Devenir parent, c’est rencontrer la vie autrement.
Entre joie, fatigue, doutes et parfois, détresse.
Quand la lumière vacille, les proches peuvent devenir ce point d’appui, cette présence qui empêche de tomber.
Une nouvelle campagne de prévention est en ligne sur le site de Dites Je suis là.
Un espace pour comprendre, écouter et accompagner sans juger.
Ce travail est le fruit d’une réflexion collective menée avec :
Sous la coordination de l’équipe permanente de Dites Je Suis Là, et avec la validation du Collège scientifique.
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, nous dévoilons aujourd’hui les résultats d’un sondage réalisé par Toluna Harris Interactive pour BIOGEN , avec MAMAN-BLUES, ONSSF (Organisation Nationale Syndicale des Sages-Femmes) et Femmes de Santé.
Pourquoi c’est crucial :
🤱La dépression post-partum touche 1 mère sur 6 dans les 2 mois suivant la naissance.
⚠️Le suicide est la 1ʳᵉ cause de mortalité maternelle, passé le 42ème jour post-accouchement et ce jusqu’à un an post-partum.
Ce que révèle le sondage :
❓Une méconnaissance généralisée de la maladie.
🫢Un tabou persistant autour du sujet.
🌀Des idées reçues sur la prise en charge (réduite à des pratiques de bien-être).
📊 Découvrez les principaux enseignements de ce sondage via ce lien.
Nous sommes heureuses que Clara Renard est sollicitée l'association et plus spécifiquement sa présidente, Elise Marcende, pour l'écriture de la préface de son livre. Nous l'en remercions chaleureusement. Nous vous proposons de découvrir les mots d'Elise.
Quand Clara m'a confié son manuscrit sur un fichier numérique, j'ai rechigné parce que je suis une grande amoureuse du livre comme support. Mais dès le premier soir, j'ai eu du mal à lâcher mon écran. 100 pages dévorées en une petite heure avec l'envie de savoir comment Manon se sortirait de ce trou noir qui l'aspirait, de ces vautours toujours plus nombreux et féroces qui prenaient toute la place dans son esprit et l'empêchaient de penser.
Il y a des mots, des histoires, des romans qui vous embarquent et vous ramènent bien des années en arrière. C'est ce qui s'est passé pour moi avec « La valse des vautours et du papillon, symphonie en post-partum majeur ».
Ce que traverse Manon, c'est ce qui m'a fait plonger également en 2009, à la naissance de ma fille. Lorsque mon aînée est née, j'ai connu l'hospitalisation en psychiatrie d'adulte, la prise en soins de ma fille en unité de psychopathologie périnatale, le traitement médicamenteux.
L'histoire que relate Clara dans son roman me parle parce qu'elle est en grande partie similaire à la mienne. Quand je me suis relevée de ce séisme, j'ai cru pendant quelques mois être un cas unique.
Mais ce que traverse Manon, c'est également ce que nombre de femmes vivent et ressentent. Au bas mot 15% des femmes nouvellement mères mais la honte et la peur du jugement empêchent de dire ce qui dévore de l'intérieur. Les chiffres officiels manquent de représentativité car ils ne prennent pas en compte le silence de celles qui ne parviendront pas à dire.
En revanche, il est un chiffre qui ne peut pas être ignoré, celui du suicide maternel dans la première année de vie de l'enfant. Une femme se suicide toutes les trois semaines, dans une indifférence sans précédent. Certes, mis en rapport avec d'autres statistiques de mortalités, cela semble dérisoire. Mais pour la famille qui reste orpheline d'une mère, d'une compagne d'une fille, d'une amie, c'est un choc.
Le livre de Clara permet d'informer et de prévenir. Les maux de Manon ne sont pas que fiction. Ils sont réalité et laissent souvent sans voix les personnes qui en souffrent.
Au-delà d'expliquer les différents symptômes qui peuvent accompagner la survenue d'une dépression post-partum, Clara nous parle également de quelques facteurs de vulnérabilité qui
peuvent rentrer en ligne de compte. Les connaître aide à se prémunir. Nous sommes nombreuses à penser que donner naissance est instinctif, qu'il suffit de se retrouver face à son bébé pour l’aimer instantanément alors que devenir mère est un processus psychique complexe qui repose sur sa propre histoire de naissance, son histoire de vie, les traumatismes auxquels on aura pu faire face au cours de son existence, les conditions de la grossesse, de l'accouchement, etc… Je n'occupe aucun poste de soignant (je travaille en bibliothèque) mais je considère l'accompagnement comme une nécessité et ce dès la préconception car je crois réellement que cela fait la différence quand une souffrance psychique apparaît en anté comme en postnatal. On n'évite pas une dépression post-partum mais l'on peut, grâce aux ressources que l'on a autour de soi, appréhender différemment ce que l'on vit assez précocement.
