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Je voulais vivre une seconde maternité plus douce...



D'abord maman d'une petite fille, avec des moments pas évidents (je pense avoir traversé une période de dépression vers ses 1 an), nous envisageons de nous lancer de nouveau trois ans plus tard.

Se prémunir de la survenue d’une nouvelle dépression post-partum

Après deux fausses couches (dont une à 13 SA), bébé semble cette fois-ci bien s'accrocher. La grossesse se déroule bien et je prépare au mieux l'arrivée de bébé pour ne pas traverser une autre dépression. Le congé paternité a été allongé et mon conjoint a gardé pas mal de congés. Je suis arrêtée tôt dans ma grossesse étant donné que j'ai un travail physique et parfois stressant. Je prévois de reprendre le travail à mi-temps parental (dans l'objectif d’un allaitement d'un an au moins et seulement aux 5 mois de bébé.

Je suis certaine qu’avec tout cela, ça ne peut que bien se passer.

Dans l'euphorie, nous prévoyons même un voyage à l'autre bout du monde aux 4 mois de bébé et devons signer pour l'achat d'une maison au moment de la naissance.

Malgré tout, la souffrance s’invite avec le RGO

L'accouchement est rapide et se passe bien (physiologique comme je le souhaitais. Je ne subis aucune violence obstétricale comme cela avait été le cas pour ma fille aînée. Les premiers instants sont parfaits mais les choses se compliquent assez vite. Dès le 3ème jour, mon bébé pleure après chaque tétée, se jette en arrière et semble très douloureux. Cela peut durer près de 2 heures. Je me sens démunie pour le soulager et mon conjoint s'occupe surtout de sa sœur ainée. Mes journées deviennent rapidement difficiles et je frappe à toutes les portes pour tenter de soulager mon petit garçon : ostéopathe spécialisé, conseillère en lactation, pédiatre...

Je ne compte plus les stratégies que j'ai tenté pour l'aider.

Je n'ose plus sortir de chez moi car, s'il a besoin de téter, je sais qu’il sera ensuite inconsolable. Il ne supporte pas le landau, ni l'écharpe ou tout autre mode de portage d'ailleurs et fait un bruit terrifiant la nuit ce qui amène tout de même la pédiatre à parler de reflux Interne. Mais il prend du poids, dort à peu près correctement et a un bon développement donc personne ne s'affole. Cela passera.

J’ai besoin d’être aidée pour ne pas sombrer totalement

Pourtant je sens que je m'enfonce et je supporte de moins en moins de le voir souffrir et d'être enfermée. Vers ses deux mois, j'appelle ma gynécologue qui m'envoie vers une équipe mobile de psychiatrie périnatale. Je les contacte mais j'obtiens un rendez-vous seulement deux semaines plus tard. Les jours sont des semaines.

A l'issue de la première entrevue avec une psychiatre et une éducatrice de jeunes enfants, on me rassure un peu et on me fixe un nouveau rendez-vous dans deux semaines. Pas de psychothérapie, pas de groupe de parole ou autre, le néant ! Comment vais-je faire jusque-là ?! Mon bébé est dans une hypervigilance constante (et moi avec). Il pleure d'interminables heures en fin de journée notamment et les nuits sont un enfer (le moindre bruit ou la moindre lumière qui le réveille pendant la tétée et c'est parti pour 1 heure de pleurs).

Je commence à faire des insomnies même durant son sommeil. Je me sens nulle, triste, épuisée.

Au rendez-vous suivant, on me propose un antidépresseur compatible avec l'allaitement et un anxiolytique. Les choses ne font pourtant que s'aggraver. Je ne dors plus, pleure souvent. J'ai des bouffées d'angoisse, je me sens même parfois confuse. Je passe deux séjours de deux jours aux urgences pour tenter de réajuster un peu le traitement. Je sèvre bébé aux urgences pour pouvoir prendre d'autres molécules, ce que je vis comme un gros échec, l'abandon du voyage programmé.

L’hospitalisation finit par se profiler

Je décide d'aller un peu dans ma famille pour être entourée et soulager un peu mon conjoint qui travaille et doit s'occuper de notre fille. En parallèle, je vais dans un lieu d’accueil mère enfant deux jours par semaine mais rien ne change.

J'ai parfois des envies suicidaires et je me sens extrêmement coupable.

Mon bébé n'y est pour rien, je le trouve magnifique, il ne m'a pas mérité. L'accueil mère enfant me renvoie vers les urgences pour une hospitalisation. Heureusement, la clinique se situe près de chez moi, je pourrai voir les enfants souvent. Je remonte la pente doucement. Cette période représente à la fois une souffrance terrible mais aussi une pause indispensable. Je sors six semaines plus tard. J'ai encore besoin de beaucoup de sommeil. Mais je retrouve goût à m'occuper de mon petit garçon qui heureusement n'a plus de reflux. Il s'éveille de jour en jour et nous nous comprenons mieux.

Enfin la sérénité remplace la souffrance

Aujourd'hui il a un an, c'est un petit garçon doux et souriant et je savoure (presque) chaque instant en sa présence. J'aimerai que ce témoignage donne une lueur d'espoir à celles qui traversent cette douleur. Pour moi elle était si intense qu'elle me semblait absolument infranchissable et je me suis pourtant relevée !




Solène

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