton suivi jusqu'ici te satisfait il?
alors il te faut un peu d'indulgence et de patience envers toi même, je crois que la maternité prend un temps qui varie d'une femme à l'autre,
s'y sentir bien, s'accepter sans la perfection qu'on souhaiterait ça se construit.

les vacances, surtout familiales ça m'a toujours remué, peut être est ce pareil pour toi?
en tout cas pour un tout petit c'est perturbant, ce qui expliquerait le bouleversement de son sommeil etc..

comment fait on.. je réponds pour ma part, et bien.. on grandit :) et puis ça s'éclaire, être maman ce n'est pas que du bonheur,
mais c'est accepter d'aimer "pour de vrai",
son enfant, mais aussi soi même, le monde peut être aussi, avec ses qualités et aussi ses défauts.

est ce que tu peux passer le relais? voir des ami(e)s ? arrives tu à avoir des moments seule.. enfin en tout cas sans être avec ton enfant?
tu parles de cris, d'une tape.. tu penses quoi de cela, que c'est lié à la fatigue ou à l'accumulation.. ? j'espère ne pas être trop intrusive,
ça fait beaucoup de questions.. ce sont celles qui me viennent car tu parais envahie par ce petit bout, et nous avons été bien nombreuses à le vivre ainsi.. :)
et en parler, ça fait du bien. :)

courage, et le 18 c'est bientôt (si c'est bien le 18 aout)

Mélancolie.
sans toi, je ne devenais pas tout à fait moi

Ka
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Re: Epuisée, à bout

Message par Ka » 12 août 2010, 03:13

Bonsoir Theophania,

Comment on fait? Ben, moi j'ai fait pareil que toi il y a 5 ans de cela maintenant. Ce que tu décris, ce sentiment d'être bouffée par mon bébé, cette impression d'être aux travaux forcés ou en prison, et ce besoin incroyable qu'on s'occupe de moi... Et ce stress incessant, l'angoisse qui finit par s'installer, l'envie de ne plus entendre les pleurs de mon bébé - que j'entendais encore dans ma tête quand j'arrivais à m'éloigner - la peur d'être toute seule avec lui... Et la honte et la culpabilité aussi : honte de ne pas être la mère que j'avais imaginé être avant de donner naissance à mon fils, culpabilité de crier sur lui et d'avoir eu des gestes brusques ou des pensées que j'aurais attribuées à la pire mère de la Terre, honte de moi juste à me regarder aller, honte de moi devant les autres pour qui, effectivement, la maternité "n'est que du bonheur". C'était l'enfer. Comme tu le vois, Teophania, tu es loin d'être la seule à devenir une mère à travers ces difficultés...

Et puis le temps a passé et malgré la dépression j'arrivais à m'adapter petit à petit à mon rôle de mère. Quand mon fils a pu s'asseoir, puis se déplacer, puis marcher, puis manger seul, puis courir... quand il a fini d'être un bébé si dépendant de la mauvaise mère que j'IMAGINAIS être, j'ai commencé à me sentir mieux. Mais ça aurait pu aller plus vie si j'avais eu le même réflexe que toi, c'est-à-dire consulter. Il existe des psys spécialisés en périnatalité, et des unités mère-bébé pour venir en aide aux mamans en difficultés maternelle. Moi je ne le savais pas à l'époque. Et je n'avais pas rencontré ce site non plus.

Toi tu as déjà entrepris les bonnes démarches parce que tu as senti tout de suite que quelque chose n'allait pas. C'est vraiment très bien ce que tu fais. ;) Tu as trouvé une professionnelle qui s'occupe de toi. Et ici, tu vas pouvoir discuter avec des mères qui vivent des maternités semblables à la tienne, qui ne te jugeront pas et qui te comprendront plus que n'importe qui. Car quand on n'a pas vécu un tel tremblement de mère c'est difficile de s'imaginer à quel point on peut souffrir dans une telle situation. Tu as frappé à la bonne porte et j'espère que cela te permettra rapidement de te sentir moins seule, moins coupable et moins honteuse de ce que tu vis.

Autre chose... il n'y a pas de mère parfaite, même pas ta soeur. Toutes les mères vivent des difficultés même si elles n'en parlent pas, et même si elles n'en souffrent pas. Et puis un bébé n'a pas besoin d'une mère parfaite. Un bébé a simplement besoin d'une mère suffisamment bonne, ce qui veut dire qui s'occupe de lui aussi bien qu'elle le peut et qu'elle lui donne tout l'amour dans la mesure de ses possibilités... et qui s'occupe d'elle aussi pour pouvoir s'occuper de lui en retour. A ce que je peux lire, c'est ce que tu es, Theophora, une mère suffisamment bonne!