Clara appuie sur la bientraitance et la compétence des soignants qui épaulent Manon dans sa traversée des ténèbres. C'est tout ce que l'on souhaite pour chaque femme dans la période périnatale, période de grandes vulnérabilités psychiques, tout comme la présence d'un coparent comme Fabio qui, par son amour, sa prévenance, sa présence, donne la force à Manon de se battre pour entrer en lien avec son tout petit.
Je remercie sincèrement Clara de m'avoir fait l'honneur de cette préface.
J'espère que cette lecture vous aidera à dépasser la peur de vous livrer si vous êtes concernée
par la difficulté maternelle (terme employé par l'association Maman Blues depuis sa création
pour exprimer tout ce qui peut se vivre psychiquement sans être forcément dans la pathologie).
Je souhaite de tout mon cœur que ce livre sera enrichissant et source de compréhension pour
l'entourage, le personnel soignant et toute personne de la sphère publique.
Qu’enfin les papillons reviennent dans vos vies !
La Fondation FondaMental est fière d’annoncer le lancement de LENA, une plateforme numérique dédiée à l’information et à l’accompagnement des personnes présentant des troubles psychiques périnataux. Cette initiative, soutenue par la Région Île-de-France dans le cadre d’une Question d’Intérêt Majeur sur la santé mentale des jeunes (du bébé à l’âge adulte), a été développée par la Fondation FondaMental et conçue par le Dr Julien Dubreucq et Mme Marine Dubreucq. Il se sont appuyés sur un comité d’experts composé à parts égales de professionnels de santé et de personnes avec une expérience vécue (toutes bénévoles de l’association Maman Blues).
En France, la dépression périnatale touche une femme sur six et un homme sur vingt. Ses symptômes vont bien au-delà du baby blues : fatigue intense, troubles du sommeil, anxiété envahissante, douleurs physiques. Sans une prise en charge adaptée, elle peut entraîner des conséquences majeures sur la santé des parents et le développement de l’enfant. D’autres troubles, moins connus, peuvent également survenir pendant la grossesse ou après l’accouchement : trouble anxieux, stress post-traumatique ou encore, plus rarement, psychose puerpérale. Faute d’information et de reconnaissance, ces troubles restent mal diagnostiqués, stigmatisés et insuffisamment pris en charge.
LENA s’inscrit dans une démarche d’empowerment, en libérant la parole des femmes et en leur donnant accès à une information fiable et complète étayée par les avancées de la recherche, les meilleurs pratiques cliniques et l’expérience de leurs paires. Elles deviennent ainsi actrices de leur prise en charge et de celle de leur enfant.
LENA est une ressource essentielle et gratuite pour faire face aux enjeux des troubles psychiques périnataux. Co-construite par des rédactrices avec expérience vécue (bénévoles de l’association Maman Blues) et des rédacteurs professionnels de santé (sage-femmes, gynécologue-obstétriciens, pédiatre, médecin du travail, psychologues, psychiatres d’adulte et pédopsychiatres spécialisés en psychiatrie périnatale), elle offre une approche complète pour sensibiliser, informer et accompagner les parents, les professionnels de santé, les proches mais aussi les employeurs.
Par son soutien, la Fondation Apicil a permis de mener la recherche participative qui a conduit les chercheurs et la Fondation FondaMental à développer le site et bientôt l’application Lena, en partenariat avec la Région Ile-de-France.
En réunissant expertise médicale et expérience vécue, LENA contribue à faire évoluer les mentalités et à promouvoir une prise en charge plus précoce et bienveillante de la santé mentale périnatale.
