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La douleur était tellement violente qu'il m'a été impossible de regarder mon enfant à sa sortie.



Il y a deux ans, et deux mois je mettais mon fils au monde. Tout ce que j'avais pu ressentir en regardant des accouchements à la télévision n'était pas au rendez-vous, pour moi, lors de ce jour si unique.

Un employeur malveillant

Déjà ma grossesse avait été psychologiquement très difficile car mon employeur n'était pas content que je sois enceinte…

  • Tu t'imagines que tu n'auras plus de poste à évolution ! Tu devais passer co-responsable. On va devoir donner le poste à quelqu'un d'autre.
  • Tu es enceinte mais tu n'en feras pas moins que les autres.
  • En fait, tu as voulu être enceinte pour être sûre d'être gardée (j'étais déjà en cdi depuis des mois…), mais tu oublies qu'on peut virer quelqu'un pour incompatibilité d'humeur ou manque professionnel. D'ailleurs j'ai reçu à mes 5 mois de grossesse un avertissement pour manque de productivité.

Comment se retrouver bien dans sa tête et dans son ventre après de tels mots.

Le harcèlement n'a jamais pu être puni car personne d'autre était présent durant ces entretiens individuels. De plus, les collègues avaient bien trop peur pour leur petite personne. Depuis j'ai été virée, à mon retour de congé maternité par une rupture conventionnelle un peu forcée…

Achevée par un accouchement difficile

Après un accouchement de 15 heures très douloureux, où le travail ne faisait pas avancer bébé , j'ai subi une césarienne en urgence pour souffrance fœtale . On m'a injecté un peu de morphine et hop c'était parti. Le seul bémol, c'est que je n'ai pas été correctement endormie , et mon calvaire a continué…. Vive le scalpel !

La douleur était tellement violente qu'il m'a été impossible de regarder mon enfant à sa sortie. Je n'en voulais plus.

Le séjour à la maternité a été très éprouvant car 6 h après ma césarienne, je me levais pour donner à manger et changer bébé . J'étais amorphe , très fatiguée et en hyper vigilance avec ce petit être qui comptais à chaque instant sur moi. Le retour à la maison s'est bien passé mais quelques jours après, de grosses crises de panique se faisaient ressentir. Peur de ne pas pouvoir dormir, de ne pas savoir faire. J'étais fatiguée, je ne mangeais plus.

Quinze jours après l'accouchement, j'avais perdu 15kg.

J'ai été hospitalisé en cellule de crise, mise sous médicament pour le stress et antidépresseurs. Le psychiatre a donné son diagnostic : dépression du post partum dû a un clivage, manque à la préparation pour devenir mère .

Et maintenant

Depuis tout c'est arrangé. J'ai tissé un lien très fort avec mon fils : on se regarde, on se comprend, on se marre. J'ai changé de travail et je suis hyper bien, avec des gens corrects.

Papa souhaite donner un frère ou une sœur a mon premier…
J'angoisse d'annoncer ma grossesse à mon employeur. J'angoisse également de revivre à nouveau cette dépression. Ce serait désastreux car j'aurais deux enfants à m'occuper…
J'essaye de me dire que cette fois je serai mieux préparée car je n'ai plus de problèmes au travail. L'angoisse et de vieux fantômes sont présents tout de même .

Je me donne encore quelques mois pour envisager plus sérieusement une future grossesse.




Mélanie

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