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Site non médical de soutien, d'écoute et de conseils dans le cadre de la difficulté maternelle

J’avais peur de mon propre bébé



Lorsque je repense aux premiers jours après la naissance de mon bébé, ce qui me revient d’abord, ce ne sont pas les sourires ni les moments de bonheur dont on parle souvent. C’est l’angoisse. Une angoisse immense qui prenait toute la place.


Dès la maternité, j’ai perdu le sommeil.

Les nuits se sont transformées en tunnels interminables d’inquiétude et de tension. Ce manque de repos a rendu chaque moment encore plus difficile : je me sentais épuisée et vidée. C’était un moment très compliqué, le point de départ d’une spirale d’angoisse.

J’avais peur de mon propre bébé. Peur de mal faire, peur de ne pas être à la hauteur, peur de cette responsabilité vertigineuse qui s’imposait à moi du matin au soir.

Je me sentais comme dissoute : ma vie entière semblait devoir se mettre au service de cet enfant, et je n’avais plus de place pour exister.

L’anxiété s’est installée, puis la culpabilité. Pourquoi moi ? Pourquoi vivais je cela alors que tant d’autres semblaient traverser cette période avec tant de douceur et de naturel ?

C’est dans cet état que j’ai intégré l’unité d'hospitalisation parents bébé La Pomme à l’hôpital Bichât. Y entrer, c’était reconnaître que je n’y arrivais pas toute seule. Accepter l’aide et les médicaments c’était les premiers vrais gestes de soin envers moi-même.

Les 4 mois et demi d’hospitalisation ont été longs et parfois éprouvants. Pourtant, ils ont marqué le début de ma remontée. Je n’ai pas retrouvé l’équilibre du jour au lendemain. Il a fallu du temps, des doutes, des larmes, des petits progrès presque invisibles.


L’équipe de soignants était là, présente, attentive et patiente.

Ils ont mis des mots sur mes émotions, m’ont accompagnée sans jugement, m’ont appris à retrouver un sentiment de sécurité, à comprendre mon bébé autrement, mais surtout à me comprendre moi.

Aujourd’hui, je continue d’avancer. Tout n’est pas simple, il reste du chemin à parcourir, mais je sais que c’est possible d’aller mieux. Je continue d’essayer de me reconnecter à moi-même et d’essayer d’exister en dehors de mon rôle de mère.

Si j’écris ce témoignage, c’est aussi pour d'autres mamans qui traversent la même chose et qui pensent être seules à le vivre. Je voudrais leur dire qu’il existe de l’aide, qu’il existe des lieux et des mains tendues. Qu’on peut tomber très bas et quand même aller mieux. Qu’il n’y a aucune honte à souffrir, aucune culpabilité à demander de l’aide. Au contraire c’est un acte très courageux.
Et surtout que même si aujourd’hui tout semble sombre, on finit toujours par remonter la pente, pas forcément d’un coup, mais petits pas par petits pas.




Aurélie

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