« La santé mentale périnatale est un enjeu majeur de santé publique encore trop souvent sous-estimé. Avec LENA, et grâce au soutien de la Région Île-de-France, nous voulons donner aux parents, aux aidants et aux professionnels les clés pour mieux comprendre, repérer et accompagner ces troubles. » Marion Leboyer, psychiatre et directrice générale de la Fondation FondaMental
« Avec LENA nous mettons, grâce à la recherche, le numérique au service des jeunes parents et des professionnels pour mieux prévenir, repérer et accompagner les troubles psychiques de la période périnatale. Cette plateforme illustre notre ambition d’une santé mentale accessible, préventive et connectée. Elle témoigne aussi de la mobilisation de la Région Île-de-France pour briser les tabous qui entourent encore trop souvent la santé mentale et pour répondre aux besoins spécifiques des femmes à chaque étape de leur vie. C’est tout le sens du fonds Femtech Île-de-France que nous avons lancée à VivaTech et du soutien à l’institut Tarnier de santé des femmes : faire de cet angle mort de la recherche médicale un véritable moteur d’innovation et de progrès en santé publique. » Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile-de-France
« LENA est née de la volonté de fournir une ressource fiable et accessible à tous, pour que personne ne se sente isolé face à ces défis. Cette plateforme, fruit d’un travail collectif associant expertise médicale et expérience vécue des personnes concernées, est conçue pour répondre aux besoins de chacun, des parents aux professionnels de santé, en passant par l’entourage familial et professionnel. » Julien Dubreucq, psychiatre périnatal, CH de Montluçon et CHU de Clermont-Ferrand et coordinateur du projet LENA
« Accompagner la parentalité, c’est aussi reconnaître et prendre en charge les souffrances psychiques qui peuvent survenir à cette période. Trop de femmes traversent ces difficultés en silence, faute d’information et de soutien. Avec LENA, nous voulons briser ce tabou en offrant une ressource précieuse à toutes celles et ceux qui en ont besoin. » Elise Marcende, présidente de l’association Maman Blues
« LENA apporte une information actualisée et porteuse d’espoir aux parents, leurs proches, ainsi qu’aux professionnels de santé et aux employeurs. La santé mentale est l’affaire de tous. Entièrement coconstruits, les outils LENA sont accessibles à tous pour un même niveau d’information quelles que soit les raisons pour laquelle ils sont utilisés. » Marine Dubreucq, sage-femme spécialisée en santé mentale et chercheuse postdoctorale
La Région Île-de-France agit de manière résolue en faveur des jeunes, en investissant dans leur santé, leur bien-être et leur avenir. Au-delà de son engagement pour la santé mentale, elle déploie des politiques ambitieuses en matière d’orientation, de logement, d’emploi, de transports et de lutte contre les inégalités. En accompagnant les jeunes Franciliens à chaque étape de leur parcours, la Région affirme sa volonté de construire avec eux un territoire plus solidaire, plus inclusif et plus innovant.
Illustration : Julie Bellarosa TM
Papageno, c'est l'oiseleur dans la Flûte enchantée. Au début de l'histoire, sa chère Papagena vient de le quitter et, il n'a plus goût à la vie, au point d'envisager la mort comme une solution à sa souffrance. Heureusement, il va croiser des personnages dont les paroles vont lui permettre de faire face à la perte en retrouvant l'espoir et l'envie de vivre. Ces rencontres et témoignages le tirent de sa crise suicidaire et lui sauvent la vie.
Ce point nous concerne tous, en tant que sujets humains, mais également en tant que citoyens qui rencontrons, dans nos vies, des hommes, des femmes et même des enfants qui souffrent d'idéations suicidaires, au point, parfois, de passer à l'acte. Nous nous sentons souvent en difficulté pour leur offrir des témoignages, tant les paroles de ceux qui s'en sont sortis peuvent être invisibilisées par le tabou qui entoure la crise suicidaire.
Papageno, c'est aussi un programme qui s'inscrit parmi les dispositifs nationaux de prévention du suicide.
Ce sujet, le suicide, est au cœur des actions de Maman Blues tant dans nos groupes de paroles que sur notre forum et dans le soutien quotidien que nous apportons aux personnes qui nous sollicitent.
Papageno traite de la communication autour du suicide. Comment en parler avec justesse dans les médias, les conférences, les articles, les livres que nous écrivons ? Comment éviter le redoutable effet Werther (risque de propagation du suicide par imitation) et quelles paroles précises et nécessaires poser sur cette problématique qui demeure un tabou ?
Comment favoriser l'effet Papageno ? (1)
Parce que Maman Blues a rejoint ce manifeste et soutient le programme Papageno, nous vous invitons à participer à une action pour que la parole de ceux qui se sont rétablis après leur crise suicidaire et ont renoué avec la vie soit relayée au niveau national. Cette action a pour titre : Le suicide, pouvoir en parler. Car parler du suicide avec justesse, peut en effet sauver des vies. Encore faut-il lever le tabou qui entrave la parole et fait se détourner les regards.