Tu sais, je serais prête à mettre ma main au feu et dire que toutes les Maman Blues ont un jour pensé que les autres mères étaient meilleurs qu'elles, que les autres étaient de bonnes mères et elles-mêmes de mauvaises mères. Mais une fois qu'on est sortie de nos difficultés, on voit que ce n'est pas vrai du tout! Il y a entre 10% et 20% de mères qui souffrent de dépression du post-partum et/ou de difficulté maternelle. Ca fait vraiment beaucoup de femmes. Et c'est certain que lorsque tu sors, tu en vois de ces mères-là mais tu ne sais pas qu'elles souffrent certainement autant que toi. Parce que ce n'est pas quelque chose qu'on montre, et parce que ce n'est pas quelque chose qu'on dit. Mais sur Maman Blues on le fait. Et l'association milite pour que nos difficultés de mères soient reconnues et entendues, et que notre vécu de maternité finisse par être perçu comme légitime, au même point qu'une maternité "qui n'est que du bonheur". :cote:

Bon, je m'arrête ici, les autres filles auront certainement plein d'autres choses à te dire. Sois la bienvenue chez Maman Blues. :)

Teophania
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Re: Epuisée, à bout

Message par Teophania » 12 août 2010, 09:13

Je pleure en lisant vos messages... Je me sens tellement vidée, seule et incomprise la plupart du temps que lire vos encouragements me fait du bien... Même si le petit commence à pleurnicher dans son lit et que je sais que je vais "devoir y aller"...
Hier, avant de m'endormir, j'ai pleurer dans mon lit. Je l'ai mis au lit vers 22h et je pensais enfin pouvoir dire ouf (très peu de siestes en journée, pas un temps pour moi, seulement le temps de ranger la vaisselle, me laver, plier le linge...)... Et bien non, j'ai du me lever à 4 reprises jusqu'à 24h30 et j'ai craqué et demandé à mon mari de lui préparer un sixième biberon. Là, il s'est enfin calmé. Il est sans cesse en demande, il m'épuise...
Mon mari m'aide un peu, quand ça l'arrange ai-je envie de dire... Comme je suis en "vacances", je suis censée être celle qui doit s'en occuper et du coup, je m'y colle... Le soir, il ne s'en occupe pas trop. Je lui donne les biberons, le bain, le change... Il pensait même s'octroyer une semaine de vacances sans moi et le petit (quelle chance!!!) tandis que je serais avec mes parents en Normandie. Mais comme l'expérience a lamentablement échoué avec mes parents, il se retrouve avec moi et le petit et du coup, je me dois de m'occuper du petit car j'ai vraiment l'impression de lui avoir bousillé cet instant de quiétude...
Bref, je me dis que c'ets injuste qu'après tout moi aussi je ne rêve que d'une chose : des vacances seule sans le petit mais c'est impossible...
Je suis au bout physiquement : j'ai l'impression que mes jambes vont se dérober sous moi quand je porte mon petit qui est très lourd malgré son jeune âge...
Bon, je dois y aller, il pleure...
Merci pour vos messages de soutien, ils m'apaisent...

knelle372
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Re: Epuisée, à bout

Message par knelle372 » 12 août 2010, 11:12

Bonjour Theophania et Bienvenue sur le Forum des Mamans Blues.

Tu exprimes très bien tes sentiments, je pense donc que tu as déjà drôlement analysée ta situation, d'autant que tu as fais les démarches nécessaires. Tu t'es prises en main tout de suite, c'est déjà un grand pas.

Comment j'ai fais? Comment je fais???

Je vais un peu répéter les mots de mes chères bluesnotes...
J'ai galéré, et même si maintenant ma fille à 2 ans et demi, je galère encore!

Comme toi je n'ai jamais supporté les pleurs toutes la journée, comme toi je lui ai crié dessus tellement je n'en pouvais plus, comme toi je l'ai mise brusquement dans son lit.
Comme toi j'ai été démontée de ne pas ressentir ce que l'on est censée ressentir : "Que du bonheur". Je déteste cette expression quand elle résume en 3 mots la complexité de la maternité.
Bébé est en pleine forme : pourquoi te plains tu? Il fait pas ses nuits? Il pleure? Quoi? C'est normal, c'est un bébé non. Quoi tu ne supportes pas? Non mais franchement tu savais bien qu'un bébé c'était comme ça!