Pour l'heure, il s'agit juste de signer un manifeste afin de montrer l'intérêt de la population pour cette problématique. Ce manifeste prépare une action générale de communication autour du suicide qui aura lieu en septembre et qui visera à favoriser l’identification horizontale à des récits réels de rétablissement. En installant les témoignages dans l’espace public, nous visons ainsi un effet Papageno à grande échelle.
Maman Blues, son bureau, ses bénévoles, vous invitent à donner de la visibilité à cette action en signant et en relayant ce manifeste dans vos cercles professionnels et personnels.
Pour signer, c'est ici. Le mouvement ne fait que débuter, embarquez avec nous ! N'oubliez pas de valider votre signature par mail !

(1) En 2010, Le chercheur Thomas Niederkrotenthaler a démontré que les articles de presse mettant l’accent sur la façon dont les individus peuvent faire face à une crise suicidaire sont associés à une diminution des taux de suicide dans la zone géographique où l’audience est la plus importante. Ce pouvoir protecteur des médias a été baptisé « effet Papageno » en référence à l’opéra de Mozart « La flûte enchantée », dans lequel le personnage Papageno est dissuadé de mettre fin à ses jours après qu’on lui ait rappelé les alternatives au suicide dont Il n’était plus en mesure de se souvenir. Les récits médiatiques d’espoir et de rétablissement après une crise suicidaire semblent donc avoir un effet bénéfique sur les personnes ayant des idées suicidaires.
Tribune dans les Echos
Dans une tribune publiée sur LesEchos.fr, Maman Blues et un collectif d’experts pluridisciplinaires
appellent à prendre conscience de l’ampleur de la dépression post-partum en France, et à mettre en
place des actions concrètes pour mieux accompagner les parents.
Selon certaines estimations récentes, ce trouble psychique spécifique et parfois sévère touche une mère sur six deux mois après la naissance — et un père sur vingt. Pourtant, elle reste largement sous-estimé, malgré des conséquences sanitaires, sociales et économiques majeures.
Alors que la santé mentale a été désignée Grande cause nationale pour 2025, de nombreux
chercheurs, professionnels de santé, représentants du monde associatif et de l’entreprise s’unissent
pour réclamer des mesures concrètes pour déstigmatiser, prévenir, repérer et prendre en charge la
dépression post-partum sur tout le territoire.
Découvrez la liste complète des signataires engagés ci-dessous :
- Anne-Cécile Violland, députée de la 5e circonscription de Haute-Savoie et Vice-présidente de la délégation aux droits des femmes
- Audrey Bouyer, Fondatrice et CEO de Wounded Women
- Mahalia Coujitou, Présidente et co-fondatrice de l’association Otéa, membre du
collectif Femmes de santé, directrice d’hôpital
- Cécilia Creuzet, Co-fondatrice et CEO de May
- Noémie Decotte, Sage-femme libérale, membre du conseil d’administration de
l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes
- Madhu Desbois, COO et co-fondatrice de Heloa
- Charlotte Deschamp, Sage-femme territoriale, membre du conseil d’administration de
l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes
- Emmanuel Devouche, Maître de conférences HDR à l’Université Paris Cité, UFR
Institut de Psychologie
- Pr. Marion Leboyer, psychiatre (Université Paris-Est Créteil, AP-HP, Inserm), directrice
adjointe du DMU IMPACT (AP-HP), directrice du Laboratoire Neuropsychiatrie
translationnelle (Inserm, U 955) et directrice générale de la Fondation FondaMental
- Florian Le Goff, CEO et cofondateur de Heloa
- Angèle Malâtre-Lansac, Déléguée générale de l’Alliance pour la Santé Mentale
- Elise Marcende, Présidente de l’association Maman Blues, référente locale sur le
département du 69
- Maud Nivet, Déléguée nationale du collectif Femmes de Santé
- Clémentine Sarlat, Journaliste et fondatrice du podcast La Matrescence
- Pr Anne-Laure Sutter-Dallay, Psychiatre et pédopsychiatre en périnatalité, responsable
de la filière de Psychiatrie périnatale au PUPEA du CH Charles Perrens, professeure
associée à l’Université de Bordeaux
- Marina Vasiliou, Présidente Directrice Générale de Biogen France
De nouvelles ressources sont disponibles :
➡️Pour mieux informer les femmes enceintes et les couples, afin qu’ils comprennent l’importance de cet entretien et n’hésitent pas à le demander.
➡️ Pour soutenir les professionnels de santé , en leur offrant des outils pratiques et en favorisant une culture commune ville – hôpital sur chaque territoire.
Les outils à disposition comprennent notamment :
Communiqué de presse - La Cour des Comptes publie un rapport consternant qui réduit les femmes au rôle de variable d’ajustement
Lundi 16 décembre 2024
Alors que plus personne ne croit à la promesse de 200 000 nouvelles places en crèche, la Cour des
comptes a publié jeudi 12 décembre un rapport inquiétant et consternant sur la petite enfance,
proposant de gérer la crise du secteur en utilisant les femmes comme variable d’ajustement. Nos
associations appellent les parlementaires et le futur gouvernement à emprunter une autre voie.
La Cour des Comptes a publié ce jeudi 12 décembre un rapport sur la politique d’accueil du jeune
enfant, préconisant d’étendre le congé maternité à cinq mois et de réformer le congé parental, avec
un objectif comptable clairement assumé : “réduire la demande d’accueil du jeune enfant” pour
“améliorer l’adéquation entre l’offre et la demande”. Ces propositions sont ainsi froidement converties en nombre de places d’accueil que l’Etat pourrait, en théorie, “économiser”.
Rarement un document n’a aussi ouvertement compté sur les femmes comme variable d’ajustement.
Étendre le congé maternité et réformer le congé parental ? Bien sûr ! Nous ne sommes évidemment
pas contre. Mais si cela ne s’accompagne pas de mesures en faveur de l’égalité entre les parents,
cela risque de renforcer les inégalités domestiques et professionnelles. Or, l’égalité femmes-hommes est à peine citée dans le rapport. Et cela se voit.
Ainsi, le rapport mentionne à peine la possibilité d’étendre le congé paternité, et cette option n’est ni chiffrée ni commentée. Ce faisant, le rapport renforce l’idée qu’il existe un parent principal naturel, la mère, et un parent secondaire. Est-ce si étrange d’imaginer qu’un enfant puisse être gardé par son deuxième parent ?
De plus, la proposition faite par la Cour des Comptes de réformer le congé parental, bien que moins
problématique que le projet de “congé de naissance” du précédent gouvernement, n’est pas de
nature à réduire les inégalités entre les parents. Actuellement, seulement 67% seulement des pères
prennent l’intégralité de leur congé paternité alors qu’il permet un quasi-maintien de salaire, comment imaginer qu’ils s’empareront massivement d’un congé indemnisé à 50% du salaire brut ? Là encore, la logique comptable prévaut : l’indemnisation est plafonnée à 1400€, un montant fixé en fonction du coût pour les finances publiques de la garde d’un enfant. Les femmes à la maison, mais à condition qu’elles ne coûtent pas plus cher à l’Etat qu’un enfant accueilli en crèche ou chez une assistante maternelle !
En outre, raccourcir la durée d’indemnisation du congé parental à 9 mois au lieu de 24 (et à 4 mois et demi au lieu de 6 pour le premier enfant) pose la question des solutions faites aux familles qui n’ont pas accès à un mode d’accueil pour leur enfant et subissent la situation (20% des familles).
Enfin, le rapport justifie sa proposition par le bien-être des mères, en feignant d’ignorer que la période du post-partum est une période ambivalente pour bien des mères. Toutes n’apprécient pas d’être isolées seules avec un nourrisson alors qu’elles ont besoin de repos pour se remettre de leur
accouchement. 15 à 20% d’entre elles souffrent de dépression du post partum.
Les femmes ne peuvent pas continuer à porter seules le poids des ajustements structurels
nécessaires, et les familles qui aspirent à un modèle plus égalitaire doivent cesser d’être
pénalisées.
Nous appelons le nouveau gouvernement et les parlementaires à emprunter une autre voie.
Nous laissons aux professionnel.le.s de la petite enfance le soin de commenter les recommandations de la Cour sur le secteur et les assurons de notre soutien.
Nos associations ont déjà formulé des propositions précises et détaillées, visant à agir
simultanément sur trois volets :
Comme nous l’affirmons régulièrement, le service public de la petite enfance est un enjeu féministe.
Contacts presse :
Parents & Féministes - 06.43.69.27.45 - parentsetfeministes@gmail.com
Le Pa.F (collectif pour une Parentalité Féministe) - 07.81.25.44.46 - lepafasso@gmail.com
Maman Blues - 06 14 03 57 05 - asso.mamanblues@gmail.com
Collective des Mères Isolées - 06 71 73 52 48 - collectivemeresisolees@gmail.com
Le 10 Octobre a été publiée une étude coordonnée et à l’initiative de Biogen, avec le concours d’un collectif d’experts pluridisciplinaire : Mahalia Coujitou, Noémie Decotte, Charlotte Deschamp, Emmanuel DEVOUCHE, Camille Drouin, Aurélie MATRY, Angèle Malâtre-Lansac, Elise Marcende, Clémentine Sarlat, Sutter Anne-Laure, Anne-Cécile Violland.