Mais les gens ne comprennent pas toujours qu'en accouchant d'un enfant, des femmes accouchent aussi d'une autre partie d'eux même : la mère.
Etre mère ça s'apprend, et ça n'est pas facile pour tout le monde.
Personnellement je ne me reconnaissais pas, c'était qui cette mère là? Celle qui ne supporte rien, qui stresse, qui pleure, qui voit comme une montagne la moindre sortie pour aller faire des courses?
Où est la knelle joyeuse, très bonne franquette, qui fait des projets en deux minutes pour la soirée ou le WE, toujours cool et marrante?

Les journées seule avec son bébé sont très très longues. On se met la pression car on est à la maison, c'est vrai, on ne travaille pas, et un bébé c'est censé dormir et manger : mais non, on se retrouve à 15h00 encore en pyjama, pas lavée, pas coiffée et le café du matin qui a refroidit sur le bord de l'évier.Et en plus on a crié sur notre enfant. De quoi devenir folle.

Il n'y a pas de maman parfaite, pas de mode d'emploi.
Il faut apprendre à prendre un peu plus de recul tous les jours. Mais ce n'est pas évident, et c'est long.

Tu ne pourras pas t'en sortir sans soutien, et le premier devrait venir de ton mari. Essaye de lui faire donner au moins un biberon le soir, avec le changement de couche. Pour lui ce ne sera pas la fin du monde, et pour toi un gros gros changement.

C'est super que tu vois bientôt ta psy. Tu vas pouvoir vider tout ce que tu as sur le coeur.

Bon courage et à bientôt
N'hésite surtout pas à venir ici il y aura toujours quelqu'un pour te répondre.
Si j'étais moi
Tout ce que j'ai sur le cœur
Ce que je fais de pire et de meilleur
Ne me feraient peur
Zazie

Maman de Constance née le 09 Janvier 2008, de Céleste née le 08 Mars 2012, et d’Olivia née le 6 Avril 2018

Teophania
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Re: Epuisée, à bout

Message par Teophania » 12 août 2010, 11:43

Merci, merci encore... Quel soutien!

Aujourd'hui compte parmi l'une des pires journées de ma vie. Je me suis réveillée vidée. Mon mari, qui est en, vacances, avait préparé le biberon. Je suis allée changer le petit (trempé), l'ai habillé et donné sa vitamine. J'étais de mauvaise humeur, comme souvent depuis que je suis mère. Pas un mot pour mon mari que j'aime pourtant tellement. Il m'a demandé comment j'allais et je lui ai répondu "dans la mesure du possible".
J'avais demandé à mon mari hier de proposer à sa mère qui habite près de chez nous de garder le petit une demi journée pour que l'on puisse avoir enfin un moment à deux pour nous détendre. Je pensais à aller à la plage par exemple... Il m'avait répondu ok.
Et puis ce matin, après qu'il ait pris sa douche et que je me sois occupée du petit (de mauvais poil comme maman), il m'a dit qu'il préférait que l'on prenne cette demi journée pour bricoler à la maison puisque le petit est trop accaparant pour que l'on puisse le faire. Là, je me suis énervée, je lui ai dit qu'il s'octroyait des moments de détente, que lui il y avait le droit mais que moi non, que je n'existais plus depuis que j'avais le petit... Il s'est énervé à juste titre car il est vrai qu'il est très dévoué pour ses proches, notamment sa mère dont il a aidé à retapisser la chambre pas plus tard qu'hier. Bref, je lui ai laissé le petit le temps de prendre ma douche. Et là, ça a dégénéré. J'entendais le petit hurler, ça me stressait, je ne pouvais même pas me détendre le temps d'une douche pour une fois que je n'étais pas seule avec le bébé. Mon mari le laissait pleurer car il préférait ranger des choses dans le grenier. Là, je me suis énervée : je lui ai dit "le petit pleure!" et il m'a dit "Bah quoi, on peut pas le laisser pleurer un peu de temps en temps?" et je lui ai répondu que c'était égoïste de sa part que le seul moment un peu sympa que je pouvais avoir était gâché car les pleurs de mon fils me stressent... Je lui ai dit que je n'avais plus qu'à me supprimer, que de toute façon tout le monde s'en foutait, que j'étais à bout... Il m'a répondu que lui aussi...
(Il est vrai que nous n'avons jamais pris le temps de souffler depuis un an : l'année dernière mariage, puis grossesse avec en parallèle achat de notre maison, puis travaux puis accouchement, puis boulot très prenant pour nous deux avec bébé tout aussi prenant, puis vacances qui n'en ont pas été...
Mon mari m'a beaucoup aidé pendant les nuits les premiers mois... Il l'est un peu moins ces derniers temps car très fatigué (sa mère, sa soeur l'accaparent beaucoup car c'est le seul homme de la famille et puis trop de travail...)). Il a besoin de souffler comme moi et on ne peut pas. Sa mère garde le petit quand ça l'arrange et ne se rend pas compte que son fils est épuisé.