L'objectif : dresser ensemble un état des lieux complet et la formulation de 20 pistes concrètes pour améliorer la prise en charge de la dépression post-partum.
La dépression post-partum affecte une mère sur six (sources : Inserm, Santé publique France). Encore largement méconnue et minimisée, et trop souvent confondue avec le baby-blues, elle peut causer des pensées suicidaires, des troubles du sommeil et de l’alimentation, ainsi qu’une incapacité à s’occuper de soi-même et/ou de son enfant. Complexe et multiforme, cette pathologie spécifique peut apparaître dans les semaines ou même des mois après l'accouchement. Malheureusement, les retards de diagnostic entravent les soins et augmentent les risques pour les mères et leurs familles alors que des prises en charge adaptées peuvent aider la mère, le co-parent et l’enfant.
Trois aspects de cette importante question sont traités dans le rapport :
▶ La compréhension de cette pathologie spécifique par toutes et tous, et notamment par les premières concernées. Alors qu’en France, seulement la moitié des mères (51%) et des pères (46%) considèrent être suffisamment informés sur la dépression post-partum (sources : Qare, OpinionWay), intégrer la dépression post-partum dans la Grande cause nationale sur la santé mentale en 2025 est une mesure prioritaire.
▶ La prise en charge des mères, du diagnostic jusqu’aux traitements, dans un contexte où seules 40 à 50% des dépressions périnatales sont diagnostiquées (sources : Ministère de la Santé — Rapport de la commission des 1000 premiers jours), mettant en avant l'importance d'améliorer la coordination des soins périnataux.
▶ L’analyse de la multiplicité des impacts de la dépression post-partum, puisque cette pathologie a des conséquences au sein de la famille (enfant, co-parent) et un impact socio-économique élevé.
En cette veille de la Journée mondiale de la Santé Mentale, aux côtés de plus de 50 personnalités du monde scientifique et politique, du milieu associatif et de la société civile, nous voulions mettre la lumière sur un sujet encore bien trop souvent invisibilisé : la santé mentale périnatale des mères. Maman Blues est signataire de la tribune collective "Faisons de la santé mentale périnatale un axe fort des politiques de santé publique".
Les chiffres sont alarmants.
Deux mois après l’accouchement, 1 femme sur 4 présente des symptômes d’anxiété importants, 1 sur 6 de dépression post-partum et 1 sur 20 a des idées suicidaires. Le post-partum est ainsi la principale période de vulnérabilité psychique des femmes.
Et un premier épisode dépressif périnatal augmente de 50 % le risque de récidive dépressive.
La santé mentale des jeunes mères demeure un aspect crucial de notre politique de santé publique encore insuffisamment abordé. Ce constat, nous le faisons tous les jours dans le cadre du soutien apporté aux femmes en souffrance psychique. Pourtant des solutions existent pour briser le silence assourdissant autour du sujet, pour limiter les conséquences pour les femmes, les familles et les générations futures.
Aux côtés des signataires de cette tribune collective, Maman Blues appelle à l’action et appuie les propositions suivantes :
- poursuivre l’effort de sensibilisation auprès du grand public et des entreprises, pour une meilleure prise en compte de la réalité de la maternité
- augmenter le nombre de professionnels de santé capables de proposer l’entretien pré et postnatal pour faire face à l’accroissement des inégalités territoriales
- renforcer la formation initiale et continue des professionnels de santé en intégrant des modules de formations spécifiques à la santé mentale périnatale dans toutes les filières
- réduire l’isolement des femmes dans cette période (allongement du congé du co-parent, augmentation de la visibilité et de l’accessibilité des groupes de pairs, renforcement de certaines institutions fondamentales comme la PMI…).
Face à l’urgence de la situation, la santé mentale périnatale doit devenir une priorité nationale de santé publique. La question n'est pas de savoir si nous devons agir. La question est : qu'attendons-nous ?
Merci à Sarah Tebeka, psychiatre, et May d'avoir rédigé cette tribune avec nous. Merci Le Monde pour le relais d’un sujet de société qui tarde à être pris en compte.
Faisons bouger les lignes.