Bref, je retourne à ma douche et puis j'entends le bébé qui continue de pleurer... Puis j'entends mon mari qui pleurniche. Je me dis qu'il fait comme le bébé pour le calmer ou pour faire diversion... Puis les pleurs s'intensifient... Je me rends compte qu'il y a peut être un problème... je sors précipitamment de la douche et je trouve mon mari étalé sur le lit, la tête dans les mains et pleurants comme je ne l'ai jamais vu avec le petit qui pleure à côté de lui. Mon coeur s'est serré. Mon mari a pleuré deux autres fois depuis que je suis avec lui : quand je lui ai dit il y a longtemps que j'allais le quitter et quand il me parle de son père avec qui il a coupé les ponts. Bref, j'étais paniquée, moi même à bout et devant apaiser à mon tour mon chéri vraiment pas bien. Un cauchemar.
Je lui ai dit " parle moi! Parle moi! Je t'en prie! Je suis là!" et il continuait à pleurer.
Le petit pleurais, je devais aussi le gérer... Mais je voulais tellement rassurer mon mari... Je lui ai dit que tout allait s'arranger... Qu'on s'en était mis beaucoup sur le dos... il m'a dit qu'il était épuisé, stressé, qu'il avait trop de choses à faire et que s'il m'avait proposé de faire du bricolage, c'était qu'il n'en pouvait plus de voir tout ce que l'on achète s'abimer par manque d'entretien... je lui ai dit qu'on le ferait (et tant pis pour la plage), que je n'imaginais pas à quel point ça le stressait... Je ne supporte pas de le voir comme ça. J'ai pleuré, lui ai dit que je l'aimais, que je n'aimais pas le voir dans cet état.

On vit un enfer. Il vient de partir avec le petit faire une course au Leroy Merlin où il doit rejoindre sa mère pour l'aider à choisir je ne sais quoi.

Tout s'écroule autour de moi : mes parents, mon mari (mon pilier habituellement)... Et là, alors que je suis dans une réelle détresse, je dois me montrer plus forte, m'oublier... Le pire, c'est que mon petit est au milieu de tout ça et qu'il doit ressentir ces tensions...

Je suis désolée de vous assommer avec tous ces détails, mais j'ai besoin d'évacuer, je n'ai PERSONNE à qui me confier...

ElectricGirl
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Re: Epuisée, à bout

Message par ElectricGirl » 12 août 2010, 11:59

Je réponds à ton post après que tu as répondu au mien. ;)
Beaucoup de choses en commun en effet comme avec beaucoup de mamans du forum.
C'est dur d'être seule avec son bébé surtout quand une partie de toi se dit : si il était pas là, en ce moment, je pourrais faire telle chose ou telle autre (et j'imagine dormir surtout).
Le sommeil c'est le nerf de la guerre. Quand on y accorde de l'importance, c'est ce qui nous manque le plus. Pendant longtemps, TOUT ce que je voulais faire c'était dormir. Surtout sans être réveillée. Récupérer TOUTES les heures qui m'étaient dues ! C'est si dur alors vraiment je compatis. On a beau te dire que ça dure que quelques mois, ça semble une éternité.
Ton petit a 6 mois environ, c'est ça ? Normalement il devrait commencer à caler ses siestes, moi ça s'est fait quand il a calé ses repas (donc fait ses nuits, à 5 mois) et là il sera plus prévisible. Tiens bon au mois d'août, en septembre tu reprendras un rythme et ton fils aussi, moi c'est la nounou qui l'a calé sur les siestes par ex. Tu devrais aussi bientôt commencer la diversification, non? le mien est aussi un gros mangeur, il a tjrs pris plus que ce qu'il y a écrit sur les boîtes de lait et là depuis qu'il cavale il a quasi pas pris de poids le mois dernier donc ne t'inquiète pas les quantités, moi je me suis inquiétée (genre oh je vais avoir un fils obèse qui sera exclu de la société...) et finalement maintenant j'aimerais qu'il grossisse un peu plus, donc je m'inquiète quand même. LOL.

Ce serait franchement plus facile d'être père non ? Ah qu'avons nous fait dans nos vies antérieures pour être des filles ? :snif:

COURAGE. On va y arriver, y'a pas de raison !

Teophania
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Re: Epuisée, à bout

Message par Teophania » 12 août 2010, 12:24

Coucou Electric Girl,

Oui, tu as raison, j'ai le sentiment que l'on me prive du sommeil qui m'est du. J'ai toujours été une grosse dormeuse, alors je vis cette privation comme quelque chose de très douloureux qui m'altère la santé à petit feu. Quant au poids du petit, finalement, ça m'inquiète mais ce n'est pas ce qui me préoccupe le plus... A vrai dire sa santé m'inquiète moins que la mienne aujourd'hui. Car je me sens tétanisée après cette matinée horrible.
Je ne vais vraiment pas bien. Je viens de prendre un demi solian. Je ne sais pas quoi faire... Je me sens abandonnée comme jamais alors que j'ai toujours été habituée à être cocoonée par mes parents. Là, ils ne peuvent clairement rien pour moi. Mon mari est à bout. Ma belle mère dans ses propres tumultes...

Ka
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Re: Epuisée, à bout

Message par Ka » 12 août 2010, 15:35

Bonjour Theophania,

Tu me semble ne pas aller bien du tout, Theophania. Je reconnais tout à fait la jeune mère que j'ai été dans ce que tu as décrit plus haut. Je sais que tu vois une psy, mais derrière mon écran d'ordinateur, je pense que ce n'est pas du tout suffisant dans l'état où tu te trouves. Combien de vois la vois-tu par semaine habituellement? Est-ce qu'elle t'a déjà proposé une hospitalisation mère-bébé?

Ce que je lis de toi m'inquiète un peu car je me suis un jour retrouvée dans le même état que toi : envie de tout quitter, quelle que soit la façon de quitter. J'aurais dû être hospitalisée à ce moment-là, mais je n'ai rien dit et je vivais à chaque instant sur le fil du rasoir car je n'avais plus qu'une seule idée en tête : que ce cauchemar s'arrête et que je cesse de souffrir autant. Quand on est rendue là, Theophania, ça veut dire qu'on fait une dépression grave (je parle pour moi car je ne peux faire de diagnostic pour toi) et qu'on doit soit avoir un suivi serré, soit être hospitalisée. Pour reprendre notre souffle, pour s'occuper de soi, pour que quelqu'un (ou une institution) s'occupe de nous. A ce moment-là de ma vie, si on m'avait proposé une hospitalisation mère-enfant j'y serais allée sans même faire mes valises tant j'en aurais eu besoin. Pour moi ça n'a pas été possible car je n'ai jamais demandé d'aide. Mais pour toi ça peut être différent. Si tu pense que c'est de ça dont tu as besoin, tu peux me contacter ou contacter une modératrice de ton choix pour qu'on te donne les coordonnées d'une unité mère-enfant de ta région.

Je voudrais aussi savoir si tu as un traitement anti-dépresseur? Je ne connais pas le médicament dont tu as parlé mais si c'est un anxiolitique, il n'a aucun effet sur ton humeur ou ta fatigue. Mais un AD pourrait avoir des effets et apaiser cette envie de disparaître en attendant que ton suivi psy fasse effet.

En tout cas je crois que tu devrais contacter rapidement une unité, et, s'ils ont de la place, je pense que ce serait bien que tu sois hospitalisée avec ton bébé. Ou obtenir un traitement anti-dépresseur et augmenter le nombre de séances par semaines avec ta psy. Bref, il ne faut pas que tu restes dans cet état.

Et si tu veux, dis à ton mari que tu as trouvé des femmes qui peuvent t'aider et que bientôt ça sera moins difficile pour vous trois. Il est en souffrance lui aussi, c'est évident. Mais pour l'instant tu ne peux pas l'aider. Et lui non plus il ne peut pas t'aider. Donc il vous faut trouver une aide extérieure et le plus rapidement possible sera le mieux.

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